Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

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Monique
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III MERVEILLE.

Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts.

Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes, et son oreille est attentive à leurs prières.
(Ps. XXXIII, 16.)
Saint Jean Chrysostome, s'appuyant sur les promesses que Jésus-Christ a faites, d'écouter et d'exaucer les prières de ceux qui sont réunis en son nom, démontre combien sont profitables les prières des communautés ferventes: « Dieu, dit-il, atteste souvent dans les saintes Ecritures qu'il a les oreilles attentives aux prières de ceux qui s'assemblent en son nom. » On vit une preuve admirable de cette vérité dans une chartreuse d'Angleterre.

Un personnage éminent en dignité et possesseur de grandes richesses, était mort dans ce pays, laissant un fils profondément affligé. Plein de zèle pour le salut de celui qu'il pleurait, ce bon fils se rendit à la chartreuse où avaient été célébrées les funérailles; il offrit au prieur une forte somme d'argent, à titre d'aumône, en le suppliant de faire prier pour l'Âme de son père bien-aimé. Aussitôt l'abbé convoque au chœur tous les religieux: « Serviteurs de Dieu, leur dit-il, priez pour l'âme du défunt enterré ici depuis peu, priez en reconnaissance de la grande charité qu'a exercée envers nous ce noble jeune homme. » Les religieux alors, chantèrent d'une seule voix le Requiescat in pace, auquel le supérieur répondit Amen; puis chacun fit une inclination et se retira en silence dans sa cellule.

Le bienfaiteur resta tout étonné et peu satisfait: « Hélas! disait-il en lui-même, un seul Requiescat pour tant d'or. » Il ose enfin s'approcher du prieur avec une humble modestie et lui dit d'un ton de naïve plainte: « Est-ce là, mon Père, tout le suffrage que recueillera cette chère âme pour ma généreuse offrande? » Le supérieur, étonné de cette question, répond avec douceur: « Prétendriez-vous, mon fils, peser dans la même balance, l'or de votre aumône avec les prières de mes religieux, quelque brèves qu'elles soient? — Non, mon révérend Père, répliqua le jeune homme, je ne veux point établir de comparaison, cependant, il me semble que ces trois simples paroles ne peuvent pas compenser le don que je vous ai offert.— Vous en doutez, répondit le prieur, attendez un moment, vous allez connaître le prix de nos prières. » Puis, se tournant vers le Père cellérier: « Allez, lui dit-il, dans toutes les cellules, dites à chaque religieux d'écrire sur un morceau de papier son Requiescat in pace et de me l'apporter immédiatement. »

Il ordonna aussi à un frère convers de lui donner des balances; il y mit d'un côté l'argent et l'or qui firent baisser rapidement le plateau. Ensuite il se fit remettre les légers billets, et ayant invoqué intérieurement l'Esprit-Saint, il dit au jeune seigneur: « Considérez de quelle valeur est notre courte prière du Requiescat in pace, que je place de l'autre côté de la balance. » 0 merveille! s'écrie ici l'historien, tout cet or, quoique très-pesant, s'élève comme une plume ou un brin de paille, tandis que les petits papiers entraînent le plateau et tombent lourds et rapides comme une masse de plomb.

A la vue de ce prodige, tous les assistants firent le signe de la croix, tant ils étaient frappés de stupeur. La nouvelle de ce miracle se répandit au loin et fit apprécier les prières des communautés ferventes. Le jeune homme plus que les autres était dans l'admiration, et les yeux pleins de larmes, le repentir dans le cœr, il demande pardon de son peu de foi. Pour perpétuer la mémoire de ce prodige, il fit placer sur la tombe de son père une magnifique pierre sépulcrale, où était gravé en gros caractères le Requiescat in pace. Et ce bon fils demeura convaincu que ces simples et courtes paroles avaient mérité à l'âme de son père un grand soulagement, ou même une entière délivrance.
(V. Dorlantus, Chronica cartusiana, cap. 7, Théophile Raynaud, Heter. spirit., p. 2. sect. 2, punct. 10, q. 1.)
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Monique
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IV MERVEILLE.

Ne se convertir qu'au soir de la vie, c'est se préparer un rigoureux purgatoire.

Ils viendront vers le soir assiéger ma maison, mais ils resteront affamés comme des animaux sans raison. (PS. LVIII, 7.)


Ceux qui ne veulent donner à Dieu, dit un saint interprète du Psalmiste, que les restes de leur vie, en ne se convertissant que dans la dernière vieillesse, aux approches de la mort, seront traités sans miséricorde par un juste retour, et ils n'obtiendront leur salut qu'au prix d'un long et rigoureux purgatoire.

