Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

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Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » lun. 08 févr. 2016 13:44

L'erreur panthéiste.

a) Sa position. — Dieu est simple en lui-même, mais il s'unit au monde. Il n'est pas un corps, mais il est l'âme de ce monde. Il n'a pas de matière, mais il donne sa propre forme à la matière, comme l'idée de l'artiste au bloc de marbre. Dieu est l'Etre, ne serait-il pas tout ce qui est? Ainsi Dieu entre en composition avec le monde, à ce point que tout ce qui a l'acte d'être se nomme Dieu. TOUT EST DIEU.

b) Sa réfutation. — L'Ecriture sainte met une distinction réelle entre le monde et Dieu. "Tout ce qui est a été fait par Lui." (Jean, 1, 3). Le Créateur ne s'identifie jamais avec son ouvrage.

De même, les Pères de l'Eglise ne confondent pas Dieu avec le monde. Quand ils traitent de l'Incarnation, de cette union si intime de la nature divine avec la nature humaine dans la personne du Verbe, ils ont soin de laisser intacte la différence entre ces deux natures et de déclarer hérétique leur confusion.
Le Concile du Vatican: "Dieu doit être reconnu comme étant essentiellement et réellement distinct du monde." (Sess. 3, ch. 1, can. 3 de Deo).

c) Son rajeunissement. — L'Allemand Hegel (1770-1831), disciple de Kant, a fourbi les armes de nos communistes modernes. Karl Marx, leur authentique père, a revisé le panthéisme d'Hegel et le présente sous une forme plus intransigeante.

Pour le marxisme, le monde devient Dieu. Par une évolution ascendante, il absorbe Dieu. L'essence du monde et la personnalité divine auraient un seul et même acte d'être.

Les docteurs de Moscou poursuivent. Il est de la nature de la matière d'être en perpétuelle évolution. Elle se fait "en spirale", c'est-à-dire sous le signe du progrès constant. L'homme et son activité sont un des phénomènes de la matière universelle en évolution. Comment? Voici. Au sein du monde coexistent des forces opposées ou antagonismes. Donc, la lutte (qu'ils appellent "le dialogue") est installée dans l'essence du monde, de la matière. D'où chocs, contradictions. Et du mécanisme de ce "dialogue" est tout sorti : et le développement de la nature et celui des sociétés humaines. L'homme a été construit par ce " dialogue universel ", car un matin, au sein de cette lutte de la matière, est apparue la première lueur d'intelligence. Ainsi tient-elle son origine de la matière.

Aujourd'hui que cette intelligence a produit nos civilisations modernes, il y a accélération dans le mouvement du monde. Aussi le communisme, "pour aller dans le sens de l'histoire", va prendre la direction de cette lutte, de ce "dialogue" mondial. Dès lors, Marx a introduit dans le conflit ce qu'il nomme "l'action dirigée". Elle a engendré, entre autres monstres, "le lavage du cerveau".

La perversion première est dans la déification du monde, de la matière. (Cf. L'Etoile contre la croix, Ire partie, ch. 2e, passim.)


Conclusion.

La Cause première ne peut admettre aucun genre de composition. Elle est absolument unique et ne peut pas avoir de semblable. Elle est essentiellement une et simple.

Considérons en Dieu cette simplicité dans laquelle se fondent toutes les perfections que nous observons dans les créatures. Qu'elle nous aide à supprimer ce qu'il y a de factice en notre vie ! Unifier nos puissances dans la poursuite de l'idéal, ramener nos pensées et nos affections vers le but nous rapprochera du Très Haut.

"L'âme d'un saint Joseph, d'un saint Jean, d'un saint François, d'un curé d'Ars donnent une idée de la simplicité de Dieu. Plus encore, l'âme de Marie et celle de Jésus lorsqu'il disait: "Si votre oeil est simple, tout votre corps sera éclairé", i.e. si le regard de votre âme est simple, elle sera toute lumineuse, vraie, loyale. C'est cette simplicité, dit Bossuet, qui permet aux âmes limpides d'entrer dans les "hauteurs" de Dieu, dans les voies de la Providence, dans les mystères insondables, dont les âmes compliquées se scandalisent. Tous ces mystères sont simples pour les simples, malgré leur obscurité." (Garrigou-Lagrange).


pages 43-45

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » dim. 07 févr. 2016 13:49

Premier déblaiement.

