Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par Si vis pacem » ven. 25 mai 2018 20:15

   Si vis pacem a écrit : dim. 13 mai 2018 0:27
   Saint Léon – Sermon VIII sur la fête de la Nativité a écrit :
Nous ne connaissons, depuis la venue de Jésus-Christ, presque aucun égarement de la pensée humaine en matière religieuse qui d'une façon ou d'une autre, n'ait été une attaque à cette vérité des deux natures réunies dans la personne unique du Verbe ...
Concevez-vous alors le lien ?
En paraphrasant saint Hilaire :
   Saint Hilaire – De Trinitate, VII-24 a écrit :
Le Juif avait dit : « Alors que tu n'es qu'un homme, tu te fais Dieu », et toi, avec une égale impiété, tu avances : « Alors que tu n'es qu'une créature, tu te fais Dieu ». Mais oui, c'est bien ce que tu dis au Seigneur : « Tu n'es pas Fils par naissance, tu n'es pas Dieu en vérité. Tu es une créature supérieure à toutes les créatures, mais tu n'es pas né comme Dieu, parce que je n'admets pas la naissance d'une nature divine à partir d'un Dieu incorporel. Non seulement toi et le Père, vous n'êtes pas un, mais tu n'es pas Fils, tu n'es pas semblable à Dieu, tu n'es pas Dieu ».

nous aurons, à l'aide de l'encyclique Pascendi, ce parallèle :
Le Juif avait dit : « Alors que tu n'es qu'un homme, tu te fais Dieu », les modernistes disent : dans la personne du Christ, la science ni l'histoire ne trouvent autre chose qu'un homme. De son histoire, donc, au nom de la première loi, basée sur l'agnosticisme, il faut effacer tout ce qui a caractère de divin. La personne historique du Christ a été transfigurée par la foi: il faut donc retrancher encore de son histoire, de par la seconde loi, tout ce qui l'élève au-dessus des conditions historiques. Enfin, la même personne du Christ a été défigurée par la foi: il faut donc, en vertu de la troisième loi, écarter en outre de son histoire les paroles, les actes, en un mot, tout ce qui ne répond point à son caractère, à sa condition, à son éducation, au lieu et au temps où il vécut.


Ce qui permettra à Montini d'annoncer : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme. (Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965) ; et à Ratzinger de développer :
   Foi chrétienne hier et aujourd'hui. Paris, 1986, pp. 158-159 a écrit : Et nous voilà arrivés au point où nous pouvons essayer de résumer la signification de la confession de foi : « Je crois au Christ Jésus, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur ». Après toutes nos réflexions, nous devrions pouvoir affirmer tout d'abord ceci : la foi chrétienne reconnaît en Jésus de Nazareth l'homme exemplaire — c'est là, semble-t-il, la meilleure façon de rendre le sens du concept paulinien du « dernier Adam », évoqué ci-dessus. Mais c'est précisément comme homme exemplaire, comme l'homme type, qu'il transcende la limite de l'humain. C'est par là seulement qu'il est l'homme vraiment exemplaire. Car l'homme est en lui-même dans la mesure où il est auprès de l'autre. Il ne se trouve qu'en se quittant; il ne se trouve lui-même que par l'autre, en étant auprès de l'autre.

Cela vaut finalement en un sens plus profond. Si cet autre n'est qu'un être quelconque, il peut conduire l'homme à sa perte. L'homme, en dernière analyse, est ordonné à l'autre, à celui qui est véritablement autre, à Dieu. Il est d'autant plus en lui-même qu'il est plus près du tout autre, de Dieu. Il est par conséquent tout à fait lui-même, quand il cesse de se tenir en lui-même, de se replier sur lui-même, de s'affirmer lui-même, quand il est pure ouverture à Dieu. Autrement dit : l'homme se trouve en se dépassant. Or Jésus est l'homme qui s'est totalement dépassé, et par là s'est vraiment trouvé.

