Remarques sur la nature de la Vérité

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Abbé Zins
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Remarques sur la nature de la Vérité

Message par Abbé Zins »

Remarques sur la nature de la Vérité :

Merci beaucoup à Louis pour sa remarquable citation sur la contrition parfaite ! Elle est propre à faire un grand bien à tous ceux qui la liront. ( http://www.phpbbserver.com/micael/viewt ... rum=micael )

http://www.micael.byethost7.com/viewtop ... t=20#p1305

Mes félicitations ont déjà été données aussi à Robert pour sa sage réponse concernant le péril de mort ( http://www.phpbbserver.com/micael/viewt ... rum=micael ).

http://www.micael.byethost7.com/viewtop ... t=20#p1302


Il me faut pas contre faire quelques remarques explicatives sur la réponse de Robert concernant la nature de la vérité. Voici.

Robert a écrit : ( http://www.phpbbserver.com/micael/viewt ... rum=micael )
Qu’est-ce que la Vérité ?
Telle a été la question posée à Jésus par Pilate, qui n'a malheureusement pas écouté la réponse.

Celle rappelée plus haut : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » nous démontre que dans l'absolu Dieu est la Vérité.
Nous devons donc l'aimer plus que tout, notamment plus que nos propres pensées ou manières de voir.
la vérité se trouve dans la pureté du cœur qui nous fait apprécier le monde comme il le mérite et dans la simplicité d’intention qui nous le fait juger comme il convient. Par la simplicité d’intention, nous pouvons voir clairement, mieux connaître et mieux juger toutes les choses du monde.
Ce passage est susceptible d'une bonne interprétation, mais aussi d'une mauvaise.
S'il est vrai que la pureté de coeur et d'intention qui ouvre à la vérité en facilite l'appréhension, la saisie et l'acceptation, elle ne suffit pas en elle-même.

Car la vérité est OBJECTIVE et non subjective.
A moins de se croire infaillible, on peut donc faillir, se tromper et être trompé de bonne foi.

Un autre passage un peu plus loin montrera que cette précision n'est pas sans importance y compris pratique.
La Vérité dépasserait donc les choses du monde ? Assurément, car cette science avec laquelle nous pouvons voir clairement, mieux connaître et mieux juger les choses du monde, nous vient de Dieu. La Vérité serait donc Dieu Lui-Même ? C’est donc que cette science qui nous vient de Dieu est une grâce. Dieu ne donne jamais une grâce en vain. Il faut la saisir et Lui demander, Le prier humblement de toujours nous tenir dans sa grâce.
Là encore, on peut entendre cela en bonne ou mauvaise part.
L'ensemble en est bon, mais l'on n'y perçoit une tendance subjectiviste et à faire grande confiance en ses inspirations particulières.
Tels nous sommes, tels nous apprécions les autres. Celui qui est pur juge avec plus de vérité. La Vérité serait donc la pureté ? La simplicité d’intention fait naître la pureté du cœur qui est, à son tour, source de vision.
Cette continuation marque une accentuation d'une manière de raisonner plus proche de celle subjective de Descates que celle objective d'Aristote, de toute la Scolastique, de Saint Thomas et de l'Eglise.

Car notre connaissance acquise par notre propre expérience est une chose, et celle reçue de l'Eglise, de la Révélation divine, celle de la doctrine infaillible en est une autre.
C'est de cette manière ordinaire que l'Esprit-Saint éclaire habituellement les âmes en y ajoutant certes sa grâce et des lumières particulières, mais qui restent de soi secondaires par rapport à ses organes magistériels : Qui vous écoute, M'écoute. A condition bien sûr, que ce soit des organes légitimes et fidèles.
En définitive, par la simplicité d’intention et la pureté du cœur, n’est-ce pas Dieu lui-même qui nous amène, par sa grâce, à penser comme Lui, à aimer comme Lui, à n’aimer que Lui purement et simplement, à L’aimer pour Lui et en Lui ? Telle n’est-elle pas la Vérité ?
Encore une fois les lumières particulières et les inspirations spécifiques peuvent n'être point sans importance : L'Esprit souffle où Il veut.
Mais elles restent de soi subordonnées aux organes magistériels légitimes et authentiques.
Une grande amie à moi a dit un jour que les deux seules références auxquelles nous devions nous borner sont les Saints Évangiles et l’Imitation de Jésus-Christ. Qu’elle a raison !
Ceci peut encore être entendu d'une manière relative en un bon sens.
Mais en soi, cela peut impliquer ou entraîner de très graves déviations.
A quoi bon l'Eglise, alors ? A quoi bon sa Tradition bi-millénaire ?
Les Protestants ne diraient-ils point de même ?

