SWS, Livre V, II, C3, A, §183, traduit par le chartreux a écrit :
V. Pour conclure, on peut résumer ainsi toute la doctrine du dédoublement de la gloire et du pouvoir de Dieu : toute la gloire et tout le pouvoir qui, en vertu de la génération éternelle, est transmis au Fils par le Père, sont également transmis par le Verbe à l'homme Jésus-Christ ; ainsi le Christ est héritier du Règne divin en tant que Fils de Dieu, et il donne la vie surnaturelle, en tant que co-possesseur du Saint-Esprit.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
Section 184. L'homme Jésus-Christ en tant qu'objet de culte de latrie.
I. Le rejaillissement de la gloire de Dieu sur le Christ apparaît très-nettement dans son adorabilité, c'est-à-dire le droit d'être adoré comme Dieu seul est adoré. Étant admis que l'humanité du Christ forme un seul être personnel avec le Verbe (cet être est le Christ, ou encore le Verbe incarné), il suit de là que cet être unique a le droit de recevoir un culte de latrie au même titre que le Verbe lui-même. Autrement dit, le Verbe est tout aussi adorable en tant que Verbe incarné qu'en tant que Verbe simple. Il peut être adoré avec et en son humanité ; et de même, cette humanité est elle-même adorable dans la mesure où c'est l'humanité du Christ, la chair du Verbe, c'est-à-dire la composante physique d'un être adorable en vertu de son principe formel.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
II. L'adorabilité de l'homme Jésus-Christ était si fermement établie dans l'Église des premiers siècles, que même Nestorius n'a pas osé la nier ; et les eutychiens et apollinaristes en ont même tiré des arguments en faveur de leurs hérésies. Le concile d'Éphèse a défini contre Nestorius que l'homme Jésus-Christ (assumptus homo) est adoré avec le Verbe (una adoratione) ; c'est-à-dire non pas comme un objet distinct d'adoration, mais comme un avec le Verbe incarné (anathème viii).
Le neuvième canon du Cinquième Concile général est dirigé contre les apollinaristes et eutychiens. La chair ou humanité du Verbe incarné doit être adorée avec ce Verbe, non par ce qu'elle serait d'essence ou de nature divine, ou qu'elle serait changée en la nature divine, mais par ce qu'elle appartient à la personne adorable du Verbe. L'Écriture relate fréquemment des actes d'adoration adressés au Christ, qui à chaque fois sont plus ou moins explicitement associé à une profession de foi que l'adoré est Fils de Dieu et Seigneur en un sens absolu. Le droit à l'adoration est déclaré formellement en Jean 5:23 : "Afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père" et en Phil. 2:9-11 : "C’est pourquoi Dieu l’a exalté, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, 10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse (...) 11 et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père". Pour un exposé de la position des Pères sur ce point, cf. Pétau, lib. xv, cc. 1-4 et Thomassin, lib. xi, cc. 1-3.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
III. Cette adoration du Christ avec son humanité peut être conçue (et par conséquence pratiquée) de deux manières différentes. On peut premièrement concevoir le Verbe incarné comme subsistant en sa Nature divine, conjointement avec les autres personnes divines et acceptant donc d'être adoré par sa Volonté divine. Son humanité n'est alors incluse dans l'adoration seulement en vertu de sa connexion substantielle à Lui. À ce point de vue, l'adoration de l'humanité du Christ est semblable à l'adoration relative que l'on montre envers un objet quelconque, uniquement en raison de sa forte proximité à une personne digne d'adoration. Avec néanmoins cette différence essentielle que dans le Christ, cette proximité, cette relation est personnelle : son humanité est incluse dans sa Personnalité divine.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
On peut deuxièmement concevoir le Verbe incarné comme subsistant en la nature humaine, comme l'Homme qui reçoit toute sa personnalité du Verbe, et qui alors en un certain sens est adoré à côté de Dieu, et qui accepte cette adoration par sa volonté humaine. Ce point de vue souligne particulièrement que le Christ est Seigneur, Saint, et Maître de la Vie ; et que le rejaillissement de la grandeur divine sur Lui est la raison et le motif de son adorabilité. L'adoration sous cette forme est tout autant un culte de latrie que sous la première forme, puisque le motif ultime reste toujours l'excellence divine de son principe personnel, et par ce que ce principe est inclus dans l'objet de l'adoration.