L'opération "parallèle" débute. Nous sommes corporels. Tous les êtres sont formés d'éléments multiples. Ils sont composés. Et Dieu? Un examen attentif, présidé par Thomas d'Aquin (Ia, q. 3), révèle:

1. Dieu n'est pas corporel (de foi définie, 4e Concile de Latran).

a) La sainte Ecriture procédant souvent par élimination, exclut de Dieu tout ce qui indique un être corporel.

Ainsi elle le déclare : "pur esprit", "immatériel", "invisible", "incorruptible", "immuable", "indépendant de tout lieu qui le circonscrirait", (cf. Jean, 4, 24 ; Luc, 24, 39 ; Rom., 1, 20 ; Rom., 1, 23 ; Jac, 1, 17; Act, 17, 24-28). Ces qualificatifs équivalent à: sans corps, ni parties. Dieu est simple. Ce que les Pères de l'Eglise répètent constamment .

b) Tout être corporel est nécessairement soumis au changement, donc imparfait et limité. Or Dieu est Celui qui est, l'Existant et non pas un être qui participe à l'existence; il est le principe de l'ordre et non pas ordonné ; i1 est la cause suprême et non la résultante d'une cause qui aurait réuni ses éléments. Donc, Dieu n'est pas corporel, mais immatériel, n'est pas composé, mais simple.

En soi, simple est déjà contenu en: Celui qui est. Mais, nous, qui sommes composés et avons besoin de plusieurs concepts, nous l'ajoutons en le dénommant "attribut". Et de dire : Dieu est simple, cela nous le fait mieux connaître que de dire uniquement : Il est.


2. Dieu n'est pas composé en essence, d'une part, et existence...

a) Chez nous et tous les êtres, "exister" n'est pas toute notre nature et ne nous définit pas tout entiers. L'existence est une partie ou composante avec plusieurs autres choses. Nous ne sommes pas l'existence. Elle s'ajoute à notre nature; elle ne la constitue pas, elle n'est pas une seule et même chose avec elle. Il se peut que nous n'existions pas. Et si nous existons, il y aura toujours lieu de disinguer une certaine ligne de démarcation entre notre nature et notre existence.

b) Voilà ce qui ne peut se concevoir en Dieu. "Etre" est son nom, sa nature. "Etre" dit tout ce qu'il est, puisque c'est sa définition. Car il est tout l'Etre et, dans cette simplicité même de l'être, il est toutes ces perfections que nous éprouvons le besoin de nombrer et de nommer l'une après l'autre.

Nous "escaladons" le Très Haut en faisant le lest de ce qui, chez nous, s'avère très bien, mais est intolérable en Dieu. Arrière ces idées fausses, parce que trop calquées sur l'humain, qui nous représentent Dieu "recevant" l'existence. Dieu est l'existence ou, selon saint Augustin, "Dieu est tout ce qu'il a." Dieu est l'Etre subsistant par Lui-même.

c) L'Exode, 3, 14, redit: "Je suis Celui qui est... vous direz: Celui qui est m'envoie vers vous . . . C'est là mon nom pour l'éternité." L'Apocalypse, 1, 4-8: "Je suis l'alpha et l'oméga, CELUI QUI EST, qui était et qui vient, le Tout-Puissant" ou le Très Haut. Avec sainte Catherine de Sienne, Dieu, entrant dans le jeu de "l'opération parallèle", explique : "Je suis Celui qui est, tu es celle qui n'est pas."

