Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

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chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#21 Message par chartreux » jeu. 30 janv. 2020 11:37

SWS, Livre II, I, C1, A, §58 traduit par le chartreux a écrit :

Section 58. Noms révélés de Dieu.

I. On remarque dans la révélation divine telle qu'elle est consignée dans L'Écriture, et en dehors du dogme de la Trinité, bien qu'il lui soit étroitement lié, un progrès réel dans la manifestation de l'essence et de la nature divine. Aux Patriarches on ne révéla rien de nouveau concernant la nature et les attributs divins ; leurs connaissances coïncidaient avec la connaissance naturelle transmise par la tradition. L'objet de la révélation mosaïque fut de préserver la pureté de l'idée monothéiste contre les corruptions de l'idolâtrie et du polythéisme. Elle exalte la toute-puissance de Dieu sur toutes les choses finies et matérielles, et sur l'humanité,et révèle les attributs principaux de Dieu dans le nom Jéhovah. Les prophètes montrent et décrivent dans un langage magnifique les attributs divins qui peuvent être connus par la raison seule ; particulièrement l'unité, l'éternité, l'immutabilité, la grandeur infinie, la toute-puissance créative, l'omniprésence, l'omniscience, la sagesse, la bonté, la justice et la sainteté. Mais tous ces attributs sont mentionnés uniquement pour amener la majesté infinie de Dieu, et pas pour révéler quoique ce soit de nouveau concernant son Essence.

Cet aspect commence à être traité dans les Livres Sapientiaux (Prov. 8, Sagesse 7, Eccles. 24), où, sous le nom de Sagesse Éternelle, la vie interne de la divinité est montrée dans ces communications internes et externes, et où on anticipe donc la théologie du Nouveau Testament. L'objet de la Révélation chrétienne est d'élever l'homme à une union plus intime avec Dieu, son Père, et en conséquence elle manifeste la perfection interne de la vie divine à laquelle l'homme doit participer. Cette Révélation chrétienne présuppose celle de l'Ancien Testament, et ne dévoile rien de nouveau concernant la nature de la divinité elle-même ; mais, comme elle nous informe du mystère de la Trinité, elle nous permet d'entrevoir la fécondité interne divine, et de concevoir la nature divine d'une façon très-pure - comme la Lumière, la Vie, la Vérité, l'Amour etc, et comme principe et idéal de la perfection surnaturelle vers laquelle nous devons tendre.
(à suivre)

chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#22 Message par chartreux » ven. 31 janv. 2020 10:30

SWS, Livre II, I, C1, A, §58 traduit par le chartreux a écrit :

II. Les noms de Dieu sont soit des substantifs soit des adjectifs. Nous nous limiterons ici à la première classe. L'ancien Testament renferme sept noms substantifs, appelés « noms sacrés », parce que c'est l'Écriture sainte qui les a d'abord employés. Par leur sens formel comme par leur mode d'appellation, on peut les diviser en trois classes, dont la première et la dernière contiennent chacune trois noms ; la seconde, un seul, le nom par excellence.

1. Le premier groupe désigne les noms qui désignent l'excellence suprême de Dieu plutôt que Son Essence : אֲדןֹכָי , אֱלחִים ,אֵל.

a. El, אַל, Le Puissant, est souvent accompagné d'appositions, comme par exemple dans אֵל שֵׁדֵּי, παντοκράτωρ, omnipotens, tout-puissant, אֵל אֱלץהִים, Dieu des Dieux. Le nom El, même sans apposition, désigne rarement des faux dieux.

b. Elohim, אֱלהִים , pluriel d'Eloah, Allah en arabe, le Puissant, mais avec cette nuance qu'il comporte les significations ajoutées d'Admirable, d'Adorable. Ce nom est attribué par ironie à de faux dieux, et aussi d'une manière vraie mais plus faible à des êtres inférieurs à Dieu mais reflétant Sa majesté : des anges, des rois, des juges. Quand il est appliqué au vrai Dieu, Elohim est un pluriel de majesté plutôt qu'une indication de la Trinité. Les appositions servent parfois à définir un nouveau sens, comme dans Elohim Tsabaoth, le Dieu des armées, les armées pouvant être celles des anges, des étoiles ou des hommes ; désigne parfois le Dieu de toutes les créatures.