Nous en lisons un exemple dans la vie de Jean Corneille, de la Compagnie de Jésus, zélé promoteur de la foi catholique en Angleterre. Doué de vertus éminentes, il se distinguait surtout par une grande charité envers les Âmes des défunts et il les secourait encore avec plus de libéralité quand il les avait converties à la vraie religion. Alors, les considérant comme ses filles spirituelles, il se croyait dans une plus pressante obligation de les secourir. Il avait un grand nombre de pratiques quotidiennes destinées à lui rappeler leur souvenir. Par exemple quand il se lavait les mains il récitait un De profundis afin que Dieu les purifiât et leur accordât quelques rafraîchissements. Outre ses fréquentes oraisons, il offrait encore pour ses chères âmes le suffrage de quatre messes par semaine. Dieu, pour lui faire connaître le grand soulagement qu'il leur procurait, permit à plusieurs de lui apparaître, soit pour le remercier, soit pour solliciter de nouvelles faveurs.
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Je rapporterai seulement une de ces apparitions, célèbre parmi les catholiques d'Angleterre, et qui leur fut un précieux enseignement; c'est celle du baron Sturton. Je donne les paroles mêmes d'un témoin oculaire, de Dorothée Arundell, dame de haute noblesse et de rare vertu, qui devint plus tard une fervente religieuse. Voici le récit qu'elle nous a laissé de cet événement:

« Un jour, ma mère pria le P. Corneille d'offrir le saint sacrifice pour l'âme de son premier mari, le baron Jean Sturton. Il accomplit ce désir, et à l'autel, après la consécration et pendant le mémento des morts, il resta longtemps en prière. La messe terminée, il fit une exhortation sur ce texte: Bienheureux les morts qui sont morts dans le Seigneur, et il raconta la vision qu'il venait d'avoir.

Devant lui se déroulait une forêt immense toute de feu et de flammes, et au milieu, l'âme du baron poussait des cris lamentables. Il gémissait et s'accusait de la mauvaise vie qu'il avait menée pendant plusieurs années, spécialement à la cour; son plus grand regret c'était d'avoir dissimulé qu'il était catholique, et même d'avoir fréquenté les temples protestants, au scandale et à la ruine spirituelle de ses parents. Mais surtout il s'accusait, avec d'amères paroles, d'avoir été l'un des quarante-sept, choisis par la reine Elisabeth pour condamner l'innocente Marie-Stuart d'Ecosse: ce crime lui causa une douleur si vive que ses jours en furent abrégés. Le baron après tous ces aveux s'était écrié: « Pitié, pitié pour moi, vous du moins qui êtes mes amis, car la main du Seigneur m'a frappé! »

C'était bien Sturton, le Père le reconnaissait à sa tête chauve qui dépassait un peu les flammes. Après avoir demandé des prières ferventes, l'âme disparut. Le Père pleurait en racontant cette vision, et la famille qui l'écoutait, au nombre de quatre-vingts personnes, pleurait aussi. Le servant de messe qui fut un de ceux qui périrent plus tard avec le religieux pour la foi catholique, moi-même et tous les assistants nous vîmes tout d'un coup apparaître sur la muraille blanche à laquelle est adossé l'autel, » comme un reflet de charbons ardents. »
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Pour comprendre la raison de cette condamnation et de ces tourments, il est utile de rappeler les renseignements ajoutés à ce récit par le révérend Père Guillaume Westen, qui se trouvait à Londres quand le baron mourut.

Ce gentilhomme était un de ceux qui, en tenant dans leur maison un prêtre à leur disposition, croyaient pouvoir se jouer de Dieu, c'est-à-dire, vivre extérieurement en protestant et mourir en catholique.

Mais en l'absence du prêtre, une mort imprévue le priva des secours religieux qu'il s'était vainement promis. Cependant, Dieu dans sa miséricorde lui fit concevoir une si grande horreur de ses crimes, lui en inspira une contrition si vive, jointe au ferme propos d'en demander pardon publiquement et de les réparer, qu'il fit appeler sa famille et protesta devant elle qu'il mourait catholique, parce qu'il n'y a point d'autre religion où l'on puisse faire son salut.

Puis il déplora avec les larmes les plus amères tous les scandales de sa vie, assurant qu'il voudrait les effacer, s'il était possible, avec tout son sang.