Telle est la perfection primordiale, qui distingue Dieu de nous et de toutes les créatures. "Celui qui est: tel est bien le nom qui convient le plus en propre à Dieu, car il exprime non pas une forme de l'être, mais l'être même. Et Dieu seul est l'Etre même, Dieu seul existe par soi." (Garrigou-Lagrange). Quelle singulière simplicité, d'où se déduiront tous les attributs, comme nous disons!





pages 40-42

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » sam. 06 févr. 2016 15:01

ARTICLE II
DIEU INFINIMENT SIMPLE


DIEU EST. Il l'a révélé. L'homme a de plus mille raisons, qui ne sont pas nécessairement des syllogismes, pour trouver Dieu.

Un coup admis le "fait" de l'existence de Dieu, nous sommes portés à demander "comment est-il" ou "ce qu'il est".

Sans doute Dieu a donné la réponse à nos deux questions. Il dit: "Je suis Celui qui est. Voilà mon nom" (ou ma nature). Ce bref énoncé devrait nous satisfaire. Ne contient-il pas et le fait d'exister et "le comment il existe?" Mais, en acquiesçant, l'intelligence humaine chancelle. Car ces deux choses, du moins ce qu'elle est habituée de voir partout comme deux, en Dieu sont une seule chose.

L'affirmation "Dieu est" serait supposée nous livrer tout ce qu'il est. Or nous avouons notre incapacité à voir tout Dieu ainsi. Cet Etre, tellement autre que le nôtre, nous cloue sur place. Nous ne pouvons avancer d'un pas. Justement S. Thomas d'Aquin, en habile stratège, nous conseille de reculer.


Technique d'abordage.

Dans une sorte de recul jugé nécessaire, notre élan sera repris à partir de ce que nous sommes.

Respectueusement postés sur " la voie d'évitement", qui communique perpétuellement avec l'Etre, nous tentons, à la manière de Job, un parallèle entre Lui et nous.

Dans cette audacieuse confrontation il se fera une élimination radicale de toutes nos imperfections. Et à mesure qu'elles fondent au soleil de l'Etre, nous avançons vers le Très Haut. Sa simplicité nous déconcerte moins.

Car nous ne connaissons bien que les êtres du monde. Or Dieu n'est pas du tout comme eux. Donc il n'est rien de ce qu'on a vu jusqu'à présent. D'où la technique de négation et d'élimination de nos déficiences, d'une part, et, en contre-partie de cette soustraction, la multiplication de noms d'excellence et d'éminence pour Dieu. Cette "voie d'évitement" de nos imperfections nous conduit à une certaine connaissance de Dieu. Infime sans doute, négative et ténébreuse encore, comme il convient à celui qui pérégrine dans le pays de la foi. Pays des énigmes, pays des miroirs, qui reflètent quelques traits de la personnalité divine. C'est une amorce, une invite à la vision face à face.


pages, 39-40

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » ven. 05 févr. 2016 14:15

5. Autre preuve par le gouvernement des choses ou L'ORDRE. — Le fait est qu'il y a dans la nature, chez les êtres dépourvus d'intelligence, des MOYENS admirablement ordonnés à des fins, car, dit saint Thomas (1a, q. 2, art. 3), ces êtres dépourvus d'intelligence, comme les astres, les plantes, les animaux, agissent toujours, ou du moins le plus souvent, pour produire ce qu'il y a de mieux". Par exemple, la finalité ou l'ordre apparaissent dans le mouvement du soleil, dans celui de rotation de la terre autour de son axe en 24 heures produisant le jour et la nuit, celui de translation autour du soleil en 365 jours produisant la variété des saisons, dans l'organisme des plantes pour se nourrir et se reproduire, plus encore dans celui des animaux, soit inférieurs, soit supérieurs. Il suffit de penser à l'abeille, à la structure de l'oeil, au corps du bébé qui naît.


PRINCIPE
: Les êtres qui ne possèdent pas l'intelligence ne peuvent tendre vers une fin que s'ils sont dirigés par une cause intelligente. Si l'hirondelle ou l'abeille agissent en ignorant la raison d'être de leur action, l'intelligence, elle connaît la fin et la raison d'être des moyens.

