Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu Saint

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Abbé Zins
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Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu Saint

#1 Message par Abbé Zins » mer. 09 sept. 2015 22:15


Divers sens patristiques de « l'abomination dans le Lieu Saint » :



Considérons d'abord l'oracle prophétique du divin Maître, avant de chercher ensemble sa signification profonde et exacte en toutes ses nuances précises :

« Quand vous verrez l'abomination de la désolation,

annoncée par le Prophète Daniel (9,27 ; 11,31 ; 12,11),

se dressant [là où il ne doit pas être] dans le Lieu Saint ,

que celui qui lit, comprenne » (Mt. 24,15 ; [Mc. 13,14]
)



Réfléchissons ensemble, à présent et avant d'interroger les Pères à ce sujet, sur le sens

de cette expression : l'abomination dans le Lieu Saint.

Quel en est le sens exact et profond ? Le savez-vous ?

Notez déjà, que cette expression n'a pas qu'un seul sens, mais plusieurs.

En ce qui me concerne, j'en ai trouvé jusqu'à six ! Et vous ?

Qu'en savez-vous ? Quel est le ou les sens qui vous viennent aussitôt à l'esprit quand on mentionne cet oracle ?

Vos investigations ou suggestions me permettront peut-être de trouver un autre sens (catholique évidemment) qui aurait échappé à ma propre étude pourtant très attentive de cette question si importante que notre triste contexte contemporain rend si actuelle !

Si actuelle, que nous en avons cinq sens sur six (et peut-être plus ?) déjà réalisés sous nos yeux !

D'où l'importance de connaître ces divers sens pour constater (ou non) leur réalisation !

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#2 Message par Abbé Zins » mer. 09 sept. 2015 22:17

Fortes in Fide a écrit :euh ... je me lance !

L'abomination dans le lieu saint, ce pourrait être :

A) PROPREMENT : dans une église :

1) l'idôlatrie :
-par des "fidèles"
-par les prêtres.

2) la profanation :
-par un simple usage profane
-par le péché (mœurs ...).

3) les deux à la fois : la prostitution "sacrée" pour une idole.


B) ANALOGIQUEMENT dans l'Eglise catholique (= "lieu saint" par analogie) :

1) l'idôlatrie du monde, préféré à Dieu («nous avons le culte de l'homme», dixit Montinius).

2) la "profanation" de la doctrine chrétienne : l'hérésie directe contre le Christ : négation de sa divinité etc.

3) les deux à la fois : l'éros divin de Ratzi !!!!!!

FiF.
Fortes in Fide a écrit :j'ajoute un C)

C) SACRAMENTELLEMENT (le lieu saint étant le Corps du Christ) : c'est la profanation des sacrements, à commencer par l'Eucharistie. C'est la "messe" vaine, vide. C'est la disparition des vrais sacrements valides, remplacés par des simulacres à la fois idolatriques et profanateurs.

FiF

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#3 Message par Abbé Zins » mer. 09 sept. 2015 22:20

luern a écrit :1. - Qu'est ce que le "Lieu Saint" à l'époque du prophète Daniel ?

Notre Seigneur a remplacé le Temple, (selon Ses propres Paroles) ;
ce qu'ont réfusé à l'époque, les élites pharisiennes (qui dominaient au Sanhédrin et le clergé) .

L'Eglise est son Corps. donc selon moi, c'est le "B, n ̊ 3" de Fif.
: la secte babélienne qui au sein même du Temple a le culte de l'Homme Profane.

2. - C'est pourquoi la prophétie sur les 70 est intéressante.
Pour Israël, la Prophétie n'est pas un une "nouvelle pentecôte roncallienne autoproclamée. C'est un moyen de preuve expérimentale, (pas au sens des sciences exactes) que donne Dieu à son Peuple pour montrer lui montrer sa Vérité.

La prophétie concerne un simple événement historique, d'abord, précisément pour convaincre les hébreux qui sont un peuple qui ont les pieds sur terre et qui ont la tête sur les épaules le moins qu'on puisse dire à la différence de vieux Bavarois, et des germaniques rêveurs et exaltés par Wotan)

Elle intéresse ensuite un événement historique et surnaturel (dont l'acmée a été l'avènement de Notre Seigneur)

Et elle a trait enfin à un événement surnaturel, qu'on ne peut dater...: le jour du Jugement; le "jour qui vient après" (et non pas le dernier jour, eschatos en grec signifiant "ce qui vient après (...ce qui est actuellement)

3. - Noter une coïncidence entre
des prophéties
et la survenue d'événements historiques répétés,
ne participe pas du concordisme, comme le prétendent les adeptes de la nouvelle religion.

