FLEURS FRANCISCAINES

Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Saint YVES, prêtre, curé, du Tiers-Ordre (1253-1303).

« Seul, celui qui nombre, la multitude des étoiles et impose à chacune leurs noms » peut compter les miracles de saint Yves. « Mais pour ce que très grand inconvénient et déshonneur serait, par paresse, sois taire des choses qui appartiennent à la louange de Notre-Seigneur, nous en réciterons aucuns. »

C'est ainsi que le continuateur de la Légende Dorée s'exprime et à bon droit quelques années seulement après la mort de saint Yves et que dire aujourd'hui du plus grand des thaumaturges bretons. En effet, les seuls commissaires enquêteurs de son procès de canonisation comptaient déjà 27 navires d'argent et plus de 90 vaisseaux de cire qui se balançaient au-dessus du tombeau du saint en la cathédrale de Tréguier et qui témoignaient de sauvetages souvent miraculeux dû à sa puissante intercession.

Depuis lors, chaque siècle devait apporter, en ex-voto, de nouveaux trophées et ajouter aux liasses de procédure des procès gagnés, les offrandes des marins sauvés du naufrage.

Dès son enfance, Yves avait pris pour règle de conduite cette devise : « Je dois devenir un saint. » A l'âge de 27 ans, il entra dans la magistrature ecclésiastique de Rennes, mais il n'oubliait pas! son grand but : « J'allais, confie-t-il à un ami, au couvent des Frères Mineurs de Rennes entendre expliquer le 4e livre des Sentences et la sainte Ecriture. Alors, sous l'influence des divines paroles, je me pris à mépriser le monde et à désirer ardemment les biens célestes. Longtemps encore, je sentis au-dedans de moi une grande lutte entre la raison et les sens : ce combat devait durer huit années. »

Déjà, à cette époque, ses macérations étaient celles d'un saint, mais il entra alors dans les Ordres et avec sa science légale, il mit au service de la justice le pouvoir spirituel que lui donnait désormais son caractère sacerdotal.

Pour ramener la concorde entre les plaideurs, il avait recours à une douce persuasion ou à la prière : « Laissez-moi régler tout à l'amiable, leur disait-il ; pour l'amour de Dieu, faites la paix. » — Ou bien encore : « Je vais célébrer la messe du Saint-Esprit, et je prierai Dieu pour qu'il ramène entre vous l'union », et deux fois sur trois, il terminait les procès par un arrangement.

Plein de mansuétude, quand on lui causait quelque tort, quand on lui volait du blé, par exemple, il refusait de sévir contre les voleurs : « Laissez faire à Dieu, disait-il, je suis plus riche qu'eux. » Il ne sortait de sa douce réserve qu'en présence d'un plaideur de mauvaise foi, pour le forcer, par de saintes mais énergiques paroles, à se réconcilier avec son adversaire. Il fut par dessus tout l'avocat des pauvres et l'avocat des pauvres devait faire école ; son exemple fut suivi, et l'année du procès de sa canonisation dans la Coutume de Bretagne rédigée à cette époque on sent passer comme un souffle de miséricorde pour les déshérités de ce monde.
A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Saint YVES, prêtre, curé, du Tiers-Ordre (1253-1303)


François d'Assise et ses disciples déjà très nombreux à cette époque avaient marqué sur notre saint leur forte empreinte. « Entrez dans leur Ordre, disait-il à un pénitent qui lui demandait conseil : c'est là que vous sauverez le plus sûrement votre âme. » Depuis qu'il avait suivi leurs cours de théologie qui avaient transformé sa vie, il recherchait beaucoup leur société, il se rendait fréquemment à leur couvent de Guingamp, il y couchait sur la dure, il emmenait parfois chez lui l'un des Religieux. Ami et admirateur des Franciscains, il était comme eux dédaigneux des biens du monde et comme eux missionnaire ; il voulut leur appartenir encore plus étroitement et se fit affilier au Tiers-Ordre dans leur couvent cité plus haut.

