Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

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chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#161 Message par chartreux » mar. 14 juil. 2020 9:41

SWS, Livre II, I, C5, §90 traduit par le chartreux a écrit :
II. 2. La gloire de Dieu est également absolue non-seulement parce qu'elle est la plus haute, mais encore et surtout parce que la vie divine possède seule en elle-même l'objet glorieux qu'elle honore comme gloire formelle, et qu'il n'y a rien hors d'elle qui mérite honneur et gloire. Si les créatures méritent quelque gloire, c'est par un libre présent de Dieu, qui la rapporte essentiellement à Lui-même. La gloire des esprits créés est donc essentiellement relative. La gloire et la félicité de Dieu étant d'elles-mêmes absolument complètes, Dieu ne peut rien faire pour les compléter et les augmenter ; Il ne peut que communiquer et révéler leur plénitude surabondante. Cette manifestation a lieu par les œuvres qu'Il accomplit librement au dehors. Mais il y a de plus, au sein de Dieu même, une opération nécessaire, qui communique et révèle toute la plénitude de sa félicité et de sa gloire. C'est là l'idée fondamentale du mystère de la Trinité, qui vient naturellement après ce qui précède.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#162 Message par chartreux » mer. 15 juil. 2020 10:27

SWS, Livre II, II traduit par le chartreux a écrit :

DEUXIÈME PARTIE. LA TRINITÉ DIVINE

Le dogme de la Trinité a été traité par les Pères, notamment à l'occasion de l'hérésie arienne, dans toute son étendue et avec de larges développements. Il l'a été d'abord sous une forme positive et apologétique, puis aussi sous une forme spéculative, car la solution dialectique des objections rationalistes des hérétiques en faisait un besoin, et il importait d'étudier les rapports multiples de ce dogme fondamental avec d'autres dogmes, surtout avec l'incarnation et la grâce sanctifiante. Nous signalerons surtout comme ouvrages classiques : S. Athanase, Contra Arianos orationes IV (sur la divinité du Fils : lib. I, Filius non temporalis nec mutabilis ; lib. II, Filius non factus nec creatus ; lib. III, Filius non alienus a Patre, sed unus cum Patre ; lib. IV, Filius ut Verbum subsistens Patris, simul unum cum ipso et distinctus ab ipso, et ad Serapionem epistolae IV (principalement sur la divinité du Saint-Esprit)) : Basil., contra Eunomium libri V (solution, en grande partie, des objections philosophiques ; l'authenticité des deux derniers livres est contestée : I de Ingenito, II de Genito, III de Spiritu Sancto, IV et V, complément de II et III), et de Spiritu Sancto ad Amphilochium ; Greg. Naz., surtout dans les V Orationes theologicae ; Greg. Nyss., contra Eunomium libri XII ; Didymus, de Trinitate libri III (lib. I, preuve de la divinité du Fils ; lib. II, de la divinité du Saint-Esprit ; lib. III, récapitulation et réfutation des objections) et de Spiritu Sancto ; Cyrill. Alex., Thesaurus de SS. Trinitate ; S. Hilaire de Poitiers, de Trinitate, libri XII (preuve rigoureusement systématique et apologie du dogme : le plan en est tracé dans le premier livre), S. Ambroise, de Fide Trinitatis (principalement sur la consubstantialité du Fils, lib. V) et de Spiritu Sancto libri III ; S. Augustin, de Trinit..

La dernière partie de cet ouvrage (livres VIII à XV), où saint Augustin dépasse les travaux des autres Pères, est la base sur laquelle se sont élevées les spéculations grandioses de la scolastique. Saint Anselme est le premier qui les ait embrassées dans un travail méthodique et varié, le Monologium. Puis elles ont été développées par Pierre le Lombard et Guillaume de Paris, Opusc. de Trinitate. Richard de Saint-Victor introduisit plusieurs idées nouvelles dans son remarquable traité De Trinitate. Le développement théologique fut achevé par Alexandre de Halès, I Part., quaest. xlii et seq., saint Bonaventure, in Mag., lib. I et saint Thomas, surtout I Part., quaest. xxvii et seq., Contr. Gent., lib. IV, cap. i et seq., et çà et là dans les Quaestiones disputatae.
(à suivre)

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#163 Message par chartreux » jeu. 16 juil. 2020 9:43

SWS, Livre II, II traduit par le chartreux a écrit :

