par Abbé Zins » mer. 11 nov. 2020 21:38
chartreux a écrit : mer. 11 nov. 2020 18:36
Le piètre latiniste que je suis reste quelque peu perplexe devant la phrase suivante, et que dans une de mes lectures j'ai rencontré avec la mention « Pétau,
De Angelis, fin. ». Quelqu'un pourrait-il m'aider à en faire la version ?
Pétau, De Angelis, fin. a écrit :
De hac damnatorum saltem hominum respiratione, nihil adhuc certi decretum est ab Ecclesia Catholica: ut propterea non temere, tanquam absurda, sit explodenda sanctissimorum Patrum haec opinio : quamvis a communi sensu Catholicorum hoc tempore sit aliena.
Le
De hac de l'entame donnant à entendre que le sens en lequel était ici entendu le mot
respiratio avait été précisé par le contexte précédant ce paragraphe, il convenait de rechercher ce contexte. Ce qui a été fait avec l'aide de Si Vis Pacem.
Il en résulte qu'il est fait en ce contexte une distinction entre la prétendue délivrance finale des damnés et démons condamnée par l’Église en Origène (cf. l'anathème du canon 9, DS 411, publié en l'an 552 sous le Pape Vigile), et une allégation d'éventuelle mitigation de peines pour les damnés.
D'où le paragraphe cité :
De cette relâche des hommes même damnés (sens littéral qui va dans le sens de l'hérésie condamnée chez Origène ; que certains auteurs trouvés par Si Vis Pacem traduisent à l'aide d'un terme approché en raison du contexte par :
De ce soulagement - sous-entendue mitigation des peines -
des hommes même damnés),
rien de certain n'a encore été décrété par l’Église Catholique : (Or, si on entend ce paragraphe, pris hors de son contexte, littéralement, cela est faux, vu l'anathème explicite contre ceux tenant cette doctrine d'Origène, que Petau lui-même rappelle en ses paragraphes suivant :
Et verò maximum adversùs illam prejudicium est, quod nunquàm Ecclesia pro damnatis orare consuevit, quod profectò faceret, si levari saltem illorum cruciatus possent, etsi penitùs terminari non possent. Quo argumento utitur Julianus libro secundo Prognosticon, capite 25. At superior illa ex Origenis officina edita damnatorum restitutio, prorsùs ab usu Christianorun rejecta, in hæresim abiit. Etenim inter Origenianos errores in quintâ synodo damnata est, ut supra meminimus, et tum Scripturae sacrae disertis testimoniis, tum Patrum sententiis confossa, jamdudum conticescit.)
:
c'est pourquoi on ne doit pas témérairement repousser comme absurde cette opinion de certains Pères très saints : bien qu'elle soit étrangère au sens commun des Catholiques de ce temps.
Ce paragraphe est, en soi, fort ambigu. Ce qu'un autre auteur catholique reproche au R.P. Petau ; tandis que certains anglicans, et Newman aussi, le citant hors de son contexte, semblent s'en réjouir.
Les Protestants, à la suite de Luther, nient d'autant plus fortement le Purgatoire qu'ils s'évertuent à présenter l'Enfer comme un lieu d'expiation seulement temporaire.
Souvent, quand le père des erreurs est débusqué et condamné sous une forme, il revient à la charge d'une façon édulcorée et plus acceptable.
Ainsi le pélagianisme a été suivi du semi- pélagianisme, l'arianisme du semi-arianisme, le millénarisme chiliaste d'un millénariste spiritualisé, le modernisme du progressisme.
Pour cela, une fois les clarifications faites et les précisions données, certains préfèrent revenir sous des formes ambiguës aux imprécisions et tâtonnements antérieurs, en vue de ré-insinuer sous une forme édulcorée ou mitigée l'erreur qui flatte leurs penchants.
Que le Père Éternel dont Elles émanent fasse triompher la Vérité en nos intelligences et la Vérité en nos coeurs.