Il avait été attiré et charmé par la douce figure du Poverello. Dans la petite église de la Portioncule, François d'Assise avait soudain tressailli en entendant ce passage de saint Mathieu : « Partout sur votre chemin, prêchez et dites : Le Royaume de Dieu est proche. Ne portez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâtons ; que l'ouvrier gagne sa nourriture. » Jetant une partie de ses vêtements, François, les reins ceints d'une corde, avait accompli à la lettre l'Evangile. Yves par ses prédications commença par mettre à exécution la première partie ; puis il s'acquitta du reste...

Un jour, en 1291, on vit sortir précipitamment de l'Hôtel-Dieu de Tréguier un homme sans chaussures et à peine vêtu qui s'éloignait en se couvrant la tête d'un pan de sa housse. Intrigués les témoins de cette scène entrèrent à l'hôpital et apprirent que l'Official, c'était notre saint, venait de donner à un pauvre paralytique son chaperon, à un autre la fourrure de son surcot, le surcot à un troisième et ses bottines à un aveugle. Par cet acte sublime de renoncement s'achevait le noviciat commencé dix ans auparavant à Pennes. « La pure raison était totalement maîtresse, disait Yves ; je donnai donc mes bons habits pour l'amour de Dieu et je pris un grossier vêtement. »

L'année 1303 vit se terminer la carrière mortelle de celui que ses dévots Bretons appelleront « Monseigneur saint Yves ». Quand il eut reçu les derniers sacrements, il perdit la parole ; les yeux fixés sur la croix placée devant lui, il se signa, joignit les mains, et comme l'aube du dimanche 19 mai se levait, il parut s'endormir. Il était mort. Un sourire illuminait son visage, plus rose et plus beau qu'il n'était durant sa vie.

Demain... Saint BERNARDIN DE SIENNE, prêtre, des Frères Mineurs (1380-1444).
Dernière modification par Monique le jeu. 03 mars 2016 17:04, modifié 2 fois.
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Saint BERNARDIN DE SIENNE, prêtre, des Frères Mineurs (1380-1444).


C'est l'année même de la mort de sainte Catherine de Sienne, en 1380, que naissait à Massa, en territoire siennois, l'enfant qui devait être saint Bernardin.

L'état du monde était triste : l'Eglise venait de traverser, avec le grand schisme, la plus effroyable crise qu'elle eut jamais connue. L'antique constitution de la Chrétienté se trouvait mise en question, et les plus graves théologiens en venaient à préconiser des moyens révolutionnaires. De faux prophètes surgissaient ; l'hérésie e levait sur divers points, en Angleterre avec Wicleff, en Bohême avec Jean Huss, et si en Italie, le terrain n'y était pas favorable, le mal tournait en indifférence frivole ou méprisante ; les églises étaient désertes ; les sacrements négligés, presque plus de vie religieuse, mais à la place une sorte de paganisme pratique. Répugnant dédaigneusement à ce qu'on appelle la tristesse du Moyen-Age, les pensées sévères de renoncement et de pénitence et les terreurs de l'au-delà, on prétend y substituer une sorte d'allégresse épicurienne, la joie de vivre, et de cette Italie, que son Dante, au milieu des dures épreuves des siècles précédents, nommait une « hôtellerie de douleur», on rêve de faire un palais en fête où tout sera plaisir pour l'esprit et les sens.

Mais il y a un contre-courant ; il ne vient pas des hauteurs de la hiérarchie ecclésiastique, il sort de pauvres et humbles cloîtres franciscains. On dirait un jaillissement nouveau de cette source de renoncement héroïque, d'amour embrasé, de charmante et sublime poésie, que saint François d'Assise avait ouverte deux cents ans auparavant, sur une colline de l'Ombrie, et qui, de là s'était répandue à flots, non seulement sur l'Italie, mais sur tout le monde chrétien.