c. Adonai, אֲדוֹכָי, Κύριος, δεσπότης, Dominus, juge, souverain, seigneur par excellence. Ce nom renferme la signification d'El et d'Elohim, car Dieu, en sa qualité de suprême Dominateur, n'inspire pas seulement le respect et la crainte par sa force physique, par la puissance morale qu'il emprunte de sa position et de sa dignité vis-à-vis de l'homme ; il exige encore à juste titre le respect et la soumission la plus profonde. Sans doute, les termes de juge et de souverain peuvent s'appliquer à d'autres êtres qu'à Dieu, mais seulement parce qu'ils tiennent sa place, et non dans un sens éminent, comme l'indique ici le pluriel de majesté. De là vient que ce nom est employé comme nom propre de Dieu, et ordinairement sans apposition ; mais il n'est pas donné aux faux dieux des païens, pour cette raison entre autres que les païens n'y attachaient pas l'idée de puissance, de souveraineté morale suprême.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#23 Message par chartreux » sam. 01 févr. 2020 10:41

SWS, Livre II, I, C1, A, §58 traduit par le chartreux a écrit :
2. Le deuxième groupe ne contient qu'un seul nom, qui décrit l'Essence Divine. C'est יְהוָֹה, Jéhovah (Exode 3:14-16), "Je suis Celui qui suis". La prononciation correcte est sans doute Yahvé, d'où l'abréviation יָה, Yah. Le sens est que Dieu est Celui qui est, purement et simplement, dont l'Être ne dépend d'aucune cause externe, et qui ne peut donc être limité ou changé par rien, et qui, pour cette raison même, se distingue de tous les autres êtres, réels ou possibles, particulièrement de toutes les divinités prétendues, et aussi d'êtres puissants ou non-terrestres, qui pourraient aussi être désignés par les noms divins. C'est donc un nom propre au sens le plus strict de cette expression, c'est ce que Moïse demandait quand il avait besoin de connaître le nom caractéristique du Dieu Elohim des pères. C'est de plus un nom d'alliance, étroitement lié à l'alliance entre Dieu et Israël ; la connaissance révélée du vrai Dieu dans le nom Jéhovah était à la fois la promesse, le moyen, et la preuve de cette alliance. Comme le nom de Jéhovah était déjà utilisé à l'époque de Moïse, on peut se demander en quel sens Dieu a dit à Moïse (en Exode 6:3) qu'il est apparu à Abraham, Isaac, et Jacob sous le nom de Dieu Tout-Puissant, El Chadai, et qu'il ne leur a pas révélés Son nom Jéhovah. La meilleure solution à cette difficulté est sans doute que Jéhovah est Son nom le plus approprié, qu'Il a définitivement adopté comme symbole et garde-fou du vrai culte du Dieu unique, tandis qu'El Chadai exprime mieux la relation entre Dieu et les familles des patriarches, dont il était le puissant protecteur.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#24 Message par chartreux » lun. 03 févr. 2020 11:23

SWS, Livre II, I, C1, A, §58 traduit par le chartreux a écrit :
3. La troisième classe se compose de trois noms grammaticalement et logiquement adjectifs, mais souvent employés substantivement. Ils se rapprochent des trois premiers par le sens, mais ils expriment mieux la sublimité du "vrai Dieu" ; ils sont donc usités autant et même plus que les autres comme noms propres du vrai Dieu. Quant aux faux dieux ou aux êtres qui leur ressemblent, ils ne leur sont jamais appliqués dans la forme substantive.

a. Ha-chadai, הַשַׁדָי, de chadad, subjuguer. Ce nom se rapproche de El par le sens, mais il exprime avec plus d'énergie l'indépendance, la plénitude et l'inviolabilité de la puissance. Il signifie donc le Tout-Puissant par excellence.

