Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

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chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#191 Message par chartreux » sam. 13 avr. 2019 12:14

SWS traduit par le chartreux a écrit : IV. Récemment les ennemis de la théologie, et même certains de ses alliés imprudents, ont voulu donner un fondement "libéral" à cette science sacrée. Le libéralisme en théologie consiste à mettre en cause ses principes soit de façon catégorique, c'est-à-dire d'en douter jusqu'à ce que la science naturelle les ait démontrés (ainsi fit Hermes) ; soit de façon hypothétique, c'est-à-dire en les acceptant mais en attendant leur ratification par les sciences naturelles (Gunther). Dans les deux cas on nie le principe de la Foi, et le progrès théologique est rendu aussi impossible que le serait celle d'une philosophie basée sur la négation des principes universels. Le seul doute permis est le doute méthodique : un théologien catholique peut traiter les vérités auxquelles il croit fermement comme si elles étaient encore incertaines, dans le but d'éclaircir leur origine et pour lui et pour les incroyants. Il y a une troisième forme de libéralisme, moins grave que les deux que nous venons de mentionner, et qui rejette les méthodes et les principes des anciens théologiens scolastiques (cf. Syllabus, prop. XIII). Agir ainsi serait injurieux à la raison, à l'efficacité vivante de l'Église et à la providence divine. De plus, on ne peut progresser que par rapport à des résultats déja acquis. Le libéralisme est globalement opposé à l'autorité par ce qu'il la considère comme un obstacle au progrès. Il exige une liberté illimitée dans ses méthodes, ses principes et ses conclusions. Mais il suffit de comparer la théologie allemande à la théologie espagnole pour voir que c'est l'autorité et non pas la licence qui engendre le progrès. Dans l'Espagne du XVIème siècle, où la congrégation de l'Index régnait sans partage sur la science théologique, la théologie a atteint des sommets de splendeur inégalés. Dans l'Allemagne du XVIIIème siècle ou fleurissait la "liberté de pensée", la théologie était dans une phase de décadence pitoyable.

Les vraies conditions d'un progrès productif en théologie sont : (1) une adhésion ferme à la Foi ; (2) l'acceptation des progrès précédents ; (3) une soumission volontaire à l'autorité de l'Église ; (4) la prudence dans l'usage des sciences auxiliaires hostiles à l'Église ; et (5) l'exactitude et le l'exhaustivité de la méthode.

Cf. Hist. de la Théologie Positive, par J. Turmel ; et La Theologie Catholique au XIXème Siècle, par J. Bellamy.
FIN DU LIVRE PREMIER

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