Il est logique qu'une coïncidence s'instaure au fil des siècles entre :
- les prophéties inspirées de la Bible,
- et une suite de certains événements historiques, et que des déterminismes sociaux semblables, paraissent rééditer périodiquement :

c'est à dire en la matière:
-la destruction du 1̊ temple au -6ième s,
-celle du 2̊ Temple, consécutive au déicide de Notre-Seigneur, au 1̊ s,
-et aujourd'ui, à la destruction de Nouveau Temple, l'Eglise catholique au 2O̊ s.

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#4 Message par Abbé Zins » mer. 09 sept. 2015 22:22

Si vis pacem a écrit :
Je concois l'abomination de la désolation dans le Lieu Saint comme l'adoration du Prince de ce Monde (l'abomination), par ceux se disant membres de l'Eglise Catholique (le Lieu Saint), la réduisant ainsi visiblement à rien (la désolation)

Ce qui pourrait donner, pour ma part, quelque chose de ce type :

L'abomination de la désolation dans le Lieu Saint, ce serait l'usurpation des attributs visibles de l'Eglise Catholique, fondée par Notre Seigneur, au profit d'une entité (par exemple la secte conciliaire) faisant mine d'adorer Dieu, mais étant de coeur à l'opposé permettant ainsi l'union en son sein de l'ensemble des sectes afin que le Prince de ce Monde puisse, en usurpant la gloire de Dieu, être adoré par tous et en tout lieu.
Fortes in Fide a écrit :
Bien vu, Si Vis !

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#5 Message par Abbé Zins » sam. 23 sept. 2017 18:29


Les intéressantes explications sur "l'abomination dans le Lieu Saint" de FiF, Luern, et Si vis me mâchent une bonne partie du travail et ajoutent d'enrichissantes nuances à mes propres investigations et réflexions.
Luern a écrit :

La prophétie concerne un simple événement historique, d'abord ... Elle intéresse ensuite un événement historique et surnaturel (dont l'acmée a été l'avènement de Notre Seigneur)

Et elle a trait enfin à un événement surnaturel, qu'on ne peut dater...: le jour du Jugement ...

3. - Noter une coïncidence entre des prophéties et la survenue d'événements historiques répétés,
ne participe pas du concordisme, comme le prétendent les adeptes de la nouvelle religion.

Il est logique qu'une coïncidence s'instaure au fil des siècles entre ...

Effectivement, cette double Prophétie (de Daniel et de Notre Seigneur) se rapportant à « l'abomination dans le Lieu Saint » est un des meilleurs exemples pour montrer que les Prophéties de la Sainte Ecriture ont souvent de multiples réalisations, dont les premières sont en outre des préfigurations vécues des situations semblables entourant les réalisations suivantes.


Cette « abomination dans le Lieu Saint » a pour premier sens littéral et historique

l'installation d'une statue d'idole dans le Temple,

puis celui du faux culte qui lui est rendue dans ce Lieu Saint.



Elle a pourtant été réalisée une première fois avant la destruction du premier Temple de Jérusalem et la déportation de l'ensemble du peuple à Babylone.

Donc, aussi, avant la Prophétie de Daniel sur une nouvelle réalisation du même ordre.

En effet, Daniel n'était qu'un adolescent quand il a été déporté à Babylone, et son action prophétique n'a commencé que là-bas par la délivrance miraculeuse de la chaste Suzanne des mains de deux vieux juges pervers.


L'objet de cette Prophétie de Daniel a eu ensuite une seconde réalisation, et sa Prophétie elle-même un premier accomplissement, au temps des Machabées.

Ceci, lors de la grave profanation du second Temple de Jérusalem et de sa destruction partielle, avant que les frères Machabées le délivrent, le fassent purifier par les Prêtres, et le restaurent.

Restauration qui est à l'origine de la fête juive de la Dédicace et de son octave, dont il est aussi question dans l'Evangile.

