Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

"La grappe d’Éphraïm ne vaut-elle pas mieux que les vendanges d’Abiézer ?" – Cette réponse de Gédéon fait entendre, que dans le combat spirituel, la qualité est préférable à la quantité. Mieux valent des résolutions énergiques contre tel ou tel prince de l’armée ennemi, c’est-à-dire contre tel ou tel défaut dominant, que de multiples pratiques de piété, ou velléités de conversion. Mieux vaut couper la tête à Oreb et à Zeb, c’est-à-dire au corbeau et au loup, que de frapper au petit bonheur les adversaires qui se présentent. C’est pourquoi saint Paul disait : Je combats, mais non pas comme battant l’air. (I Cor., IX, 26.)
Les serviteurs du monde se donnent avec une légèreté incroyable aux ambitieux et aux aventuriers, qui ne reculent devant aucun moyen pour arriver à leurs fins. Ils sont, comme la ronce, tout pleins des épines de leur nature immortifiée, et l’on voit sortir d’eux, à tout-propos, le feu de la colère, de l’impatience, de la rancune de la fureur, etc…
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

Le sacrifice de la fille de Jephté (P. 135-775)

Jephté s’inspira sans aucun doute de l’exemple des Chananéens, chez lesquels de tels sacrifices humains – l’Écriture en témoigne – étaient devenus d’usage courant. Et ceci montre avec quelle facilité les Juifs, même quand ils étaient gens de bien, se laissaient contaminer par les pratiques les plus abominables des idolâtres leurs voisins. (P. 140-780)
Apprenons à observer soigneusement les vœux que nous faisons à Dieu, ou les engagements que nous prenons devant lui. Lorsque nous sommes pressés par la nécessité, par l’angoisse, par la crainte, nous sommes tout prêts, comme Jephté, à promettre n’importe quoi. Mais quand ensuite, nous avons obtenu ce que nous désirions, ou évité ce que nous redoutions, nous n’avons plus aucune envie de nous exécuter, et nous nous empressons d’aller trouver quelque « prêtre Pinhas », qui nous relèvera de notre engagement, à moins que nous ne laissions complètement tomber celui-ci.

L’exemple de Jephté nous fait entendre que nous devrions être prêts au contraire à tout sacrifier, plutôt que de manquer de parole au Dieu qui nous a exaucés. (P.145-785)
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

SAMSON
Au sens moral, Elcana, père de Samuel, représente l’homme juste ; il est viril parce qu’il pratique les vertus, au lieu d’obéir à la faiblesse de la chair ; il est un, parce qu’il a concentré tout son désir, toute sa puissance affective sur un seul objet : Dieu. Il a deux épouses : la vie active, et la vie contemplative ; la première est féconde, elle produit beaucoup de bonnes œuvres, elle enfante nombre d’âmes à la vie éternelle ; la seconde au contraire est stérile : parce que la vie contemplative fait attendre longtemps les joies intérieures. Il faut que l’âme passe par de multiples purifications, avant d’atteindre à la transparence nécessaire pour percevoir la divine lumière. Elle est réduite d’abord à la componction. C’est pourquoi Anne se lamente et pleure, mais ne voit rien venir : ses larmes sont la seule part qu’elle reçoit. Phénenna l’abreuve de critiques et de menus outrages, parce que la vie active est toujours tentée de reprocher à la vie contemplative sa stérilité : au lieu de rester à ne rien faire, ne vaudrait-il pas mieux travailler, et se dépenser comme elle le fait elle-même ?
Comme Isaac, comme Jacob, Samson est né d’une mère stérile, c’est-à-dire d’une femme, qui, normalement, ne devait pas avoir d’enfant. En cela, il est la figure du Sauveur qui naîtra, lui aussi, contre toutes les lois ordinaires, d’une femme vouée par état à ne pas enfanter, puisqu’elle sera la Vierge par excellence. La stérilité est d’ailleurs, dans l’Ancien Testament, la figure de la virginité. Samson est Nazaréen, c’est-à-dire : consacré à Dieu, dès le sein de sa mère, comme le Christ, qui sera le Saint, le Consacré, le Nazaréen par excellence, dès le sein de la Bienheureuse Vierge Marie.