A suivre...
Dernière modification par Monique le ven. 04 mars 2016 21:15, modifié 2 fois.
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Cette floraison de sainteté qui éclate au commencement du XVe siècle après une période de stérilité relative nous donne dans l'Ordre des Frères Mineurs les Jean de Capistran, les Jacques de la Marche, les Bienheureux Albert de Sarziano, Bernardin de Feltre, Bernardin da Fossa et le plus grand de tous, saint Bernardin de Sienne. Pas plus que leur Père, ces dignes fils de saint François d'Assise ne se renferment dans les cloîtres. Bien au contraire, tout embrasés du feu de l'apostolat, ils vont par les villes et par les campagnes, réunissent des foules immenses autour de leurs chaires, que l'on dresse sur les places publiques à défaut des églises trop étroites, répandent la parole de pénitence, de miséricorde et de paix, et réveillent dans les âmes l'écho trop oublié alors du Sermon sur la Montagne. Rarement prédication populaire eut autant d'activité, d'éclat, d'extraordinaire efficacité, rarement elle fut plus pure de tout mélange humain plus dégagée de toute préoccupation de parti, plus exclusivement inspirée par le souci des âmes et le zèle de Dieu.

Bernardin commence sa vie catholique par Milan où il arrive inconnu, il prêche d'abord dans des églises secondaires, puis on lui demande de prêcher le carême de 1418 dans l'église principale.

Le premier sermon de cette station fut marqué par un incident qui ne contribua pas peu à attirer l'attention sur lui ; comme il suivait le développement de son sujet, voilà que tout à coup, au grand étonnement de ses auditeurs, il s'arrête, demeure quelques instants sous l'empire d'une sorte d'extase, puis descend de la chaire sans avoir terminé son discours.

Rentré au couvent, on l'interroge, on le presse, et il finit par répondre : « J'ai vu ma sœur Tobia, que j'ai toujours vénérée comme ma mère, rendre à ce moment le dernier soupir, et son âme revêtue de la robe d'immortalité monter vers le ciel. »

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Cette réponse, connue et vérifiée, ne fit pas peu pour lui attirer les foules, le peuple courait aux églises où il prêchait, dit un chroniqueur, à la manière des fourmis ; le succès fut immense, les conversions nombreuses. Il évangélisa ensuite Bergame, Côme, Mantoue, Crémone, Plaisance, Crème, Brescia, faisant la route à pied, « semper docens », dit un vieux chroniqueur, puis il passe en Ligurie, en Piémont, et finalement l'Italie tout entière tressaille, se renouvelle, revient à Dieu. A Venise, il commence à propager la dévotion au Saint Nom de Jésus, dévotion aussi ancienne que la parole de saint Paul : « In nomine Jesu omne genu flectatur », mais particulièrement en honneur dans la famille franciscaine.

Bernardin de Sienne ne fut pas seulement le restaurateur de la vie chrétienne chez les fidèles, il ramena aussi les religieux de son Ordre à la stricte observance de la règle. De cent trente Religieux adhérant à la pratique de la Règle dans toute sa pureté que comptait l'Italie quand saint Bernardin entra dans l'Ordre, leur nombre s'éleva à quatre mille durant son supériorat comme Vicaire Général de l'Ordre ; il ne fonda pas moins de trois cents couvents de la régulière observance.

Toutefois le saint réformateur ne compta pas que des triomphes, lui aussi eut part à la récompense que le Christ donne à ses saints sur la terre ; il souffrit ; il eut une part abondante à l'amer calice. Non seulement il châtiait durement son corps, non seulement il supportait joyeux les lourdes fatigues de son dur apostolat, mais il fut contredit, persécuté, accusé d'hérésie, et de mille manières, son âme, pierre précieuse de la céleste Jérusalem, fut taillée douloureusement par le ciseau du Divin Ouvrier.

Ce fut le mercredi 20 mai 1444, veille de l'Ascension, que les bras croisés, les yeux levés au ciel, la figure joyeuse, dit son biographe, comme de quelqu'un qui vient de remporter une victoire sur l'ennemi et semblable à un homme qui rit « ridenti similis », qu'il rendit sa très sainte âme à Dieu.

