FLEURS FRANCISCAINES

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Monique
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#101 Message par Monique » dim. 21 août 2016 17:44

Après la mort de ses parents, le bienheureux François de Pésaro, tout jeune encore, distribua ses biens aux pauvres, revêtit l'habit de la pénitence et vécut en ermite.

A l'imitation de son bienheureux Père le Patriarche d'Assise, il édifia trois petites églises ; deux sur le mont Granaro, aux environs de sa ville natale ; à la première il adjoignit un hospice pour les pèlerins et les voyageurs ; c'est dans la seconde qu'il devait rendre un jour au Créateur son âme toute pure ; la troisième, construite sur le mont San Bartholo, fut, durant sa vie, sa privilégiée ; à cause de la solitude qui y régnait toute favorable à la vie contemplative, c'est là qu'il habita.

Mais la vie sainte de François ne put rester longtemps inconnue ; des visiteurs venaient demander ses conseils, des théologiens le consultaient, des disciples lui demandaient de les conduire sur la route de la sainteté, et le pieux ermite devint ainsi un maître de vie spirituelle, et pour nourrir corporellement ses fils dans le Christ il prit une besace et se fit mendiant.

Durant cinquante ans qu'il édifia les contrées environnantes par l'austérité et la piété de sa vie, la vénération qu'il inspirait ne fit que s'accroître sans cesse ; aussi sa mort fut un triomphe et Pie IX ne fit que ratifier le culte qu'on n'avait cessé de lui rendre depuis cinq siècles.
A suivre... Saint ROCH DE MONTPELLIER, tertiaire (1295-1327)

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#102 Message par Monique » mar. 23 août 2016 14:57

Saint Roch soignant et guérissant les pestiférés.


Saint ROCH DE MONTPELLIER, tertiaire (1295-1327)


Le père de Roch, uni aux rois de France et de Hongrie, était gouverneur de la ville de Montpellier ; à vingt ans le futur saint, ayant perdu ses parents, se trouvait possesseur d'une immense fortune.

Par amour pour Dieu, en pleine jeunesse, il échangea ses biens, sa race, son brillant avenir contre une vie misérable passée aux soins des pestiférés, couronnée par une mort en prison.

Entré dans le Tiers-Ordre de saint François, il commença par vendre tout ce qu'il put du bien paternel et en distribua le prix aux pauvres, il laissa à son oncle le soin de ses terres seigneuriales, puis revêtu du pauvre habit des pèlerins il partit à pied pour Rome.

Là, de même qu'à Césène et à Plaisance, il se mit au service des malades et des pestiférés ; dans cette dernière ville, il fut frappé d'une flèche à la cuisse et blessé douloureusement.

Après des soins sommaires, il résolut de retourner dans son pays en mendiant son pain ; épuisé de fatigue et de fièvre pendant ce voyage, et rebuté par un homme riche à qui il demandait l'aumône, il se retira dans un bois voisin, et à toute extrémité, il s'étendit sur la terre nue.

Le Seigneur le nourrit miraculeusement en lui envoyant chaque jour un chien lui porter à manger, et c'est en compagnie de ce fidèle animal que l'imagerie religieuse le représente habituellement.

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#103 Message par Monique » mer. 24 août 2016 15:56

Son oncle était alors gouverneur de Montpellier, et la province tout entière livrée aux dissensions et aux troubles. L'arrivée, dans le pays, d'un étranger, indifférent aux choses de la terre et uniquement occupé à celles de l'éternité provoqua des soupçons et on le jeta en prison.

Cinq années se passèrent dans ce triste séjour, il fut d'une patience admirable ; il lui eut suffi d'un mot pour se faire reconnaître de son oncle et pour être élevé au faîte des honneurs, ce mot, il ne le prononça jamais.

Quand le saint prisonnier sentit sa fin approcher, il demanda un prêtre et lorsque celui-ci pénétra dans le sombre cachot, il le trouva inondé d'une céleste clarté et du saint radieux des rayons plus brillants encore s'échappaient ; à la nouvelle du prodige la foule accourut et c'est au milieu de cette tardive apothéose que le saint expira.