Le Rubicon de « l'hominisation » est tout d'abord franchi par le passage de l'animal au logos, de la simple vie à l'esprit. L' « argile » est devenue l'homme, au moment où cet être n'a plus simplement été (da war), mais où, dépassant l'être-là (das Da-Sein) et la réalisation de ses exigences, il s'est ouvert sur le Tout. Mais ce passage, par lequel le logos, l'intelligence, l'esprit pénétrèrent pour la première fois dans notre univers, n'est pleinement accompli que lorsque le logos lui-même, le Sens Créateur tout entier, et l'homme se compénètrent. Pour que l'homme devienne pleinement homme, il faut que Dieu devienne homme. C'est alors seulement que le Rubicon, le passage de « l'animal » au « logique », est définitivement franchi; c'est alors seulement que se trouve conduit jusqu'à ses plus hautes possibilités le commencement posé au moment où pour la première fois un être de terre et de poussière, portant son regard au-delà de lui-même et de son environnement, a pu dire « Tu » à Dieu. C'est l'ouverture au Tout, à l'Infini, qui fait l'homme. L'homme est homme par le fait qu'il tend infiniment au-delà de lui-même; il est par conséquent d'autant plus homme qu'il est moins replié sur lui-même, moins « limité » (beschränkt). Mais alors - répétons-le - celui-là est le plus homme, l'homme véritable, qui est le plus illimité (ent-schränkt), qui non seulement entre en contact avec l'infini - l'Infini - mais est un avec lui : Jésus-Christ. En lui, le processus d'hominisation est arrivé véritablement à son terme.

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par chartreux » ven. 25 mai 2018 9:28

JCL a écrit : mar. 15 mai 2018 17:19 J'essaye...
Le lien que je vois entre pharisiens et modernistes c'est une religion sans vraie foi, sans croire vraiment ce qu'on prétend croire, des œuvres ,des préceptes ,sans la foi ,sans croire soi-même ce qu'on dit ,enseigne et impose aux autres,au fond de soi, non pas la foi sans les œuvres mais des (prétendues ) œuvres sans la foi, sans Dieu ,un Dieu réellement Dieu et réel, mais quand à la source d'erreur dans une fausse vision ou négation de la double nature de Jésus-Christ, au premier abord je vois pas le rapport.
La négation de la vie surnaturelle au profit de vue purement terrestre, un Jésus carrément rejeté comme Dieu dans un cas et plus subtilement apparemment accepter comme homme exemplaire sans le prendre à la lettre dans l'autre?
Il me semble que le passage suivant s'applique aussi bien aux modernistes qu'aux pharisiens :
Matth 23:13 a écrit : Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez le royaume des Cieux devant les hommes ; car vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous ne laissez pas entrer ceux qui désirent entrer.
Voici le commentaire qu'on en lit dans la Catena Aurea :
Orig. (Traité 25 sur S. Matth.) « Parce que vous fermez le royaume des cieux, » etc. Ces deux choses sont indissolublement unies, et il suffit, pour être exclu du royaume des cieux, qu’on empêche les autres d’y entrer. — S. Chrys. (sur S. Matth.) Le royaume des cieux ce sont les Écritures, qui contiennent la science du royaume des cieux ; la porte des cieux c’est l’intelligence qui les fait comprendre. Ou bien, le royaume des cieux c’est le bonheur du ciel ; la porte c’est Jésus-Christ, par lequel on entre dans ce bonheur ; les portiers ce sont les prêtres, qui ont reçu le pouvoir d’enseigner et d’interpréter les Écritures ; la clef c’est la science des Écritures, science qui ouvre aux hommes la porte de la vérité ; ouvrir cette porte c’est interpréter les Écritures dans leur sens véritable. Or, remarquez qu’il ne dit pas : « Malheur à vous, qui n’ouvrez pas », mais « qui fermez. » Donc les Écritures ne sont pas fermées, bien qu’elles renferment des obscurités.