C'était l'heure des Vêpres et ses frères chantaient au Chœur l'antienne du «Magnificat » : « Pater, manifestavi Nomen tuum hominibus quos dedisti mihi : nunc autem pro eis rogo, non pro mundo, quia ad Te venio. Alleluia. » — « Mon Père, j'ai fait connaître Ton Nom aux hommes que Tu m'as donnés ; et maintenant, je prie pour eux, non pour le monde, car je viens à Toi. Alleluia. »

Bernardin avait 64 ans dont 42 de la vie monastique, et au moins 20 de prédication. Il fut canonisé le 24 mai 1450, six ans seulement après sa mort.

Demain.... Bienheureux THÉOPHILE DE CORTE, prêtre des Frères Mineurs (1676-1740), CRISPIN DE VITERBE, Frère lai des Mineurs Capucins (1668-1750) et BIENVENU DE RECANATI, Frère lai de l'Ordre des Mineurs (1289).
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Bienheureux THÉOPHILE DE CORTE, prêtre des Frères Mineurs (1676-1740), CRISPIN DE VITERBE, Frère lai des Mineurs Capucins (1668-1750) et BIENVENU DE RECANATI, Frère lai de l'Ordre des Mineurs (1289).


Il y a un peu plus de 200 ans, un jeune homme de 17 ans, poussé par l'ardent amour dont il brûlait pour son Dieu à faire profession dans un couvent de Frères Mineurs de Corse, allait chercher dans le Cloître le silence et l'obscurité. Être oublié et compté pour rien ici-bas dans la mort était toute son ambition.

Son nom était Blaise de Signori, à qui en religion on donna le nom de Théophile, nom qui signifie ami de Dieu et qui devait avoir en lui sa pleine réalisation.

Après de brillantes études à Rome et à Naples où il offrit à Dieu les prémices de son sacerdoce, il fit la rencontre d'un frère très fervent, le bienheureux Thomas de Cori.

En rapports quotidiens avec lui, d'une innocence de vie qui les rapprochait plus encore, compagnon habituel de ses travaux apostoliques, il se le proposa comme un modèle avec qui il devait saintement rivaliser.


A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

On lui confia la difficile tâche de promouvoir une plus étroite et plus rigide discipline dans quelques couvents de retraite de son Ordre, et dévoré de zèle pour étendre la gloire de Dieu et concourir au progrès spirituel de ses frères, surmontant d'un cœur joyeux et intrépide d'innombrables difficultés, il vint à bout de son entreprise. Afin d'attirer les cœurs de ses frères à pratiquer les devoirs de piété et à observer la discipline régulière dans la perfection, le saint homme justement appelé par les Franciscains le propagateur des saints couvents de retraite, jugea qu'il devait abonder lui-même dans toutes les vertus auxquelles il exhorterait les autres.

Aussi la pauvreté, l'obéissance, la chasteté, la charité, toutes les autres vertus furent l'objet de sa part d'une application constante et d'un tendre amour. Il aima la pauvreté, au point de rechercher toujours dans la nourriture et le coucher ce qu'il y a de plus vil, d'user des vêtements de rebut, de mendier souvent de porte en porte l'aumône pour la famille religieuse qui lui était confiée.

Quant à l'obéissance, toujours attentif au moindre mot de ses supérieurs, il ne mit jamais de retard à j exécuter leur volonté et tandis qu'il remplissait les fonctions de supérieur, il observa scrupuleusement les observances de la Règle franciscaine. Doué d'une simplicité ingénue et d'une candeur de moeurs irréprochable, il fit à ces vertus un rempart de l'abstinence et. dos terribles châtiments dont il affligeait son corps. Charitable, il visitait les malades, assistait les moribonds jusqu'à leur dernier soupir ; portait secours aux indigents alors même qu'ils ne recouraient pas à lui ; il aidait de ses conseils, du travail de ses mains ceux que le malheur accablait, et ceux-là surtout étaient l'objet de sa sollicitude quotidienne, et ce n'est pas seulement à ses frères que le Serviteur de Dieu prodigua le secours de sa parole et de son exemple, mais le peuple chrétien retira lui aussi de très grands avantages de ses saintes expéditions.

Malgré son amour de l'obscurité et de l'oubli, les miracles éclatants qui eurent lieu au lendemain même de sa mort rendirent son tombeau glorieux et Léon XIII, le 24 septembre 1895, lui décerna le titre de Bienheureux.