Les ordres que donne le premier à la mère de Samson : Ne pas boire de vin ni de liqueur fermentée ; ne rien manger d’impur, sont destinés à lui faire imiter, avant la lettre, la sévère abstinence que s’imposera la mère de Jésus : car celle-ci se gardera minutieusement de tout ce qui peut exciter ou dilater les sens, de tout ce qui peut souiller si peu que ce soit l’âme ou le corps, pour être digne d’enfanter le Saint de Dieu.
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

Les Philistins étaient des Chamites, mais non pas des Chananéens, et ils avaient une civilisation plus avancée que la plupart de ceux-ci. D’après la table des peuples qu’a dressée l’auteur de la Genèse, ils descendaient de Mesraïm, second fils de Cham.


Dalila est une figure de la Synagogue, qui s’est comportée toujours, elle aussi, en vraie courtisane : richement parée au-dehors de l’éclat que lui donnent la Révélation dont elle est dépositaire, la grandeur de son culte, la noblesse de sa vocation, elle ne possède au-dedans qu’un cœur sans amour, rempli de duplicité et d’hypocrisie. Pendant toute la mission du Christ, elle vit avec lui dans une étroite intimité, elle jouit constamment de ses entretiens, elle est au premier plan de sa sollicitude et de ses attentions. Elle l’écoute longuement, elle l’interroge, elle feint d’éprouver pour lui la plus grande admiration ; elle le flatte : « Maître, lui dit-elle, nous savons que vous enseignez la vérité et que vous ne faites point acception de personnes ». Elle le presse de lui révéler sa
vraie nature… Comment ne pas rapprocher la question posée par Dalla à Samson : « Dis-moi donc, je t’en prie, le secret de ta force » de celle que les princes des prêtres poseront à Jésus : « Dites-nous donc par quelle puissance, vous faites ces choses ?
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

« Hercule, dit D. Calmet, n’est que Samson travesti. (Sa) force extraordinaire, le lion qu’il étouffa, la servitude où il fut réduit chez le roi Eurysthée, et les travaux qu’il fut obligé de supporter pour s’en délivrer, ne nous rappellent-ils pas l’image de Samson, avec sa force prodigieuse, qui déchire un lion avec ses mains, qui est livré aux Philistins, et qui endure chez eux tout ce
que l’esclavage a de plus dur et de plus humiliant ? L’infâme complaisance de Samson pour Dalila, et celle d’Hercule pour Omphale ; les deux colonnes d’Hercule et celles de Samson, qui furent à l’un et à l’autre la fin de leurs travaux, tout cela peut-il se rencontrer si juste, sans dessein et sans préméditation ? Le nom d’Hercule signifie : soleil, selon Macrobe, aussi bien que celui de Samson. Hercule ne se servit jamais d’épée, ni d’armure complète ; nous ne lisons pas non plus que Samson en ait jamais porté »
Si Dalila représente la Synagogue au sens allégorique, elle représente aussi, au sens moral, en chacun de nous, la chair qui se fait la complice des Philistins, c’est-à-dire des démons, ces ennemis acharnés de notre âme. Son nom signifie en hébreu : seau, parce qu’elle est remplie de l’eau de la concupiscence. Samson, lui, personnifie l’esprit, ou la raison, qui devrait être notre soleil, et éclairer tout ce que nous faisons : mais trop souvent il se laisse circonvenir par Dalila, par la chair, qui convoite toujours contre lui. Il n’a pas le courage de lui résister dès le principe, il écoute avec complaisance ses sollicitations, et il finit par céder. Elle connaît ses faiblesses. Elle le flatte doucement ; peu à peu, elle l’enchaîne et le paralyse avec sept liens qui sont :

les regards trop libres,
les paroles furtives,
le toucher,
les relations fréquentes,
le consentement intérieur,
l’acte coupable,
l’habitude du péché.