Orig. (traité 25.) Les pharisiens et les scribes n’entraient donc pas, ni ne voulaient écouter celui qui a dit : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. » Et non-seulement ils n’entraient pas, mais ils ne laissaient pas entrer ceux qui auraient pu croire aux prédictions que la loi et les prophètes avaient pu faire sur le Christ, et ils leur fermaient la porte en leur inspirant la plus grande terreur. Non contents de ne pas croire en Jésus-Christ, ils contestaient l’autorité de sa doctrine, dénaturaient le sens des prophéties dont il était l’objet, et blasphémaient toutes ses actions comme l’oeuvre du mensonge et du démon. Or, tous ceux qui, par leur mauvaise conduite, donnent au peuple l’exemple de la transgression, et qui, par leurs scandales, causent aux faibles un tort irréparable, ferment aux hommes le royaume des cieux. Ce péché se rencontre parmi les simples fidèles, mais surtout parmi les docteurs qui enseignent en toute justice la saine doctrine de l’Évangile, mais qui sont loin de pratiquer ce qu’ils enseignent. Ceux, au contraire, qui prennent soin de conformer leur conduite à leur enseignement, ouvrent aux hommes le royaume des cieux, et en y entrant les premiers ils excitent les autres à y entrer à leur suite. Mais il en est beaucoup qui, tout en voulant entrer dans le royaume des cieux, ne permettent pas aux autres d’y entrer avec eux : ce sont ceux qui, sans raison, et par un sentiment de jalousie, excommunient ceux qui valent mieux qu’eux, et qui, par cette conduite, ne leur permettent pas l’entrée de ce royaume. Mais ceux qui savent contenir leur âme dans la modération, triomphent de cette tyrannie par leur patience, et quoiqu’on les écarte, ils entrent et possèdent l’héritage du royaume. Il n’en est pas moins vrai que ceux qui, par un excès de témérité, se sont donné la mission d’enseigner avant d’avoir appris, et qui se traînent à la suite des fables juives, en décriant ceux qui s’appliquent à découvrir le sens relevé des Écritures, ferment aux hommes, autant qu’il est en eux, la porte du royaume des cieux.

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par JCL » mar. 15 mai 2018 17:19

J'essaye...
Le lien que je vois entre pharisiens et modernistes c'est une religion sans vraie foi, sans croire vraiment ce qu'on prétend croire, des œuvres ,des préceptes ,sans la foi ,sans croire soi-même ce qu'on dit ,enseigne et impose aux autres,au fond de soi, non pas la foi sans les œuvres mais des (prétendues ) œuvres sans la foi, sans Dieu ,un Dieu réellement Dieu et réel, mais quand à la source d'erreur dans une fausse vision ou négation de la double nature de Jésus-Christ, au premier abord je vois pas le rapport.
La négation de la vie surnaturelle au profit de vue purement terrestre, un Jésus carrément rejeté comme Dieu dans un cas et plus subtilement apparemment accepter comme homme exemplaire sans le prendre à la lettre dans l'autre?

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par Si vis pacem » mar. 15 mai 2018 0:12

JCL a écrit : lun. 14 mai 2018 17:35 Non je vois pas, pouvez-vous m'éclairer?
Non ... Trop simple !
Il faut que vous y mettiez un peu du vôtre !

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par JCL » lun. 14 mai 2018 17:35

Non je vois pas, pouvez-vous m'éclairer?

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par Si vis pacem » dim. 13 mai 2018 0:27

JCL a écrit : dim. 22 avr. 2018 19:28
Oui je pense que les modernistes sont les pires ennemis de la foi, le texte de St Pie X éclaire bien.
JCL a écrit : lun. 30 avr. 2018 21:46
Il me semble aussi qu'au fond l'essence des pharisiens comme des modernistes c'est justement littéralement d’être des ennemis de la foi, la foi niée comme à la racine ...

... Jésus dit explicitement aux pharisiens qu'ils ne croient pas à Moïse, que si ils y croyaient ils croiraient aussi en Lui …

JCL a écrit : jeu. 19 avr. 2018 20:26
Mais si on considère que l’Évangile, la vie de Jésus-Christ reste, entre autres, comme une image, une leçon, une illustration permanente, toujours valable, de ce qui se passe dans l'histoire de l’Église, les ennemis les plus terribles et les plus combattus ce sont de toute évidence les pharisiens qui ne semblent pas particulièrement moderniste etc
Donc quelle transposition correspondrais aux temps modernes, comment concilier tout ça ?