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Le Bienheureux Crispin de Viterbe fut un humble frère convers de l'ordre des Capucins qui se sanctifia tantôt dans une cuisine, tantôt dans la culture d'un jardin et tantôt en portant la besace de quêteur.

S'il est beau de supporter avec résignation toutes les épreuves de la vie, surtout si elles sont grandes, il est plus beau encore d'en savourer l'amer calice avec joie et de le vider lentement et continuellement durant une longue vie le sourire aux lèvres ; c'est cette héroïque et continuelle sérénité que pratiqua le Bienheureux Crispin et qui lui mérita le nom de « saint Joyeux ».

Ses vertus eurent un charme auquel personne ne résista : le peuple s'attachait à ses pas, les malades imploraient sa bénédiction, les grands du monde voulaient le voir, les savants venaient l'interroger ; les évêques, les cardinaux et le Souverain Pontife lui-même aimaient à converser avec cet humble qui, par sa simplicité, fut cher aux hommes, comme il fut, par ses vertus cachées, cher à Dieu.

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Digne émule de son illustre frère en religion saint Félix de Canatalice, il en reproduisit la sainte vie; comme lui, alors qu'il était quêteur, il aimait à s'appeler l'âne du couvent des Capucins et il savait joindre la finesse de l'ironie à la plus profonde humilité quand il le fallait ; un jour que, par manière de plaisanterie, on lui demandait pourquoi il ne portait pas de chapeau : « C'est, dit-il, que les ânes n'ont pas l'habitude d'en porter. »

Sa dévotion envers la Sainte Vierge, qui commença dès l'âge où il put comprendre,fut toujours extraordinairement tendre et profonde, et en terminant, recueillons comme une fleur de paradis cette parole que le Bienheureux répétait sans cesse : « Si votre prière passe par les lèvres de Marie, elle est d'avance exaucée, » et encore cette autre : « La vraie dévotion à la très Sainte Vierge consiste surtout à ne pas offenser son divin Fils. »

Le Bienheureux Crispin mourut à 82 ans, dont 57 passés en religion, ce fut le 19 mai, le mardi de la Pentecôte de l'année Jubilaire 1750 qu'il termina sa rude tâche et que sonna pour lui l'heure de la récompense.

Il fut cher à Dieu et aux hommes, et sa mémoire est en bénédiction.

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Monique
Messages : 694
Inscription : mar. 23 janv. 2007 1:00

Re: FLEURS FRANCISCAINES

Message par Monique »

Comme le saint Joyeux de Viterbe, le Bienheureux Bienvenu naquit dans la Marche d'Ancône.

La divine Eucharistie fut surtout l'objet de ses adorations et de son amour ; la vie cachée de Jésus dans nos tabernacles était le livre où le bon frère allait apprendre l'amour du silence, le mépris des agitations stériles du monde, la science de servir ses frères, et la fidélité à toutes les obligations de sa charge.

On lui avait confié l'emploi de la cuisine ; ce fut ni un obstacle ni une distraction à sa ferveur.

Un jour qu'il avait pris les premières dispositions pour préparer le repas, et que cédant à l'attrait de sa dévotion favorite, il s'était rendu à la chapelle pour y entendre la messe, la contemplation du divin mystère le ravit hors de lui, plusieurs messes se succédèrent ; pendant de longues heures le saint demeura immobile en présence de son Sauveur immolé ; enfin revenu de son extase il se rappela les devoirs de sa charge et sortit du saint Lieu en se reprochant son oubli. Mais à sa grande joie il trouva le travail achevé, tout était prêt : l'ange de Dieu l'avait suppléé. Ce fut le 9 mai 1289 que Dieu l'appela à Lui.

Demain... Bienheureux JEAN FOREST, prêtre franciscain (1471-1538), JEAN DE CÉTINE, prêtre et PIERRE DE DUENAS, Frère lai, des Mineurs. Martyrs (1397).
Répondre

Revenir à « Saint François d'Assise et les familles fransiscaines »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité