FLEURS FRANCISCAINES

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Monique
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FLEURS FRANCISCAINES

#1 Message par Monique » jeu. 18 févr. 2016 19:58


COLLECTION « PAX ET BONUM »
SECTION HAGIOGRAPHIQUE. — VOL. 2

Fleurs Franciscaines
VIES DES SAINTS ET BIENHEUREUX
DES TROIS ORDRES DE SAINT-FRANÇOIS

DEUXIÈME SÉRIE
MAI — AOUT

MONTRÉAL RR. PP. FRANCISCAINS



AVANT-PROPOS


Ce deuxième volume des Fleurs Franciscaines, paraissant en l'année jubilaire franciscaine, nous sommes heureux de le consacrer au souvenir sept fois séculaire du Séraphique Saint d'Assise.

Cette magnifique floraison de sainteté est son œuvre. C'est sa vie qui se continue à travers les siècles. C'est lui qui a attiré à Dieu les saints et les saintes, les bienheureux et les bienheureuses, dont nous esquissons la vie. Pour chacune de ces âmes d'élite il fut un père très aimant et un guide très sûr. C'est de lui qu'elles ont appris la valeur du sacrifice qui transfigure et la pratique généreuse des vertus chrétiennes qui sanctifient; c'est de lui qu'elles ont emprunté les traits qui les caractérisent, comme un enfant ceux de son père, et jusqu'à cet éclat empourpré qui donne à leur visage ce cachet d'une ardeur toute séraphique. Leurs physionomies qui respirent l'amour, la bonté et l'amabilité s'éclairent toutes et s'enflamment aux rayons venus d'Assise.

Gloire et amour à Jésus-Christ, le roi immortel des siècles, et à sa divine Mère, louange au grand saint François, qui par la multitude de ses saints glorifie Dieu, peuple le ciel d'élus et embaume la terre des parfums du ciel !

L'auteur.
20 février 1926.
964, DORCHESTER-OUEST



Nihil obstat :
Fr. Theodoricus PARÉ, 0. F. M Censor Delegatus.
Fr. Philippus LECOMPTE, O. F. M. Censor Delegatus.
Marianopoli, die 18 Novembris, 1925.
Imprimi potest :
Fr. Joannes Joseph DEGUIRE, O. F. M Commissarius Provincialis.
Marianopoli, 19 Novembris, 1925.
Nihil obstat :
Can. Emilius CHARTIER, Censor librorum.
Marianopoli, die 22 Novembris, 1925.
Imprimatur :
+ Emmanuel ALPHONSUS, V. G. Episcopus Thennesis et Auxil. Marianopolis.
Marianopoli, die 23 Novembris, 1925.

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#2 Message par Monique » jeu. 18 févr. 2016 20:25

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SAINT FRANÇOIS D'ASSISE

Fondateur des Franciscains, des Clariss]es et des Tertiaires. Il fut surnommé le Séraphique, à cause de son grand amour pour Jésus Crucifié.

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#3 Message par Monique » jeu. 18 févr. 2016 20:45

VIES DES SAINTS ET BIENHEUREUX
DES TROIS ORDRES DE SAINT-FRANÇOIS


Bienheureux JULIEN DE VALLE (XIVe siècle), LADISLAS DE GIELNOW (1505), prêtres de l'Ordre des Frères Mineurs, VIVALDO, ermite du Tiers-Ordre (1320).


Nous savons bien peu de choses sur le Bienheureux Julien Cesarelli ; Barthélémy de Pise écrivant son beau livre des Conformités en 1395 est le premier qui nous en parle, et il n'y fait qu'une brève allusion : « Au couvent de Valle, dit-il, repose le corps du Bienheureux Julien, dont la ville célèbre la fête chaque année. » Nous savons que déjà en 1477, la population de Valle en Istrie, partie de l'ancienne Autriche, l'avait comme patron et que sa fête donnait lieu à de grandes solennités.