Auprès de son corps, on trouva une tablette sur laquelle une main d'un autre monde avait gravé ces lignes : « J'annonce que tous ceux qui, étant atteints de la peste, recourront à la protection de Roch, en seront délivrés. »

Et l'histoire des siècles qui ont suivi a prouvé la vérité de cette prophétie.
A suivre... Bienheureuse PAULE DE MONTALDI, vierge, Clarisse (1443-1514).

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#104 Message par Monique » ven. 26 août 2016 16:23

Bienheureuse PAULE DE MONTALDI, vierge, Clarisse (1443-1514).
Les persécutions des hommes sont terribles à l'homme, mais celles du démon le lui sont bien davantage ; ce fut à ces dernières que la bienheureuse Paule fut en butte durant une grande partie de sa vie.

D'abord religieuse Clarisse au monastère de Mantoue, elle fut bientôt choisie comme abbesse, et elle le fut trois fois.

Le Mauvais, jaloux de sa haute sainteté, car dès l'enfance elle méprisa le monde, et c'est à l'âge de quinze ans qu'entrée chez les Clarisses elle devint un miroir de piété, de pénitence et de perfection religieuse, jaloux davantage encore des âmes qu'elle entraînait dans son glorieux sillage grâce à sa douceur, à ses conseils pleins de sagesse et de prudence, grâce surtout à ses saints exemples quand elle fut supérieure, la harcela de mille manières, la tortura, la martyrisa en employant toutes les ressources de son infernale intelligence.

Mais la bienheureuse, pleine de confiance en Dieu fut à la hauteur de cette suprême épreuve, et elle en triompha.

Le Très-Haut la dédommagea de ces terribles luttes en versant abondamment, dans son âme l'extase et le ravissement, et par surcroît, le 18 août 1514, après 56 années de vie religieuse, il lui donna le royaume des cieux avec sa gloire et son bonheur sans limites et sans fin.

A suivre... Saint LOUIS D'ANJOU, évêque de Toulouse, des Frères Mineurs (1274-1297).

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#105 Message par Monique » lun. 29 août 2016 0:34

Saint LOUIS D'ANJOU, évêque de Toulouse, des Frères Mineurs (1274-1297).

« Rose printanière de charité, lys de virginité, étoile brillante. 0 Louis, vase de sainteté, prie pour nous le Seigneur. »
C'est en ces accents magnifiques de poésie et de vérité que la liturgie franciscaine implore le jeune et glorieux évêque de Toulouse, saint Louis d'Anjou. Vingt-trois années durant lesquelles il unit ensemble et la pureté de l'ange et la pénitence de l'anachorète lui suffirent pour atteindre les plus hauts sommets de l'ascétisme chrétien.

Petit-neveu de saint Louis, roi de France, fils de Charles II, roi de Naples et héritier présomptif de sa couronne, Louis d'Anjou, après une enfance où la pureté et la mortification, ces deux vertus gardiennes l'une de l'autre brillèrent d'un admirable éclat, passa les années de son adolescence en captivité, servant d'otage avec ses deux frères et cinquante jeunes seigneurs pour que son père, fait prisonnier par Pierre, roi d'Aragon, put recouvrer sa liberté. Durant ce dur apprentissage de la vie, non seulement il pratiqua plus héroïquement encore que par le passé les vertus de patience, d'humilité et de résignation à la volonté de Dieu, fondements de toutes les autres, mais il s'efforçait encore d'initier ses jeunes compagnons d'infortune aux mystérieuses douceurs de la croix, en combattant leur tristesse, en relevant leur courage, en leur faisant apprécier le trésor de l'adversité. Tombé gravement malade, il fit vœu d'entrer dans l'Ordre franciscain s'il recouvrait la santé ; deux religieux de cet Ordre chargés de son éducation le lui avaient fait apprécier.