Ces nobles sentiments dont le ciel et la terre venaient d'être témoins, le sauvèrent de la perdition éternelle; il rendit son âme au miséricordieux Créateur. Mais on voit par les tourments intolérables qui l'attendaient dans le purgatoire, combien est insensé celui qui renvoie sa conversion au soir de la vie !


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V


La miséricorde envers les défunts procure le salut de l'âme et souvent celui du corps.
L'homme de miséricorde assure le bonheur de son Âme. (Prov.XI, 29.)

Pour exciter la piété des fidèles en faveur des âmes des malheureux qui ont été mis à mort par la justice humaine, et qui souffrent dans les flammes du purgatoire, il n'est peut-être point de trait plus pathétique que le suivant.

Vers l'an 1020, vivait aux environs de Rome, un jeune homme qu'on ne nomme pas, mais dont on raconte la conversion. Il menait une vie si dissolue et si scandaleuse, qu'il était devenu un objet d'horreur et d'effroi. Ses crimes lui suscitèrent des ennemis puissants qui résolurent de le faire périr, soit en lui dressant des embûches, soit en l'attaquant de front.
Le malheureux, au milieu de ses désordres, avait conservé une pieuse compassion pour les âmes du purgatoire, en faveur desquelles il priait souvent, donnait l'aumône et faisait dire de temps en temps des messes. Cette dévotion lui valut de soustraire son Âme à la vengeance divine, et son corps à la haine de ses ennemis.

Un soir qu'il se rendait seul à Tivoli, se confiant dans la vitesse de son cheval, pour échapper aux poursuites de ceux qui avaient juré sa perte, il ne s'aperçut pas qu'il allait juste au-devant de leurs pièges. En effet, ses ennemis, sachant qu'il ne pouvait passer que par ce chemin, placèrent en embuscade derrière une haie, quatre hommes armés pour le tuer. Il approchait rapidement de ce lieu, quand passant près d'un chêne, il aperçoit suspendus aux branches, les membres d'un criminel exécuté depuis peu, et placé là pour inspirer de la crainte aux malfaiteurs. Ému de pitié, il s'arrête un instant afin de réciter une prière pour le soulagement de celte Âme. Pendant qu'il prie, un spectacle étrange frappe ses yeux:

Voilà que toutes les parties de ce corps démembré s'agitent, se délient, tombent à terre, se réunissent et forment un homme qui marche au-devant du voyageur. Je vous laisse à penser quel fut son effroi ! Le fantôme prend la bride du cheval et dit au jeune homme: « Descends et laisse-moi monter un moment, il y va de ton intérêt; attends ici, et je reviendrai vite. » Le cavalier, muet de terreur, descend et cède son cheval au cadavre ressuscité qui y monte, et le lance en avant dans le même chemin.

Non loin de là. les ennemis voyant arriver le cavalier, déchargent sur lui leurs arquebuses, et le voyant tomber, s'enfuient au plus vite avant que la détonation n'attirât du monde et ne les fit découvrir. Mais le cadavre se relève, conduit le cheval à la main et revient vers le jeune homme. « As-tu entendu, lui dit le spectre, cette décharge d'arquebuses? elle t'était destinée, tu aurais été perdu infailliblement pour le corps et pour l'âme, si les défunts à l'égard desquels tu as une compatissante dévotion, ne m'avaient envoyé à ton secours. Reconnais cet immense bienfait, en continuant de prier pour eux, et surtout en changeant de vie et en devenant bon chrétien. » Après ces paroles, le cadavre se partage en quatre morceaux qui vont reprendre leur place aux branches du chêne, comme si une main invisible les y avait suspendus.

L'heureux jeune homme partit animé des meilleurs sentiments. Peu de jours après, il se réfugia dans un ordre austère pour y faire pénitence; il y vécut dans une grande perfection, et assura ainsi son salut éternel que sa mauvaise conduite avait mis en si grand péril »

Ce prodige est bien fait pour exciter notre charité envers les âmes du purgatoire qui savent récompenser si généreusement leurs bienfaiteurs. Quelle est donc vraie, cette parole de la divine Ecriture: L'homme de miséricorde assure le bonheur de son âme.
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Monique
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VI MERVEILLE.


Le purgatoire des paroles inutiles et inconvenantes.
Vous serez condamné sur vos paroles. (Math. XII, 37.)