Saint Léon – Sermon VIII sur la fête de la Nativité a écrit :
Nous ne connaissons, depuis la venue de Jésus-Christ, presque aucun égarement de la pensée humaine en matière religieuse qui d'une façon ou d'une autre, n'ait été une attaque à cette vérité des deux natures réunies dans la personne unique du Verbe ...
Concevez-vous alors le lien ?

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par JCL » mer. 09 mai 2018 11:31

Je pense qu'il y a deux formes de modernisme, et qui passe de la première à la seconde ,en commençant par un doute et un complexe d'infériorité vis à vis du monde ,sa liberté de penser, ses connaissances ,sa superbe, sa force, ses brillances, d’où peur de passer pour des idiots crédules et soumis, d’où une recherche de compatibilité, neutralité, concordance , amitié, gentillesses avec le monde, l'humanisme, le rationalisme et ses tenants modérés, à partir d'une foi qui doute, puis cela deviens un système ferme et offensif, un agnosticisme dogmatique et inquisiteur, "réinventant" le christianisme contre l'orthodoxie jugée "primaire" et dangereuse, inhumaine,archaïque et nuisant à la continuité actualisée de "l'Eglise" adaptée à son temps et à la façon moderne de (ne pas ) croire...
Les plus influents modernistes sont ils des apostats pervers pleinement conscients et manipulateur utilisant la faiblesse humaine des chrétiens ou ne sont ils que les produits, eux-memes du processus diabolique du modernisme par "lui-même" je me le demande...

Les pharisiens en leur temps ,je crois, ne sont arrivés là ,en tant que tellement détestables, qu'après une période ou en face des influences séductrices et guerrières païennes ils ont été le camp de la résistance orthodoxe. Un processus inverse de celui du modernisme , de coupure radicale envers les autres, les influences "étrangères" des nations, processif aussi excessif dans un sens que l'est dans l'autre sens la façon moderniste d'envisager le dialogue avec le Monde, le Siècle, l'universalité etc.

Ils ont ,je crois, fait de la Loi une religion sans véritable foi, un pure légalisme identitaire orgueilleux se renforçant de l'idée d’être le peuple de Dieu.
Ils ont perdu la foi...
Aujourd'hui, deux mille ans plus tard, nous subissons principalement un légalisme inversé ,d'un pseudo-amour politiquement universel et mondialiste et assimilant la vraie foi à du fanatisme pharisaïque.
Un amour de l'homme sans amour ni secours de Dieu, à moins que ce ne soit un "dieu" ,un panthéisme, un "promé-théisme" quasi luciférien, mélangeant transversalité religieuse, sciences humaines incrédules, sociologies, agnosticisme, rationalisme, psychanalyse, spiritualismes, bons sentiments, pacifisme, consommation, plaisir, loisir, abondance, progressisme,évolutionnisme, démagogies,fraternité sans Père, égalitarisme, fausse liberté etc etc et tout ceci mis en lois, en culture, en éducation obligatoire, en biais et liens économiques, en urbanisme, en propagande, en séductions, en fausses oppositions, en État profond, en financements, en désinformation, en procès, en monopolisation sous fausses diversités, en moyen techniques prodigieux encerclant l'humanité entière non seulement matériellement mais encore intérieurement et mentalement d'une façon se voulant ,peu à peu sans issues, sans réversibilité, sans exception, sans marge ,c'est à dire comme un totalitarisme encore jamais vu ,aussi doucereux et confortable qu'il apparaisse, réelement ou illusoirement...
Et les modernistes sont comme gardien du Temple pour empêcher et étouffer la réaction de foi et sa propagation, justement là ou elle devrait être...

