25 Mars, Incarnation et Crucifixion
25 Mars, Incarnation et Crucifixion
Ce jour anniversaire de l'Annonciation est aussi celui de l'Incarnation du Verbe qui a eu lieu dès l'acceptation par la Très Sainte Vierge Marie de la Volonté et du plan de Dieu sur Elle par son FIAT.
Mais c'est également le Jour anniversaire de la Crucifixion, puisque le Vendredi Saint est tombé en l'an 34 le 25 mars.
D'où le fait que ce jour est encore l'anniversaire ou dies natalis, le jour de l'entrée en Paradis (dans les Limbes en raison de la Présence du divin Sauveur) de Saint Dismas, le bon larron.
C'est aussi pourquoi il y a un jubilé extraordinaire à Notre Dame de France au Puy-en-Velay quand le Vendredi Saint tombe le 25 mars, comme l'an passé. Cela n'arrive qu'une ou deux fois par siècle. Exceptionnellement, cela doit avoir lieu à nouveau dans une dizaine d'années.
Qui pourrait nous fournir des preuves historiques ou d'autorité démontrant clairement que le Vendredi Saint est tombé en l'an 34 le 25 mars ?
D'avance, merci.
Mais c'est également le Jour anniversaire de la Crucifixion, puisque le Vendredi Saint est tombé en l'an 34 le 25 mars.
D'où le fait que ce jour est encore l'anniversaire ou dies natalis, le jour de l'entrée en Paradis (dans les Limbes en raison de la Présence du divin Sauveur) de Saint Dismas, le bon larron.
C'est aussi pourquoi il y a un jubilé extraordinaire à Notre Dame de France au Puy-en-Velay quand le Vendredi Saint tombe le 25 mars, comme l'an passé. Cela n'arrive qu'une ou deux fois par siècle. Exceptionnellement, cela doit avoir lieu à nouveau dans une dizaine d'années.
Qui pourrait nous fournir des preuves historiques ou d'autorité démontrant clairement que le Vendredi Saint est tombé en l'an 34 le 25 mars ?
D'avance, merci.
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
Fortes in Fide a écrit :
Je fais une réponse partielle à la question de l'Abbé Zins.
La "vraie date" n'est pas le 25 mars (ou un autre jour) : c'est l'équinoxe de printemps, c'est-à-dire le moment où le jour et la nuit sont de même durée, et où le jour va augmentant. Si le concile de Nicée (325) a fixé le "25 mars", c'est parce que, à son époque, l'équinoxe tombait ce jour. Mais au moment de la naissance du Christ, l'équinoxe tombait le 21 mars (plus ou moins quelques heures, ce qui pouvait donner le 20 mars ou le 22 mars). Ce décalage entre le 21 et le 25 mars est dû à la précession des équinoxes sur trois siècles. C'est le même décalage qui a introduit 10 jours de retard au XVIe s., et qui explique que le pape ait décrété que le lendemain du 4 octobre 1582 serait le 15 octobre, ce qui permettait de resituer l'équinoxe au 25 mars telle que l'avait décrété ledit concile de Nicée.
Cette question de date est annexe, en fait, à la vision théologique, que voici, telle que les Pères de l'Eglise l'ont développée :
1) la terre et le ciel (et la lune !) furent créés au "moment" de l'équinoxe. Pour prendre une image, le "lancement de la mécanique" eut lieu quand la terre était à son point équinoxial, et que le jour et la nuit furent égaux.
2) l'Incarnation du Verbe eut lieu au même moment de l'année.
3) la Crucifixion aussi.
C'est pourquoi la sainte Eglise fait un jubilé spécial quand les 2) et 3) tombent en même temps, c'est-à-dire quand le Vendredi-saint tombe un 25 mars.
En toute rigueur scientifique, cela ne coïncide pas toujours, car l'équinoxe vrai peut tomber entre le 23 et le 25 mars.
Ce qui précède ne répond pas exactement à la question de l'Abbé Zins (qui demandait des preuves de la coïncidence entre 2) et 3), mais cela permet de situer la question.