En 1793, Pie VI accorda une indulgence plénière à l'occasion de cette fête.
On sait aussi que ce Bienheureux fut prêtre, prédicateur infatigable, que sa chaude et convaincante parole arracha nombre d'âmes au gouffre infernal, et ramena la paix et l'harmonie chez ses contemporains que des querelles politiques divisaient d'abord dans l'église des Franciscains de Valle ; mais les religieux ayant abandonné ce lieu, ces saints restes furent déposés dans l'église paroissiale au cours du XIVe siècle.

Au siècle dernier, ladite église fut reconstruite, et le 16 octobre 1882, le précieux corps fut solennellement transféré dans le nouvel édifice, où il repose actuellement.

Le culte rendu au Bienheureux Julien de Valle, ininterrompu depuis le XIVe siècle, fut confirmé par le Pape Pie X.

Il avait dans sa jeunesse désiré ardemment consacrer sa vie à l'évangélisation des Tartares Kalmouks, il en fut empêché par le grand duc de Russie ; il se livra alors à la prédication dans son propre pays ; son éloquence, sa sainteté et l'éclat de ses miracles produisirent un bien immense chez ses compatriotes.

Urbain VIII commença son procès de canonisation, Sixte V lui décerna le titre de Bienheureux et Benoit XIV consacra ce glorieux titre en approuvant son culte.

Vivaldo, né à San Geminiano en Toscane, se fit l'infirmier du Bienheureux prêtre lépreux Bartholi son compatriote. Pendant vingt années, il prodigua à celui qu'on appelait « le Job toscan » le dévouement et l'affection d'un saint, et les soins d'une mère. Tertiaire comme lui il l'assista jusqu'à son Bienheureux trépas qui arriva le 12 décembre de l'an 1300.

Après la mort de son saint malade, Vivaldo se retira dans les forêts des environs de Montaïone où, durant les vingt dernières années de sa vie, il mena la vie érémitique, renouvelant les austères pénitences des anciens solitaires des déserts égyptiens et s'élevant comme eux aux plus hauts sommets de l'ascétisme chrétien.

Pendant vingt ans ce bienheureux rechercha et aima son Dieu dans ses membres souffrants et malheureux, pendant vingt autres années il le chercha et s'unit à Lui dans la solitude : Dieu récompensa son amour en se donnant pleinement et éternellement à lui le 17 mai 1320, car ce fut le jour où il acheva sa carrière mortelle. D'elles-mêmes, les cloches de Montaïone se mirent à sonner pour annoncer aux habitants des environs le bienheureux trépas. On trouva le saint corps inanimé, à genoux et mains jointes, dans l'attitude d'une fervente prière ; il fut enseveli dans l'église paroissiale, et Léon X accorda des indulgences à ceux qui viendraient y prier. Son culte fut définitivement approuvé par Pie X.

Demain... Saint PIERRE RÉGALAT, prêtre de l'Ordre des Frères Mineurs (1390-1456).


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#4 Message par Monique » ven. 19 févr. 2016 16:21

Saint PIERRE RÉGALAT, prêtre de l'Ordre des Frères Mineurs (1390-1456).


Déjà deux fleurs de sainteté, que la famille franciscaine réclamait comme siennes s'étaient épanouies sous le ciel de l'Espagne quand saint Pierre Régalât apparut : Saint Ferdinand et le Bienheureux Raymond Lulle ; mais tous deux appartenaient au Tiers-Ordre. Pierre Régalât fut le premier saint du premier Ordre au catholique royaume.

En ce temps-là les Mineurs espagnols rappelaient, par l'austérité et la sainteté de leur vie, les beaux jours de l'Ordre séraphique à son aurore, car c'était le temps où Pierre de Villaclet y répandait la réforme inaugurée par Bernardin de Sienne et par Jean de Capistran.

