SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
I. En ce qui concerne l'ordre, le Pontife Romain possède tous les pouvoirs d'un évêque et rien d'autre que ces pouvoirs. Si un Pape nouvellement élu n'est pas déjà évêque, il doit d'abord être consacré avant d'être couronné. Cependant, même avant la consécration, il n'en cesse pas moins d'être vraiment et réellement Pape, apte à décréter, diriger, nommer ou déposer des évêques, et exercer chacun des devoirs de la juridiction pontificale (que nous allons décrire bientôt) ; mais il ne peut pas ordonner ou consacrer avant d'avoir reçu l'imposition des mains d'autres évêques inférieurs à lui, qui tiennent de lui leurs sièges et leur juridiction. La cérémonie de consécration peut être entièrement séparée de celle du couronnement (comme ce fut le cas pour Clément XIV), ou bien réunie à celle-ci, soit pendant la messe papale, soit avant (comme ce fut le cas pour Grégoire XVI).
Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
II. Sur le plan de la juridiction, la position du Pontife Romain diffère grandement de celle des évêques ordinaires, archevêques ou patriarches. Leur juridiction est dépendante et limitée ; la sienne est suprême et universelle. La totalité du troupeau du Christ est confiée à lui seul ; il détient les clés du royaume des cieux, et le pouvoir de lier et de délier ; et ces fonctions ne lui viennent pas d'en bas, mais d'en haut, par la succession de S. Pierre, directement instituée par le Christ lui-même.
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :Concile de Florence a écrit : Le Pontife romain est (...) le chef de toute l’Église le père et le docteur de tous les chrétiens, et qu’à lui, en la personne du bienheureux Pierre, Notre-Seigneur Jésus-Christ a donné plein pouvoir de faire paître, de régir et de gouverner l’Église universelle, comme cela est contenu aussi (quemadmodum etiam) dans les actes des conciles œcuméniques et dans les canons sacrés.
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :Concile du Vatican, sess. 4, ch.3 a écrit : Si donc quelqu'un dit que le Pontife Romain n'a que la charge d'inspection ou de direction, et non le plein et suprême pouvoir de juridiction sur l'Église universelle, non seulement dans les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui appartiennent à la discipline et au gouvernement de l'Eglise répandue dans tout l'univers; ou qu'il a seulement la principale part (potiores partes) et non toute la plénitude de ce pouvoir suprême ; ou que le pouvoir qui lui appartient n'est pas ordinaire et immédiat soit sur toutes les Églises et sur chacune d'elles, soit sur tous les pasteurs et sur tous les fidèles et sur chacun d'eux; qu'il soit anathème.
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
Le même concile a le soin de faire remarquer au sujet de la primauté du Pape, que
Concile du Vatican, sess. 4, ch.3 a écrit : Mais tant s'en faut que ce pouvoir du Souverain Pontife nuise au pouvoir ordinaire et immédiat de juridiction épiscopale, par lequel les évêques établis par le Saint-Esprit et successeurs des Apôtres [cf. concile de Trente, sess. 23, ch. 4], paissent et régissent, comme vrais pasteurs, chacun le troupeau particulier confié à sa garde ; ce dernier pouvoir est, au contraire, affirmé, corroboré et revendiqué par le suprême et universel Pasteur, selon la parole de saint Grégoire le Grand : « Mon honneur est l'honneur de l'Église universelle. Mon honneur est la force solide de mes frères. C'est alors que je suis vraiment honoré lorsque l'honneur dû à chacun ne lui est pas refusé (S. Grégoire le Grand, Epist. ad Eulogium Alexandrinum, l. 8, c. 30 : PL 77, 983 C). »
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
S. Grégoire rejette le titre d'"évêque universel", mais prend soin de préciser qu'il le fait par ce que cela semblerait vouloir dire qu'il n'y a qu'un seul vrai évêque dont les autres ne sont que des vicaires. Mais s'il n'est pas le seul évêque, il revendique incontestablement le titre d'évêque suprême sur tous les autres, qui sont réellement évêques de leurs sièges respectifs :
S. Grégoire, lib. ix, ep. 12 a écrit : En ce qui concerne l'église de Constantinople, qui ne doute qu'elle soit sujette du Saint-Siège ? Cela est constamment reconnu par le très-pieux empereur et par notre frère, l'évêque de cette villeCf. aussi Franzelin, De Eccl., p. 175 et suiv. ; Palmieri, De Rom. Font., p. 446 et suiv.S. Grégoire, lib. v, ep. 20 a écrit : Qui est familier avec l'Évangile sait que la parole du Seigneur a confié à Pierre le rôle de gardien de toute l'Église ... Voyez, le gouvernement et la primauté (principatus) de toute l'Église lui est confié, et pourtant on ne le dit pas Apôtre universel.