Or la période précédant juste celle des Machabées a de nombreux points de ressemblance avec celle de l'époque de V 2, ce qui pourra être montré plus tard.


Cette Prophétie de Daniel, réitérée par le divin Maître, a eu ensuite un second accomplissement au moment de la destruction complète du second Temple, lors du siège de Jérusalem par les Romains.

Des zélotes juifs y étant retranchés, l'un d'entre eux a jeté un brûlot qui a pris à l'intérieur et a incendié le Temple que les Romains pensaient épargner, comme le rapporte l'historien juif Flavius Joseph.


Enfin, les Pères et Saint Docteurs montrent que le discours et l'annonce de Notre divin Maître traitent à la fois de cette destruction du second Temple et du temps de la fin du monde dont celle-ci est une des préfigurations.

Nous y reviendrons, avec leurs explications en la matière.

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#6 Message par Abbé Zins » sam. 23 sept. 2017 18:34

faf a écrit :
L'abomination dans le lieu saint :

- l'offrande du sacrifice de Caïn en lieu et place de celui d'Abel

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#7 Message par Abbé Zins » sam. 23 sept. 2017 18:37


Synthèses
(sauvegardées) chronologique et logique d’autres réponses (non sauvegardées autrement qu’en ce résumé) faites par plusieurs sur l’ancien forum disparu :

Sens :

. Historique et littéral :

- Ayant trait à la destruction de Jérusalem ; arrivée des armées romaines établissant leur emblème idolâtre dans le Temple de Jérusalem...
- Une idole dans l'église, vénérée comme si c'était le vrai Dieu ; réunion d'Assise : Bouddha sur l’autel et le Tabernacle ;
- l'idolâtrie : . par des "fidèles" ; . par des "prêtres".

. Moral :

- dépravation des moeurs (dans les âmes et coeurs), avec la bénédiction des gouvernements et de la majorité des populations et même de prêtres ;
- avortement : en les privant du Baptême.. espèce d’abomination dans un lieu saint (âme) qui devait être sanctifié par la grâce ;
- les âmes baptisées ayant reçu le don de la foi et qui plus tard ont trafiqué avec l’erreur. Perdant ainsi l’intégrité de la foi, ces baptisés sont devenus les temples du démon et ont chassé Dieu de la maison ;
- prêtres .. appelés par Dieu d’une manière spéciale pour le représenter et par leur vie sainte rapprocher les âmes de son coeur.. aujourd’hui des temples où l’abomination et la désolation règnent en maître.. ont renié leur Seigneur et Maître, l’ont vendu, pour adorer un autre dieu (l’homme), devenus les suppôts de Satan, des antéchrists, ont profané le saint nom de Dieu, voué leurs âmes aux mensonges, entraînant les petites brebis du Seigneur acquis aux prix de son sang dans l’erreur et le mensonge ;
- dans une église : profanation : - par un simple usage profane, - par le péché (mœurs...) ; prostitution "sacrée" pour une idole.

. Spirituel :

- nouvelle “messe” a profané le Lieu Saint (les églises) ; NOM est une abomination dressée dans le Lieu Saint… culte idolâtrique, parce qu'invalide et sacrilège ;

- le Siège de Pierre usurpé par des imposteurs, la Ville Sainte tombée aux mains des impies, la Chaire de Vérité, occupée par l'abomination de l'hérésie ; là où le siège du bienheureux Pierre et la Chaire de la vérité fut établie comme une lumière pour les nations, là ils ont posé le trône d’abomination de leur impiété ;

- la dénaturation des Saintes Écritures : Sainteté même, puisqu'elles sont la parole de Dieu, les hérétiques les ont dénaturées au point de proclamer comme contenu en Elle des hérésies (DH).
- l'Homme d'iniquité ; celui qui s'élèvera en temple de Dieu, cet homme sera de par sa nature même une abomination ;

- parmi les baptisés dans l'Eglise catholique :
. l'idolâtrie du monde, préféré à Dieu (« nous avons le culte de l'homme », Montini) ;
. la "profanation" de la doctrine chrétienne : l'hérésie directe contre le Christ : négation de sa divinité etc. ; les deux à la fois : l'éros divin de Ratzinger ;