L'intelligence seule (non la matière ou le hasard) est cause parfaite de l'ordre, qu'il soit stable ou successif. Mais est-il nécessaire, dit-on, de recourir à une intelligence infinie ? Sans doute, dans un "ordre limité", celui d'une montre ou autre, une intelligence limitée (disons l'homme) peut diriger parfaitement. Mais il s'agit ici de l'ordre de l'univers. On aura beau imaginer une intelligence suréminente, si elle n'est pas infinie, elle aura une vie intellectuelle mêlée d'imperfection et n'ayant pas en soi sa raison d'être. Elle sera participée. Elle demandera, comme source explicative, une Intelligence réalisée absolument à l'infini, à savoir la Pensée même, la Vérité même et donc l'Etre même. C'est Dieu, ordonnateur de tous les êtres à leur fin.

Conclusion

a) Les preuves de l'existence de Dieu s'accumulent ou se réunissent en faisceau, en synthèse. Saint Augustin la démontre par la vie de l'esprit et par l'inclination tendant au bonheur parfait par la possession du bien absolu. On cite la preuve de "l'intuition mystique" et celle qui vient du consentement universel. On considère encore l'aspect social de l'idée de Dieu.

La "solution Dieu" est convaincante. L'athéisme laisse tout le problème. Au-dessus des balbutiements de la raison, le croyant entend la voix de Dieu se révélant: "Je suis. Je suis Celui qui est".

b) Le Père Sertillanges, O.P., a composé ce "Pater de l'Incroyant" :

"Notre Père, si tu existes, j'ose me tourner vers toi. Si tu existes, ton nom est saint : qu'il soit sanctifié. Si tu existes, ton règne est l'ordre, et aussi sa splendeur: que ton règne arrive. Si tu existes, ta volonté est la loi des mondes et la loi des âmes : que ta volonté soit faite en nous tous et en toutes choses, sur la terre comme au ciel. Donne-nous, si tu existes, notre pain de chaque jour, le pain de vérité, le pain de sagesse, le pain de joie, le pain supersubstantiel qu'on promet à qui peut le reconnaître. Si tu existes, j'ai de grandes dettes envers toi: daigne me remettre mes dettes, comme je remets moi-même, volontiers, à ceux qui me doivent. A l'avenir, ne m'abandonne pas à la tentation, mais délivre-moi de tout mal".

c) "Au sommet de notre âme reprenons contact dès le matin au réveil, avec le premier moteur des esprits et des corps, qui est le Dieu vivant. Disons-Lui: Que votre règne arrive: le règne de l'Intelligence suprême qui dirige les autres. Que votre volonté soit faite: la volonté à laquelle toutes les autres doivent se subordonner pour atteindre leur véritable fin". (Garrigou-Lagrange, O.P.).

Que l'oeuvre de la création nous serve de miroir de l'existence de Dieu ! Tous les soirs les cieux racontent, avec prodigalité de détails merveilleux, la très grande, l'extraordinaire gloire du Très Haut. L'ordre admirable du ciel étoile chante pour nous. N'écouterons-nous jamais, en aucune nuit de notre vie, cette harmonie de l'univers, cette symphonie béatifiante? "C'est le chant très doux et très puissant du Dieu existant et créant. Bienheureux ceux qui l'entendent !'"


pages 36-38

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » ven. 05 févr. 2016 14:12

4. Diversion COMMUNISTE

On dit que les preuves de l'existence de Dieu n'ont jamais converti personne. Notons d'abord que Thomas d'Aquin ne prétend pas épuiser tout ce qu'il est possible de dire sur l'existence de Dieu. En tout cas, la théologie vise à engager la raison pratique et, en définitive, à transformer le monde.

Pour sûr, le communisme, ou mieux le marxisme du nom de son auteur, le veut. Il a une doctrine, une pensée directrice, un système d'idées. Sa base est la matière. Nous aussi, nous partons de l'existant sensible, mais plutôt comme d'une piste de décollage, que nous survolerons. Le marxisme, au contraire, colle à la matière. Elle lui donne "l'explication scientifique de l'univers" et remplace "l'hypothèse Dieu" pour découvrir l'origine, la nature, le sens et la finalité du monde. Il n'y a pas d'être au-dessus du monde matériel: voilà de quoi bouleverser toute une vie.