Dès l'âge de dix ans, Pierre Régalât, pour rassasier sa soif de sacrifices et d'amour, voulut se mettre sous la conduite de cet homme de Dieu, demandant à être admis dans l'Ordre et ce qui montra bien que ce n'était point là caprice d'enfant, c'est qu'il eut à vaincre une longue résistance de la part de sa mère.

Quand il eut réalisé son désir, il montra à Dieu combien il l'aimait en s'immolant pour lui : sa vie ne fut qu'un jeûne ininterrompu au pain et à l'eau, son corps émacié n'était couvert quel d'un pauvre habit usé et couvert de pièces, toujours pieds nus il ne consentit que sur la fin de sa vie à porter des sandales et Dieu de son côté récompensa son amour en lui accordant des entretiens ineffables, durant lesquels il apparaissait comme un séraphin, son cœur jetant des flammes, sa tête auréolée ; une nuit même, les habitants du voisinage, voyant des gerbes lumineuses s'échapper du couvent et croyant à un incendie accoururent pour l'éteindre : c'était notre saint ravi en extase et enveloppé d'une clarté surnaturelle.

Les miracles que cet ami de Dieu opéra durant sa vie furent innombrables. Plusieurs fois son manteau lui servit de nacelle pour traverser des rivières ; il lui arriva souvent de transporter ainsi son compagnon d'une rive à l'autre et même; la bête de somme qui lui servait dans ses tournées de quêtes. Il ordonna à une hirondelle, qui venait, par ses gazouillements, troubler la prière de ses religieux, de s'en aller, et il fut obéi. A sa prière, un envoyé mystérieux apporta un jour le repas pour ses frères réunis autour de tables vides. Au moment de mourir, il rendit miraculeusement la santé au neveu de l'évêque venu pour lui administrer les sacrements, après avoir annoncé sa venue, alors qu'il n'était attendu par personne.

Si Dieu semblait avoir abandonné à saint Pierre Régalât son pouvoir souverain, c'est que ce dernier lui avait fait d'abord le don total de lui-même, et si sa vie n'est qu'une longue suite de prodiges, c'est qu'elle fut admirable de vertus, fruits de son ardent amour.

Comme le Divin Maître et à sa suite, il porta chaque jour sa croix, comme Lui, il fut pauvre, admirable de patience dans les injures et les calomnies qui ne lui manquèrent pas ; il l'aima, d'une façon particulière, dans les lépreux, ces malheureux que la foi du moyen-âge tenait pour sacrés, parce que le Christ dans les Saintes Lettres leur avait été comparé ; il les baisait, les soignait avec une ineffable tendresse ; lui aussi, en pensant à l'amour non aimé, avait senti ses yeux devenir comme deux fontaines de larmes, et ces larmes il les versait plus abondantes encore quand il célébrait les saints mystères du grand amour de Dieu pour l'homme.

Avant de mourir il avait demandé à son supérieur de lui faire la charité d'un pauvre habit et c'est en murmurant les dernières paroles du Fils de Dieu en croix : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon âme », qu'il expira, le 31 mars 1456, il avait 66 ans.

Son corps saint reposa d'abord dans le cimetière commun des frères, mais par les soins de Sa Majesté Catholique la reine Elisabeth, il fut exhumé exempt de corruption et mis à part dans un riche tombeau.

Innocent XI le béatifia et Benoit XIV le 29 juin 1746 inscrivit son nom au catalogue des Saints.

Demain.... Bienheureuse PÉTRONILLE DE TROYES, vierge, Clarisse (1290( ?)-1355).


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#5 Message par Monique » sam. 20 févr. 2016 16:12

Bienheureuse PÉTRONILLE DE TROYES, vierge, Clarisse (1290( ?)-1355).



Fille des comtes de Champagne, Pétronille, malgré sa haute naissance, ne connut les grandeurs du monde que pour les mépriser. Dès l'enfance, elle fut éprise de l'amour de la Croix et alla se consacrer à Dieu chez les Clarisses de Provins ; chaque jour elle grandissait dans le Christ en se dépouillant d'elle-même.