- la profanation des sacrements, à commencer par l'Eucharistie. C'est la "messe" vaine, vide ; la disparition des vrais sacrements valides, remplacés par des simulacres à la fois idolâtriques et profanateurs.
- la secte babélienne qui au sein même du Temple a le culte de l'Homme Profane.
- l'adoration du Prince de ce Monde (l'abomination), par ceux qui se disent membres de l'Eglise Catholique (le Lieu Saint), la réduisant ainsi visiblement à rien (la désolation).
- l'usurpation des attributs visibles de l'Eglise Catholique, fondée par Notre Seigneur, au profit d'une entité (par exemple la secte conciliaire) faisant mine d'adorer Dieu, mais étant de coeur à l'opposé permettant ainsi l'union en son sein de l'ensemble des sectes afin que le Prince de ce Monde puisse, en usurpant la gloire de Dieu, être adoré par tous et en tout lieu.


Synthèse analytique :


Abomination = idole ; idolâtrie ; profanation; dépravation des moeurs ; avortement ; hérésie ; dénaturation des Saintes Écritures ; nouvelle “messe” ; profanation des sacrements ; usurpation des attributs visibles de l'Eglise; usurpation de la Chaire de Pierre ; secte babélienne ; l'Homme d'iniquité ; l'adoration du Prince de ce Monde.

Lieu Saint = Temple de Jérusalem ; église ; âmes baptisées ; Prêtres ; l'Eglise Catholique ; Saintes Écritures ; la doctrine chrétienne ; Siège de Pierre, Ville Sainte, Chaire de Vérité.

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#8 Message par Abbé Zins » lun. 25 sept. 2017 19:48


1er sens : La statue d’une idole placée en un lieu consacré :



Voici de premiers extraits de commentaires patristiques à ce sujet :
Saint Jérôme a écrit :« 1° L'abomination désigne, selon l'Ecriture dans l'Ancien Testament, l'idole...» (Saint Jérôme in Mt. 24,15s)
Saint Thomas a écrit :« L'abomination désigne l'idole » (Saint Thomas in Mt. 24,14)
Saint Jean Chrysostome a écrit : «.. la statue [d'une idole] placée dans le temple.» (Saint Jean Chrysostome, hom. 76 in Mt.)

Tel est donc le premier sens littéral de cette expression de « l'abomination dans le Lieu Saint » !

Nul ne peut nier que ceci n'ait été à nouveau accompli à la lettre dans l'église Saint Pierre d'Assise, prêtée par JP 2 aux Boudhistes lors du Panthéon d'Assise, comme en témoignent les diverses photos qui en ont été publiées.

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Puisque nous avons vu de nos propres yeux l'abomination dans le Lieu Saint,

accomplie en son sens le plus littéral, ce qui ne s'est jamais vu dans toute l'histoire

pourtant si mouvementée et éprouvée de l'Eglise Militante,

il nous reste à réfléchir et comprendre :

« Quand vous verrez l'abomination de la désolation, annoncée par le Prophète Daniel (9,27 ; 11,31 ; 12,11), se dressant dans le Lieu Saint, que celui qui lit, comprenne.»


D'autant plus, qu'il nous reste 6 autres sens à énoncer, dont 5 sont déjà également accomplis sous nos yeux !

« que celui qui lit, comprenne » !

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#9 Message par Abbé Zins » mar. 26 sept. 2017 18:30


2e sens : Faux culte rendu à la statue d’une idole en un lieu consacré :

Le 2e sens de l'abomination dans le lieu saint est lié au premier, concernant la statue d'idole placée dans le Temple ou en une église par ou avec l'aval de ses desservants habituels, à savoir le faux culte qui est pratiqué envers l'idole à l'intérieur du lieu saint.
Saint Jérôme a écrit :

« En outre, 70 hommes, des anciens de la maison d'Israël, étaient debout devant les images, Jézonias fils de Saphan se tenant au milieu d'eux, et chacun avait un encensoir en sa main, et une vapeur nébuleuse en sortait.»

Quand il dit que 70 des anciens de la maison d'Israël tenaient en mains un encensoir, il donne à entendre que beaucoup d'autres prêtres, qui ne le faisaient pas, étaient pourtant tenus par la conformation aux péchés des autres [cf. Rom. 1,32].