Rendu à la liberté, l'âme mûrie par l'épreuve et par la grâce de Dieu, il n'avait que vingt et un ans quand l'évêché de Toulouse lui fut imposé par le Pape Boniface VIII, car si par l'âge il sortait à peine de l'adolescence, il avait cependant la prudence des vieillards et la sagesse des saints.


Sa haute réputation l'avait précédé dans sa ville épiscopale et il y fut reçu avec des démonstrations de joie intense. Dès son entrée dans la ville, son seul aspect suffit pour convertir un pécheur qui depuis de longues années croupissait dans les habitudes les plus criminelles. Par la grâce de son chaste maintien, la sérénité de son front virginal, la beauté de son visage aussi candide que sympathique, le jeune évêque inspira à ce pécheur un repentir amer de ses fautes. Ému au plus profond de son cœur, ce malheureux s'écria : « Notre évêque est un saint. »

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#106 Message par Monique » mer. 31 août 2016 19:00

Saint évêque, il le fut, et il répondit pleinement aux espérances de cet enthousiaste accueil. Placé sur le chandelier, dans la maison de Dieu, il l'inonda d'un torrent de lumière ; modèle accompli des brebis et des pasteurs, des hommes du siècle et des ministres du sanctuaire, il traça à tous sans distinction la ligne du devoir sous toutes ses formes.

Mais bien qu'évêque, il resta franciscain ; il en portait l'habit, en pratiquait les austérités, plus même que la plupart de ses frères en religion, lui, le pontife, l'enfant royal il était pauvre, châtiait son corps par de dures pénitences pour en conserver l'éclatante pureté ; il profitait surtout des heures calmes et mystérieuses de la nuit pour passer de longues veilles en prières devant le Prisonnier du tabernacle, et pour s'unir de plus en plus étroitement à ses muettes immolations.

Mais il ne fut pour ainsi dire que montré à la terre, il ne l'embauma qu'un instant des parfums de ses vertus et c'est en pleine efflorescence que ce beau lis fut transplanté dans les parterres du Paradis.

Saint Louis d'Anjou n'était âgé que de 23 ans quand il mourut ; il fut canonisé du vivant même de sa mère, le 7 avril 1317, vingt ans seulement après sa précieuse mort.
A suivre... Les sept allégresses de la Très-Sainte Vierge Marie..

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#107 Message par Monique » jeu. 01 sept. 2016 18:10

Les sept allégresses de la Très-Sainte Vierge Marie.

Aux rapports de Mariano de Florence et de Wadding, historiographe de l'Ordre, vers l'année 1423, un jeune homme très dévot à la Sainte-Vierge prit l'habit des Frères Mineurs.

Avant d'entrer dans l'Ordre, il avait l'habitude d'entretenir une couronne de fleurs autour d'une statue de Marie, mais devenu novice, il lui fut impossible d'accomplir cet acte de filiale piété, et si grande fut sa peine qu'il résolut de rentrer dans le monde. Avant de quitter le couvent, il implora le secours de sa Mère du ciel, prosterné devant sa statue, où il aimait à la prier, Marie daigna lui apparaître, le consoler, et lui apprendre à déposer à ses pieds une couronne plus belle et plus précieuse que celle qu'il lui tressait jadis avec des roses éphémères : « Récitez, lui dit-elle, une fois l'Oraison dominicale et dix fois la Salutation angélique en l'honneur de chacune des allégresses dont tressaillit mon cœur dans la Conception du Verbe éternel, la visite à ma cousine Élisabeth, la naissance de mon divin Fils, l'adoration des Mages, le recouvrement de Jésus au Temple, sa résurrection et mon assomption au ciel. »

Le jeune novice, raffermi dans sa vocation, fut fidèle à cette pratique, et chaque jour il récita la couronne des allégresses de Marie. Tel fut, paraît-il, la gracieuse origine de ce rosaire franciscain. Plusieurs fois durant le cours des siècles, la Reine du ciel daigna faire connaître combien cette pratique de dévotion en son honneur lui était agréable. Une indulgence plénière est accordée à tous les membres des trois familles franciscaines, chaque fois qu'ils récitent cette couronne de prières ; les cordigères eux-mêmes ont droit à la même faveur.