Tous les travaux du treizième siècle sont réunis dans Denis le Chartreux, in I lib. Sent. Après le concile de Trente, l'élément positif et apologétique a été traité avec distinction par Bellarmin, de Verbo Dei ; Grégoire de Valence, de Trinit., lib. V ; Pétau, de Dogm. t. II (insuffisant pour les Pères antérieurs au concile de Nicée) ; plus brièvement par Thomassin, de Trinit. (au tome III de ses Dogmes). Le principal ouvrage positif et scolastique est de Ruiz, de Trinitate. Parmi les auteurs modernes, les travaux de Kuhn, Franzelin et Kleutgen sont très-recommandables. Sur la divinté du Fils, lire les Bampton Lectures de Canon Liddon. Le cardinal Manning a écrit deux ouvrages de valeur sur le Saint-Esprit : The Temporal Mission of the Holy Ghost ; The Internal Mission of the Holy Ghost ("La mission temporelle du Saint-Esprit, La mission interne du Saint-Esprit"). L'histoire des dogmes a été savamment traitée par Schwane en son Histoire des dogmes, t. I-II, et par Werner, Histoire de la littérature apologétique.

Plan et méthode : nous exposerons d'abord le dogme tel qu'il est contenu dans l'Écriture et la Tradition ; puis nous expliquerons les divers efforts des Pères et des scolastiques pour pénétrer plus avant dans les profondeurs du mystère.
(à suivre)

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#164 Message par chartreux » ven. 17 juil. 2020 9:12

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :


CHAPITRE 1. Le dogme.

§91. Formules ecclésiastiques ou dogmatiques de la Trinité.

Le christianisme a pour dogme fondamental le mystère de la Trinité, qui le sépare à la fois du judaïsme et du paganisme. Il a été formulé dès les temps apostoliques dans l'intérêt de la foi générale, car il formait le noyau du symbole qu'on exigeait dans la réception du baptême. De cette formule primitive sont dérivées toutes les formules subséquentes, destinées à en éclaircir le sens et à le développer en face des altérations de l'hérésie.

La confession de foi, dans sa simplicité primitive, était ainsi conçue : Credo in unum Deum Patrem omnipotentem..., et in Jesum Christum Filium ejus unicum Dominum nostrum ... et in Spiritum Sanctum. Le Père et le Fils étant manifestement distingués comme personnes distinctes, il en doit être de même du Saint-Esprit ; la foi et le culte de la foi s'étendent à tous les trois dans une égale mesure, et ils apparaissent tous comme des personnes occupant le même rang divin. D'autre part, comme la foi en un seul Dieu est placée à la base, le Fils et le Saint-Esprit doivent être un seul Dieu avec le Père, puisqu'ils ont de lui et avec lui la même nature divine. Si la divinité n'est pas expressément formulée ou répétée à propos du Fils et du Saint-Esprit, c'est uniquement parce que la copossession de la divinité résulte déjà pour les deux de leur rapport avec le Père, et parce que la formule et in unum Deum, si on la repétait à propos du Fils et du Saint-Esprit, abstraction faite de sa dureté, obscurcirait le rapport intime des deux personnes au Père et par conséquent la manière dont les trois personnes sont un seul Dieu.
(à suivre)

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#165 Message par chartreux » sam. 18 juil. 2020 9:49

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :
II. Les hérésies des trois premiers siècles se sont écartées du vrai sens de cette formule, en se rattachant au judaïsme et au paganisme et en suivant une voie généralement rationaliste. Elles ont pris trois directions.

II. 1. Les antitrinitaires et les monarchiens (comme ils se nommaient eux-mêmes) niaient la distinction réelle ou la trinité des personnes ; ils n'y voyaient que des formes diverses, (πρόσωπα) des modalités ou des forces d'une seule et même personne.

II. 2. Les subordinatiens, qui insistaient trop vivement sur la distinction des personnes, et la procession des deux dernières de la première, niaient la trinité, en tant qu'elle implique l'égalité parfaite des trois personnes. Ils prétendaient que les deux dernières proviennent d'une action de Dieu au dehors, par voie de création ; ils leur refusaient la nature, et par conséquent les propriétés divines, surtout l'éternité, l'immutabilité, la toute puissance, etc., et en faisaient des êtres intermédiaires, supérieurs aux autres créatures, mais inférieurs au vrai Dieu.