J'apporterai une seule rectification à l'Abbé Zins : c'est cette date du 25 mars. A l'époque du Christ, l'équinoxe ne tombait pas un 25 mars mais un 21. De toutes façons, pour ces époques, il faut éviter de parler en quantièmes du mois. Il faut plutôt parler en kalendes etc. (pour Rome) et utiliser les mois israélites pour le Christ.
Fortes in Fide.
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
Il est une preuve facile à fournir :
le Martyrologe Romain indique la fête de Saint Dismas, le Bon Larron, au 25 mars !!
Or, sur la Croix, Notre Divin Sauveur lui a dit : ... Hodie eris Mecum in Paradisum.... En ce jour même, tu seras avec Moi en Paradis. Le Ciel étant le lieu du séjour de Dieu, là où est Dieu, là est le Ciel. Y compris en l'âme en état de grâce.... Cette parole a constitué la seule canonisation directe !! .... par Notre Seigneur Lui-même !! .... Ergo !! .....
le Martyrologe Romain indique la fête de Saint Dismas, le Bon Larron, au 25 mars !!
Or, sur la Croix, Notre Divin Sauveur lui a dit : ... Hodie eris Mecum in Paradisum.... En ce jour même, tu seras avec Moi en Paradis. Le Ciel étant le lieu du séjour de Dieu, là où est Dieu, là est le Ciel. Y compris en l'âme en état de grâce.... Cette parole a constitué la seule canonisation directe !! .... par Notre Seigneur Lui-même !! .... Ergo !! .....
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
Le dernier jubilé de Notre-Dame du Puy a eu lieu en effet en 2005.Abbé Zins a écrit : C'est aussi pourquoi il y a un jubilé extraordinaire à Notre Dame de France au Puy-en-Velay quand le Vendredi Saint tombe le 25 mars, comme l'an passé. Cela n'arrive qu'une ou deux fois par siècle. Exceptionnellement, cela doit avoir lieu à nouveau dans une dizaine d'années.
Cette année encore le 25 mars coïncidant avec le Vendredi Saint, un jubilé sera célébré à Notre-Dame du Puy et sera semble-t-il le dernier du XXIe siècle (le suivant étant prévu pour 2157).
Le Jubilé est un temps de grâce et de miséricorde, pendant lequel les souverains pontifes accordaient aux fidèles une indulgence plénière exceptionnelle attachée à certaines œuvres.
Traditionnellement, le jubilé ou Grand Pardon de Notre-Dame du Puy débutait aux vêpres du 24 mars et était présidé par l’Évêque du Puy.
« Le Jubilé, accordé depuis un temps immémorial à Notre Eglise Cathédrale , toutes les fois que la fête de l'Annonciation de la Très-Sainte Vierge coïncide avec le Vendredi-saint; confirmé et étendu à toute l'octave de ladite fête, par les Souverains Pontifes Grégoire XV [à perpétuité] , Benoît XIII et Grégoire XVI, s'ouvrira le Jeudi-saint, 24 mars prochain. L'indulgence plénière attachée à ce Jubilé est applicable aux âmes des fidèles défunts. »
« Les conditions exigées pour gagner l'indulgence jubilaire sont, comme par le passé : la confession, la communion et la visité de l'Église angélique de Notre-Dame du Puy. À cette visite, on priera quelques instants, selon l'intention du Pape. On pourra dire, à cet effet, cinq Pater et cinq Ave. » (Extrait du mandement de l’Évêque du Puy pour le Jubilé de 1864)

Image pieuse souvenir du Jubilé du Puy de 1932.
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
Le premier Jubilé du Puy daterait du XIe siècle. Jusqu'au XVe siècle le Jubilé ne durait que la journée du Vendredi Saint; il semble que ce soit à partir du pontificat de Martin V que les Jubilés furent prolongés jusqu'au dimanche in albis. D'autre part, l'indulgence plénière accordait aux fidèles qui s'appliquaient aux œuvres prescrites, la rémission totale de leurs péchés.