En 1336, on la tira de sa glorieuse obscurité ; le roi Philippe VI de Valois venait de terminer le monastère de Moncel commencé par son aïeul Philippe le Bel, elle y fut envoyée et choisie comme abbesse. Son gouvernement dura huit années durant lesquelles sa haute sainteté attira nombre d'âmes de la plus illustre noblesse, qui, formées par elle, montèrent à sa suite jusqu'au sublimes sommets. La Reine de France elle-même, Jeanne, femme de Philippe VI, aimait à venir fréquemment retremper son âme dans cet asile de sainteté et à se reposer des brillantes corvées de la cour dans la paix divine qui y régnait ; elle choisit même cette pieuse demeure pour être le lieu de son repos après sa mort..

En 1344, Pétronille, pour se préparer plus saintement encore à l'éternité, se démit de sa charge d'abbesse et c'est dans une austère et à peu près complète réclusion qu'elle passa les onze dernières années de sa vie terrestre.

C'est à l'entrée du mois des fleurs, le 1er mai 1355, que le Divin Jardinier vint détacher de la terre cette âme toute embaumée de saints parfums pour la transporter dans les jardins du Paradis.

Demain.... Saint PASCAL BAYLON, Frère convers, patron des Œuvres eucharistiques (1540-1592).

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#6 Message par Monique » dim. 21 févr. 2016 16:25

Saint PASCAL BAYLON, Frère convers, patron des Œuvres eucharistiques (1540-1592).


Quand Léon XIII voulut choisir un céleste Patron pour toutes les Œuvres se rapportant à la divine Eucharistie, on eut pu croire qu'il allait désigner un Docteur de l'Eglise célèbre par sa doctrine au sujet du Saint Sacrement, ou au moins un prêtre ministre de ce sacrement et voilà qu'il alla chercher pour ce glorieux Patronage un humble frère Convers presque illettré, un des plus humbles enfants du Poverello d'Assise : Pascal Baylon.

« Parmi les saints dont la piété à l'égard du sublime mystère de l'Eucharistie a paru se manifester avec une ferveur plus ardente, Pascal Baylon tient le premier rang. Espérant donc que notre décision favorisera l'intérêt et le bien de la chrétienté, Nous déclarons et nous constituons Saint Pascal Baylon patron spécial des Congrès et de toutes les Associations qui ont pour objet la divine Eucharistie, tant de celles qui ont été constituées jusqu'à ce jour que de celles qui le seront dans l'avenir. »

C'est ainsi que le Souverain Pontife a exalté cet humble Frère : et en effet, ce glorieux fils de François d'Assise ne voulut avoir d'autre héritage que la sainte pauvreté, si son austérité transformait sa vie en un long jeûne au pain et à l'eau, s'il s'adonnait à un travail presqu'au-dessus de ses forces et si quelques planches formaient sa couche, si surtout son obéissance fut sans égale, ce fut néanmoins son amour pour l'Eucharistie qui donna à sa vie sa note caractéristique.

A peine pouvait-il marcher, qu'il s'échappait déjà pour courir à l'église afin de rendre visite à Jésus-Hostie qui l'attirait mystérieusement ; plus tard devenu berger, le saint petit berger, comme on l'appelait, et faisant paître son troupeau aux environs de Torre-Formosa d'Aragon son village natal, il sentait son cœur se fondre dans sa poitrine quand des églises du voisinage la voix céleste des cloches annonçait la messe ou la consécration.

Il arriva même un jour que Dieu satisfit son ardent désir miraculeusement ; s'étant prosterné dans les champs au signal de la voix aérienne, pour adorer Jésus-Christ en son sacrement d'amour comme c'était sa coutume, voilà que la sainte Hostie lui apparut dans les airs, renfermée dans une custode étincelante de pierreries et portée par les anges.