Les communistes remarquent le mouvement, le changement dans les choses, mais ne remontent pas à un être non soumis à cette loi. Tout est changement, apparition et disparition. "Il n'y a rien de définitif, d'absolu, de sacré, rien n'existe que la marche ininterrompue du devenir et du transitoire".

La matière est la réalité première. Tout évolue sous la poussée du progrès universel. Au cours de cette " marche " de la matière, un jour, à un point de rupture très particulier, ELLE s'est mise à penser par le moyen du cerveau, l'organe producteur de la pensée ( Engels ). Staline, dans son ouvrage "Matérialisme dialectique et matérialisme historique", raconte à son tour ce coup de barre décisif, qui évite la rencontre de Dieu.

Car l'idée de Dieu, c'est l'homme qui l'invente. Il y rassemble tout ce qu'il est, tout ce qui lui manque, tout ce vers quoi il tend. Et indigné, Cachin écrit dans "Science et religion": "L'homme a donné à Dieu ses propres attributs". Ainsi l'homme, qui devrait achever en lui l'évolution de la matière, se détourne de sa vraie fin en se créant un idéal extérieur à lui-même, en s'accrochant à un concept vide, à ce Dieu.

Devant une franchise si brutale, quand nos frères se séparent de nous dès la première démarche de la raison, qu'il semble que nous n'avons pas le même père, que ferons-nous? Avant d'exploiter tout argument, nous dirons: "Notre Père, que votre nom soit sanctifié sur la terre comme au ciel".


pages 34-35

Note de gabrielle:

Je continuerai plus tard, c'est trop long comme démonstration.

Si cela bloque le dossier du "charteux" l'administration peut déplacer mes messages.

Merci et pardonnez-moi

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » ven. 05 févr. 2016 14:10

DIEU EST ou l'existence de Dieu est la vérité (de foi définie).

a) La sainte Ecriture est apportée si le chercheur est croyant. En elle Dieu, par une action libre et essentiellement surnaturelle, a levé un coin du voile des mystères surnaturels, parfois même des vérités naturelles de la religion. Voici le maître texte:

"Moïse poussait son troupeau en avant dans le désert et il parvint jusqu'à l'Horeb, la montagne de Dieu. Voyant un buisson qui brûlait sans se consumer, il se dit: "Allons! que je voie cette merveilleuse vision. Pourquoi donc ce buisson n'en finit-il plus de brûler? En s'approchant, il entend une voix qui l'appelle au milieu du buisson. Il y répond. Il demande qui l'a interpellé. La voix s'élève: "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob". Moïse reçoit une mission qui lui paraît difficile et suscite chez lui des objections. Définitivement vaincu par la voix, il dit : "J'irai donc vers les enfants d'Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. Mais s'ils me questionnent: Quel est son nom ? que leur répondrai-je ? Alors la voix retentit: Je suis celui qui est. Vous direz aux enfants d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous". (Au livre de l'Exode, 3, 2-15).

b) La raison.

1. Préliminaires — Pour l'incroyant, qui n'admet pas le témoignage de l'Ecriture sainte et qui prétend que la certitude de Dieu est un produit de la foi, mais non pas de la science, il doit se rabattre sur la preuve par la raison. Toutefois le croyant lui-même y trouve son profit. Car l'Eglise maintient les droits de la raison. Et pourquoi la "théologie" sinon pour arriver à la simple "intelligence de la foi" ? Bien plus, le croyant a ici un avantage sur son frère, l'incroyant. Il sait, par la foi, qu'il est possible à la raison humaine de connaître sans crainte d'erreur l'existence de Dieu.