En 1621, le roi de France Louis XIII, à la suite des prières de l'évêque du Puy, adressa au Saint-Siège, par l'intermédiaire de M. d'Agde, son ambassadeur à Rome, une demande de prolongement du Jubilé de Notre Dame du Puy :
En 1621, le roi de France Louis XIII, à la suite des prières de l'évêque du Puy, adressa au Saint-Siège, par l'intermédiaire de M. d'Agde, son ambassadeur à Rome, une demande de prolongement du Jubilé de Notre Dame du Puy :
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846, p.171 a écrit :« L'une des églises de mon royaume, à laquelle j'ai plus grand amour et singulière dévotion, est l'église de Notre-Dame du Puy, où j'ai aperçu qu'à l'intercession de Notre-Dame, Dieu m'a fait de grandes grâces, et, à cette cause, je veux bien trouver moyen de l'augmenter en tous biens. J'écris à notre Saint-Père, qu'il y donne un an entier le pardon de l'an de Jubilé et plénière rémission de tous péchés, à tous ceux qui visiteront ladite église, ainsi que vous pourrez plus à plein voir par le double des lettres de mon dit Saint-Père, que je vous envoye ci-enclos : et pour ce, je vous prie, M. d'Agde, pour tous les plaisirs que vous nous faites oncques, que vous veuillez tant faire envers notre dit Saint-Père, qu'il octroye à ladite église les pardons et indulgences dessus dits, et je vous assure que je vous en saurai meilleur gré, que de choses qui pourra se faire à ma requête. Je vous prie, derechef, que vous y mettiez si bonne diligence que la chose se fasse (1). »
(1) Manuel du Jubilé, Puy 1842.
Bref de Grégoire XV, étendant l'indulgence du Jubilé de Notre-Dame du Puy à toute l'octave :[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846, p.171-172 a écrit :Grégoire XV, à qui ces pieux désirs du monarque furent communiqués, y répondit par un bref, daté du 24 décembre 1621, où, sans accorder tout ce qui était requis, il déclara que faisant droit aux prières du pieux monarque, et désirant donner un nouveau lustre à la célèbre église du Puy, il étendait à la semaine tout entière le privilège accordé par ses prédécesseurs pour le seul jour de la fête, en sorte que les fidèles qui visiteraient le pieux sanctuaire, dans le courant de l'Octave, pussent avoir part aux mêmes indulgences. Cette concession était faite, non pour une fois, comme du temps de Martin V, mais pour toujours.
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846, p.357 a écrit : Gregorius (XV) , servus servorum Dei, ad perpetuam rei memoriam.
Cùm sicut ex insinuatione charissimi in Christo filii nostri Ludovici, Francorum regis christianissimi, accepimus alias Romani Pontifices praedecessores nostri omnibus utriusque sexûs fidelibus verè pœnitentibus et confessis ac sacrâ communione refectis, qui ecclesiam Aniciensem die festo Annuntiationis beatae Mariae Virginis, quotiescumque dies festus hujusmodi in feriam sextam in Parasceve incidisset, à primis vesperis usquè ad occasum solis festi hujusmodi singulis annis devotè visitassent, et ibi certas ad Deum preces effudissent, plenariam omnium peccatorum suorum indulgentiam et remissionem misericorditer in Domino in forma jubilaei concesserint; Nos piis ejusdem Ludovici votis annuere ac eamdem ecclesiam ampliori dono illustrare cupientes, de omnipotentis Dei misericordiâ ac beatorum Petri et Pauli apostolorum ejus auctoritate confisi, indulgentiam praedictam pro die festo hujusmodi, ut praefertur, concessam, ad omnes et singulos dies infrà illius octavam tenore praesentium perpetuo extendimus et ampliamus ; ità ut Christi fideles praedictam ecclesiam in aliquo ex diebus infrà octavam ejusdem festi modo et forma praemissis visitantes, et praemissa peragentes, ac ibibem pariter orantes, eamdem prorsùs indulgentiam, ut supra, consequantur.
Datum Romae, apud Sanctum-Petrum, sub annulo Piscatoris, die 24 decembris M. DC. XXI, Pontificatûs nostri anno I.