A suivre...

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#7 Message par Monique » lun. 22 févr. 2016 14:07

Plus tard chez les Frères Mineurs il défendit victorieusement le dogme de la présence réelle contre les Hérétiques et ne put se consoler de n'avoir pu verser son sang pour cette vérité si chère à son cœur. Par la permission de Dieu, il donna même après sa mort un signe miraculeux de la dévotion qu'il avait tant pratiquée durant sa vie, car durant la messe, alors que son cadavre était étendu dans la bière; on le vit ouvrir et fermer les yeux aux deux élévations et donner ainsi une suprême marque d'amour au Dieu caché à qui il avait consacré sa vie terrestre et qu'il voyait à cette heure-là sans voile dans les splendeurs de son éternité.

Si dans son enfance, il avait voulu savoir lire, c'était afin de pouvoir réciter l'office de la Vierge et pour être capable de comprendre les livres pieux; la science pour lui devait accroître l'amour, mais c'est surtout dans l'oraison que lui fut communiquée cette sagesse céleste qui lui permettait de répondre, à l'étonnement de tous, aux questions les plus difficiles de la foi; on le vit même souvent durant son oraison privé de tout sentiment et comme transformé en Dieu par la vivacité de son amour.

Pascal s'endormit dans le Seigneur le jour de la Pentecôte 17 mai 1592, jour qui fut en même temps le 52e anniversaire de sa naissance.

Une seule chose avait été le rêve de toute sa vie : se rendre en tout et partout agréable à Dieu, et cela de la manière la plus parfaite. Se faire victime pour le Dieu Victime, hostie pour hostie, il y réussit pleinement.

De tous les miracles qui se sont opérés à son tombeau, le plus curieux est le bruit qu'il fait entendre dans sa châsse pour rappeler le respect dû au Saint Sacrement.

Tantôt, c'est un Frère qui, oubliant de faire la génuflexion devant le tabernacle, entend sortir de la muraille un grand coup qui lui cause une mortelle frayeur et le corrige pour longtemps de ses distractions. Tantôt ces coups se font entendre pour avertir les gardiens de l'église que la lampe du sanctuaire vient de s'éteindre, et si merveilleux qu'il Pendant sa vie, et même après sa mort, Pascal Baylon fut vraiment le saint de l'Eucharistie et de toutes les fleurs spirituelles de la gerbe franciscaine, son âme est une des plus belles ; âme victime attirée par le Dieu-Victime ; âme toute blanche de la pureté du Baptême qui se consuma d'amour pour le Dieu de pureté caché sous la blanche Hostie ; les âmes chrétiennes comprendront et envieront cette mystérieuse et sublime attraction qui fut la vie de saint Pascal Baylon.

Demain... Saint FÉLIX DE CANTALICE, Frère lai, Capucin (1513-1587).

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#8 Message par Monique » mer. 24 févr. 2016 17:10

Saint FÉLIX DE CANTALICE, Frère lai, Capucin (1513-1587)..

C'est une bien grande chose qu'au milieu d'une grande ville, et avec des rapports quotidiens avec le monde, on puisse mener la vie d'un solitaire, ainsi que fit Félix de Cantalice, à Rome, pendant plus de quarante ans, car c'est durant cette longue période qu'il remplit l'humble, délicate et pénible charge de frère quêteur, traitant avec des personnes de toutes conditions sans jamais perdre ni son recueillement ni la moindre parcelle de la pureté de son coeur. C'est qu'il s'entendait à recueillir le miel non seulement sur les fleurs selon une expression de la sainte Ecriture, mais sur les pierres dures, c'est-à-dire qu'il tournais au profit de son âme le mal même, que l'on rencontre infailliblement dans une si grande ville.