Allons plus loin. Sans l'Eglise, nous n'aurions point l'Evangile en mains ! Il ne serait point parvenu, au moins en son intégrité, jusqu'à nous.
Elle en est seule la garante, dans son extension, en sa juste traduction, en son exacte interprétation !

Voyez-vous les dangers où pourraient entraîner une telle affirmation en la prenant à la lettre !?
Il faut toujours être dans la grâce de Dieu, être en état de grâce si l’on veut garder la Vérité de Dieu et pour la garder, il faut la demander à la Dispensatrice de toutes grâces, Notre-Dame, la très Sainte Vierge Marie.
Assurément, les bonnes dispositions du coeur aident beaucoup à apprendre, admettre, recevoir et garder la Vérité.
Mais il faut aussi s'intruire attentivement de la doctrine de la Sainte Eglise, de ses Saints Pontifes et Conciles, de ses lois et canons, de ses Saints Pères et Docteurs, de ses Catéchismes authentiques, de ses Saints maîtres spirituels, tout en demandant à Notre Dame de nous obtenir les lumières de l'Esprit-Saint.

Sainte Thérèse d'Avila ne disait-elle pas qu'elle préférait un confesseur moins fervent mais éclairé et bien instruit de la doctrine de l'Eglise à un confesseur pieux mais ignorant.

Par ailleurs, la science sans la piété enfle, enorgueillit, et peut finir par conduire à de l'aveuglement spirituel.

Le mieux étant l'alliance de la piété et de la science, se compénétrant, se complétant et s'élevant mutuellement.
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gabrielle
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Re: Remarques sur la nature de la Vérité

Message par gabrielle »

Robert a écrit :
Une grande amie à moi a dit un jour que les deux seules références auxquelles nous devions nous borner sont les Saints Évangiles et l’Imitation de Jésus-Christ. Qu’elle a raison !
Abbé Zins a écrit :
Ceci peut encore être entendu d'une manière relative en un bon sens.
Mais en soi, cela peut impliquer ou entraîner de très graves déviations.
A quoi bon l'Eglise, alors ? A quoi bon sa Tradition bi-millénaire ?
Les Protestants ne diraient-ils point de même ?

Allons plus loin. Sans l'Eglise, nous n'aurions point l'Evangile en mains ! Il ne serait point parvenu, au moins en son intégrité, jusqu'à nous.
Elle en est seule la garante, dans son extension, en sa juste traduction, en son exacte interprétation !

Voyez-vous les dangers où pourraient entraîner une telle affirmation en la prenant à la lettre !?
J'aimerais faire ici une petite mise au point. Cette grande amie dont parle Robert, était ma mère. Je pense que sa pensée sortie du contexte fausse l'idée qu'elle voulait exprimer.

Dans la foulée de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui hormis les livres obligatoires du Carmel et un livre sur la fin des temps, n'a jamais lu d'autres livres que l'Imitation et l'Évangile. Sainte Bernadette Soubirous ne lisait que l'Évangile jamais les commentaires. Saint François d'Assise ne voulait pas de livres dans son ordre, il voulait pas que ces frères lisent autre choses que l'Évangile... en fait pour leur vie spirituelle pratiquement tous les saints n'ont eu qu'un seul livre: le Crucifix.

C'est dans ce sens précis que doit se comprendre sa parole. Dans les temps de tribulation que nous vivons des âmes sont portées à passées d'une spiritualité à l'autre, ou même à imiter les saints dans des gestes dangereux ( discipline, jeûne, privation de sommeil... ) d'autres, peu averties, s'appliquent des états d'âmes qu'elles voient dans les saints. Prenons comme exemple Sainte Thérèse d'Avila, elle fut soumise par Dieu à une épreuve pénible de distraction... elle n'arrivait jamais à se concentrer dans la prière, ou oraison, toujours distraite par la fondation de ses monastères, cela était pour elle un vrai supplice, et bien, des âmes chez qui la connaissance de leur défaut est défectueuse, s'imaginent que leur distraction sont une épreuve de Dieu tout comme Sainte Thérèse, alors qu'en fait elle en sont souvent les responsables, par leur dissipation et leur attrait pour toutes sortes de futilités.