Elle lui coupe les cheveux, quand elle lui enlève le goût de la lecture, et celui de l’oraison, l’habitude des pensées saintes. Elle le livre aux démons, qui lui arrachent les deux yeux, avec lesquels il se guidait dans les voies de Dieu, et qui sont la mémoire et l’intelligence. Dès lors il ne se soucie plus ni de la Loi divine, ni de ses fins dernières ; il ne réfléchit jamais qu’il doit mourir un jour, et il suit en aveugle ses bas instincts. Alors le démon le met à la meule, c’est-à-dire : le fait tourner comme une bête dans le circuit sans fin des occupations terrestres, lui répétant avec le prophète Isaïe : « Tolle molam et mole farinam. Prends la meule et mouds la farine »
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

SAMUEL
L’histoire du grand-prêtre Héli montre à quel châtiment s’exposent ceux qui, ayant l’autorité en main, ne pratiquent pas avec la fermeté nécessaire le devoir de la correction fraternelle. C’est pourquoi saint Benoît évoque cet exemple dans sa Règle, comme un grave avertissement à l’adresse des Supérieurs qui ne veillent pas au maintien de l’observance, font semblant de ne pas voir les désordres, et ne détruisent pas les germes de scandale, dès que ceux-ci se manifestent. La leçon vaut aussi sans aucun doute pour les parents trop faibles. Héli était cependant un digne prêtre, de mœurs honnêtes et exerçant convenablement son ministère. Mais il n’eut pas le courage de corriger ses fils comme ceux-ci le méritaient. À cause de cela, les plus terribles châtiments s’abattirent sur sa tête, sur l’ensemble de sa famille, et sur tout le peuple d’Israël. De même que ceux qui corrigent les fautes sont dignes de bénédictions ; au contraire, ceux qui flattent les pécheurs, s’exposent à la malédiction. Comme le dit le Prophète : Maudit soit celui qui empêche son glaive de verser le sang.
Ils doivent ordonner tout ce qu’ils font selon la loi de Dieu ; car ce n’est pas notre raison qui est la règle du bien et du mal, qui détermine ce qui est permis et ce qui est défendu : c’est la Volonté de notre Créateur.
L’exemple de Samuel montre les avantages que le peuple chrétien retire de la présence au-dessus de lui d’un vrai pasteur : c’est en effet une chose infiniment précieuse que d’avoir des justes à sa tête, dit l’Écriture, tandis que le gouvernement des impies est la ruine des hommes.
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