Thomas d'Aquin, le génie le plus représentatif de la raison, expose cinq preuves, dont l'aboutissement dit: Dieu est (1, p. 2, art. 3). On omet les deux premières. D'abord celle qui constate le "changement" ou le perpétuel "mouvement", dans lequel les êtres multiples sont mus et meuvent (ne faudra-t-il pas un être qui meut les autres, mais n'est mû par rien?) Puis celle qui, regardant l'univers, y voit de nombreux "effets" liés à des causes, celles-ci étant enchaînées l'une à l'autre, au point qu'une "cause causante" devient à son tour "causée" (ne faudra-t-il pas en trouver une pleinement efficiente, jamais "causée?) Elles peuvent se rattacher à la quatrième.

2. Preuve par la contingence ( 3e dans la Somme ). — Il y a une contingence universelle. Les êtres ne jouissent pas toujours de l'existence; ou ils ont commencé d'exister, ou ils sont détruits et cessent d'être. Donc, si un être absolument contingent existe en fait, cela n'est intelligible que s'il reçoit actuellement l'existence de l'Etre absolument nécessaire, qui est Dieu, l'Existant. Tout est par un Autre. Lui seul est par soi et soutient le reste par soi. Nous voilà amenés devant CELUI QUI EST.

3. Preuve par les DEGRES DE PERFECTION (4e dans la Somme). — Chez tous les existants observables, que ce soit en nous ou autour de nous, on voit toujours du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins beau: c'est le règne de la relativité, de la "dégradation". Puisque le bon, le vrai et le beau sont des aspects de l'être, constater des "degrés" chez eux, c'est donc apercevoir des "degrés" dans l'acte d'être. Ils nous servent d'échelle.

S'il y a une perfection réalisée à des degrés divers, cela ne s'explique que par participation actuelle à un degré suprême, qui la réalise à l'infini. Ces degrés ne manifestent-ils pas l'imperfection ? Quand le Bien, le Vrai et le Beau, qui n'impliquent aucune imperfection dans leur énoncé, se rencontrent, dans différents êtres, "avec du plus ou du moins", aucun de ceux qui les possèdent ainsi ne suffit à en rendre compte. Qui le fera? Seul le très bon, le très vrai, le très beau. C'est dire le très existant (ou le plus être des êtres). Car les trois perfections nommées sont les facettes de l'être. Donc, la forme idéale à laquelle participent les existants de toute nature, la cause exemplaire, raison d'être du reste, sera l'EXISTANT parfait, "Il sera la forme sur laquelle tout autre existant sera tenu de s'appuyer pour se laisser mouler dans l'acte d'être". C'est l'Acte pur: c'est Dieu. Il n'y a pas en Lui de plus ou moins. Il dit: Je suis. C'est son nom.


pages 32-34

C'est pas mon matin!

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » ven. 05 févr. 2016 14:09

Pour les partisans de la "non démonstration".

a) "Oui, foncièrement vains tous les hommes qui ont ignoré Dieu, et qui, par les biens visibles, n'ont pas été capables de connaître Celui qui est, ni reconnu l'artisan en considérant les œuvres... Ils ne sont point pardonnables. S'ils ont été capables d'acquérir assez de science pour pouvoir scruter l'univers, comment n'en ont-ils pas plus tôt découvert le Maître". (Sagesse, XIII, 1, 8, 9). Dieu peut être connu à partir de la nature; l'esprit humain parviendra à la connaissance naturelle de l'existence de Dieu.


b) Le Nouveau Testament corrobore l'Ancien par un texte fort apparenté. "La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui tiennent la vérité captive dans l'injustice. Car ce qu'on peut connaître de Dieu se dévoile à leur esprit: Dieu le leur a dévoilé; ses invisibles richesses depuis la création du monde se laissent voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu'ils sont inexcusables..." (Rom., 1, 18-21). Ces mots s'adressent à l'ensemble des hommes pouvant connaître Dieu en partant du monde extérieur. Ils cadrent parfaitement avec la volonté en Dieu du salut universel.

