SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit : En fait, l'union hypostatique d'une personne divine avec la nature humaine est encore beaucoup plus une opération spécifiquement divine que la réunion de l'âme spirituelle avec le corps humain, et celle du Saint-Esprit avec l'esprit créé au moyen de la grâce. Ces unions-là, en effet, ne sont des opérations spécifiquement divines que parce que Dieu est le principe productif unique et immédiat de l'âme spirituelle et de la grâce, ou parce que ces deux produits, tout en étant hors de Dieu, quelque chose de fini, dépendent immédiatement de lui seul quant à leur être. Dans l'union hypostatique, au contraire, il faut que le principe qui les produit puisse disposer non seulement d'un objet fini, mais d'un objet infini, puisqu'il s'agit d'une communication de l'être propre et personnel de Dieu, ou d'une infusion de Dieu même dans l'humanité.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
Il est généralement admis que le Saint-Esprit seul est le principe efficient et le médiateur de l'union, tandis que l'adoption de la nature humaine, qui a lieu dans cette union, ne peut être attribuée qu'au Fils de Dieu. Cependant, la réalisation de l'union, ou « l'action unitive », est indubitablement une action commune à toute la Trinité, de même que toutes les autres opérations de Dieu au-dehors.
Si l'on attribue au Père l' « action unitive » sous le titre de « mission » du Fils dans l'humanité, ce n'est là qu'une simple appropriation ; cela ne signifie point que la mission implique une forme particulière d'opération extérieure propre au Père ; c'est parce que la mission du Fils embrasse l'action unitive qui agit au-dehors et cette action productive par laquelle le Père donne l'être éternel au Fils. Cela signifie donc que le Père, dans la réunion de son Fils avec l'humanité, l'y fait aussi entrer par lui-même.
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SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
La réalisation de l'union, sous tous les rapports, n'est imputée au Saint-Esprit que par appropriation, et l'on exprime le concours des autres personnes en disant que l'action est imputée au Saint-Esprit comme au médiateur de l'acceptation par le Fils, ou à l'exécuteur du dessein, approprié au Père, de l'incarnation du Fils. Cf. S. Thomas, Contra Gentes, lib. iv, cap. xlvi ; et Alex. de Halès, part. III, quaest. xi, très-détaillé.
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SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
II. L'action unitive en Jésus-Christ est, d'une façon toute particulière, unique, l'ouvrage de la grâce et de la prédestination par la grâce. Elle est l'ouvrage de la grâce à un titre spécial, d'abord parce que la grâce d'union est le don le plus précieux que Dieu puisse faire à une créature, ensuite parce que ce don dépasse plus que tout autre les prétentions et les forces de la nature créée ; il serait même contradictoire que l'on put la mériter. Une nature ne peut mériter que par son activité, et pour qu'elle puisse être active, il faut qu'elle subsiste. Or, c'est l'union hypostatique qui donne à la nature sa subsistance. Par contre, cette grâce a cela de caractéristique, qu'en constituant le Christ comme personnel, elle lui communique tous les avantages qu'elle contient, en tant qu'ils reviennent à Jésus-Christ comme à un être personnel, et qu'ils ne viennent pas dehors, mais sont contenus dans sa constitution ; ils deviennent encore plus sa propriété essentielle et naturelle, que les facultés que l'homme a reçues de Dieu ne lui sont essentielles et naturelles.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
La grâce unitive est également d'une façon toute particulière une œuvre de la prédestination par la grâce. Comme toutes les autres œuvres surnaturelles, elle provient d'un conseil miséricordieux par lequel le Seigneur destine, appelle et élève la créature à l'état de perfection surnaturelle : il faut donc l'envisager sous le point de vue général de la prédestination. Ce dessein, toutefois, ne concerne pas une personne créée que Dieu se proposerait d'élever à un état de perfection qui dépasse la dignité naturelle, mais seulement une nature créée.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
Si l'on prend, ainsi qu'on le fait d'ordinaire, pour substratum de la prédestination, un être personnel destiné, appelé et élevé à un état de perfection surnaturel, alors la prédestination de l'homme Jésus-Christ à sa perfection surnaturelle doit se concevoir d'une manière analogue à la prédestination de l'homme à sa perfection naturelle en tant qu'image de Dieu et souverain du monde visible. C'est un dessein par lequel Jésus-Christ est institué dès son origine et avec son origine dans sa perfection surnaturelle, en vertu de sa constitution.
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SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
III. L'action unitive en Jésus-Christ a, vis-à-vis de l'être constitué, engendré par elle le caractère d'un acte générateur. La production de l'homme naturel accomplie de Dieu par l'infusion de l'âme dans le corps revêt en effet, par opposition à la génération, le caractère d'une création, car l'âme infusée n'est pas tirée de la substance de Dieu, mais créée de rien ; d'où il suit que le sujet engendré par elle est aussi quelque chose de créé.
Quant à la communication de la grâce ou du Saint-Esprit, elle représente bien, il est vrai, une certaine génération tirée de Dieu, et on l'appelle réellement ainsi, en ce qu'elle transmet une vie divine ou semblable à la vie divine par une sorte de communication de la substance de Dieu. Cependant, elle n'a pas davantage le caractère d'une action générative dans le sens rigoureux du mot, car la substance divine communiquée n'est pas changée ici en la constitution substantielle d'un être qui sera engendré par cette communication ; elle ne nous approprie pas la nature et la vie de Dieu dans leur substance même et leur essence, et par conséquent n'entraîne pas une ressemblance absolue de la nature.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
En Jésus-Christ, au contraire, l'action unitive a essentiellement pour tendance, d'une part, d'unir, au substratum créé, non plus une substance créée, mais la propre substance de Dieu, et de lui approprier la nature divine. C'est donc une action vraiment générative. En cette qualité, l'action unitive a la plus étroite parenté avec la génération éternelle du Verbe en elle-même, sans que ces deux notions se confondent ou que le nom de génération ait le même sens dans les deux cas.
Le Verbe, en soi, est engendré de Dieu dans la génération éternelle, en ce qu'il sort de Dieu et en Dieu selon toute sa substance, de la même manière que le fruit d'une plante sort tout entier de la plante et dans la plante. Or, Jésus-Christ, ainsi que son nom l'indique, est engendré de Dieu dans l'union active, en ce qu'il est constitué par l'infusion de la substance divine du Verbe dans la substance de la chair distincte de cette substance, ou par la réunion substantielle de la première avec la seconde, de même qu'une plante est produite par la réunion de la semence avec la terre.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §179, traduit par le chartreux a écrit :
Cependant, comme l'action unitive peut être appelée une génération par Dieu et de Dieu, non pas sans doute en ce qui concerne l'humanité du Christ, mais en ce qui concerne l'homme Jésus, on ne saurait l'appeler proprement une seconde génération de la personne du Christ. Il faut l'envisager au contraire comme étant organiquement unie à la génération éternelle, et c'est aussi dans cette liaison qu'elle se présente d'elle-même, comme on le verra de suite.
Le Fils de Dieu existant de toute éternité dans le sein du Père en vertu de cette génération se révèle au-dehors par l'action unitive ; les deux actions se complètent donc, sous le point de vue de la sortie de Dieu, par la notion de mission du Fils de Dieu au-dehors ; ou bien sous le point de vue de production, par la notion de naissance extérieure (partus) du Fils engendré dans le sein du Père. Cf. S. Thomas, IIIa, q. 24.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C2, §180, traduit par le chartreux a écrit :
Section 180. L'origine surnaturelle de l'humanité de Jésus-Christ : elle vient de la Vierge Marie par le Saint-Esprit.
I. La doctrine dogmatique indique que le Saint-Esprit a formé la chair de Jésus-Christ dans le sein de la Vierge Marie, et de telle sorte que Jésus-Christ selon son humanité est vraiment engendré et né de Marie. C'est ainsi que, d'après les symboles, l'action divine du Saint-Esprit et l'action maternelle de Marie apparaissent l'une à côté de l'autre et l'une dans l'autre ; Marie se présente comme un principe de l'humanité du Christ ou du Christ selon son humanité, subordonné au Saint-Esprit, influencé par lui (natus de Spiritu sancto ex Maria Virgine) et agissant en société avec lui (natus ex Spiritu sancto et Maria Virgine).
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