b. Ha-elion, הַעֶלְיוֹן, Altissimus, le Très-Haut, le Sublime ; sa signification est analogue à celle d'Elohim.

c. Ha-kadoch, הַקָּדוֹשׁ, le Saint, surtout dans les prophètes, et très-fréquemment dans Isaïe, où il est joint à ces mots : le Saint d'Israël, signifie le Seigneur saint, le juge et le législateur d'Israël. Le sens de ce terme se rapproche de celui d'Adonaï et veut dire que Dieu est saint soit dans le sens objectif, digne de toute vénération ; soit dans le sens formel, comme étant le Pur et le Juste par excellence.

Le nouveau Testament ainsi que les livres deutéro-canoniques et la langue de L'Église, remplacent tous les noms hébreux par des termes analogues, qui en reproduisent le sens, par exemple ὁ Κύριος, ὁ ὤν, ὁ ὕψιστος, etc. Le terme le plus courant, commun aux différentes langues classiques, dont il est parlé dans la sainte Écriture, est celui de Dieu, θεός, Deus.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#25 Message par chartreux » mar. 04 févr. 2020 11:35

SWS, Livre II, I, C1, A, §59 traduit par le chartreux a écrit : Section 59. La doctrine concernant Dieu telle que définie par l'Église, et spécialement par le concile du Vatican.

De la même manière que le Nouveau Testament reprend de l'Ancien la doctrine concernant l'Essence et la Nature divines et n'y revient qu'occasionnellement, de même l'Église a depuis ses origines considéré que c'était une chose suffisamment proposée et universellement admise. C'est pourquoi le dogme concernant l'Essence et la Nature divines, malgré son importance, fait l'objet de si peu de définitions. Ce n'est que de nos jours, quand les erreurs les plus graves se sont répandues jusque parmi les chrétiens, que l'Église a donné une définition formelle au concile du Vatican (session 3, chap. 1) :
La sainte Église catholique, apostolique et romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, Créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté et en toute perfection; qui, étant une substance unique, absolument simple et immuable, doit être affirmé distinct du monde, réellement et par essence, très heureux en soi et par soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut être conçu hors de lui.

Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa vertu toute-puissante, non point en vue d'accroître sa béatitude, non pour acquérir, mais pour manifester sa perfection, par les biens qu'il distribue aux créatures, a créé de rien, par un dessein pleinement libre de sa volonté, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, les anges et le monde, et ensuite l'homme participant pour ainsi dire des précédents, puisqu'il est formé d'un esprit et d'un corps.
Or, tout ce qu'il a créé, Dieu le protège et le gouverne par sa Providence « atteignant avec force d'une extrémité à l'autre et disposant toutes choses avec suavité », car « toutes choses sont nues et ouvertes pour ses yeux», même ce qui doit arriver par la libre action des créatures.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#26 Message par chartreux » mer. 05 févr. 2020 8:28

SWS, Livre II, I, C1, A, §59 traduit par le chartreux a écrit :
Les canons correspondants sont les suivants :
1. Si quelqu'un nie un seul vrai Dieu, créateur et seigneur des choses visibles et invisibles, qu'il soit anathème.
2. Si quelqu'un ose affirmer qu'il n'existe rien en dehors de la matière, qu'il soit anathème.
3. Si quelqu'un dit qu'il n'y a qu'une seule et même substance ou essence pour Dieu et pour toutes les choses, qu'il soit anathème.
4. Si quelqu'un dit que les choses finies, tant les spirituelles que les corporelles, ou du moins les spirituelles, sont émanées de la substance divine ; — ou que l'essence divine en se manifestant ou en évoluant devient toutes choses ; — ou enfin, que Dieu est l'être universel ou indéfini, qui, par ses déterminations, constitue l'universalité des choses avec leur distinction en genres, espèces et individus, qu'il soit anathème.
5. Si quelqu'un ne confesse pas que le monde et toutes les choses qu'il contient, matérielles et spirituelles, ont été produites de rien par Dieu selon toute leur substance ; — ou s'il dit que Dieu n'a pas créé avec une volonté libre de toute nécessité, mais aussi nécessairement qu'il s'aime Lui-même : — ou s'il nie que le monde ait été fait pour la gloire de Dieu, qu'il soit anathème.
Ces définitions du concile sont dirigées contre 1) l'athéisme et plus particulièrement le matérialisme ; 2) contre le panthéisme ; 3) contre certaines opinions modernes particulières détaillées au canon 5. Le concile développe les attributs qui manifestent sa grandeur d'Être Suprême, puis définit son indépendance absolue de tous les autres êtres. Et enfin, le concile établit fermement son règne absolu sur tout l'univers.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#27 Message par chartreux » jeu. 06 févr. 2020 11:07