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par chartreux » mer. 02 mai 2018 14:41

JCL a écrit : mar. 01 mai 2018 20:38 l'orgueil et l’idolâtrie nationaliste ,aujourd'hui dépassée dans le modernisme en orgueil humanitaire planétaire ,contre les nations, avec le pendant d'erreur de fausse résistance par une foi plus "identitaire" que chrétienne.
Je suis très content de vous voir apporter de l'eau à mon moulin, mais dites donc, vous n'allez pas vous faire que des amis chez les "nationalistes catholiques" en disant des choses comme ça. L'expression de "nationalisme intégral" ne veut rien dire et usurpe l'expression juste de catholicisme intégral. La monarchie qui régnait sur plusieurs nations n'est pas du tout la même chose que la Nation une et indivisible (dont Mgr Gaume a bien documenté la forte composante paienne). La plupart des "nationalistes" d'aujourd'hui sont plutôt des révolutionnaires dissidents, des revolutionnaires d'une autre époque, que des vrais catholiques.

JCL a écrit : mar. 01 mai 2018 20:38 la tentation depuis l'Eden travaille simultanément par la convoitise et le doute , Satan met en doute la Parole de Dieu relative au fruit interdit, il met en doute sa légitimité et sa sanction donc la bonté, la sagesse , la véracité et la puissance de Dieu dans Sa Parole ,Son commandement, et il promet une autre connaissance supérieure, donc aussi qui sème le doute sur la confiance obéissance à Dieu avant tout,celle étant présenter comme empêchant de voir ,d'avoir les yeux ouverts, donc ramenant l'obeissance de la foi à un aveuglement, un obscurantisme dirait-on aujourd'hui ,il ne se contente pas de faire miroiter l'auto-divinisation, les attraits du fruits etc.

À la vraie divinisation que Dieu nous propose (la vision béatifique), le serpent oppose sa fausse divinisation (vous serez comme des dieux). Le plus éloquent que je connaisse sur ce sujet est l'abbé Rohrbacher :
Abbé Rohrbacher, Histoire Universelle de l'Église, Tome I, p.43 a écrit :
Voyez ensuite avec quelle finesse il [le serpent] procède. Il se garde bien de proposer d'abord à la femme l'erreur où il voulait la conduire; il se garde bien de dire d'abord : "Dieu vous a trompés, son commandement n'est pas juste, sa parole n'est pas véritable". Il demande, il interroge, comme pour être instruit lui-même plutôt que pour instruire celle qu'il voudrait surprendre. Est-ce que Dieu vous a vraiment dit : "Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?" Il ne pouvait commencer par un endroit plus insinuant ni plus délicat. En outre, sa phrase est pleine d'ambiguïté. Le premier mot de l'original peut signifier est-il vrai , ou bien pourquoi. Il y a dès l'abord quelque chose de tortueux et d'équivoque
(...)
Le serpent, dans son insidieuse interrogation, altère le précepte divin et même l'exagère : Est-ce que Dieu vous a vraiment dit : "Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?" Tournure oblique et cauteleuse qui peut signifier également : Vous ne mangerez d'aucun arbre , ou vous ne mangerez pas de quelques-uns . Le premier sens est une astucieuse exagération qui, pour l'honneur de Dieu même, semblait exiger une réponse
(...)