L'un d'entre eux, nommé Jézonias fils de Saphan, se tenait au milieu d'eux comme présidant à leur crime, et au sacrilège de ceux qui, abandonnant la Religion de Dieu, vénéraient des idoles, et dans le Temple, n'adoraient pas Dieu, dont c'était le Temple, mais les peintures des parois.

C'est fort convenablement qu'il est dit qu'il se tenait, ce qui est son jugement et sa condamnation au milieu des prêtres se tenant debout, car lui, le chef, et ceux dont il était le chef, se tenaient fermement dans l'accomplissement de ces crimes, ils ne fluctuaient point dans le mal mais y persistaient très robustement : aussi une vapeur nébuleuse, qui sortait de l'encens, démontrait les sacrilèges de ceux qui l'offraient.

Cela a eu lieu à la lettre, en ce temps.»

(Saint Jérôme in Ezéchiel 8,10s)
Par extension, ce 2e sens s'applique à tout faux culte pratiqué dans le Temple ou en une église avec l'aval de ses desservants habituels. En outre, s'y rattache également l'abandon du vrai culte remplacé par le faux.

Dans le cas de la profanation du 1er Temple, avant sa destruction pour ce motif, le vrai culte continuait à être exercer publiquement, tandis que le faux l'était parallèlement, d'abord de façon occulte, à huis clos, puis de manière de plus en plus ouverte et extérieure, avec représentations de multiples idoles peintes sur les parois intérieures du Temple, avant qu'une statue d'idole soit placée sur le parvis même :
Saint Jérôme a écrit :

« « Une fois entré, voici l'abomination de toute sorte de représentations de reptiles animaux, et toutes les idoles de la maison d'Israël étaient peintes sur la paroi tout autour.»

Non seulement l'idole de jalousie était dressée à l'entrée de la porte de l'Aquilon, mais de plus toutes les parois du Temple étaient remplies de peintures des diverses idoles, en sorte qu'il n'y avait point de bestiole qui n'y soit représentée.»

(Saint Jérôme in Ezéchiel 8,10s)

Dans le cas de la profanation du 2e Temple, en conformité avec la description précise faite d'avance par le Prophète Daniel, la pratique du faux culte dans le Temple a été accompagnée de l'abandon du vrai culte remplacé par le faux.
Saint Thomas a écrit :

« Il est dit notablement que fut placée dans le Temple une statue de Jupiter (idolum Jovis), et qu'il fut interdit d'accomplir toutes les oblations selon la Loi Mosaïque, et ordonné de manger de la viande de porc.»

(Saint Thomas, Expositio in I Machabées 1,22s)
Saint Thomas a écrit :

« Quant au 1° il faut noter qu'il y eut une quadruple tribulation, répondant à la quadruple usurpation du (Souverain) Sacerdoce. (fuit quadruplex tribulatio, secundum quadruplicem usurpationem sacerdotii)

La première par Simon..., la 2e par Jason..., la 3e par Menelaus..., la 4e par Lysimach, mentionnée ici : De multiples sacrilèges ayant été commis dans le Temple par Lysimach... avec l'abolition du rite de la Loi (et de legalis ritus abolitione)...»

(Saint Thomas, Expositio in II Mach. 4,1s)
Saint Thomas a écrit :

« Quant au 1° il est montré comment le peuple a été 1° détourné de l'observance légale, et 2° comment il a été conduit à l'idolâtrie.., 3° comment le Temple a été pollué par la luxure.., 4° comment le rite légal a été interrompu.., 5° comment le peuple n'obtempérant pas était tué..

Quant au 2° se rapportant au châtiment de ceux n'obtempérant pas, il faut noter que trois observances étaient combattues : 1° la circoncision, 2° la sanctification du sabbat, 3° la distinction dans la nourriture [permise ou non par la loi mosaïque].»

(Saint Thomas, Expositio in II Mach. 6,1s)
C'est de cette seconde façon, faux culte à l'intérieur des églises et abolition du vrai, que les interprétations catholiques entendent les Prophéties concernant le temps antichistique, comme cela sera montré à la suite.