La lecture et méditation de l'Évangile et de l'Imitation ( et ce fait tous les jours de la vie) apporte à l'âme une grande connaissance sur elle-même... " Je suis celui qui est tu es celle qui n'est pas" C'est dans ce sens stricte qu'il faut entendre ses paroles,

Cette femme d'une grande foi et d'un amour de Dieu extraordinaire, avait ouverte sa maison à notre petit groupe, tous les dimanches ( fautes de prêtres) nous nous réunissions et après la "messe sèche" sur sa recommandation nous étudiions les saints Évangiles selon les Pères de l'Église, le saint catéchisme du Concile de Trente et tout ce que le Magistère légitme de l'Église enseignait. Aucune opinion non conforme à la doctrine de l'Église n'était acceptée.

Je vous remercie de m'avoir permise de clarifier ce point, tant par devoir de justice envers sa mémoire, que par devoir filial.
robert
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Re: Remarques sur la nature de la Vérité

Message par robert »

Monsieur l’Abbé,

J’ai bien aimé vos remarques sur la nature de la Vérité et tout au long de la lecture de votre article, je me suis dit : pourquoi critique-t-il un passage de l’Imitation de Jésus-Christ ? En y regardant de plus près, je me suis aperçu que malencontreusement, j’avais oublié de mentionner le principal : le texte lui-même ! ! !…Je le ferai in extenso à la fin.


Nous parlons tous les deux de la Vérité. vous d’un point de vue doctrinal et moi d’un point de vue spirituel ; lequel point de vue doit être étayé par le doctrinal, il va sans dire. Depuis très longtemps, je me base sur les 5 arguments de Saint Thomas d ‘Aquin pour remonter à Dieu :premier moteur, cause incausée, etc, etc. Ces 5 mêmes arguments sont l’objet d’un canon :{si quelqu’un dit que le Dieu unique et véritable, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par ses oeuvres grâce à la lumière de la raison humaine, qu’il soit anathème} (La Foi Catholique, Gervais Dumeige, s.j. Ed. de l’Orante.p 75, Paris 1961). Cette alliance du spirituel et du doctrinal, n’est-ce pas celle de Saint Thomas lui-même qui se mettait candidement la tête dans le Tabernacle, afin de pénétrer plus intimement les mystères divins pour ensuite écrire l’angélique Summa Theologica ? J’ose espérer à votre égard les mêmes paroles consolantes que Notre-Seigneur dit à Saint Thomas à la veille de sa mort…


Pour moi, à l’instar du Psalmiste : « Il est une chose que je demande au Seigneur, et je la demanderai sans cesse: c‘est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.» ( Ps. XXVI, 4).

De la pureté du coeur
et de la simplicité d'intention


I
Deux ailes nous élèvent au-dessus de la terre,
la pureté du cœur et la simplicité de l’âme.
La pureté doit régler nos affections,
et la simplicité d’intention tend à Dieu :
la pureté du cœur le perçoit et le goûte.

Aucune œuvre ne gênera jamais l’esprit,
si le cœur est pur d’affections mauvaises.
Si vous n’avez d’autre intention dans votre vie
que le plaisir de Dieu et le bien du prochain,
vous garderez toujours la liberté du cœur.
Si votre cœur était guidé par la droiture
tout, pour vous, serait comme un miroir de vie,
un livre, où votre âme apprendrait à bien vivre.
Il n’est point créature, ou si basse ou si vile,
qui ne présente en soi l’image d’un Dieu bon.
Si vous étiez bon et pur, au-dedans de vous,
vous n’auriez nulle peine à bien voir les choses,
et nul obstacle non plus à les bien comprendre.
Un cœur pur voit dans le ciel et voit dans l’enfer.

II

On juge au dehors comme on est au dedans.
S’il est, de par le monde, un motif de joie,
seul, l’homme au cœur pur le peut découvrir.
Et s’il est quelque douleur et quelque angoisse,
elle sera toujours du lot du cœur impur.
De même que le fer mis au feu perd sa rouille,
et devient, peu à peu, lumineux et brûlant :
ainsi l’homme qui s’abandonne tout à Dieu,
se défait peu à peu, tout entier du péché,
et se transforme vite en un homme nouveau.
Mais dès qu’il commence par contre à s’attiédir,
il redoute aussitôt, le plus petit travail,
et cherche volontiers les plaisirs du dehors.
S’il travaille au contraire à se vaincre lui-même,
pour marcher résolu dans la voie du Seigneur,
ce qui lui paraissait lourd lui deviendra léger.