" Vous ne mourez point de mort ; car Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. " Quelle audace à mentir ? Non-seulement il contredit hardiment la parole expresse de Dieu, Tu mourras de mort, il prend encore Dieu à témoin de son mensonge : car Dieu sait , dit-il, que vous serez comme des dieux. Ces derniers mots recouvrent comme un abîme de malice. Dans le texte original, ils signifient également comme Dieu et comme des dieux.
(...)
En allusion au premier sens, le Dieu en trois personnes lui-même dira : Voici qu'Adam est devenu comme l'un de nous . Mais, et dans l'Ecriture sainte, et dans les Pères de l'Église, les anges eux-mêmes sont appelés quelquefois des dieux.
(...)
Au Créateur de la sainte cité, les citoyens de la cité terrestre préfèrent leurs dieux, ignorant qu'il est le Dieu des dieux, non des dieux faux, c'est-à-dire impies et superbes
(...)
Ainsi donc, outre les dieux fidèles, pieux et saints, les bons anges, (...) il y a des dieux faux, apostats, impies et superbes
(...)
C'est de ceux-là sans doute que parlait le vieux serpent, quand il disait : Vous serez comme des dieux , c'est-à-dire comme nous, coupables comme nous, malheureux comme nous, livrés comme nous aux ténèbres et à de hideux penchants. Vos yeux s'ouvriront, comme les nôtres se sont ouverts ; comme nous, vous connaîtrez par expérience le bien et le mal, le bien que vous aurez perdu, le mal que vous aurez commis et mérité. C'est-à-dire que, sous ces paroles flatteuses, Satan promettait son enfer ! Moquerie vraiment digne de Satan.

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par JCL » mar. 01 mai 2018 20:38

Je pense que j'ai sans doute une idée un peu confuse de la foi et je ne demande qu'à y voir plus clair, mais tout de meme il semble bien que la tentation depuis l'Eden travaille simultanément par la convoitise et le doute , Satan met en doute la Parole de Dieu relative au fruit interdit, il met en doute sa légitimité et sa sanction donc la bonté, la sagesse , la véracité et la puissance de Dieu dans Sa Parole ,Son commandement, et il promet une autre connaissance supérieure, donc aussi qui sème le doute sur la confiance obéissance à Dieu avant tout,celle-ci étant présentée comme empêchant de voir ,d'avoir les yeux ouverts, donc ramenant l'obeissance de la foi à un aveuglement, un obscurantisme dirait-on aujourd'hui ,il ne se contente pas de faire miroiter l'auto-divinisation, les attraits du fruits etc.
Et aujourd'hui le monde antichrétien moderne ne se contente pas de multiplier les incitations aux péchés, débauches, vanités, réussite matérielle ,prodige techniques ,pouvoir d'achat etc mais il se livre et surtout depuis deux siècles, à une critique en règle tout azimut ,des vérités de foi, de la foi et de la morale de l'Eglise au nom de la raison, de la science, de l'histoire, des théories pseudo-scientifiques et sciences humaines psychologisante etc etc donc en désarmant la foi plus ou moins simultanement, voire "d'abord".
Ceci dit je poursuis ma réflexion sur les pires ennemis de la foi :non seulement il s'agit de détruire la foi ,autant que possible, mais d'une fausse foi (ce qui me semble aide aussi à comprendre la tiédeur de la foi chez ceux qui ne sont pourtant pas franchement modernistes...) ,c'est un substitut de foi , qui chez les pharisiens me semble consister en l'orgueil et l’idolâtrie nationaliste ,aujourd'hui dépassée dans le modernisme en orgueil humanitaire planétaire ,contre les nations, avec le pendant d'erreur de fausse résistance par une foi plus "identitaire" que chrétienne.

Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

par chartreux » mar. 01 mai 2018 13:43

JCL a écrit : lun. 30 avr. 2018 21:46 comment aimer et tenir au péché si on croit vraiment que c'est un mal, justement interdit et promis au pire châtiment qui soit ?

La réponse est simple : la volonté qui croit vraiment que c'est un mal n'est pas la même que celle qui aime et tient au péché.

Cf. Rom. 7:23 "mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon esprit, et qui me rend captif sous la loi du péché qui est dans mes membres."
JCL a écrit : lun. 30 avr. 2018 21:46 Certes il peut y avoir combat , tiraillement , chute et relèvement etc
Il peut et il y a toujours, jusqu'à la mort. "Le diable ne dort jamais" (Ste Noémie).
JCL a écrit : lun. 30 avr. 2018 21:46 Mais la foi est aussi impliquée dans cette lutte ?
La réponse à cela est non, si l'on entend la foi dans son sens premier, le plus habituel (et le plus légitime) de foi parfaite. C'est notre foi imparfaite et incomplète qui est impliquée .

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