chartreux a écrit : lun. 18 janv. 2021 14:56
Aujourd'hui sur un forum, un conciliaire m'a soutenu que "la reconnaissance de l'Islam comme voie alternative de salut fait partie de l'Église depuis très longtemps".
(..)
Traduction du chartreux a écrit :
(..) En 1076, le Pape S. Grégoire VII a écrit une très belle lettre au roi Azir, dirigeant musulman de la Mauritanie. (..)
On trouve aussi des explications dans le tome VII de l’
Histoire Universelle de l'Eglise par Rohbacher (p. 492s) sur le contexte singulier et exceptionnel de cette correspondance.
Ce n’est pas à tout musulman que le Pape Saint Grégoire VII s’adresse ainsi, mais à
ce musulman particulier, dont le comportement et l’attitude tranchent si étonnamment avec ceux des autres.
En effet, ce roi, descendant de Chrétiens qui avaient apostasié par crainte de la mort et s’étaient fait entraîner de force dans l’islam, agissait alors comme un Chrétien.
C’est lui qui avait écrit le premier au Pape pour le prier de bien vouloir donner un Evêque aux Chrétiens de son royaume qu’il venait d’étendre sur une région montagneuse où ceux-ci s’étaient réfugiés et défendus.
Il lui offrait des présents pour obtenir gain de cause, et tout particulièrement des Chrétiens tombés en esclavage plutôt que d’apostasier qu’il avait lui-même rachetés de ses propres deniers pour les libérer, promettant d’en faire autant dans le futur des autres Chrétiens qu’il pourrait trouver captifs en son royaume.
C’est ce comportement exceptionnel, qui a rempli d’étonnement et d’admiration toute la cour pontificale, et ce contexte singulier qui a poussé le Pape à lui répondre en poussant la condescendance à l’extrême, en souhaitant que ses actes charitables le conduisent jusqu’au salut.
En une autre lettre écrite en cette période aux Chrétiens de ce royaume, ce même Pape les exhorte à avoir un comportement d’autant plus exemplaire en vue d’obtenir la conversion des musulmans.
Enfin, une tradition locale affirme que ce roi aurait plus tard abdiqué en faveur de son fils aîné, puis aurait disparu, avant d’être retrouvé quatre ans après vivant comme un anachorète sur un rocher au bord de la mer.