Saint Ambroise recommande fortement aux vierges consacrées à Dieu, l'observation rigoureuse du silence, principalement lorsqu'elles sont au chœur, parce que l'Epoux céleste, quand il vient, n'entre dans une âme qu'autant que les portes en sont fermées aux discours profanes, et ouvertes aux louanges de Dieu. « L'Epoux, dit ce grand docteur, veut que la porte soit fermée quand il frappe. Cette porte, c'est la bouche qui ne doit s'ouvrir que pour le Seigneur. »

Dans un monastère de l'ordre de Citeaux, appelé Saint-Sauveur, deux jeunes filles, Gertrude et Marguerite, de familles riches et distinguées, firent profession et vouèrent à Dieu leur virginité. Ou les avait placées au chœur l'une à côté de l'autre. La première, quoique très-vertueuse, avait cependant le malheureux défaut de trop parler; elle rompait souvent le silence, et entraînait sa compagne dans cette faute, ce qui lui attira un sévère châtiment après sa mort. Une maladie l'emporta à la fleur de ses années: on la déposa, selon la coutume du temps, dans un caveau de l'église. Un soir, pendant que les religieuses chantaient l'office, Gertrude apparaît devant l'autel, y fait une profonde génuflexion et va s'asseoir, comme autrefois, à côté de Marguerite; celle-ci, à la vue de cette ombre, est saisie d'effroi, elle tremble de tous ses membres et devient si pâle, qu'on s'aperçoit bientôt qu'il lui est arrivé quelque chose d'extraordinaire. Marguerite encouragée par ses compagnes va se prosterner aux: pieds de la Mère abbesse, lui raconte que Gertrude lui était apparue et qu'elle était restée placée à côté d'elle jusqu'à la fin des vêpres qu'à ce moment elle s'était levée avait fait une inclination jusqu'à terre et avait disparu.

La prudente supérieure, craignant que tout cela ne fût l'effet de l'imagination, ou quelque illusion du démon, lui donna cet ordre: « Si Gertrude vient encore se placer près de vous, vous lui direz: Benedicite, et si elle répond selon notre usage: Dominus, vous lui demanderez d'où elle vient et ce qu'elle veut. »

Césaire raconte un fait remarquable qui démontre combien les conversations dans le lieu saint déplaisent à Dieu.
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Le jour suivant, à la même heure, Gertrude apparut de nouveau; Marguerite la salua par Benedicite! — Dominus! répond le fantôme. Ma bien-aimée sœur Gertrude, continue la religieuse, d'où venez-vous à celte heure et que voulez-vous-? Je viens, dit-elle, satisfaire à la Justice divine dans le lieu même où j'ai offensé Dieu avec toi en rompant le silence, et en te le faisant rompre par des discours inutiles pendant les saints offices.

Le Juge équitable veut que je vienne ici subir le châtiment de ces fautes. Oh! si tu savais combien je souffre! Je suis tout environnée de flammes; ma langue surtout en est consumée, sans que je trouve le moindre rafraîchissement. Ma chère soeur si tu as le malheur de retomber dans ces fautes vois les cruelles peines qui l'attendent, toi et les compagnes que tu aurais entraînées. Puis elle disparut.

Elle revint plusieurs fois se recommander aux prières des religieuses jusqu'à ce que, délivrée par leurs suffrages, elle dit un dernier adieu à Marguerite qui la vit se diriger vers son tombeau, en soulever la pierre et s'y coucher pour toujours.

Ces apparitions et ce dernier avis consternèrent tellement Marguerite, qu'elle tomba dans une grave maladie et ne tarda pas à être à toute extrémité, même On la crut morte. Mais ce n'était qu'une sorte d'extase, pendant laquelle, elle vit des choses admirables de l'autre vie. Quand elle fut revenue à elle-même, fille les raconta à toutes les sœurs qui comprirent la nécessité de la mortification des se;)s. Désormais, sœur Marguerite observa scrupuleusement la règle du silence pour ne pas encourir dans le purgatoire le châtiment dont l'avait menacée la défunte, et elle veilla avec tant de soin sur ses paroles, qu'elle pouvait dire avec le Prophète royal: « Je me suis promis de veiller sur moi afin de ne point pécher par la langue, et j'ai mis une barrière à mes lèvres. »
(V. Gésaire, lllustr. Mirac., 1. XXII, ch. 36; Alexis Segala, Triumph. Pur g., p. II, c. 24, n. 32. )
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VII MERVEILLE.


Une âme du purgatoire rappelée sur la terre pour faire pénitence.
Je lui ai accordé du temps pour faire pénitence. (Apocal. II, 21. )

Oh! que ne donneraient pas les âmes du purgatoire pour ressaisir quelques instants de cette vie, dont nous dépensons les heures et les jours dans des occupations inutiles, et dans les vanités terrestres! Quelles pénitences, quels travaux, ne s'imposeraient-elles pas volontiers pour adoucir, seulement quelques minutes, ces indicibles tortures !