SWS, Livre II, I, C2, §60 traduit par le chartreux a écrit :

CHAPITRE 2. L'essence et les attributs de Dieu : Généralités.

Section 60. Notion substantielle de Dieu.

La première question qui se présente ici est de savoir si et jusqu'à quel point on peut avoir de Dieu une idée substantielle qui serve de fondement à toutes les autres.

Nous devons maintenant nous demander si, parmi toutes nos conceptions de Dieu, il y en a qui peuvent être considérées comme fondant toutes les autres.

I. Une représentation directe et intuitive de la substance divine telle qu'elle est en elle-même est manifestement impossible. Notre connaissance de Dieu est limitée à ceux de ses attributs que nous voyons reflétés dans la nature, et que nous réattribuons à la Substance divine par une opération mentale ; mais nous n'avons aucune appréhension directe de cette Substance. Tout ce que Dieu est et tout ce qu'Il renferme en soi, Il l'est et Il le possède non-seulement par Lui-même et sans cause extérieure, mais de telle sorte qu'Il se confond avec sa Substance ; il faut donc le considérer comme réellement identique à sa substance. En ce sens, c'est-à-dire pour leur contenu objectif, toutes les idées qui concernent l'intérieur de Dieu sont des idées substantielles. Cependant, il y a aussi, dans notre idée de Dieu, certaines déterminations qui peuvent être envisagées comme fondamentales par rapport aux autres, d'où celles-ci se développent et où elles se ramènent. Ces idées représentent pour nous, par rapport aux autres déterminations attributives, l'idée substantielle de Dieu, ou l'idée de la substance comme base et support des attributs qui lui reviennent.

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#28 Message par chartreux » ven. 07 févr. 2020 13:36

SWS, Livre II, I, C2, §60 traduit par le chartreux a écrit :
Il y a deux manières de déterminer le caractère fondamental de la substance d'un être quelconque ; on l'envisage soit dans son existence soit dans son activité et surtout dans sa vie. Sous le premier rapport, on désigne la substance par ce qu'elle a de plus intime, et on l'appelle essence, essentia, quidditas ; sous le second rapport, on l'envisage comme principe d'une activité déterminée, qui lui appartient par sa nature intime, et on l'appelle, notamment chez les êtres vivants, « nature ».


Comme la nature résulte de l'essence, qu'elle lui est nécessairement liée et qu'elle doit, comme toutes les autres déterminations secondaires de la substance qui sont dans un rapport analogue avec l'essence, être considérée comme appartenant à l'essence, ou comme essentielle, on l'appelle aussi essence physique. Cette expression s'emploie d'ordinaire pour résumer tout ce qui appartient nécessairement à une chose. Ainsi, pour caractériser nettement l'essence en tant qu'elle représente ce qu'il y a de plus intime dans un objet, par opposition aux attributs essentiels qui résultent de ce fondement, on l'appelle essence métaphysique. C'est sous ce titre que les théologiens, à partir du dix-septième siècle, traitent la question de la nature divine.
(à suivre)

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#29 Message par chartreux » sam. 08 févr. 2020 10:59

SWS, Livre II, I, C2, §60 traduit par le chartreux a écrit :
II. Quand nous voulons distinguer Dieu de tous les autres êtres nous pensons à Lui comme une substance existant par elle-même, ne devant son existence à aucun principe extérieur, mais possédant l'existence essentiellement et absolument. En d'autres termes, l'aséité (aseitas, αὐουσία) est le premier attribut distinctif que nous concevons de la substance divine, et dont nous déduisons les autres attributs. "Je Suis Celui qui Suis" : c'est-à-dire "Je Suis par Moi-même, absolument, contrairement à tous les autres êtres dont l'existence est dérivée et précaire." L'aséité exclut non seulement tout principe externe, mais exclut aussi l'idée que Dieu est continuellement en train de se réaliser (le das absolute Werden ou Selbstverwirklichung de Günther). Dieu ne peut pas se produire Lui-même, pas plus que les créatures. Quand on dit qu'Il est sa propre cause ou qu'Il se "cause Lui-même", ce n'est qu'une manière détournée de dire qu'Il n'a besoin ni n'admet aucune cause.

III. Il y a une notion plus profonde et plus exhaustive encore de la substance divine contenue dans les expressions, "Dieu est sa propre existence", "l'essence de Dieu est une existence", "Dieu est l'Être" ; ὁ ὤν, Celui qui est, Jéhovah. Les scolastiques expriment cela en disant que "Dieu est un acte pur" (actus purus) ; c'est-à-dire une actualité pure sans aucun mélange de potentialité. Toute perfection possible dans les êtres créés est actuellement possédée par Dieu, et n'est possible chez les autres que par ce qu'elle existe actuellement en Dieu. Le nom de Jéhovah, entendu dans ce sens, est le vrai nom principal de Dieu. Cette Actualité divine est le fondement de sa Simplicité et de son infinité. Sa Simplicité n'est pas autre chose que l'identité entre ce qu'Il peut et ce qu'Il fait, et son Infinité n'est pas autre chose que le fait qu'Il possède actuellement toutes les perfections.

Nous devons nous souvenir constamment que les idées d'essence et de substance appliquées à Dieu sont seulement analogiques, par ce que les essences que nous connaissons ne coïncident pas avec l'existence. C'est pourquoi l'on dit que Dieu est à la fois αὐτοούσιος, ὑπερούσιος, et ἀνούσιος, c'est-à-dire, Dieu est sa propre essence, au-dessus de toutes les essences, sans essence.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#30 Message par chartreux » lun. 10 févr. 2020 13:32

SWS, Livre II, I, C2, §60 traduit par le chartreux a écrit :

IV. La divine Substance existe par elle-même, et agit d'elle-même. C'est la seule cause de toute sa vie ; vie qui n'est pas animée ou vivifiée, mais qui doit être considérée comme la Vie absolue. La divine Substance est à elle-même sa propre vie, la vie pure et simple, la vie dans sa plénitude et sa perfection absolues. De plus, la Nature divine doit être conçue comme purement spirituelle. Quand nous parlons de la nature créée, nous distinguons le principe vital de la matière inanimée. Nous appelons "esprit" ce principe quand nous le considérons non pas sous son aspect de vivificateur mais plutôt comme actif et se suffisant à lui-même. C'est pourquoi les substances immatérielles et intellectuelles sont dites avoir une nature spirituelle et sont appelées des esprits. Ce nom convient d'autant plus à la vie divine, qui est absolument indépendante et immanente, une vie pleinement spirituelle.

La description que nous venons de faire montre la différence essentielle entre la nature divine et la nature créée, savoir la manière dont Dieu possède Sa vie ; et montre aussi les traits fondamentaux qui rendent la vie divine éminente et sublime : l'immatérialité de la divine substance, de laquelle découle son intellectualité. Quand la nature Divine est appelée esprit (Jean 4:24), cela exprime son immatérialité et son intellectualité, la seconde découlant de la première. Le mot d'"Esprit" au sens éminent, est applicable purement et simplement à la nature exaltée de Dieu, car Dieu n'est pas seulement le possesseur incréé et le plus élevé de la nature spirituelle : sa Nature spirituelle est aussi la plus élevée de toutes.
(à suivre)

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