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
III. De même que sa juridiction est suprême, l'autorité enseignante du Pape est infaillible. Après tout ce que nous avons déjà dit dans ce chapitre et aux §30 et §31 du livre I, il n'est plus besoin de détailler une démonstration de ce point. Comme S. Pierre est le rocher de l'Église, sa foi doit être le fondement de la foi de l'Église ; les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre sa foi à elle, par ce qu'elle est fondée sur sa foi à lui ; il a le pouvoir suprême de lier et de délier, qui comprend tout particulièrement l'autorité enseignante suprême ; la prière du Christ que la foi de Pierre ne défaille pas, et le devoir qu'il lui a imposé de confirmer ses frères, montrent bien que la foi des frères doit dépendre de la foi de Pierre ; la totalité du troupeau lui est confiée, pour qu'il le nourrisse de paroles de vraie doctrine.
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SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
Et comme nous venons de le voir, les promesses faites à Pierre ainsi que les pouvoirs qui lui ont été conférés continuent de s'appliquer à ses successeurs, les Pontifes de Rome. Le concile du Vatican, continuant les définitions du quatrième concile de Constantinople (869), du deuxième concile de Lyon (1274), du concile de Florence (1438), et de la profession de foi du Pape Hormisdas (519), définit l'infaillibilité ainsi :
Concile du Vatican, sess.4, ch. 4 a écrit : lorsque le Pontife Romain parle ex cathedra, c'est-à-dire, lorsque remplissant sa charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité Apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou sur les mœurs doit être tenue par l'Église universelle, il est doué, par l'assistance divine promise dans la personne du bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Église fût pourvue en définissant une doctrine sur la foi ou sur les mœurs ; et, par conséquent, que de telles définitions du Pontife Romain sont irréformables par elles-mêmes (ex sese) et non en vertu du consentement de l'Église.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
Les objections opposées à cette doctrine peuvent être résumées en deux grandes classes, une négative et une positive : on allègue que (1) cette doctrine n'était pas reconnue ou pratiquée dans les premiers temps de l'Église ; et que (2) certains Papes ont réellement failli.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
SWS, Livre VII, I, C4, § 239 a écrit :
III. (1) Pour répondre à la première de ces objections, nous renvoyons aux passages des Pères reproduits plus haut, et aux appels fréquents à Rome dès le deuxième siècle, ce qui est reconnu même par un libre-penseur :
Renan, [i]Rome et le Christianisme[/i], p. 153 a écrit : Le centre d'une future orthodoxie catholique était évidemment là [à Rome]. Sous Antonin (138-161) le germe de la papauté existe bien caractériséRenan, [i]Rome et le Christianisme[/i], p. 172 a écrit : L'esprit qui, en 1870, fera proclamer l'infaillibilité du pape, se reconnait, dès la fin du IIᵉ siècle, à des signes déjà reconnaissables. L'écrit dont fit partie le fragment latin connu sous le nom de Canon de Muratori, ecrit à Rome vers 180, nous montre déjà Rome réglant le canon des Églises, donnant pour base a la catholicité la passion de Pierre, repoussant également le montanisme et le gallicanisme
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