[quote=chartreux post_id=12888 time=1605116204 user_id=85]
Le piètre latiniste que je suis reste quelque peu perplexe devant la phrase suivante, et que dans une de mes lectures j'ai rencontré avec la mention « Pétau, [i]De Angelis[/i], fin. ». Quelqu'un pourrait-il m'aider à en faire la version ?
[quote="Pétau, De Angelis, fin."]
De hac damnatorum saltem hominum respiratione, nihil adhuc certi decretum est ab Ecclesia Catholica: ut propterea non temere, tanquam absurda, sit explodenda sanctissimorum Patrum haec opinio : quamvis a communi sensu Catholicorum hoc tempore sit aliena.
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[/quote]
Le [i]De hac[/i] de l'entame donnant à entendre que le sens en lequel était ici entendu le mot [i]respiratio[/i] avait été précisé par le contexte précédant ce paragraphe, il convenait de rechercher ce contexte. Ce qui a été fait avec l'aide de Si Vis Pacem.
Il en résulte qu'il est fait en ce contexte une distinction entre la prétendue délivrance finale des damnés et démons condamnée par l’Église en Origène (cf. l'anathème du canon 9, DS 411, publié en l'an 552 sous le Pape Vigile), et une allégation d'éventuelle mitigation de peines pour les damnés.
D'où le paragraphe cité :
[i]De cette relâche des hommes même damnés[/i] (sens littéral qui va dans le sens de l'hérésie condamnée chez Origène ; que certains auteurs trouvés par Si Vis Pacem traduisent à l'aide d'un terme approché en raison du contexte par : [i]De ce soulagement[/i] - sous-entendue mitigation des peines - [i]des hommes même damnés[/i]), [i]rien de certain n'a encore été décrété par l’Église Catholique[/i] : (Or, si on entend ce paragraphe, pris hors de son contexte, littéralement, cela est faux, vu l'anathème explicite contre ceux tenant cette doctrine d'Origène, que Petau lui-même rappelle en ses paragraphes suivant : [quote]Et verò maximum adversùs illam prejudicium est, quod nunquàm Ecclesia pro damnatis orare consuevit, quod profectò faceret, si levari saltem illorum cruciatus possent, etsi penitùs terminari non possent. Quo argumento utitur Julianus libro secundo Prognosticon, capite 25. At superior illa ex Origenis officina edita damnatorum restitutio, prorsùs ab usu Christianorun rejecta, in hæresim abiit. Etenim inter Origenianos errores in quintâ synodo damnata est, ut supra meminimus, et tum Scripturae sacrae disertis testimoniis, tum Patrum sententiis confossa, jamdudum conticescit.) [/quote] : [i]c'est pourquoi on ne doit pas témérairement repousser comme absurde cette opinion de certains Pères très saints : bien qu'elle soit étrangère au sens commun des Catholiques de ce temps.[/i]
Ce paragraphe est, en soi, fort ambigu. Ce qu'un autre auteur catholique reproche au R.P. Petau ; tandis que certains anglicans, et Newman aussi, le citant hors de son contexte, semblent s'en réjouir.
Les Protestants, à la suite de Luther, nient d'autant plus fortement le Purgatoire qu'ils s'évertuent à présenter l'Enfer comme un lieu d'expiation seulement temporaire.
Souvent, quand le père des erreurs est débusqué et condamné sous une forme, il revient à la charge d'une façon édulcorée et plus acceptable.
Ainsi le pélagianisme a été suivi du semi- pélagianisme, l'arianisme du semi-arianisme, le millénarisme chiliaste d'un millénariste spiritualisé, le modernisme du progressisme.
Pour cela, une fois les clarifications faites et les précisions données, certains préfèrent revenir sous des formes ambiguës aux imprécisions et tâtonnements antérieurs, en vue de ré-insinuer sous une forme édulcorée ou mitigée l'erreur qui flatte leurs penchants.
Que le Père Éternel dont Elles émanent fasse triompher la Vérité en nos intelligences et la Vérité en nos coeurs.