S. cardinalis S. SUSANNAE.
Grégoire XV, serviteur des serviteurs de Dieu, à la perpétuelle mémoire de la chose.
Informés par les représentations de notre cher fils en Jésus-Christ, Louis, roi très-chrétien des Français, que déjà les Souverains-Pontifes, nos prédécesseurs, avaient, dans la miséricorde du Seigneur, accordé aux fidèles de l'un, et de l'autre sexe, qui, vraiment pénitents, après s'être confessés et fortifiés par la sainte communion , visiteraient chaque année, avec dévotion, l'église du Puy, le jour de l'Annonciation de la bienheureuse vierge Marie, toutes les fois que cette fête concourt avec le Vendredi-Saint, à partir des premières vêpres jusqu'au coucher du soleil de ladite fête, et y adresseraient certaines prières à Dieu, une indulgence et rémission plénière de tous leurs péchés en forme de jubilé ; Nous , pressés du désir de satisfaire la piété et les vœux du susdit Louis, et de conférer à ladite église un nouveau lustre par une plus ample concession, pleins de confiance dans la miséricorde du Dieu tout-puissant, et dans l'autorité des bienheureux apôtres Pierre et Paul, nous donnons à la susdite indulgence accordée, ainsi qu'il est dit plus haut, pour le jour seul de la fête, une plus ample durée, et nous l'étendons pour toujours, par la force des présentes, à tous et chacun des jours de son octave, en sorte que les fidèles de Jésus-Christ, en visitant ladite église dans un des jours de l'octave de ladite solennité, en la manière et selon la forme exprimées plus haut, en accomplissant d'ailleurs les conditions marquées, et y faisant pareillement les prières prescrites, puissent gagner la même indulgence que dessus.
Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 24 décembre 1621, de notre pontificat l'an 1er.
S. card. DE SAINTE-SUSANNE.
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846, p.172 sq a écrit :Clément XI , frappé du concours prodigieux que le Jubilé précédent (1701) avait amené aux pieds de la sainte Image, accorda, en 1712, la permission de le gagner jusqu'au dimanche de Quasimodo, et d'appliquer l'indulgence aux âmes du purgatoire ; mais cette double concession était limitée et restreinte seulement à l'année présente.
Ce ne fut qu'en 1727 , et à la sollicitation du cardinal de Polignac, ambassadeur de France à Rome, que ces nouvelles faveurs reçurent du pape Benoît XIII le caractère définitif de la perpétuité. Il s'exprimait en ces termes :
« Benoît XIII, pape, pour souvenir perpétuel.
Le pape Grégoire XV, notre prédécesseur d'heureuse mémoire informé depuis longtemps que les Pontifes-Romains , nos prédécesseurs et les siens, avaient, dans leur bonté, accordé, en Notre-Seigneur, une indulgence plénière sous la forme de Jubilé, et une entière rémission de tous péchés aux fidèles de l'un et l'autre sexe, qui, sincèrement repentants, auraient, après s'être confessés et avoir communié, visité avec dévotion, et en récitant quelques prières, l'église du Puy , le jour de l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie, chacune des années où cette fête tombe le jour du Vendredi-Saint, dans l'intervalle qui s'écoule depuis les premières vêpres jusqu'au coucher du soleil de ladite solennité ; le pape Grégoire, notre prédécesseur, voulant, disons-nous, illustrer par une nouvelle faveur l'église dont il s'agit, prolongea à perpétuité ladite indulgence, accordée, ainsi que nous l'avons fait observer, pour le jour seul de la fête, à tous et chacun des jours de l'octave, en sorte que les fidèles visitant ladite église, dans un des jours indiqués, de la manière et dans la forme prescrites , accomplissant les œuvres ordonnées, et récitant également les prières convenables, pussent gagner la même indulgence que dessus, ainsi qu'il est exprimé plus au long dans lès lettres données en forme de bref, le 23 décembre 1621, par ledit Grégoire, notre prédécesseur, dont nous voulons que la teneur soit censée pleinement et expressément insérée dans les présentes. Nous, désireux de pourvoir à ce que cette indulgence plénière puisse être appliquée, par manière de suffrage, aux âmes des fidèles défunts, et touché des supplications qui nous ont été humblement adressées à cet effet, par notre bien-aimé fils Melchior de Polignac, cardinal-prêtre de la sainte Église romaine, nous accordons à tous et chacun des fidèles de l'un et l'autre sexe, qui auront gagné l'indulgence plénière susdite , en gardant les règles prescrites par les lettres de notre prédécesseur Grégoire, le pouvoir d'en appliquer le fruit, par manière de suffrage, aux âmes des défunts, qui ont quitté cette vie, unies à Dieu dans la charité, et cela en vertu de l'autorité apostolique, par la teneur des présentes et à perpétuité.
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846, p.359 sq a écrit :De plus, afin que tous les fidèles de Jésus-Christ puissent plus facilement participer à ce précieux trésor,
nous autorisons tous les prêtres confesseurs, tant séculiers que réguliers, qui seront à cet effet députés par l'ordinaire du lieu, à absoudre et délier dans le for de la conscience, après avoir entendu avec soin les confessions, tous les fidèles qui recourront à eux dans le dessein de gagner cette indulgence plénière, de toutes les excommunications, suspenses et autres sentences ou censures ecclésiastiques portées pour quelque cause que ce puisse être, soit par le droit, soit par un juge ecclésiastique, ainsi que de tous leurs péchés, excès, crimes et délits, même les plus graves et les plus énormes, bien que réservés à Nous et au Siège apostolique, de quelque manière que ce soit, excepté cependant les cas renfermés dans les lettres apostoliques qu'on a coutume de lire le jour de la Cène du Seigneur, ou par toute espèce de constitutions émanées de nous ou des Pontifes nos prédécesseurs, desquels nous voulons que la teneur soit censée exprimée dans les présentes, en leur imposant toutefois une pénitence salutaire, et leur enjoignant toutes autres pratiques nécessaires. De plus encore, nous leur accordons la faculté de commuer en d'autres œuvres pieuses et salutaires toutes sortes de vœux, excepté ceux de chasteté , de religion, de visite des basiliques des saints apôtres Pierre et Paul à Rome, du pèlerinage au sépulcre de Notre-Seigneur et au tombeau de saint Jacques de Compostelle, en imposant cependant à chacun d'eux, dans tous les cas susdits, une pénitence salutaire, et leur enjoignant d'autres œuvres, selon qu'ils le jugeront à propos. Quant aux réguliers de l'un et de l'autre sexe qui vivent dans une perpétuelle clôture, ainsi qu'aux autres dits fidèles de Jésus-Christ, qui, retenus en prison ou arrêtés par la maladie, ne pourraient visiter la susdite église, nous concédons aussi, dans notre clémence, aux dits confesseurs, le pouvoir de commuer la visite de la dite église en d'autres œuvres de piété, ou de la différer à un autre temps prochain, et de prescrire aux pénitents ce qu'il leur sera possible d'accomplir. Nous n'entendons pas cependant par les présentes dispenser d'aucune irrégularité publique ou note occulte, d'aucun défaut, incapacité, ou inhabilité, contractés de quelque manière que ce soit, ni donner aucun pouvoir de dispenser, ou de réhabiliter, ou de rétablir au premier état, même dans le for de la conscience. Nous n'entendons pas non plus que les présentes lettres puissent ou doivent en aucune manière servir à ceux qui auraient été excommuniés par nous, ou par le Siège apostolique, ou par quelque prélat ou juge ecclésiastique, ou qui d'ailleurs seraient déclarés ou publiquement dénoncés comme tombés dans des sentences ou des censures ecclésiastiques, à moins qu'ils n'aient d'abord satisfait et ne se soient accordés avec les parties intéressées, nonobstant toutes constitutions ou règlements apostoliques, et surtout ceux par lesquels la faculté d'absoudre dans certains cas qui y sont exprimés, est tellement réservée au Souverain Pontife alors régnant, qu'aucuns genres de concessions d'indulgences ou de facultés de cette espèce, soit semblables, soit différentes, ne sauraient être utiles à personne, à moins qu'il n'en soit fait une expresse mention, ou qu'il n'y soit spécialement dérogé, nonobstant, en un mot, tout ce qui pourrait être contraire à cette disposition.
Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 5 février de l'an 1727, de notre pontificat le troisième.
Par Monseigneur le cardinal Olivéri,
C, archevêque d'Émesse. »
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], R.P. Caillau, 1846,p.361 sq a écrit :« Benedictus, PP. XIII, ad perpetuam rei memoriam.
… Nos ut indulgentia plenaria ejusmodi in suffragium animarum Christi fidelium defunctorum applicari valeat providere volentes, supplicationibus dilecti filii nostri Melchioris sanctae Romanae Ecclesiae presbyteri cardinalis de Polignac nuncupati, nobis super hoc humiliter porrectis inclinati, omnibus et singulis utriusque sexûs fidelibus qui plenariam indulgentiam supra dictam, servatâ memoratorum Gregorii praedecessoris litterarum forma, consecuti fuerint, ut illam animabus Christi fidelium defunctorum , quae Deo in charitate conjunctae ab hâc luce migraverint, per modum suffragii applicare possint, auctoritate apostolicâ, tenore praesentium, in perpetuum concedimus et indulgemus....
Datum Romae, apud sanctum Petrum, sub annulo Pscatoris, die V februarii M.DCC.XXVII., pontificatus nostri anno tertio.
Pro Domino cardinali Olivero,
C., arch. Emyss. »
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p.174 a écrit :Nous parlerons plus bas du bref admirable, adressé par le pape Pie VI à Mgr de Galard de Terraube, dans les jours ténébreux qui pesèrent sur la France, à la fin du dernier siècle (1796). Il lui donnait le droit de faire gagner au peuple catholique le Jubilé dans quelque chapelle et dans quelque lieu que ce fût, pourvu que l'on s'éloignât des lieux et des temples, souillés parles schismatiques sans excepter la basilique angélique elle-même, dont le sanctuaire, alors livré à la profanation, devait être évité par les vrais enfants de l'Église.
Les Gloires de ND du Puy, p.195 sq a écrit :...celui de 1785... fut le douzième dont fut honorée l'église angélique. On aurait pu craindre que l'esprit philosophique, qui avait commencé à faire tant de ravages dans toutes les classes de la société, ne paralysât l'effet des faveurs accordées par le siège apostolique. Mais les exercices religieux qui servirent de préparation au Jubilé, le zèle de Mgr de Galard de Terraube, alors évêque du Puy, et de tous les prêtres du diocèse, le pressentiment même que l'on semblait avoir des malheurs prêts à fondre sur l'Église et sur la France, contribuèrent puissamment à neutraliser les effets désastreux des doctrines empestées. L’affluence fut considérable, et l'eût été bien d'avantage, si le temps avait permis d'entre prendre le voyage sans exposer sa vie. Plusieurs confréries de pénitents s'étaient donné un saint rendez-vous, pour se rendre au pied du sanctuaire de la Mère de Dieu; les pénitents blancs de Langeac devaient se joindre aux compagnies de Murat, Chaudes-Aigues, Pierrefort, Saint-Urcise, et d'autres encore. Mais celles de Saint-Flour, de Brioude et de Pauliaguet, purent seules opérer leur religieuse jonction.
Malgré les périls auxquels on s'exposait durant une saison rigoureuse, quatre-vingts mille étrangers vinrent faire leurs dévotions au Puy, et plusieurs personnes se souviennent encore de la piété dont ils donnèrent de touchants exemples.