Le roi des Amalécites, Agag, fut pris et tomba vivant entre leurs mains : mais la noble allure et la prestance de ce prince firent tant d’impression sur Saül qu’il crut de son devoir de l’épargner. Peut-être faut-il ajouter à ce sentiment une raison plus prosaïque, et admettre avec certains commentateurs qu’il espérait en tirer une bonne rançon. En tout cas, il usa, pour son malheur, d’une clémence qui ne lui était pas permise. C’est par une sotte compassion, dit l’Écriture, que l’homme épargne l’homme que Dieu a dit de ne pas épargner, comme si l’homme savait mieux ce qu’il convient de faire de l’homme, que celui qui a fait l’homme.
13 Samuel se rendit vers Saül, et Saül lui dit : « Sois béni de l'Eternel ! J'ai accompli la parole de l'Eternel. » 14 Samuel dit : « Qu'est-ce donc que ce bêlement de brebis qui parvient à mes oreilles et ce mugissement de bœufs que j'entends ? »15 Saül répondit : « Ils les ont amenés de chez les Amalécites, parce que le peuple a épargné les meilleures brebis et les meilleurs bœufs afin de les offrir en sacrifice à l'Eternel, ton Dieu. Le reste, nous l'avons voué à la destruction. » 16 Samuel dit à Saül : « Arrête ! Je vais te révéler ce que l'Eternel m'a dit cette nuit. » Saül lui dit : « Parle ! » 17 Samuel dit : « Alors que tu étais petit à tes propres yeux, n'es-tu pas devenu le chef des tribus d'Israël et l'Eternel ne t'a-t-il pas désigné par onction pour que tu sois roi sur Israël ? 18 L'Eternel t'avait envoyé en disant : ‘Va vouer à la destruction ces pécheurs que sont les Amalécites. Tu leur feras la guerre jusqu'à ce que tu les aies exterminés.’ 19 Pourquoi n'as-tu pas écouté l'Eternel ? Pourquoi t'es-tu jeté sur le butin et as-tu fait ce qu’il désapprouve ? » 20 Saül répondit à Samuel : « J'ai écouté l'Eternel et j'ai suivi la voie où il m'envoyait. J'ai ramené Agag, le roi d'Amalek, et j'ai voué les Amalécites à la destruction. 21 Mais le peuple a pris sur le butin les meilleures brebis et les meilleurs bœufs qui devaient être consacrés, afin de les offrir en sacrifice à l'Eternel, ton Dieu, à Guilgal.» 22 Samuel dit : « L'Eternel trouve-t-il autant de plaisir dans les holocaustes et les sacrifices que dans l'obéissance à sa voix ? Non, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices et l'écoute attentive vaut mieux que la graisse des béliers. 23 Oui, la révolte est aussi coupable que la divination, et la résistance au Seigneur est aussi fautive que le recours aux théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l'Eternel, il te rejette lui aussi comme roi. » 24 Alors Saül dit à Samuel : « J'ai péché, car j'ai enfreint l'ordre de l'Eternel et tes paroles. J’ai eu peur du peuple et je l'ai écouté.
En demandant à Samuel de l’honorer devant le peuple, Saül montrait clairement qu’il agissait, non sous la pression du repentir, mais uniquement par orgueil et pour sauver sa couronne. Il craignait de perdre l’estime et le respect de ses sujets. « À quoi te servira cet honneur, malheureux ? lui demande saint Bernard. Ainsi c’était là toute ta supplication : « J’ai péché, prie le Seigneur pour moi ! » En vérité, il a eu bien raison de ne pas te pardonner, celui qui lisait dans ton cœur ; il ne pouvait se laisser toucher par une supplication hypocrite ! » David au contraire, quand Nathan lui reprochera son crime, aura à peine prononcé le même mot : « J’ai péché », que Dieu lui pardonnera instantanément, parce qu’il verra la sincérité de sa contrition. (P.76-936)
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

DAVID
Dès que Saül vit le jeune homme, il fut séduit par la grâce qui émanait de sa personne ; il se prit d’affection pour lui, et se l’attacha en qualité d’écuyer. David fut donc admis à vivre dans l’entourage immédiat du souverain. Et toutes les fois que le mauvais esprit se saisissait de Saül, il prenait sa harpe et en touchait les cordes. Et Saül était soulagé, et il se trouvait mieux, car l’esprit malin se retirait de lui. Ce trait nous laisse deviner déjà la haute piété de notre héros. Au lieu d’imiter les bergers ordinaires qui, sur leurs flûtes ou leurs cornemuses, jouent des rengaines ou des chansons d’amour, David enfant s’exerçait déjà à improviser et à chanter des hymnes au Seigneur. Il préludait ainsi à son rôle de Prophète royal, à la composition de ces Psaumes qu’aujourd’hui encore, après tant de siècles, nous ne nous lassons pas de redire, et qui font de lui, sans conteste, le plus grand poète de tous les temps.
En même temps, ce trait nous montre l’action puissante des Psaumes sur le prince des ténèbres. Dans ces textes sacrés, il y a en effet des paroles et des allusions qui, à notre insu, sont intolérables pour son orgueil et il ne peut les entendre, et elles le contraignent, pour ainsi dire, à laisser la place. C’est pourquoi l’Église n’a pas trouvé de défense plus efficace pour se protéger contre ses attaques, que de s’entourer du rideau d’une Psalmodie continuelle. « Sur tes murailles, Jérusalem, lui dit le Prophète, j’ai établi des gardes : le jour et la nuit, ils ne cessent de louer le nom du Seigneur ». Ces gardes, ce sont les moines et les moniales qui se relaient sans cesse pour assurer la célébration de l’Office divin.
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

GOLIATH
Le Christ cependant ne dissimule pas sa certitude de détruire l’empire du démon, comme David annonça qu’il tenait le Philistin : « Maintenant, affirme-t-il, le prince de ce monde sera jeté dehors ». Pour ce combat, il s’est d’abord revêtu des armes de Saül, c’est-à-dire de l’armure d’observances légales, s’astreignant lui-même à la circoncision et à tous les rites de la loi mosaïque, nous montrant par là avec quel respect nous devons nous soumettre aux moindres prescriptions de l’Église, même quand nous n’en comprenons pas l’utilité. Mais c’était là un joug trop rigide pour Celui qui est venu apprendre aux hommes à servir Dieu avec un cœur d’enfant.
Il prend cinq pierres, parce que ces divines paroles redisent continuellement cinq choses : les châtiments qui attendent les pécheurs, les récompenses promises à ceux qui sont fidèles, l’amour de Dieu pour les hommes, les exemples que nous devons imiter, et une exhortation constante à la prière. Dès que l’âme voit Goliath, ou l’orgueil s’approcher d’elle, qu’elle saisisse au hasard une de ces pierres, qu’elle l’envoie avec toute la force dont elle est capable, et la pensée impie sera réduite à néant.
Doumé
Messages : 211
Inscription : jeu. 13 avr. 2023 12:58
Localisation : Fréjus

Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon

Message par Doumé »

On remarquera le ton hostile de cette expression, le fils de Jessé, pour désigner son propre gendre. Beaucoup de gens, dit saint Chrysostome, ne se résignent point à désigner leurs ennemis uniquement et simplement par leurs noms, il faut qu’ils y ajoutent des termes de violent reproche : le scélérat, le fou, l’insensé, l’idiot, le coquin, et mille autre termes pareils dont ils
entremêlent leurs propos quand ils parlent de leurs ennemis. L’excès de son animosité lui défendait d’appeler notre saint par son nom. C’est ainsi que dans une fête, comme il le cherchait, il demanda : Où est le fils de Jessé ? – S’il l’appela de la sorte, c’est d’un côté parce que le nom de David lui faisait horreur ; de l’autre, parce qu’il espérait nuire à la gloire du juste en rappelant qu’il était le fils d’un homme obscur : ignorant que ce qui fait la gloire et la renommée, ce n’est pas l’éclat de la naissance, mais la vertu. (P. 103-963)
Jusqu’où peut aller la corruption de l’esprit des hommes... Tant que la médiocrité de leur condition les empêche d’être en mesure de faire le mal auquel leur inclination les porte, ils paraissent doux, modérés, et témoignent de l’amour pour la justice ; ils donnent l’impression même d’être pieux, et de se souvenir que Dieu, qui est présent partout, considère toutes nos actions et pénètre toutes nos pensées. Mais une fois investis de l’autorité et de la puissance, ils font voir que ces sentiments n’étaient pas dans leur cœur.
Il fait régner l’hypocrite, à cause des péchés du peuple. (Job, XXXIV, 30)
Répondre

Revenir à « Questions et réflexions théologiques, philosophiques et morales »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Bing [Bot] et 0 invité