SWS, Livre V, IV, §214 traduit par le chartreux a écrit :
La doctrine de son exemption complète de péché actuel est confirmée par le concile de Trente (session 6 canon 23) : "Si quelqu'un dit que l'homme une fois justifié ne peut plus pécher ni perdre la grâce, et que donc celui qui tombe et pèche n'a jamais été vraiment justifié : ou, au contraire, qu'il peut dans toute sa vie éviter tous les péchés, même véniels, à moins que ce soit par un privilège spécial de Dieu, comme l’Église le tient au sujet de la bienheureuse Vierge : qu'il soit anathème". Certains théologiens font un pas de plus et tiennent que Marie était "impeccable" c'est-à-dire incapable de péché, non pas certes par une perfection essentielle de sa nature comme chez le Christ, mais par un privilège divin spécial pour l'assimiler le plus possible à son Fils.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
Section 215. La mort de Marie, son incorruptibilité et son assomption au Ciel.
I. Il y a deux méthodes possibles pour étudier la fin de la vie de Marie sur la terre : l'historique et la théologique. La mort, la non-corruption du corps et la résurrection sont des faits observables par des témoins oculaires, et donc affaire d'histoire et de tradition. Mais dans le cas de la très-sainte Vierge, comme dans le cas de notre Seigneur, ces mêmes faits peuvent aussi être vus sous l'angle théologique. Le concile du Vatican ayant été tenu pour, entre autres, définir l'assomption corporelle de Marie au ciel, il y a maintenant une vaste littérature, historique et théologique, sur la question.
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SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
Le résultat des recherches historiques s'est avéré peu satisfaisant pour les tenants de la thèse traditionnelle : il n'y a pas de témoignage contemporain ou de témoignage reliant des traditions postérieures à des faits contemporains. La croyance actuelle à l'assomption de Marie au Ciel ne peut être démontrée à partir des seules sources historiques. Cependant, cette croyance est fondée sur des bases théologiques si solides que beaucoup de théologiens estiment que le temps d'une définition dogmatique est venu. "Marie a-t-elle connu le lot commun de l'humanité en sa vie corporelle, ou bien a-t-elle participé aux privilèges de son Fils en sa vie corporelle comme en sa vie spirituelle ?" Telle est la question que la théologie doit résoudre.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
II. Que Marie a connu la mort est universellement admis dans l'Église. Et pourtant, sa mort est moins certaine que sa glorification. Celle-ci peut en effet être démontrée positivement à partir de la Révélation, tandis que celle-là ne trouve pas de preuve convaincante ni dans l'histoire ni dans la Révélation. Il est révélé en effet que la loi de mort ne concerne que l'humanité déchue ; Marie étant exempte du péché originel, elle était donc exempte aussi de son châtiment principal, la mort. Sa mort ne peut pas non plus être déduite de sa nature mortelle, parce que dans son cas, les droits de la surnature priment sur ceux de la nature. Tel aurait aussi été le cas d'Adam s'il n'avait pas péché.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
On peut considérer que la maternité divine de Marie lui donne droite à une vie qui ne soit pas coupée par la mort ; mais comme elle est aussi la mère de Celui qui est mort pour nous, il était approprié qu'elle meure aussi, de peur que sa nature humaine et celle de son Fils paraissent irréelles, ou que la Mère paraisse plus privilégiée que le Fils. Marie est donc morte par ce que Jésus est mort ; mais sa mort ne s'est pas nécessairement faite dans la violence — puisque cette mort n'était ni une expiation, ni un châtiment, ni l'effet d'une maladie, dont elle était exempte, tout comme Jésus. Depuis le Moyen Âge, l'opinion la plus courante est qu'elle est morte d'amour, son grand désir d'être unie à son fils dissolvant le lien entre son âme et son corps, ou bien conduisant Dieu à dissoudre ce lien. Sa "mort" est ainsi un sacrifice d'amour qui complète le sacrifice de sa vie ; c'est une mort dans le baiser du Seigneur (in osculo Domini), celle dont les justes meurent.
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SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
III. La mort n'est pas un mal dégradant en elle-même ; elle est même considérée comme digne d'éloges en certaines circonstances. La corruption du corps est en revanche toujours associée à des idées de déshonneur : même dans le corps d'un saint, elle est considérée comme le résultat de la malédiction de Dieu sur le péché. La corruption du corps est donc incompatible avec la dignité et la position de Marie. Le corps de la Mère du Christ et de l'Épouse du Saint-Esprit ne saurait être sujet à une vile corruption.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
À la Vierge qui a conçu sans connaître l'homme, qui a donné naissance sans lésion, dont la chair sans concupiscence a entouré la divinité, on peut appliquer les paroles du Psalmiste : "Car vous n’abandonnerez pas mon âme dans l’enfer, et vous ne souffrirez pas que votre saint voie la corruption" (Ps. 15:10). Les Pères associent souvent la non-corruption de Marie après sa mort à son intégrité virginale pendant sa vie, ce qu'aucun théologien ne conteste. L'incorruptibilité de Marie est si certaine théologiquement qu'elle peut servir d'argument à sa résurrection rapide.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
IV. Un corps sans vie, si exempt de toute corruption soit-il, n'en est pas moins sous le règne de la mort. Si, donc, on admet que le corps intact de Marie a passé par la mort sans être soumis à sa loi, la séparation du corps d'avec l'âme n'a certainement duré que peu de temps. Les paroles du Psalmiste (15:10) que S. Pierre cite (en Actes 2:24) pour démontrer la résurrection du Christ, valent également pour démontrer la résurrection de Marie, puisqu'elle a en commun avec lui le privilège de l'incorruptibilité. Elle qui a été associée à son Fils depuis le début dans le combat contre le péché et le mal (Gen. 2:15), a très-probablement aussi été associée à lui dans sa victoire et son triomphe final. D'autres considérations théologiques viennent renforcer cette preuve.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
IV. 1. Une mort prolongée serait une interruption inconvenante de sa maternité divine, puisqu'elle est mère par son corps.
IV. 2. L'Épouse du Christ n'avait pas besoin d'être séparée de son époux plus qu'exigé par le but de cette union. Si les maris doivent aimer leur femme "comme le Christ aussi a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle" (Eph. 5:25), et si Marie est le type et le premier membre de l'Église, et si elle jouit du premier et du plus grand amour de la part de la Tête de l'Église, comment pourrait-il la laisser longtemps son corps dans la mort ?
IV. 3. Le commandement d'honorer père et mère, les promesses de participation à la nature divine faite aux saints, le fait que la substance de Marie a formé la substance de son Fils — tous ces points mettent le corps de Marie au plus grand honneur.
IV. 4. Il est courant aussi chez les Pères de tirer d'autres preuves de l'Ancien Testament, par exemple du bois incorruptible de l'Arche de l'Alliance.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §215 traduit par le chartreux a écrit :
V. L'assomption corporelle de Marie au Ciel est si complètement impliquée dans la personnalité de Marie telle que décrite dans la Bible et le dogme, que l'Église peut se dispenser de preuves strictement historiques. Cependant, le peu d'indices historiques indirects qui sont effectivement présents se trouvent renforcés par les arguments théologiques, et réciproquement.
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