(« Imitation de Jésus-Christ », lib. II, cap. IV, pp.99-100, par l’abbé D’Albin de Cigala, Ed. Des-clée de Brouwer, 1904)

Incidemment, S.S. le Pape Saint Pie X, qui a béni et approuvé le livre de M. l’Abbé de Cigala, dit, en pages liminaires, :’’ Je garderai Votre Imitation sur mon Bureau et je lirai, tous les jours, mon chapitre de lecture spiri-tuelle, dans ce texte nouveau.’’


Amitiés en Jésus Crucifié
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Abbé Zins
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Re: Remarques sur la nature de la Vérité

Message par Abbé Zins »

gabrielle a écrit : J'aimerais faire ici une petite mise au point. Cette grande amie dont parle Robert, était ma mère. Je pense que sa pensée sortie du contexte fausse l'idée qu'elle voulait exprimer.

Dans la foulée de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui hormis les livres obligatoires du Carmel et un livre sur la fin des temps, n'a jamais lu d'autres livres que l'Imitation et l'Évangile. Sainte Bernadette Soubirous ne lisait que l'Évangile jamais les commentaires. Saint François d'Assise ne voulait pas de livres dans son ordre, il voulait pas que ces frères lisent autre choses que l'Évangile... en fait pour leur vie spirituelle pratiquement tous les saints n'ont eu qu'un seul livre : le Crucifix.
Comme cela a été souligné plus haut, il y a certes une manière relative d'entendre cela en bonne part.

Il me semble cependant très réducteur d'imaginer que Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et Sainte Bernadette ne lisaient que l'Evangile ou l'Imitation, même si ceux-ci pouvaient être leur lecture préférée et leur plus habituelle source de méditation.
En effet, étant religieuses, elles assistaient aux nombreuses lectures faites en commun, notamment au réfectoire pendant les repas.
En outre, elles ne cessaient, tout au long de l'année, d'avoir les commentaires autorisés de la Révélation par l'intermédiaire des prédicateurs de sermons, de retraites, par la direction spirituelle, par la liturgie quotidienne et la lecture de l'Office divin comportant à Matines les exposés des Saints Pères et Docteurs, la lecture des Encycliques Pontificales faites en commun, etc....

La "Petite Thérèse" est de surcroît toute pénétrée de la spiritualité carmélitaine si bien exposée par la "Grande Thérèse" en ses livres.


Il en est de même pour Saint François. Toutefois, en son ordre, certaines carences doctrinales ont donné lieu à de graves déviations, comme celles dites des "franciscains spirituels" dont les Papes ont dû condamner les excès et erreurs.
Par ailleurs, de grands théologiens, comme Alexandre de Halès et Saint Bonaventure, ont fait fleurir en cet ordre l'étude et le respect de la doctrine scolastique comme instrument privilégié pour exposer la théologie, réfuter et éviter les erreurs et les déviations du faux mysticisme.

Ceci, tout simplement parce que toute la doctrine de l'Eglise n'est qu'un approfondissement, développement, mise à la portée de tous de la divine Révélation.

Il y a en outre plusieurs façons de pénétrer l'Evangile.

Ecoutez celle-ci, sublimement énoncée par Saint François de Sales :
« La vie des Saints est à l'Evangile ce qu'une musique chantée est à une musique portée.».
En lisant donc la vie et les écrits des Saints, on a l'Evangile mis en actes et en explications à notre portée.

Dans les inspirations personnelles, certes non négligeables, il n'est point facile de distinguer toujours entre celles authentiques du Saint-Esprit et celles subtiles du démon déguisé en ange de lumière et tentant sous apparence de bien. Cela est d'autant plus difficile sans directeur spirituel.

Tandis que les inspirations des Saints, consignés en leurs écrits ou en leurs actes, sont, au moins de manière générale, garanties par leur canonisation. Et, pour les écrits, particulièrement pour ceux des Saints Docteurs, dont les écrits mêmes sont passés comme au peigne fin avant qu'ils soient déclarés Docteurs de l'Eglise.

gabrielle a écrit : C'est dans ce sens précis que doit se comprendre sa parole. Dans les temps de tribulation que nous vivons des âmes sont portées à passées d'une spiritualité à l'autre, ou même à imiter les saints dans des gestes dangereux ( discipline, jeûne, privation de sommeil... ) d'autres, peu averties, s'appliquent des états d'âmes qu'elles voient dans les saints. Prenons comme exemple Sainte Thérèse d'Avila, elle fut soumise par Dieu à une épreuve pénible de distraction... elle n'arrivait jamais à se concentrer dans la prière, ou oraison, toujours distraite par la fondation de ses monastères, cela était pour elle un vrai supplice, et bien, des âmes chez qui la connaissance de leur défaut est défectueuse, s'imaginent que leur distraction sont une épreuve de Dieu tout comme Sainte Thérèse, alors qu'en fait elle en sont souvent les responsables, par leur dissipation et leur attrait pour toutes sortes de futilités.
Certes, tous ne sont point appelés aux mêmes états, ni même en tout aux mêmes moyens spirituels. Mais l'on peut remarquer aussi que toutes les hérésies sortent de mauvaises et entêtées compréhensions et expositions des Saintes Ecritures.