c) Après les Pères de l'Eglise, qui invoquent souvent ces deux passages le Magistère parle. Ainsi le Concile du Vatican définit la possibilité pour la raison de connaître avec certitude l'existence de Dieu. Les encycliques "Aeterni Patris" de Léon XIII en 1879 sur l'enseignement de la philosophie de saint Thomas et "Pascendi" de saint Pie X en 1907 condamnant les erreurs des modernistes utilisent, toutes deux, le texte cité de saint Paul aux Romains. De plus le "Serment antimoderniste" l'explique. Enfin Pie XI, dans l'encyclique "Studiorum ducem" en 1923, écrit qu'en fait de démonstration de l'existence de Dieu, les arguments classiques de saint Thomas d'Aquin sont de tous les plus inébranlables.

d) Qu'y a-t-il de plus conforme à la raison et, en un sens, de plus facile que de remonter de l'effet à la cause? Il suffit de regarder le monde (et soi-même). D'une part, il existe: D'autre part, il ne se suffit pas. Tout appelle une cause qui se suffit, qui est absolument .


pages 30-31

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » ven. 05 févr. 2016 14:06

chartreux a écrit :Remarques qui ne répondent pas exactement à ma question (ou peut-être pas encore) mais remarques très pertinentes tout de même !
Dites-moi, vous avez posté deux fois le même message ?
Vous avez raison, il y a un doublon...

Je fais tenté de posté d'un seul coup, les textes... comme cela, vu que je suis à côté de la plaque... ça déragera le dossier.

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par chartreux » jeu. 04 févr. 2016 15:28

Remarques qui ne répondent pas exactement à ma question (ou peut-être pas encore) mais remarques très pertinentes tout de même !
Dites-moi, vous avez posté deux fois le même message ?

Re: Les cinq voies de démonstration de l'existence de Dieu

par gabrielle » jeu. 04 févr. 2016 14:36

ARTICLE I

DIEU EXISTE


"DIEU EST". Ces deux mots à peine prononcés, deux camps opposés nous barrent la route. Le premier dit: Ne cherchez pas des preuves, du moins du côté de la raison. Besogne vaine, car "Dieu est" est une vérité évidente, assez claire pour être connue par elle-même. Le deuxième, à l'extrême opposé, insiste : N'essayez pas de prouver "Dieu est" ; c'est indémontrable. Impossible d'avancer sans avoir répondu.


Pour les partisans de "l'évidence".

a) Dieu lui-même se révèle comme "non évident". Il dit dans l'épître aux Romains, 1, 20, que les païens ont besoin de l'intermédiaire des créatures pour arriver à savoir qu'il existe. Comme il habite, dit-il» "une lumière inaccessible", il ne peut être vu ou connu ici-bas que "dans un miroir, en énigme". (Cor.,
XIII, 12 )



b) L'Eglise, au XVIIe siècle, met à l'index les Méditations de Descartes et, au XVIIIe, la Recherche de Malebranche, qui tiennent pour l'évidence sous le nom d'ontologisme. En 1861, le Saint-Office censure la doctrine qui dit : "La connaissance immédiate de Dieu, au moins habituelle, est essentielle à l'intellect humain, de sorte que sans elle il ne peut rien connaître". L'ontologisme italien est réprouvé en 1887.

c) "Dieu est", voilà sans doute une vérité évidente en soi, mais pas nécessairement évidente pour celui qui, du dehors, la considère. "Le triangle est une figure géométrique", est une proposition évidente à l'envisager en elle-même, mais ne l'est pas au point de vue de celui qui ignore ce qu'est une figure géométrique et quel sens a le mot triangle. Il y aura donc besoin d'explication. A plus forte raison pour "Dieu est". L'homme est en présence de Dieu "comme un observateur qui ne peut pas regarder le soleil en face, alors pourtant que rien n'est plus visible". "Dieu existe" serait évident ou connu par soi, si Dieu était l'objet immédiat et premier de la connaissance humaine. Or il n'en est rien. L'objet propre de l'esprit humain est l'existant sensible; ce n'est qu'après l'avoir saisi, que jaillit en lui la reconnaissance de Dieu. Elle est donc le fruit d'un raisonnement, non pas d'une évidence ou d'une intuition (quoique nous tendions vers elle; ce sera la vision béatifique).


pages 29-30

a suivre

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