Citons à ce sujet l'exemple plus admirable qu'imitable, donné par la vénérable vierge Angèle Tholoméi, dominicaine. Elevée, dès la plus tendre enfance, dans la pratique de toutes les vertus, elle avait déjà acquis une rare perfection, quand elle tomba dangereusement malade.

Voyant que tout secours humain devenait inutile, elle eut recours à son bienheureux frère I.-B. Tholoméi. Celui-ci adressa au ciel de ferventes prières pour obtenir la guérison de sa sœur; mais Dieu restait inexorable, parce qu'il avait des vues toutes providentielles sur sa servante.

On peut dire ici, comme saint Augustin au sujet de Lazare: « Il tarde à guérir le malade afin de ressusciter le mort. »
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Message par Monique »

Angèle était près de rendre le dernier soupir lorsque, tout-à-coup, elle fut ravie hors d'elle-même par une étrange vision. Il lui sembla qu'elle était transportée dans un lieu immense, où étaient représentées les peines du purgatoire. C'étaient des tourments de toutes sortes: ici, des âmes étaient la proie des flammes dévorantes; là, d'autres étaient plongées dans des étangs de glace, dans du soufre bouillant, ou bien déchirées avec des pointes de fer rougies au feu, ou elles étaient rongées par la dent venimeuse des bêtes féroces.

Elle vit encore une infinité de supplices, et il lui fut montré en quel lieu son âme, qui allait bientôt sortir de son corps, devait se rendre pour l'expiation de certains défauts qu'elle n'avait pas assez combattus pendant sa vie. Les peines qui lui étaient réservées lui parurent si horribles que, lorsqu'elle recouvra sa connaissance, elle frémit de tous ses membres. Elle raconta cette vision à son saint frère, le suppliant d'obtenir par ses prières assez de vie pour se purifier de ses fautes, et éviter les tourments si cruels du purgatoire.

Dieu sembla n'avoir tenu aucun compte des ardentes prières du frère et de la sœur, car Angèle mourut. Mais pendant qu'on portait son corps en terre, le bienheureux Jean-Baptiste, inspiré de Dieu, commanda à sa sœur, au nom de Jésus-christ, de se lever de son cercueil et de reprendre place parmi les vivants. 0 prodige admirable! à l'instant, le cadavre s'agite, lève la tète; Angèle est ressuscitée!

Elle savait pour quelle fin Dieu lui accordait la vie, aussi commença-t-elle de suite à faire pénitence; mais les austérités ordinaires telles que cilice, discipline, jeûne, veille, ne lui paraissaient que des futilités en comparaison des tourments dont elle avait été témoin. Elle purifiait ses fautes avec l'eau et le feu: au milieu de l'hiver elle se plongeait dans un étang glacé, quelquefois elle se mettait dans les flammes et restait assez de temps pour endurer les plus cuisantes douleurs; ou bien elle se roulait sur les épines jusqu'à ce qu'elle fût tout en sang. Enfin, elle ne cessait de rechercher les moyens de se tourmenter, malgré les afflictions de l'âme et les infirmités du corps que Dieu lui envoyait pour éprouver sa constance.
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Monique
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Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

Message par Monique »

Angèle était devenue un objet, je ne dis pas d'admiration, mais d'épouvante pour les témoins de son martyre; plus d'une fois, on lui reprocha d'être trop cruelle, trop barbare pour elle-même. « Ah! répondait-elle, qu'est-ce que tout cela, comparé aux supplices que je devais souffrir dans l'autre vie pour l'expiation de mes fautes, si la divine Miséricorde n'avait pas accepté en échange ces légères souffrances. »

A la stupéfaction universelle, elle continua ce rigoureux genre de vie jusqu'au moment où, semblable à l'or purifié par le feu du creuset, elle fut de nouveau appelée par le souverain Maître au séjour du céleste repos où elle s'envola, ( comme on peut le penser ) sans passer par les flammes du purgatoire.

Qui ne tremblera au récit des châtiments de l'autre vie ! Si sœur Angèle, cette religieuse d'une si grande vertu, devait endurer d'aussi cruels supplices pour effacer des fautes commises dans la voie de la perfection, quels seront donc ceux réservés aux pécheurs qui, bien que confessés et absous, n'auront pas fait pénitence pour satisfaire à la Justice divine !

(V. fr. Dominique-Marie Marchesi, Vita vene rabilis Angelœ Tholomeœ, 9 nov., au Diario Dominicano.)
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