La première de ces deux formes d'adoration sert surtout à expliquer et justifier l'inclusion de l'humanité du Christ dans l'adoration du Verbe ; la deuxième est plus communément admise et pratiquée.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
IV. L'humanité du Christ est adorable en elle-même, mais pas pour elle-même ; autrement dit, c'est un objet matériel et non formel d'adoration. Elle est adorable en elle-même, par ce que l'acte par lequel le Verbe lui confère sa propre Personnalité est éminemment intrinsèque, tout comme l'acte d'une forme substantielle sur son substrat : le Verbe subsiste en la nature humaine, et lui communique son adorabilité tout autant que sa divinité. Il serait donc inexact de dire la raison de l'adorabilité de l'humanité du Christ est quelque chose qui lui est extrinsèque ou en dehors de la nature humaine, ou qu'elle lui serait médianement intrinsèque, comme la sagesse de l'âme est médianement intrinsèque au corps. Malgré tout cela, l'humanité du Christ ne peut jamais être adorée seule (ce serait de l'idolâtrie), mais toujours en tant que partie du composé théandrique. L'Église définit qu'il n'y a qu'un seul type d'adoration de la chair du Christ qui est licite, c'est l'adoration "du Verbe incarné avec sa chair".
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
V. L'humanité du Christ tire son droit aux honneurs divins de son principe personnel, et possède également à plus forte raison cette vénération moindre que l'on pratique envers les saints en raison de leur sainteté : cette perfection que la grâce confère aux saints est possédée à un bien plus haut degré et de façon bien plus intime par cette nature qui a reçu la Personnalité divine du Verbe. Ainsi, même considérée isolément du Verbe, autrement dit considérée en dehors de sa personnalité, l'humanité du Christ serait encore une chose digne de vénération en raison de sa perfection propre.
Cette vénération doit cependant se limiter à des actes d'admiration et de louange : tout ce qui est adoration au sens propre, comme la soumission de l'adorateur à l'adoré, ne peut être adressé qu'à un être personnel. En termes grecs, le type d'adoration dénommé dulia ou plus exactement hyperdulia offert au Christ est nécessairement relié au culte de latrie. Quelle que soit la forme prise par cette adoration, elle s'adresse toujours à la personne divine, en qui les excellences créées sont toujours des raisons subordonnées et secondaires, qui ne peuvent être coupées de leur racine divine.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
VI. Le Christ ne peut pas s'adorer lui-même en tant qu'homme, pas plus que Dieu ne peut s'adorer Lui-même. La raison en est que l'adoration soumise ne peut exister que là où il y a une distinction au moins relative entre l'adorateur et l'adoré. Le Christ peut en revanche s'adorer en tant que Dieu en union avec le Père, par ce qu'il possède une seconde nature subordonnée à sa nature divine et première. Sa dignité personnelle, qui est égale à celle de Dieu, lui permet de rendre à Dieu un culte d'une valeur infinie. De plus, cette adoration est adorable à son tour, dans la mesure où un acte peut être adoré, par ce que cet acte a une valeur infinie. L' "agneau égorgé", le Christ crucifié, sont proposés à notre adoration en raison de la valeur infinie de ces actes sacrificiels.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
VII. L'humanité sacrée du Christ a droit à l'adoration dans toutes ses parties aussi bien que dans sa divinité, puisque chaque partie est ointe par la divinité. Alors, si telle ou telle raison suggère qu'une partie déterminée mérite une dévotion particulière, cette dévotion devra donc être un culte de latrie. Tel est le cas des organes du corps du Christ qui ont été des instruments importants dans le grand sacrifice du Christ pour notre rédemption.
Ces organes sont associés dans notre esprit à la sublime sainteté de la Victime, et à l'immense charité qui lui a fait se sacrifier ; les contempler est un excellent moyen d'exciter notre admiration, notre gratitude, contrition et amour. C'est pour cette raison que l'Église propose à notre adoration les pieds, les mains, le côté percés de NS, organes qui portent la marque visible de sa souffrance sacrificielle ; ainsi que son Sacré-Cœur, siège de ses souffrances les plus intimes et les plus dures.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §184, traduit par le chartreux a écrit :
D'autres motifs invitent à l'adoration du cœur du Christ ; c'est la source du sang qui a coulé par les plaies extérieures, et il a été percé afin d'en tirer la dernière goutte. Le cœur est donc à la fois le centre, la partie la plus noble et intrinsèque de la victime du sacrifice du Christ, et c'est aussi en même temps l'autel sur lequel le sacrifice a été accompli. Le cœur est le siège matériel des souffrances spirituelles et de l'amour qui a produit ces souffrances ; le cœur prend sur lui toutes les souffrances extérieures ; il n'est pas le principe de l'amour et de la souffrance, mais il est l'intermédiaire par lequel l'amour se manifeste directement et sensiblement dans le corps humain.
Le cœur est aussi l'autel sur lequel le sacrifice est brulé, et le siège vivant des dispositions aimantes qui conduisent le sacrificateur à remplir son office. En un mot, le Sacré-Cœur est le plus parfait symbole de l'amour sacrificiel du Christ, et il est un objet d'adoration par ce que l'Amour qu'il symbolise réside substantiellement en lui. Cf. S. Thomas, IIIa q. 5, et Franzelin, thèse xlv.
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité