Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption

chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption

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SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
En ce qui concerne la manifestation de l'être divin de Jésus, invisible en lui-même, les évangélistes insistent principalement sur le témoignage de Dieu le Père, qui apparaît comme parlant lui-même du haut du ciel ou qui accrédite le témoignage de Jésus par les faits divins qu'il accomplit en lui et par lui. Ce témoignage du Père, Jésus l'invoque lui-même, car il ne revendique la foi en son propre témoignage humain qu'autant qu'il est accrédité par le témoignage du Père.

Cependant, ce témoignage humain a lui-même acquis le plus haut degré de crédibilité, puisque Jésus l'a scellé de son propre sang ; c'est pour avoir confessé qu'il était le Fils de Dieu qu'il a été mis à mort. Ajoutez que si, en attestant sa divinité, il s'était laissé tromper lui-même ou avait voulu tromper les autres, il n'aurait pu être ce qu'il semblait être évidemment et ce qu'il était reconnu par les fidèles, un être doué d'une sagesse et d'une sainteté éminentes. Quant à la confirmation du témoignage divin que Jésus rend à son être supérieur, il l'attribue lui-même au Saint-Esprit annoncé par lui et qui, en descendant sur la terre, produira une foule d'effets merveilleux tant spirituels que physiques. Saint Jean, en 1:6-8, résume ce triple témoignage, en opposant aux trois témoins du ciel un triple témoignage de la terre, celui de l'eau, du sang et de l'esprit, attestant que Jésus est le Fils de Dieu.

Voy. S. Thomas, Contra Gentiles, iv. 27-38 ; Bellarmin, De Christo, lib. i. ; Franzelin, De Verb. Incarn., thes. ii. et seq.

chartreux
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
Section 170. L'élément humain dans la constitution du Christ, d'après la tradition des quatre premiers siècles.

I. L'ordre dans lequel se succèdent les hérésies christologiques est tout à fait naturel, et la manière dont l'Église fixa les principaux éléments de la constitution du Christ correspond tout à fait à l'ordre interne de ces éléments. Pendant les quatre premiers siècles, ainsi qu'il était naturel, l'hérésie christologique s'attaquait moins au mode de la constitution du Christ, à la manière dont sont réunies ses parties constitutives, qu'à la nature même de ces parties : elle niait, altérait ou mutilait d'une part, la nature et la personnalité divine du Fils de Dieu qui est apparu en Jésus-Christ, et, d'autre part, la nature humaine dans laquelle il est apparu. Ce fut seulement après que le premier point eut été progressivement établi pendant les luttes de l'arianisme, et le second durant les luttes de l'apollinarisme, que le développement dogmatique put appliquer toutes ses forces à la forme de la liaison, et y consacrer de nouveau une période de quatre siècles. Comme nous avons traité de la nature et de la personne divine du Fils de Dieu à propos de la Trinité, nous ne nous occuperons ici que de la nature humaine de Jésus-Christ.

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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
I. 1. Dès les temps apostoliques, les gnostiques, exagérant l'imperfection de la nature jusqu'à lui attribuer une malice radicale, niaient toute société entre l'humanité réelle et le principe céleste en Jésus-Christ. La forme primitive et originaire fut le docétisme de Marcion, qui niait l'être corporel en Jésus-Christ et le réduisait à une pure apparence, à un fantôme. Tandis que la doctrine valentinienne admet un véritable corps en Jésus-Christ, mais un corps céleste, essentiellement différent du corps terrestre des autres hommes.

I. 2. La doctrine arienne qui soutenait que le Verbe remplaçait en Jésus-Christ l'âme humaine, au point de participer à ses imperfections et à ses défauts, principalement à sa capacité de souffrir.
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
I. 3. Vinrent ensuite les apollinaristes, qui, partant de la nature divine du Verbe, soutenaient, dans l'intérêt de la divinité du Christ tout entier, que le Verbe remplaçait l'âme humaine, autant qu'il était possible, sans rabaisser son être divin ; il remplaçait l'âme surtout par son côté spirituel, autrement dit l'âme esprit. Les Ariens rendaient le Verbe consubstantiel à l'âme humaine, tandis que les apollinaristes rendaient l'humanité en Jésus-Christ consubstantielle à sa divinité. Par cette dernière vue, et d'après cette supposition que l'âme humaine était essentiellement et en toute circonstance peccable, inclinée au péché, l'apollinarisme revenait aux erreurs des gnostiques.
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
II. Le docétisme a été surtout combattu par les premiers Pères, saint Ignace, saint Irénée et Tertullien. Les hérésies valentiniennes ont été notamment combattues par saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, et saint Grégoire de Nysse. Voici comment on peut résumer leurs arguments. Si Jésus-Christ n'avait eu qu'une nature humaine apparente et non réelle, 1) c'en serait fait de la crédibilité historique des saintes Écritures ; 2) la vie, la manifestation tout entière de Jésus-Christ, serait une immense imposture dont Dieu lui-même, et Jésus-Christ comme Dieu, se serait servi pour tromper l'humanité ; Jésus-Christ n'aurait été qu'un Dieu apparent et un homme apparent ; 3) Enfin, comme l'Écriture sainte et Jésus-Christ même fondent toute l'économie du salut sur son humanité réelle (cf. 1 Tim. 2:5 et 1 Cor. 15:14), et principalement sur sa mort, qui n'était possible que par son humanité, puis sur sa résurrection, la résurrection elle-même n'eût été qu'une pure apparence et non une réalité.
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
D'autres raisons confortent cette certitude. La nature humaine tombée dans le péché par le premier Adam devait nécessairement être rachetée, et donc assumée, par le second Adam. Les actes d'obéissance et de sacrifice de la passion et de la mort rédemptrices n'ont pu être accomplies que par un être doué d'une vraie âme et d'un vrai corps. L'apollinarisme fut condamné d'abord au concile tenu à Alexandrie en 362 par saint Athanase, dans sa lettre synodale (Hardouin, 1.731). La sentence du pape Damase (contenue dans ses anathématismes, n. 7) est ainsi conçue : "Nous frappons d'anathème ceux qui disent que le Verbe de Dieu a habité dans la chair comme le ferait une âme humaine, rationnelle et intellectuelle ; par ce que le Verbe Divin n'est pas l'âme rationnelle et intellectuelle du corps qu'il habite, mais Il a assumé notre âme intelligible (intelligibilis) et l'a sauvée."
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
III. La parfaite conformité, établie précédemment entre l'humanité de Jésus-Christ et la nôtre, suffit déjà, à elle seule, pour que l'on puisse dire que le Fils de Dieu a pris notre humanité, et que son humanité est consubstantielle à la nôtre, dans le sens d'égalité d'essence. Une des plus fortes preuves que cette communauté de nature ou égalité d'essence consiste en ce que l'humanité de Jésus-Christ provient de la génération et de la naissance d'une mère humaine, de même que cette dernière circonstance fournit un complément essentiel à la notion de communauté de nature, à savoir l'unité de race. Sa consubstantialité avec nous comme homme est analogue à sa consubstantialité, en tant que Dieu, avec le Père éternel, puisqu'elles sont toutes deux fondées sur la génération. C'est justement dans ce sens complet que le concile de Chalcédoine, dans la première partie de sa définition, a placé l'une à côté de l'autre la consubstantialité divine et la consubstantialité humaine, les concevant comme également parfaites.
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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
L'Écriture annonce Jésus-Christ comme la semence de la femme, d'Abraham et de David ; Jésus-Christ même se donne avec prédilection le titre de Fils de l'Homme ; et enfin les Évangélistes et les Apôtres parlent, sous toutes les formes, de son origine humaine. C'est uniquement en vertu de cette unité de race que l'unité corporative et organique de toute la race humaine avec Jésus-Christ, son second et meilleur chef, est le fondement, le garant de la société avec Dieu et de la participation à sa sainteté et à sa gloire. C'est par cette unité de race et par elle seule que la chair de Jésus-Christ, étant un fruit sorti de la chair, devient en sa qualité de chair de sacrifice, un don qui appartient naturellement à la race et que celle-ci offre à Dieu. C'est par elle seule enfin que Jésus-Christ, comme médiateur et prêtre chargé de nous réconcilier, devient le représentant né et parfait de la race devant Dieu.

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption

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SWS, Livre V, II, C1, §170, traduit par le chartreux a écrit :
La consubstantialité du Sauveur avec notre humanité n'est pas détruite par le fait que sa naissance est purement surnaturelle et maternelle au lieu de naturelle par la génération virile : cette naissance a seulement pour effet de le rendre exempt de tous les accidents maladifs et défectueux liés à la génération virile. L'organisation du corps de Jésus-Christ était au moins aussi parfaite que celle de la pure nature du premier homme, sortant immédiatement des mains de Dieu. Le rapport de dépendance qui existe entre le produit et le principe de la génération naturelle et en vertu duquel les membres et les branches qui en proviennent sont coordonnés à la race, est ici restreint et modifié. Mais cela même est nécessaire pour que Jésus-Christ, en qualité de second et meilleur Adam, de second et meilleur chef de toute l'humanité, l'emporte sur Adam notre premier ancêtre. Cf. Pétau, De Incarn., lib. i ; Thomassin, 1. iv., c. i-11.


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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption

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SWS, Livre V, II, C1, §171, traduit par le chartreux a écrit :
Section 171. Position de la nature humaine dans la constitution de Jésus-Christ, telle qu'enseignée par l'Église contre les hérésies des quatre premiers siècles.

Dans les quatre premiers siècles, on s'appliquait surtout à mettre en relief, et à défendre la vérité et l'intégrité des deux natures en Jésus-Christ. Cependant, on ne manquait pas d'occasions non seulement de faire ressortir la réunion unique en son genre de ces deux natures, mais aussi de déterminer le mode de cette réunion. Dans le présent chapitre, nous résumons le développement dogmatico-historique de dogme que "le Fils de Marie et le Fils de Dieu sont une seule et même personne".

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