C'est aujourd'hui que le Missel et le Bréviaire franciscains célèbrent la fête des sept allégresses de Notre-Dame.

Après ses joies de la terre, Marie entre dans la joie éternelle. — Couronnée de gloire, son intercession a une influence merveilleuse sur les destinées des âmes qui la prient.

A suivre... Saint LOUIS, roi de France, tertiaire, patron des Frères du Tiers-Ordre (1215-1270)..


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#108 Message par Monique » dim. 04 sept. 2016 17:13

Saint LOUIS, roi de France, tertiaire, patron des Frères du Tiers-Ordre (1215-1270).

Louis IX fût un saint, et comme homme et comme roi, par ses vertus privées et par ses qualités royales.
Parmi les hautes vertus portées jusqu'à l'héroïsme, qui devinrent de jour en jour davantage les traits distinctifs et caractéristiques de cette nature d'élite, ses grandes et fortes habitudes personnelles de religion, d'équité, de charité, furent les sources pures, les principes féconds de son règne hors de pair.

C'est la religion de saint Louis, c'est-à-dire l'intelligence et la pratique de l'Évangile, qui l'attachèrent, en sa qualité si chèrement embrassée de disciple de Jésus-Christ à ses devoirs envers Dieu, d'où découlaient pour lui ses devoirs envers son peuple.

L'équité, un peu sévère, qui nous apparaît comme l'une des marques les plus saisissantes de sa personnalité morale est certes une vertu de roi. L'onction de l'Évangile et celle de saint François dont il était le fils par le Tiers-Ordre, jointes à la bonté naturelle de son cœur, la tempéra sans l'affaiblir et la rendit plus royale encore. Le tempérament de charité et la fermeté qui apparaît dans la conduite et les décisions de saint Louis est bien de l'homme qui a la croix gravée dans son cœur mais qui pourtant tient le sceptre et qui sait faire acte de justice aussi bien que de dévouement.

Ses vertus ascétiques et transcendantes, loin de nuire à ses devoirs de souverain, entourèrent, au contraire, dès son vivant, son front et son diadème d'une auréole dont profita son pouvoir : « Beaucoup s'étonnaient, dit Guillaume de Chartres, de ce qu'un homme si humble, si paisible, ni robuste de corps, ni dur dans son action, pouvait exercer ainsi une domination pacifique sur un si grand royaume, sur tant et de si grands et de si puissants seigneurs... Il faut attribuer cela non à la puissance terrestre, mais à la vertu divine. » — « Tous ses sujets, dit Geoffroi de Beaulieu, grands et petits, l'avaient en respect et en crainte, à cause de sa justice et de sa sainteté. »

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#109 Message par Monique » lun. 05 sept. 2016 16:49


Durant tout son règne, à une attention continuelle aux affaires de l'Etat, à un amour singulier de la justice, il joignit les austérités du cloître, visita souvent les hôpitaux où il soignait souvent à genoux les malades et les lépreux, et consacra tous les jours plusieurs heures à la prière. Comme on lui en faisait un jour le reproche : « En vérité, dit-il, les hommes sont étranges ; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et l'on ne dirait mot, si j'employais les heures que j'y donne au jeu ou à la chasse. »

Tous les Ordres religieux lui étaient chers, mais entre tous, ceux de saint François et de saint Dominique lui inspiraient une affection spéciale. S'il eût été libre de suivre l'inspiration de son cœur il eût renoncé au sceptre et quitté le monde pour revêtir l'habit franciscain, mais contraint qu'il était de porter le fardeau des honneurs, il voulut du moins s'associer au Tiers - Ordre et dans le secret de son palais suivre la vie rigoureuse des fils les plus fervents de François d'Assise.

