par Laetitia » mer. 10 févr. 2016 12:00
Chartreux a écrit :Il est certain que le mot image est à préciser ici. Je sais seulement que l'image est distincte de la ressemblance, que par suite du péché originel nous avons encore l'image mais que nous devons retrouver la ressemblance.
Voici, extrait d'une homélie trouvée dans les œuvres de saint Basile de Césarée, un passage expliquant cette distinction :
Sancti Patris nostri Basilii Caesareae Cappadociae Archiepiscopi Opera omnia a écrit :Et fecit Deus hominem. Ad imaginem Dei fecit eum. Numquid non observasti, mancum esse ac diminutum id quod redditur ? Faciamus hominem ad imaginem nostram et ad similitudinem. Consilium duo habuit, ad imaginem, et ad similitudinem : proceatio unam duntaxat habet, nempe quod est ad imaginem.
[…]
Facilis est, si quis animum attendat ac intellegere velit, solutio. Etenim quod est ad imaginem, natura nobis concessum est, atque a principio immutabile et in finem usque comes est. Quod similitudinem, libera voluntate et a nobis postmodum praestatur...
La [url=http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/basile/hexaemeron/032.htm]dixième homélie[/url] jointe aux oeuvres de saint Basile a écrit :Et Dieu fit l'homme ; il le fit à l'image de Dieu (Gen. 1. 27.). Ne remarquez-vous point que Dieu n'exécute pas tout ce qu’il s'est proposé. Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. (Gen. 1. 26.) La délibération renferme deux choses, à notre image et à notre ressemblance. La création n'en offre qu'une, à son image.
[…]
La solution de la difficulté est facile , pour peu qu'on examine attentivement les choses. Être fait à l'image de Dieu, c'est un avantage qui nous est donné par notre nature, avantage qui a toujours été le même dès l'origine et qui le sera jusqu'à la fin. Être fait à sa ressemblance, tenait à notre volonté, et c'est nous qui devions l’accomplir par la suite. Ainsi, lorsque, dans la première délibération, Dieu disait : Faisons l’homme à notre image, il a ajouté et à notre ressemblance, annonçant qu’il nous donnerait une volonté libre, par laquelle nous pourrions devenir semblables à Dieu. Et nous le sommes déjà devenus, suivant l'oracle du Très-Haut; car plusieurs se sont déjà montrés et se montreront encore semblables à lui, quoique nous ne marchions pas tous vers le même but, mais que le plus grand nombre, par lâcheté, prenne une route contraire.
Dans la création même de l'homme, l’Écriture dit seulement que Dieu le fit à son image, parce que c'est le seul privilège parfait et immuable qu'il ait mis dans la nature humaine : pour ce qui est de
à sa ressemblance, elle garde à juste titre le silence, parce que, sans doute, Dieu n'a ajouté cet avantage dans l'homme qu'en puissance, et qu'il avait besoin, pour le réduire à l'acte, de l'opération de la créature qui recevait de lui la volonté. Si donc, sans avoir dit d'abord dans sa délibération, et à notre ressemblance, Dieu nous eût accordé sur-le-champ de devenir semblables à lui, nous n'aurions pu par la suite nous procurer nous-mêmes cette insigne faveur par un heureux effet de notre libre arbitre, et en conséquence nous l'aurions possédée dans l'origine nécessairement.
[...]
Ainsi vous êtes fait à son image, parce que vous êtes doué de raison; vous lui êtes semblable, parce que vous prenez la bonté.
Prenez donc des entrailles de tendresse et de bonté (Col. 3. 12.) , afin de vous revêtir de Jésus-Christ. C'est en prenant la bonté que vous vous revêtez de Jésus-Christ : c'est vous identifiant, pour ainsi dire, avec le Fils de Dieu, que vous vous identifiez avec Dieu son Père. L'histoire de la formation de l'homme est donc une leçon qui nous apprend à bien régler notre vie.
Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. Qu'il tire le premier avantage de la création même , et le second de son propre travail
(1); puisqu'il trouve dans sa volonté propre la faculté de devenir semblable à Dieu. Si Dieu, dès le commencement, vous eût fait à sa ressemblance, où serait votre mérite ? comment seriez-vous couronné ? si le Créateur eût tout donné à la nature, comment le royaume des cieux vous serait-il ouvert ? mais il lui a donné une partie, et il a laissé l’autre imparfaite, afin que vous perfectionnant vous-même, vous vous rendiez digne de la récompense divine. Comment donc prenons-nous la ressemblance avec Dieu ? c'est en pratiquant l’Évangile. Qu'est-ce que le christianisme, sinon une ressemblance avec Dieu autant que le permet la nature humaine ? Voulez-vous être vraiment chrétien; hâtez-vous de devenir semblable à Dieu....
(1) De son propre travail, sans doute aidé et secondé par la grâce ; c'est ce qu'il faut sous-entendre dans tout ce morceau, et ce que sous-entendait l'orateur. En général, les Pères grecs de ce temps s'observaient moins dans leurs expressions en parlant du libre arbitre; ce n'est pas qu'ils ne pensassent très-bien, mais c'est qu'il n'y avait pas encore eu d'erreur et de contradiction sur cet objet.
[quote="Chartreux"]Il est certain que le mot image est à préciser ici. Je sais seulement que l'image est distincte de la ressemblance, que par suite du péché originel nous avons encore l'image mais que nous devons retrouver la ressemblance.[/quote]
Voici, extrait d'une homélie trouvée dans les œuvres de saint Basile de Césarée, un passage expliquant cette distinction :
[quote="[url=https://books.google.fr/books?id=sccWAAAAQAAJ&pg=PA473#v=onepage&q&f=false]Sancti Patris nostri Basilii Caesareae Cappadociae Archiepiscopi Opera omnia[/url]"][color=#0000FF][i]Et fecit Deus hominem. Ad imaginem Dei fecit eum. Numquid non observasti, mancum esse ac diminutum id quod redditur ? Faciamus hominem ad imaginem nostram et ad similitudinem. Consilium duo habuit, ad imaginem, et ad similitudinem : proceatio unam duntaxat habet, nempe quod est ad imaginem.
[…]
Facilis est, si quis animum attendat ac intellegere velit, solutio. Etenim quod est ad imaginem, natura nobis concessum est, atque a principio immutabile et in finem usque comes est. Quod similitudinem, libera voluntate et a nobis postmodum praestatur...[/i][/color][/quote]
[quote="La [url=http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/basile/hexaemeron/032.htm]dixième homélie[/url] jointe aux oeuvres de saint Basile"]Et Dieu fit l'homme ; il le fit à l'image de Dieu (Gen. 1. 27.). Ne remarquez-vous point que Dieu n'exécute pas tout ce qu’il s'est proposé. Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. (Gen. 1. 26.) La délibération renferme deux choses, à notre image et à notre ressemblance. La création n'en offre qu'une, à son image.
[…]
La solution de la difficulté est facile , pour peu qu'on examine attentivement les choses. Être fait à l'image de Dieu, c'est un avantage qui nous est donné par notre nature, avantage qui a toujours été le même dès l'origine et qui le sera jusqu'à la fin. Être fait à sa ressemblance, tenait à notre volonté, et c'est nous qui devions l’accomplir par la suite. Ainsi, lorsque, dans la première délibération, Dieu disait : Faisons l’homme à notre image, il a ajouté et à notre ressemblance, annonçant qu’il nous donnerait une volonté libre, par laquelle nous pourrions devenir semblables à Dieu. Et nous le sommes déjà devenus, suivant l'oracle du Très-Haut; car plusieurs se sont déjà montrés et se montreront encore semblables à lui, quoique nous ne marchions pas tous vers le même but, mais que le plus grand nombre, par lâcheté, prenne une route contraire.
Dans la création même de l'homme, l’Écriture dit seulement que Dieu le fit à son image, parce que c'est le seul privilège parfait et immuable qu'il ait mis dans la nature humaine : pour ce qui est de [i]à sa ressemblance[/i], elle garde à juste titre le silence, parce que, sans doute, Dieu n'a ajouté cet avantage dans l'homme qu'en puissance, et qu'il avait besoin, pour le réduire à l'acte, de l'opération de la créature qui recevait de lui la volonté. Si donc, sans avoir dit d'abord dans sa délibération, et à notre ressemblance, Dieu nous eût accordé sur-le-champ de devenir semblables à lui, nous n'aurions pu par la suite nous procurer nous-mêmes cette insigne faveur par un heureux effet de notre libre arbitre, et en conséquence nous l'aurions possédée dans l'origine nécessairement.
[...]
Ainsi vous êtes fait à son image, parce que vous êtes doué de raison; vous lui êtes semblable, parce que vous prenez la bonté. [i]Prenez donc des entrailles de tendresse et de bonté[/i] (Col. 3. 12.) , afin de vous revêtir de Jésus-Christ. C'est en prenant la bonté que vous vous revêtez de Jésus-Christ : c'est vous identifiant, pour ainsi dire, avec le Fils de Dieu, que vous vous identifiez avec Dieu son Père. L'histoire de la formation de l'homme est donc une leçon qui nous apprend à bien régler notre vie. [i]Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance.[/i] Qu'il tire le premier avantage de la création même , et le second de son propre travail [b](1)[/b]; puisqu'il trouve dans sa volonté propre la faculté de devenir semblable à Dieu. Si Dieu, dès le commencement, vous eût fait à sa ressemblance, où serait votre mérite ? comment seriez-vous couronné ? si le Créateur eût tout donné à la nature, comment le royaume des cieux vous serait-il ouvert ? mais il lui a donné une partie, et il a laissé l’autre imparfaite, afin que vous perfectionnant vous-même, vous vous rendiez digne de la récompense divine. Comment donc prenons-nous la ressemblance avec Dieu ? c'est en pratiquant l’Évangile. Qu'est-ce que le christianisme, sinon une ressemblance avec Dieu autant que le permet la nature humaine ? Voulez-vous être vraiment chrétien; hâtez-vous de devenir semblable à Dieu....
[b](1)[/b] [size=85]De son propre travail, sans doute aidé et secondé par la grâce ; c'est ce qu'il faut sous-entendre dans tout ce morceau, et ce que sous-entendait l'orateur. En général, les Pères grecs de ce temps s'observaient moins dans leurs expressions en parlant du libre arbitre; ce n'est pas qu'ils ne pensassent très-bien, mais c'est qu'il n'y avait pas encore eu d'erreur et de contradiction sur cet objet.[/size][/quote]