En plus du 1er sens de l'abomination dans le lieu saint concernant la statue d'idole placée dans une église par ou avec l'aval de ses desservants habituels, du 2e sens se rapportant au faux culte pratiqué à l'intérieur du lieu saint, les Prophéties concernant le temps antichistique annoncent aussi, comme connexe à ce 2e sens, l'abolition extérieurement légale du vrai culte remplacé par le faux.
Dom Guéranger a écrit :
« C'est là le commencement de ce qui arrivera lorsque le diable et ses suppôts, déchaînés par toute la terre, y mettront le trouble et la désolation, ainsi que Daniel nous en avertit. A force d'empêcher les ordinations et de faire mourir les Prêtres, le diable empêchera enfin la célébration du grand Sacrifice, alors viendront les jours de malheur.»

(Dom Guéranger, Explication de la Sainte Messe)
Cardinal Billot a écrit :
« Nous savons qu'au temps de la terrible persécution sera proscrit tout exercice de la vraie Religion, qu'en conséquence le culte de Dieu cessera d'être célébré, du moins publiquement et ostensiblement à la lumière, à la face du soleil.

« A tempore cum ablatum fuerit juge Sacrificium », lisons-nous en Daniel (12,11). « Depuis le temps où aura été ôté le Sacrifice perpétuel ».

C'est la répétition de ce qui se lisait précédemment (Dan. 8,13 et 11,31) à propos de la persécution d'Antiochus avec la notable différence toutefois qu'il n'est plus fait mention maintenant du temple, ni du sanctuaire, ni de tout ce qui aurait pu rappeler un passé depuis longtemps et à tout jamais disparu.

Le Sacrifice perpétuel dont il s'agit ici, est donc le Sacrifice de la Nouvelle Alliance qui a succédé à celui que, selon la loi de Moïse, on offrait soir et matin dans le Temple de Jérusalem et auquel, à mille fois plus juste raison revient le nom de « juge sacrificium », offert qu'il est conformément à la loi de son institution, sans aucune relâche ni de jour ni de nuit, du levant au couchant, sur toutes les places et sous tous les cieux.

C'est, en un mot, le Sacrifice de nos autels qui alors, en ces terribles jours, sera partout proscrit, partout interdit, sauf ce qui pourra se faire et se fera dans l'ombre souterraine des catacombes, partout interrompu.»

(Cardinal Billot, La Parousie)

Or, là encore, comme le 1er sens a été réalisé par la statue de l'idole "bouddha" placée dans l'abbatiale Saint Pierre d'Assise avec l'aval de ses desservants habituels, ce 2e sens a été aussi accompli littéralement sous nos yeux quant au faux culte qui a été pratiqué par les bouddhistes se prosternant devant leur idole, installée sur le tabernacle de l'autel majeur de cette église Saint Pierre d'Assise prêtée par JP 2, et l'encensant, à l'intérieur du lieu saint.

En outre, il est aussi d'ores-et-déjà réalisé pour une large part d'une autre manière non moins significative avec l'interdiction illégitime mais extérieurement légale de la vraie Messe et des vrais Sacrements remplacés par de nouveaux rites, en ayant notamment banni la plupart des Autels du Sacrifice pour les remplacer par de simples tables pour la synaxe ou simple repas commémoratif de la Cène.

La persécution contre le Saint Sacrifice et les vrais Sacrements devant s'intensifier et avoir son paroxysme durant le règne mondial éphémère de l'Antéchrist personnel, déjà commencé par celui du corps social antichristique en place et lui préparant tout le terrain.


Il nous reste encore à indiquer 4 autres sens, eux aussi, déjà réalisés sous nos yeux, avant de signaler celui en préparation mais non encore accompli.

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Re: Divers sens patristiques de l'abomination dans le Lieu S

#10 Message par Abbé Zins » mer. 27 sept. 2017 19:03

Faf a écrit :
L'abomination dans le lieu saint : l'offrande du sacrifice de Caïn en lieu et place de celui d'Abel
FiF a écrit :
C) SACRAMENTELLEMENT (le lieu saint étant le Corps du Christ) : c'est la profanation des sacrements, à commencer par l'Eucharistie. C'est la "messe" vaine, vide. C'est la disparition des vrais sacrements valides, remplacés par des simulacres à la fois idolatriques et profanateurs.

Effectivement, ce sens se rattache au 2e relevé de mon côté.

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