par Abbé Zins » jeu. 09 juin 2016 12:55
chartreux a écrit :Matthieu 2.15 a écrit :
et erat ibi usque ad obitum Herodis ut adimpleretur quod dictum est a Domino per prophetam dicentem ex Aegypto vocavi filium meum
Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait dit par le prophète, en ces termes : J’ai rappelé Mon Fils d’Egypte.
Osée 11.1-2 a écrit :
sicuti mane transit pertransiit rex Israhel quia puer Israhel et dilexi eum et ex Aegypto vocavi filium meum vocaverunt eos sic abierunt a facie eorum Baalim immolabant et simulacris sacrificabant
Comme passe le matin, ainsi a passé le roi d’Israël. Lorsque (Parce qu’) Israël était un enfant, je l’ai aimé, et j’ai (r)appelé mon fils de l’Egypte. 2On (Mes prophètes) les a (ont) appelés, et ils se sont éloignés ; ils immolaient aux Baals (Baalim) et ils sacrifiaient aux idoles (simulacres).
Un mahométan objecte que l'affirmation de Saint Matthieu
fait violence au passage d'Osée dans lequel le rappel du fils d'Égypte n'est pas mentionné comme une prophétie. Une deuxième objection, liée à la première, est que seule la partie
ex Aegypto vocavi filium meum semble présenter un quelconque rapport avec NSJC dans ce debut de chapitre d'Osée.
Je crois me souvenir que le Talmud même des juifs infidèles interprète ce passage d'Osée comme se réferant au Messie, en sorte qu'il faudrait répondre au premier point que contrairement au Sola Scriptura des protestants, il faut tenir compte de la tradition orale concernant un passage donné et pas seulement de son sens obvie.
Il faut rappeler en effet
« en premier que toute Prophétie de l'Ecriture n'admet point la propre interprétation. Car ce n'est point par une volonté humaine qu'une Prophétie a été énoncée : mais c'est inspirés par le Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé.» (II Pierre 1,20-21)
Il faut ensuite avoir à l'esprit que l'Ecriture ne comporte pas un seul sens, littéral ou historique, mais aussi plusieurs sens mystiques : allégorique, anagogique, moral :
« Semel locutus est Deus ; duo haec audivi : quia potestas Dei est » (Ps. 61,12) ;
« Dieu a parlé une fois ; j'ai entendu deux : car telle est la Puissance de Dieu.» (Ps. 61,12)
En ce passage d’Osée, le sens littéral historique est clair. Il s'agit des dix tribus tombées en leur ensemble dans l'idolâtrie, avec cependant une partie de leurs membres demeurés fidèles, et coupées des deux autres restées fidèles : celle de Juda, et les restes de Benjamin. Dieu les avait toutes bénies, quand elles n'étaient encore que peu développées, en les ramenant de la captivité d'Egypte ; et, malgré cela, ces dix tribus dissidentes ayant formé un royaume à part, s'étaient éloignées de Dieu jusqu'à retomber dans l'idolâtrie.
Pour ce qui est du sens prophétique rapporté par Saint Matthieu, il ne concerne que la fin du verset 1 qu'il cite, à savoir :
ex Aegypto vocavi filium meum ;
J’ai rappelé Mon Fils d’Egypte.
En vue de le bien comprendre, il importe d'avoir à l'esprit plusieurs données.
1° Que le nom d'
Israël est un nom symbolique signifiant :
Celui qui a vu (ou :
qui contemple)
Dieu. Il a été donné à Jacob après sa lutte avec un Ange ou Esprit envoyé par Dieu et Le représentant ayant pris alors une apparence humaine (Genèse 32,22-32). Et c'est l'Ange lui-même qui a donné ce nom à Jacob en lui en expliquant le sens (Genèse 32,28).
2° En la Sainte Ecriture, ce nom d'
Israël désigne 1. le seul Jacob ; 2. sa lignée légitime, donc les 12 tribus ; 3. le Royaume d'Israël, et les 10 tribus le composant, séparé de celui de Juda ; 4. principalement et par excellence, et prophétiquement le Verbe de Dieu allant S'incarner ; 5. par extension, Son Corps Mystique qu'est la Sainte Eglise Catholique, imparfaitement et figurativement en l'Eglise Militante, parfaitement en l'Eglise Triomphante, l'Assemblée des Bienheureux voyant Dieu face à face, tel qu'IL EST.
Dans le sens prophétique cité par Saint Matthieu, c'est cette 4e signification qui est seule retenue, selon le sens allégorique principal.
Dans le sens allégorique se rapportant au Corps Mystique de la Tête qu'en est le Christ-Seigneur, le fils rappelé d'Egypte sont les anciens païens délivrés du paganisme et redevenus spirituellement enfants de Dieu en étant devenus Chrétiens. Certains d'entre eux, les hérétiques et schismatiques, après et malgré tant de bienfaits reçus de Dieu, sont en partie retombés en leur séparation d'avec Dieu en se coupant de Son Corps Mystique qu'est la Sainte Eglise, et descendus jusqu'à idolâtrer leurs propres pensées et interprétations particulières, comme l'exposent Saint Jérôme pour l'ensemble, et Saint Vincent de Lérins pour ce dernier point.
[quote="chartreux"][quote="Matthieu 2.15"]
et erat ibi usque ad obitum Herodis ut adimpleretur quod dictum est a Domino per prophetam dicentem ex Aegypto vocavi filium meum
Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait dit par le prophète, en ces termes : J’ai rappelé Mon Fils d’Egypte.
[/quote]
[quote="Osée 11.1-2"]
sicuti mane transit pertransiit rex Israhel quia puer Israhel et dilexi eum et ex Aegypto vocavi filium meum vocaverunt eos sic abierunt a facie eorum Baalim immolabant et simulacris sacrificabant
Comme passe le matin, ainsi a passé le roi d’Israël. Lorsque (Parce qu’) Israël était un enfant, je l’ai aimé, et j’ai (r)appelé mon fils de l’Egypte. 2On (Mes prophètes) les a (ont) appelés, et ils se sont éloignés ; ils immolaient aux Baals (Baalim) et ils sacrifiaient aux idoles (simulacres).
[/quote]
Un mahométan objecte que l'affirmation de Saint Matthieu [i] fait violence [/i] au passage d'Osée dans lequel le rappel du fils d'Égypte n'est pas mentionné comme une prophétie. Une deuxième objection, liée à la première, est que seule la partie [i] ex Aegypto vocavi filium meum[/i] semble présenter un quelconque rapport avec NSJC dans ce debut de chapitre d'Osée.
Je crois me souvenir que le Talmud même des juifs infidèles interprète ce passage d'Osée comme se réferant au Messie, en sorte qu'il faudrait répondre au premier point que contrairement au Sola Scriptura des protestants, il faut tenir compte de la tradition orale concernant un passage donné et pas seulement de son sens obvie.[/quote]
Il faut rappeler en effet [i]« en premier que toute Prophétie de l'Ecriture n'admet point la propre interprétation. Car ce n'est point par une volonté humaine qu'une Prophétie a été énoncée : mais c'est inspirés par le Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé.»[/i] (II Pierre 1,20-21)
Il faut ensuite avoir à l'esprit que l'Ecriture ne comporte pas un seul sens, littéral ou historique, mais aussi plusieurs sens mystiques : allégorique, anagogique, moral : [i]« Semel locutus est Deus ; duo haec audivi : quia potestas Dei est »[/i] (Ps. 61,12) ; [i]« Dieu a parlé une fois ; j'ai entendu deux : car telle est la Puissance de Dieu.»[/i] (Ps. 61,12)
En ce passage d’Osée, le sens littéral historique est clair. Il s'agit des dix tribus tombées en leur ensemble dans l'idolâtrie, avec cependant une partie de leurs membres demeurés fidèles, et coupées des deux autres restées fidèles : celle de Juda, et les restes de Benjamin. Dieu les avait toutes bénies, quand elles n'étaient encore que peu développées, en les ramenant de la captivité d'Egypte ; et, malgré cela, ces dix tribus dissidentes ayant formé un royaume à part, s'étaient éloignées de Dieu jusqu'à retomber dans l'idolâtrie.
Pour ce qui est du sens prophétique rapporté par Saint Matthieu, il ne concerne que la fin du verset 1 qu'il cite, à savoir : [i]ex Aegypto vocavi filium meum[/i] ; [i]J’ai rappelé Mon Fils d’Egypte[/i].
En vue de le bien comprendre, il importe d'avoir à l'esprit plusieurs données.
1° Que le nom d'[i]Israël[/i] est un nom symbolique signifiant : [i]Celui qui a vu[/i] (ou : [i]qui contemple[/i]) [i]Dieu[/i]. Il a été donné à Jacob après sa lutte avec un Ange ou Esprit envoyé par Dieu et Le représentant ayant pris alors une apparence humaine (Genèse 32,22-32). Et c'est l'Ange lui-même qui a donné ce nom à Jacob en lui en expliquant le sens (Genèse 32,28).
2° En la Sainte Ecriture, ce nom d'[i]Israël[/i] désigne 1. le seul Jacob ; 2. sa lignée légitime, donc les 12 tribus ; 3. le Royaume d'Israël, et les 10 tribus le composant, séparé de celui de Juda ; 4. principalement et par excellence, et prophétiquement le Verbe de Dieu allant S'incarner ; 5. par extension, Son Corps Mystique qu'est la Sainte Eglise Catholique, imparfaitement et figurativement en l'Eglise Militante, parfaitement en l'Eglise Triomphante, l'Assemblée des Bienheureux voyant Dieu face à face, tel qu'IL EST.
Dans le sens prophétique cité par Saint Matthieu, c'est cette 4e signification qui est seule retenue, selon le sens allégorique principal.
Dans le sens allégorique se rapportant au Corps Mystique de la Tête qu'en est le Christ-Seigneur, le fils rappelé d'Egypte sont les anciens païens délivrés du paganisme et redevenus spirituellement enfants de Dieu en étant devenus Chrétiens. Certains d'entre eux, les hérétiques et schismatiques, après et malgré tant de bienfaits reçus de Dieu, sont en partie retombés en leur séparation d'avec Dieu en se coupant de Son Corps Mystique qu'est la Sainte Eglise, et descendus jusqu'à idolâtrer leurs propres pensées et interprétations particulières, comme l'exposent Saint Jérôme pour l'ensemble, et Saint Vincent de Lérins pour ce dernier point.