Le spectacle du mauvais exemple lui fournissait l'occasion de faire de nouveaux actes de vertu,s de reconnaître avec les dangers de la vie du siècle les innombrables misères des gens du monde, de bénir continuellement la divine miséricorde qui l'en avait retiré. De plus, quand il recueillait les aumônes, il avait aussi mille occasions d'exercer envers les pauvres et les malheureux la bonté de son cœur si compatissant, de prier pour les pécheurs; de leur donner de bons conseils, de sages avis, et surtout de consoler ou de soulager ceux qui souffraient de quelque nécessité spirituelle ou corporelle, c'est ainsi qu'il savait changer les périls et les dangers d'un emploi, où d'autres auraient trouvé la diminution de leur ferveur, en aiguillons qui l'incitaient à se donner plus complètement à Dieu.

Quoique l'humilité de sa naissance et de sa condition sociale l'eût laissé naturellement étranger à ces formes de politesse qui rendent agréable le commerce des hommes, jamais il ne lui arriva de froisser personne par la rudesse de son caractère ; au contraire sa simplicité sans fard, sa franche humilité le faisaient aimer de tout le-monde. Lorsque, pesamment chargé de son lourd bissac, il avait à fendre la foule, il se plaisait à demander, en ces termes, qu'on lui livrât passage : « Par charité, mes chers amis, un peu de place pour l'âne des Capucins qui veut passer avec sa charge. » C'est ainsi que l'humble frère trouvait à s'égayer de la bassesse de son emploi.

Dans toutes ses excursions à travers la ville, il gardait tant de recueillement et de modestie qu'il n'y était pour ainsi dire que de corps, car son esprit était demeuré dans une solitude profonde auprès de Dieu. Il se donnait à tout le monde, il était tout à tous sans cesser pour cela de se posséder lui-même entièrement.

Tout le monde l'aimait et recherchait sa société, et il n'en gardait pas moins une sage réserve à l'égard d'un chacun. Scrupuleux observateur de la Règle, il n'en omettait aucun point et sans négliger jamais rien de ce qui regardait son laborieux emploi, il ne perdait au dehors le plus léger instant et était toujours exact à rentrer au couvent à l'heure prescrite chargé des aumônes que les fidèles envoyaient aux frères par ses mains.

Comme tous les saints, et malgré son manque d'instruction, frère Félix possédait la vraie science ; un jour qu'il se trouvait chez un savant occupé à considérer la bibliothèque qui garnissait jusqu'au haut les parois de la pièce, ses yeux tombèrent sur un crucifix qui y était appendu : « Voyez-vous, Monsieur le docteur, on a fait tous les livres pour faire mieux comprendre celui-ci », dit-il en montrant le crucifix. A un autre personnage, il dit pareillement en lui montrant le crucifix : « Voilà en vérité toute la loi de Dieu dans un seul livre. » Le bon frère avait beaucoup de ces mots pieux et spirituels ; ils sortaient du foyer de haute et pure lumière qui brûlait en son cœur.



A suivre...

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#9 Message par Monique » jeu. 25 févr. 2016 17:23


Saint FÉLIX DE CANTALICE, Frère lai, Capucin (1513-1587).

La sainte obéissance, à laquelle Félix s'était voué complètement, semblait revêtir de la pureté de l'or toutes les actions de sa vie irrépréhensible en tout, car en tout il n'agissait que par obéissance et il n'eut jamais risqué la moindre chose sans savoir si elle serait agréée des supérieurs.

Cette vertu resplendissait en lui d'autant plus brillante, qu'il semblait pouvoir jouir de plus de liberté en son emploi ; car un collecteur d'aumônes qui passe la plus grande partie de la journée hors de son couvent ne peut être ni surveillé par les supérieurs, ni suivi pas à pas en toutes ses démarches ; il faut même qu'il ait la permission de sortir aussi souvent qu'il veut, à l'heure et pour les lieux qu'il juge à propos. Facilités dangereuses qui eussent donné à un frère d'un moins excellent esprit, mille occasions d'éluder l'obéissance ; car ce frère eut fini par trouver d'autant plus difficile de se soumettre à la direction du supérieur qu'il aurait eu une plus longue accoutumance de traiter en toute liberté avec les séculiers.

