C'est grâce à Secondo Pia, né à Asti, le 9 septembre 1851 et mort en 1941 à Turin, avocat et photographe amateur, que l'image de Notre Seigneur nous fut révélée pour la première fois.
Secondo Pia est né à Asti en 1855 et bien qu'étant juriste, il s'intéressait aux arts et à la science. Il commença à s'intéresser dès les années 1870 à la Photographie naissante. Dans les années 1890, il était l'un des conseiller communaux et membre du club amateur de photographie de la ville de Turin. Il y avait déjà acquis une belle réputation en qualité de photographe et ses clichés sont désormais exposés au musée du cinéma de Turin. Secondo Pia fut l'un des pionniers dans l'utilisation de l'éclairage électrique en photographie dès les années 1890, l'ampoule à incandescence de Thomas Edison ayant été inventée en 1879.
Ce fut par accident que Secondo Pia prit pied dans le champ de la sindonologie, l'étude scientifique moderne du suaire de Turin. En 1898, la ville de Turin célébrait le 400e anniversaire de la Cathédrale de Turin et le 50e anniversaire du Statut albertin de 1848 en faveur de la Maison de Savoie. Entre autres célébrations, une exposition religieuse fut planifiée. En raison du fait qu'une ostension du suaire de Turin aurait nécessité l'autorisation du roi Humbert Ier d'Italie qui en était propriétaire, il fut décidé que deux artistes en réaliseraient des répliques réalistes. Ces peintures furent faites mais elles ne firent jamais partie de l'exposition.
Le responsable de la commission du suaire, Baron Manno, demanda au Roi la permission de procéder à une ostention et celui de photographier — grâce à Secondo Pia — le suaire pour faire la promotion de l'événement. Le Roi approuva l'exhibition publique et autorisa, plus tard, que le suaire fut photographié. À cette époque, la Maison de Savoie tient ses quartiers à Turin et le suaire y est conservé depuis qu'il est en possession de la royauté. Personne à l'époque ne soupçonnait que l'image la plus claire de l'image diaphane, observée à l’œil nu, incrustée sur le suaire de Turin serait obtenue grâce à un négatif photographique.
Tardivement, Secondo Pia fut nommé comme étant le photographe officiel qui réaliserait les clichés du suaire. On était à huit jours du début de l'exposition rendant les délais bien trop courts pour que les photographies puissent servir à la promotion de la campagne. Il saisit cependant l'opportunité de tirer les premiers clichés du suaire.
Le 25 mai 1898, après la cérémonie d'ouverture et durant la fermeture du temps de midi de l'exposition, Secondo Pia installa son matériel dans la Cathédrale de Turin. Deux autres personnes, le Père Sanno Salaro et le responsable de la sécurité de la cathédrale, le lieutenant Felice Fino étaient également présents et prirent part à la séance de photographie. Ce fut l'une des premières fois qu'une ampoule électrique fut utilisée en photographie.
La logistique nécessaire pour prendre les clichés fut un réel défi pour Secondo Pia mais il parvint à installer deux ampoules à incandescence d'environ 1 000 candelas l'unité. La cathédrale ne disposant pas d'électricité, Pia dut installer un générateur portatif. Il parvint à prendre quelques photographies avant la réouverture des portes après la pause de midi. La réussite de l'opération ne serait connue que lors du développement des plaques.
Le soir du 28 mai, Secondo Pia se rendit à nouveau à la cathédrale pour une seconde session de photographie. Il était environ 9 heures 30. Fort de son expérience du 25 mai, il modifia l'éclairage et la durée de l'exposition. Vers minuit, les trois hommes s'en allèrent pour développer les plaques.
Secondo Pia raconte qu'il faillit presque laisser tomber la plaque tellement il fut choqué par ce qu'il venait de découvrir dans la chambre noire : le négatif révélait le visage d'un homme qui ne pouvait pas être perçu à l’œil nu.

Comparatif entre à gauche le visage de l'homme du linceul tel qu'il apparaît, et à droite le négatif photographique de ce visage. C'est donc dans le négatif photographique que le "vrai" visage apparaît.