En 1239, sa piété le poussa à racheter des Vénitiens la sainte couronne d'épines engagée par Beaudoin II de Constantinople comme gage d'une somme considérable qu'il ne put jamais acquitter, et pour abriter un tel trésor, il construisit la Sainte-Chapelle, monument splendide, vraie dentelle de pierre qui, actuellement encore, est une des gloires architecturales de Paris. Deux fois il entreprit une croisade pour délivrer le tombeau du Christ des mains des infidèles ; fait prisonnier durant la première, il montra tant de vertus durant sa captivité, que les Musulmans eux-mêmes l'avaient surnommé « le sultan juste », et lui offrirent d'être leur roi s'il voulait embrasser la religion de Mahomet. C'est durant sa seconde croisade qu'il mourut de la peste en vue de Tunis, le 25 août 1270.

Dans sa tendre enfance, la pieuse reine Blanche de Castille, sa mère, avait coutume de lui répéter fréquemment : « Mon fils, je vous aime avec toute la tendresse dont une mère est capable ; cependant, je préférerais vous voir tomber mort à mes pieds plutôt que de vous savoir jamais coupable d'un seul péché mortel. » Ces paroles furent comme un bouclier dans l'âme du jeune prince, il les eut sans cesse présentes à l'esprit et elles le conservèrent toujours dans la crainte du Seigneur. Il fut ce que tout roi devrait être : « un instrument de la religion dans les mains de Dieu, pour faire régner Jésus-Christ dans son cœur et dans son royaume », et c'est en grande partie par cet ascète humble et pénitent qui servait les lépreux à genoux que furent fixées les destinées de la monarchie française.

A suivre... Bienheureux TIMOTHÉE DE MONTECCHIO, prêtre des Frères Mineurs (1444-1504) et BERNARD D'OFFIDA, Frère lai Capucin (1604-1694).

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#110 Message par Monique » mar. 06 sept. 2016 17:01

Bienheureux TIMOTHÉE DE MONTECCHIO, prêtre des Frères Mineurs (1444-1504) et BERNARD D'OFFIDA, Frère lai Capucin (1604-1694).

Les âmes humaines ont généralement des tendances naturelles, bonnes, indifférentes ou mauvaises ; on peut dire que chez le bienheureux Timothée, cette tendance prédominante était la soif de Dieu, et à mesure qu'il avançait en âge, il sentait s'accentuer plus fortement en lui ce désir d'une vie parfaite, éprouvant en son cœur ce vide indéfinissable que le Très-Haut met au cœur de celui qu'il veut posséder sans partage.

Longtemps il supplia le Ciel de lui faire connaître sa voie, et après de longues et d'ardentes prières, il entra dans l'Ordre de saint François.

Il oublia si vite le monde qu'on eût dit qu'il ne l'avait jamais connu, et il devint bien vite et comme naturellement un religieux parfait, c'est-à-dire un homme qui a fait totalement abnégation de soi-même pour se conformer entièrement à la volonté divine manifestée soit par les supérieurs, soit par les situations, soit par les événements, soit même par la malice des hommes, non pas que Dieu veuille positivement cette malice qui est un abus de la liberté, mais il la permet et, dans sa puissance et sa bonté, il sait la faire tourner au profit de ceux qui l'aiment, car qui a mérité aux martyrs leurs couronnes sinon les persécuteurs ?

Qui a éprouvé la vertu des saints sinon les épreuves qu'ils ont eu à endurer? Voilà pourquoi les pensées de notre bienheureux, ses paroles, ses actions et ses désirs, tout en lui n'avaient qu'un objet : Dieu seul ; Dieu était le centre de ses affections, vers Dieu seul il soupirait, pour Dieu il réprimait les mouvements naturels pour n'être qu'un instrument docile en ses mains.

Il fut une de ces âmes béatifiée par le Sauveur dans son entretien sur la montagne : une âme assoiffée de justice, c'est-à-dire de sainteté et de perfection. Sa piété et sa ferveur dans l'oblation du divin Sacrifice lui méritèrent d'enivrantes visions du Dieu caché dans l'Eucharistie.

Le 26 août 1504, jour de sa bienheureuse mort, il entra enfin dans la possession éternelle et dans la vision sans voile de Celui qu'il avait tant désiré et tant recherché sur la terre.

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