Frère Félix n'eut garde de donner dans ce travers ; on ne l'a jamais entendu répondre par la moindre observation à lui suffisait, il partait pour l'accomplir comme l'expression de la Volonté de Dieu, avec une simplicité d'enfant. Il ne faisait rien en cachette, ne dérobait rien à l'inspection et au jugement des supérieurs ; quand il s'était trouvé au dehors dans l'obligation de prendre de lui-même une décision qui ne souffrait pas de retard, il allait la soumettre, à son retour, à l'agrément du Père Gardien, et ne trouvait de jouissance dans le bien qu'il avait fait, qu'après qu'il y avait donné son assentiment n'importe quel commandement du supérieur, il n'était pas même besoin de lui donner un ordre, le plus léger signe lui suffisait, il partait pour l'accomplir comme l'expression de la Volonté de Dieu, avec une simplicité d'enfant. Il ne faisait rien en cachette, ne dérobait rien à l'inspection et au jugement des supérieurs ; quand il s'était trouvé au dehors dans l'obligation de prendre de lui-même une décision qui ne souffrait pas de retard, il allait la soumettre, à son retour, à l'agrément du Père Gardien, et ne trouvait de jouissance dans le bien qu'il avait fait, qu'après qu'il y avait donné son assentiment.

A suivre...

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#10 Message par Monique » ven. 26 févr. 2016 17:54

Saint FÉLIX DE CANTALICE, Frère lai, Capucin (1513-1587).

L'esprit de la parfaite obéissance avait tant d'empire sur lui qu'il se trouvait toujours disposé à faire les volontés et les désirs de chacun ; n'importe qui l'appelait, il accourait aussitôt ; il répondait à toutes les demandes avec une aimable prévenance, ne se montrant jamais, à l'égard de personne, ou rude, ou de mauvaise humeur, ou impatient, bien au contraire, il était toujours empressé à rendre service à tout le monde.

Ses supérieurs devaient s'abstenir même de lui rien enjoindre par manière de pure plaisanterie lorsqu'ils ne voulaient pas que ce fut exécuté sur le-champ, car l'amour du renoncement à lui-même pour l'amour de Dieu ne lui faisait prendre garde ni au ton, ni à l'intention de celui qui lui donnait un ordre ; il ne considérait que la volonté de Dieu transmise par le canal de l'obéissance pour la mettre promptement à exécution.

Arrivé à l'extrême vieillesse, comme on parlait de le décharger de sa lourde tâche : « Le soldat, dit-il, doit mourir les armes à la main et l'âne doit expirer sous son bât », et c'est sur la brèche que mourut ce bon soldat du Christ le 18 mai 1587, une heure avant le coucher du soleil; il avait 73 ans.

L'eau qui repose belle et claire à sa surface, sur le fond du vase où elle avait d'abord formé un dépôt impur, n'y conserve sa limpidité que si on ne l'agite et si on ne la remue pas ; mais si elle n'a point formé de dépôt, on aura beau l'agiter, elle restera toujours belle et claire.

Cette comparaison s'applique à saint Félix de Cantalice : son emploi le jetait dans la vie la plus active, la plus dissipante que put mener un Religieux, et cependant, il y eut en lui toujours même simplicité, toujours même piété, toujours mêmes façons vertueuses de dire et de faire ; la même charité toujours ; une pureté de mœurs toujours aussi éclatante; toujours le même élan vers la pratique de l'obéissance et de la parfaite pauvreté, la même prudence et la même prévoyance toujours.
Demain....Saint YVES, prêtre, curé, du Tiers-Ordre (1253-1303).

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