Le "charismatisme" actuel, fils "spirituel" du subjectivisme cartésien et protestant, doit nous porter d'autant plus à nous défier de nos propres inspirations qu'aucune autorité compétente n'est là pour nous éclairer à leur propos et nous aider à en faire le discernement.

Il nous faut donc redoubler de prudence, et nous attacher d'autant plus fortement à ce que l'Eglise a sanctionné, et nous méfier de tout ce qui a odeur de nouveautés, si sublimes puissent en être a priori les apparences.

En outre, plus les Pères et Saints Docteurs étaient près des origines apostoliques, plus ils avaient connaissance de beaucoup de points de la Tradition orale ou en acte qui n'ont point été inscrits dans l'Evangile, qui n'en est qu'un résumé.
Notamment, en ce qui concerne la science d'interprétation de la Sainte Ecriture, mais aussi sur la manière effective de prier, de se comporter, etc..

gabrielle a écrit : La lecture et méditation de l'Évangile et de l'Imitation ( et ce fait tous les jours de la vie) apporte à l'âme une grande connaissance sur elle-même... " Je suis celui qui est tu es celle qui n'est pas". C'est dans ce sens strict qu'il faut entendre ses paroles.

Cette femme d'une grande foi et d'un amour de Dieu extraordinaire, avait ouverte sa maison à notre petit groupe, tous les dimanches ( faute de prêtres) nous nous réunissions et après la "messe sèche" sur sa recommandation nous étudiions les saints Évangiles selon les Pères de l'Église, le saint catéchisme du Concile de Trente et tout ce que le Magistère légitime de l'Église enseignait. Aucune opinion non conforme à la doctrine de l'Église n'était acceptée.

Je vous remercie de m'avoir permise de clarifier ce point, tant par devoir de justice envers sa mémoire, que par devoir filial.
Oui. Ces ultimes précisions confirment le caractère relatif de la déclaration dont il est ici question. Comme je l'avais du reste souligné en plusieurs passages de ma réponse, dont celui-ci :
Abbé Zins a écrit :Car notre connaissance acquise par notre propre expérience est une chose, et celle reçue de l'Eglise, de la Révélation divine, celle de la doctrine infaillible en est une autre.
C'est de cette manière ordinaire que l'Esprit-Saint éclaire habituellement les âmes en y ajoutant certes sa grâce et des lumières particulières, mais qui restent de soi secondaires par rapport à ses organes magistériels : Qui vous écoute, M'écoute. A condition bien sûr, que ce soit des organes légitimes et fidèles.


C'est donc ce que faisait et faisait faire également votre Maman, comme vous le précisez :
gabrielle a écrit : sur sa recommandation nous étudiions les saints Évangiles selon les Pères de l'Église, le saint catéchisme du Concile de Trente et tout ce que le Magistère légitime de l'Église enseignait. Aucune opinion non conforme à la doctrine de l'Église n'était acceptée.
C'est aussi ce qu'a du reste fait Robert en sa sage réponse sur le péril de mort en citant à la fois le droit canon et un de ses commentaires autorisés et l'exemple d'un Saint Martyr !

Tel est aussi un des buts essentiels de ce forum Mi ca El !?
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gabrielle
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Re: Remarques sur la nature de la Vérité

Message par gabrielle »

PAX ET BONUM
Abbé Zins a écrit : Il me semble cependant très réducteur d'imaginer que Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et Sainte Bernadette ne lisaient que l'Evangile ou l'Imitation, même si ceux-ci pouvaient être leur lecture préférée et leur plus habituelle source de méditation.
Voilà, cher M. l'abbé, vous avez trouvez le mot juste, c'est dans ce sens précis, source habituelle de méditation qu'était recommandé la lecture de l'Évangile et de l'Imitation.

Vous avez exprimé en un paragraphe ce que j'essayais de dire en une longue suite de paragraphe......
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