Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :
I. 3. La catholicité est presque aussi facile à vérifier que l'unité. Cependant, il est évident que l'universalité dont il s'agit est morale et non pas physique. Nous sommes confrontés à la grande difficulté posée par l'existence de millions d'êtres humains qui ne sont pas chrétiens (cf. le §45 plus haut). Il faut donc appliquer ce test de catholicité aux différentes sociétés qui se disent chrétiennes, en raisonnant par comparaison d'une société avec une autre, et non pas en comparant une société avec tout le reste, qui ne possède aucune sorte d'union. L'existence de sociétés faussement chrétiennes ne doit pas surprendre, après les avertissements de Notre Seigneur concernant les antichrists et les faux prophètes, et le témoignage de S. Paul (2 Tim. 3:12 et suiv. ; 4:3, etc.), S. Jean (2:18) et S. Jude (2 et suiv.).
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :

I. 4. L'apostolicité peut être un test difficile à appliquer, en raison de la rareté des monuments ou de la difficulté de leur interprétation, et aussi en raison du développement progressif de la doctrine et de la pratique de l'Église (cf. le §35 plus haut). Sur les objections diverses concernant l'application de ces notes à l'Église, on pourra consulter Newman, Anglican Difficulties, vol. 1, deuxième partie.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :

Comme les anglicans font très souvent appel à des arguments d'antiquité contre nous, nous reproduisons ici la conclusion de la réponse du cardinal Newman à ce genre d'objections :
Cardinal Newman, [i]Anglican Difficulties[/i], ii, p. 394 et suiv. a écrit : Bien que la foi de l'Église ait toujours été une et identique à elle-même depuis le commencement, cette foi était si profondément ancrée en son sein qu'elle a d'abord été possédée plus ou moins implicitement, au lieu d'être annoncée en ces affirmations particulières ou ce qu'on appelle des définitions, et qu'on nous présente aujourd'hui pour exclure toute erreur ou ignorance. Ces définitions, qui ne sont que l'expression de portions d'un dogme qui a toujours été reçu par l'Église, sont l'ouvrage du temps ; elles ont atteint leur forme actuelle et leur nombre actuel en dix-huit siècles, sous l'impulsion des événements successifs, comme les hérésies ou choses semblables, et elles pourront bien sûr grandir encore dans le futur.

Or, ce processus de développement doctrinal, comme on s'en doute, n'a rien d'accidentel ou d'hasardeux dans son essence ; il suit des lois, comme tout ce qui vient de Dieu, et l'étude de ces lois et de leur application, ou en d'autres termes la science et l'histoire de la formation de la théologie, est un sujet qui m'a intéressé plus que tout autre dès l'instant où j'ai commencé à lire les Pères (...)

Je me suis progressivement rendu compte (...) que les décrets des conciles plus tardifs, ou ce que les anglicans appellent les déviations romaines, n'étaient que des exemples de plus de cette même loi doctrinale à l'œuvre dans l'histoire de l'Église des premiers siècles ; ainsi, il est aussi juste de dire que les prérogatives de la très-sainte Vierge ont, à travers les siècles, grandi dans la conscience des fidèles, que de dire que le mystère de la Très-Sainte Trinité a brillé de plus en plus visiblement dans l'esprit des chrétiens des premiers siècles et s'est manifesté de plus en plus dans leur langage.

Là était la réponse aux objections que les anglicans opposent à l'enseignement d'aujourd'hui de Rome ; et plus qu'une réponse, il y a là un argument positif en sa faveur : l'immutabilité et l'action ininterrompue de ces lois au cours de l'histoire de l'Église est en effet une preuve évidente de l'identité entre l'Église Catholique des premiers siècles et ce qui est appelé du même nom aujourd'hui.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :
II. 1. L'unité de l'Église Catholique Romaine est un fait d'une notoriété telle que toute preuve serait superflue. D'une extrémité du monde à l'autre, tous ses membres ont la même foi, participent au même sacrifice de la messe et aux mêmes sept sacrements ; et reconnaissent tous un maître et dirigeant suprême sur terre, l'évêque de Rome, le vicaire du Christ.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :

II. 2. Les doctrines que l'Église enseigne, les pratiques qu'elle commande, sont éminemment saintes : elle distribue à ses membres d'innombrables aides à la sanctification — de la messe aux sacrements et à d'autres moyens inférieurs encore ; et malgré de nombreux scandales, elle a toujours été connue pour le degré sublime de sainteté de certains de ses membres, et la droiture d'une multitude innombrable de ses membres.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :

II. 3. L'Église est vraiment catholique, parce qu'elle n'est limitée à aucune race, langue ou nation. Son effectif dépasse de loin ceux des sociétés hérétiques ou schismatiques - elle dépasse même probablement la somme de tous leurs effectifs mis ensemble.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :
II. 4. L'Église Catholique Romaine est apostolique dans sa doctrine comme dans son ministère. Ce qu'elle croit, elle l'a toujours cru ; elle n'a jamais enseigné rien d'autre que ce qui lui a été transmis par une chaîne ininterrompue depuis les Apôtres par oral ou par écrit ; elle peut justifier chacune de ses doctrines par une autorité très ancienne. La succession de ses pasteurs commence avec les Apôtres, et continue sans interruption jusqu'au temps présent.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, I, C5, §245 a écrit :
S. Irénée, [i]Adv. Haeres.[/i], iii. 3 a écrit : Cette très grande, très ancienne, et très illustre église fondée et constituée à Rome par les deux Apôtres glorieux, Pierre et Paul, qui tient sa tradition des Apôtres, qui a annoncé sa foi à tous les hommes, et qui est parvenue jusqu'à nous par la succession de ses évêques (…) Avec cette église [de Rome], en raison de sa principauté plus puissante, doivent donc s'accorder toutes les églises, c'est-à-dire tous les fidèles en tout lieu en lequel la tradition des Apôtres a été préservée
S. Augustin, [i]Ep.[/i] liii, n. 2, [i]Generoso[/i] a écrit : Combien plus sûre est la succession des évêques qui remonte jusqu'à Pierre lui-même (…) Car Lin a succédé à Pierre ; Clément à Lin ; Anaclet à Clément ; (…) (toute la succession est énumérée) (...) Damase à Libère ; Sirice à Damase ; Anastase à Sirice. Et il n'y a aucun donatiste dans cette liste
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, II a écrit :
DEUXIÈME PARTIE. LES SACREMENTS.

Nous avons maintenant à considérer les sacrements, par lesquels "toute véritable justice (justitia) ou commence, ou, une fois commencée, s'accroît, ou, perdue, est réparée" (concile de Trente, sess. 7). Nous commençerons par un coup d'œil sur la généralité des sacrements puis traiterons de chacun d'eux séparément. À l'occasion du sacrement de l'eucharistie nous nous attarderons sur le saint sacrifice de la messe.

Autorités : Pierre le Lombard, Sent. iv, dist. 1 et suiv. ; S. Thomas, Summa IIIa qq. 60-90, et ses comm. and Supplem., qq. 1-68 ; Bellarmin, De Controversiis, etc., tom. iii ; Chardon, Histoire des Sacrements ; Drouin, De Re Sacramentaria ; Franzelin, De Sacramentis in Genere, De Eucharistia ; De Augustinis, De Re Sacramentaria ; Gousset, Théologie Dogmatique, vol. ii ; Schanz, Die Lehre von den heiligen Sacramenten der kath. Kirche ; Pourrat, La Théologie Sacramentaire ; Billot, De Ecclesiae Sacramentis ; Atzberger, op. cit. livre vii. chap. 2.
chartreux
Messages : 3489
Inscription : mar. 19 janv. 2016 17:50

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements

Message par chartreux »

SWS, Livre VII, II, C1 a écrit :
Chapitre 1. Généralités sur les sacrements.

Le terme de sacrement revêt plusieurs sens, que ce soit dans la littérature profane ou sacrée. C'est à l'origine un vocable légal, désignant la caution déposée par les parties d'un procès, et appelée ainsi parce que l'argent, quand il était abandonné, était utilisé pour fabriquer le bronze de vases employés dans des rites sacrés, ou bien, d'après d'autres sources, il était déposé dans un endroit sacré. Le mot a ensuite été appliqué au serment d'allégeance militaire, puis à tout serment ou engagement solennel. Les Pères latins des premiers siècles emploient fréquemment ce sens, par ex. Tertullien (Lib. ad Martyr., c. iii). Mais, comme tant d'autres mots, il a progressivement acquis un sens technique ecclésiastique, savoir tout signe ou rite extérieur qui initiait une personne aux mystères sacrés ; ce qui en faisait un équivalent de μυστήριον : "Sacramentum (μυστήριον, 'le secret' ) regis abscondere bonum est" (Tob. 12:7 ; cf. Col. 1:27 ; Apoc. 17:7). En ce qui concerne les "mystères", cf. notre §4 plus haut. Plus tard, le mot ne désigna plus que les signes sacrés qui sanctifient les hommes, dans l'ancienne ou la nouvelle Loi. Aujourd'hui le sens est encore plus restreint : le mot ne nomme que les signes efficaces de la grâce qui sanctifient les hommes sous la nouvelle loi.
Répondre

Revenir à « Résumé de théologie dogmatique »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Majestic-12 [Bot] et 2 invités