II. 3. Le trithéisme n'apparut que plus tard sous forme de système définitif ; les monarchiens et les subordinatiens ne l'avaient arboré que pour en faire la caricature du dogme catholique qu'ils combattaient ; il avait toujours été repoussé par les catholiques, Les trithéistes prétendaient maintenir et la distinction des personnes et l'égalité de nature et de dignité, mais pour ce faire, ils croyaient devoir multiplier la nature ainsi que les personnes, et niaient par cela même la participation essentielle d'une seule et indivisible nature. Comme le subordinatianisme, quoique d'une autre manière, ils anéantissaient la trinité divine.
(à suivre)

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#166 Message par chartreux » lun. 20 juil. 2020 9:34

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :
III. Pour combattre ces trois tendances, le pape Denis (259-269) fixa la doctrine catholique dans son célèbre écrit à Denis d'Alexandrie qui, dans son zèle antisabellien, insistait tellement sur la distinction des personnes que l'unité semblait compromise. Le pape s'adresse d'abord aux sabelliens, puis aux trithéistes et enfin aux subordinatiens. Seules les deux dernières parties, relatives à l'unité et à l'égalité de nature, ou à la « monarchie divine, » nous ont été conservées par saint Athanase, qui les invoquait contre les ariens, in lib. de sent. Dion. Alex (cf. également Arians du card. Newman, p. 125). Cette lettre dogmatique contenait déjà, dans ses lignes essentielles, ce que le concile de Nicée devait établir plus tard sur le rapport du Fils au Père, et celui de Constantinople sur le Saint-Esprit. Ce dernier s'appuyait en outre sur les anathèmes tout récents du pape Damase, qui fixaient l'ensemble de la doctrine de la trinité et de l'unité divine d'une manière aussi générale et plus détaillée que ne l'avait fait la lettre du pape Denis. Chacun de ces deux conciles ne traite que d'une seule personne divine : celui de Nicée du Fils, et celui de Constantinople du Saint-Esprit.

IV. Le concile de Nicée précisa contre les ariens l'objet de la doctrine relative au Fils de Dieu, positivement en agrandissant le symbole apostolique par le développement de l'idée de filiation ou de génération, et négativement en ajoutant au symbole un anathème. Le symbole est ainsi conçu :
Symbole de Nicée a écrit : Nous croyons en un seul Dieu (...) et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel (ὁμοοῦσιον) au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre (...)
Ceux qui disent : il y a un temps où il n’était pas : avant de naître, il n’était pas ; il a été tiré du néant ; il est d’une substance (ὑποστάσεων), d’une essence (οὐσία) différente, il a été créé ; le Fils de Dieu est muable et sujet au changement, l’Église catholique et apostolique les anathématise.
(à suivre)

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#167 Message par chartreux » mar. 21 juil. 2020 9:57

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :
V. Le concile de Constantinople précisa contre les macédoniens l'objet de la doctrine relative au Saint-Esprit. Le texte est ainsi conçu : "Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie (en grec tout est sous forme d'adjectif, τὸ πνεῦμα τὸ ἄγιον, τὸ κύριον, τὸ ζωοπιόν) ; il procède (ἐκπορευόμενον) du Père et du Fils ; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire". Les mots "il procède du Père" indiquent la raison pour laquelle le Saint-Esprit doit être, à cause de son origine, mis au même rang que les deux autres personnes. La procession du Fils n'est pas définie expressément ici, par ce qu'elle est déjà impliquée par la procession du Père, et qu'elle n'était pas contestée par les Macédoniens.

VI. Quoique les anathèmes du pape Damase précèdent le concile de Constantinople, et ont servi de base aux définitions de celui-ci, on peut considérer le dernier d'entre eux comme le résumé des autres et la clef de voûte de toutes les formules dogmatiques antérieures. Il est dirigé en même temps, ainsi que la formule du pape Denis, contre le trithéisme et le subordinatianisme. Cf. l'ancien texte latin (en partie défectueux et à peine intelligible) dans Denzinger 6, ou mieux dans Hardouin, I, p. 805.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#168 Message par chartreux » mer. 22 juil. 2020 9:51

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :

VII. Le symbole dit de saint Athanase (probablement du cinquième siècle) résume toute la doctrine de la trinité en développant cette double forme : "un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité". Il enseigne qu'il ne faut ni confondre les personnes, ni séparer la substance. Il déclare surtout qu'il faut imputer tous les attributs de l'essence à chacune des personnes, à cause de son unité substantielle avec les autres, mais que ces attributs, à raison de l'unité de la substance à laquelle ils adhèrent et en vertu de laquelle ils conviennent à chaque personne, ne doivent pas plus être multipliés que la substance même ; que dans leur forme substantive, ils n'admettent point de pluriel, qu'ils doivent se prendre au singulier pour toutes les personnes ensemble comme pour chaque personne en particulier.

VIII. Dans l'ère patristique, le symbole le plus complet du dogme de la Trinité est celui du onzième concile, célébré à Tolède en 675. Il reflète toute la partie technique du dogme tel qu'il s'est développé dans la lutte contre les hérésies. Se rattachant aux symboles antérieurs, il traite successivement de chacune des trois personnes, et développe dans trois sections la partie générale du dogme : 1) l'unité réelle de la substance, nonobstant la trinité des personnes ; 2) l'union inséparable des trois personnes, nonobstant la diversité, ou plutôt en vertu même de la diversité.

Dans la suite, le dogme ne fut formulé avec plus d'exactitude que sur deux points principaux, afin d'exclure en Dieu toute espèce de division et de séparation, si subtile qu'elle fût.
(à suivre)

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#169 Message par chartreux » jeu. 23 juil. 2020 10:21

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :
IX. Le quatrième concile de Latran, dans sa définition contre l'abbé Joachim (cap. Damnamus) jointe à son symbole, expliqua plus exactement l'identité absolue de la substance divine dans les différentes personnes, tant avec les personnes qu'avec elle-même ; il montra que c'est précisément l'identité réelle de cette substance divine avec chacune des personnes qui exclut une division de la substance dans les diverses personnes, et ne permet pas de concevoir l'unité de Dieu comme l'unité d'un tout collectif.

X. Il fallait en outre relever avec plus de précision et de netteté l'unité de rapport entre les personnes divines qui se révèle dans la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils. C'est ce qui eut lieu, par des explications réitérées, au deuxième concile de Lyon et au concile de Florence, contre l'hérésie que les Grecs avaient imaginée afin de justifier leur schisme. Les Grecs prétendaient qu'il y avait séparation dans le rapport des personnes divines.

XI. Enfin, le concile de Florence, en son Décret pour les Jacobites, fit un exposé général de toute la doctrine de la Trinité. On peut le considérer comme la dernière expression du progrès dogmatique. 1) Il précise la différence rigoureuse et indestructible des personnes, ou leur individualité, en se fondant sur leur origine ; 2) leur unité absolue, excepté en ce qui regarde les relations, puis l'immanence et l'égalité qui en résulte ; 3) leur distinction et leur unité en ce qui concerne leur principe ("Pater est principium sine principio. ... Filius est principium de principio", etc.).
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre II : Dieu

#170 Message par chartreux » ven. 24 juil. 2020 10:41

SWS, Livre II, II, C1, §91 traduit par le chartreux a écrit :
XII. Dans l'époque moderne, il faut encore citer parmi les décisions de l'Église relatives à la Trinité la censure prononcée par Pie VI, en sa bulle Auctorem fidei, contre le synode de Pistoie, qui avait employé cette expression équivoque : Deus in tribus personis distinctus, au lieu de in tribus personis distinctis, puis la déclaration du concile de Cologne en 1860 contre la philosophie de Gunther.

XIII. Voici donc, d'après les règles dogmatiques précédentes, comment on peut résumer les points essentiels de la doctrine de la Trinité :

XIII. 1. Un seul Dieu existe véritablement, réellement et essentiellement en tant que Père, Fils et Saint-Esprit, ou, en d'autres termes, la divinité en tant que substance subsiste en la forme de trois hypostases ou personnes réellement distinctes entre elles, en sorte que la divinité, comme essence et comme nature, appartient aux trois.

XIII. 2. Ces trois supports ou possesseurs ne se distinguent pas en fait de l'essence et de la nature qui leur est commune, comme le sujet et la forme, mais ils représentent trois modes divers selon lesquels l'essence et la nature divine s'appartient à elle-même comme substance indépendante et individuelle.

XIII. 3. Il n'y a de distinction réelle qu'entre les personnes et seulement quant à leur caractère personnel, lequel consiste en ce que chacune possède la nature commune d'une manière qui lui est propre.

XIII. 4. Cette différence dans le mode de possession provient de ce qu'il n'y a qu'une personne qui possède la nature originairement ; les deux autres sont mises en possession, chacune d'une manière particulière, par l'origine qu'elles tirent d'une autre personne. La première communique ce qu'elle possède aux autres, non d'une manière accidentelle, mais essentielle, et les deux autres sont mises en possession de la nature, non pas accidentellement, mais essentiellement ; car la nature étant réellement identique dans toutes les personnes, elle revient nécessairement à toutes, et demande essentiellement à être dans chacune.
(à suivre)

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