Hélas ! c'était le dernier hommage qu'allait recevoir l'image sacrée de Marie : des mains impies et sacrilèges devaient l'arracher de son trône auguste, avant que revînt l'époque d'une nouvelle faveur. Le temple saint lui-même ne devait pas échapper à la profanation, et si, en 1796, époque où l'Incarnation et la mort du Sauveur concouraient, dans un même jour, l'église de Notre-Dame avait vu rouvrir ses portes, c'était pour recevoir une nouvelle insulte dans le simulacre de religion, que des schismatiques , condamnés du Saint-Siège, avait intronisé dans son enceinte.
Pouvait-on, dans ces circonstances difficiles, se croire encore en droit de gagner l'indulgence du Jubilé ? La saine théologie le niait avec assurance. Comment, disait-elle, la grâce apostolique aurait-elle son effet, sans la promulgation faite par l'évêque légitime, puisque cette promulgation est d'obligation dans le droit ecclésiastique ? Comment les fidèles pourraient-ils accomplir la condition essentielle de l'indulgence, savoir la visite de l'église, puisque l'entrée de cette église, souillée par tant d'actes schismatiques, ne saurait être permise à aucun des vrais disciples de Jésus-Christ ?
Comment se croiraient-ils même autorisés à mettre le pied dans un lieu déshonoré par les excès de l'impiété, et nullement réconcilié par les prétendues bénédictions des prêtres constitutionnels, notoirement séparés de la catholicité ?
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p.196 sq a écrit :Cette doctrine fut confirmée par un bref de Pie VI, adressé à Mgr de Galard de Terraube , alors exilé ; le Souverain-Pontife y déclarait l'annulation de l'indulgence accordée à l'église angélique par ses prédécesseurs, mais en même temps accordait à l'évêque le droit de la faire gagner à tous ses diocésains, dans le temps, dans le lieu, et de la manière qu'il le jugerait convenable, pourvu que ce fût en évitant tout contact avec les schismatiques. Cette pièce est trop importante pour ne pas trouver place dans cette histoire ; nous la rapportons dans son entier :
« Pie pape VI.
« Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique. Le zèle ardent qui vous anime, et vos soins assidus pour le saint troupeau qui vous est confié, et qu'obsèdent malheureusement des loups dévorants, respirent de toutes parts dans les lettres que nous avons eu le plaisir de recevoir dernièrement de vous, sous la date du premier jour de cette année. Dans la douleur incroyable que nous ressentons, vous le pensez bien, à la vue de tant de maux qui pèsent sur les églises de France, c'est du moins pour nous une espèce de consolation de voir leurs évêques conserver cette invincible fermeté, et cette constance inébranlable que les fatigues et les chagrins ne peuvent ni briser ni affaiblir ; de les voir demeurer toujours dans une vigilance vraiment sacerdotale. C'est aujourd'hui surtout qu'il faut s'attacher à cette exhortation que, dans un péril presque semblable, adressait aux églises d'Afrique le grand Cyprien, évêque et martyr : « Ne cessons, disait-il, de redoubler, avec tout notre peuple, nos jeûnes, nos oraisons, nos continuels gémissements, car ce sont-là pour nous ces armes célestes qui donnent la force, le courage, la persévérance. »
C'est afin de porter les fidèles à s'acquitter de ce devoir avec plus d'activité et de diligence, que le siège apostolique croit devoir leur ouvrir, en quelque sorte, toutes les sources des dons de cette charité qui lui est propre , comme a la tendre mère de toutes les églises. C'est pourquoi, puisque, selon la teneur de vos lettres, les Pontifes Romains, nos prédécesseurs, même dès les anciens temps, et plus récemment encore, le pape Benoît XIII, ont accordé à votre diocèse du Puy, dont la cathédrale a pour patronne la Vierge Marie saluée par l'ange, la faveur de promulguer, dans son étendue, une indulgence plénière, en forme de Jubilé, chacune des années où la fête de l'Annonciation concourt avec le Vendredi-Saint, et que vous avez déjà, dans l'année 1785, usé de ce privilège, avec grand fruit pour votre troupeau et pour les peuples voisins, nous acquiesçons volontiers à vos demandes, et nous ratifions, pour cette année encore, la concession de cette faveur.
Ainsi, nous confions et mandons à votre fraternité le soin de promulguer dans votre diocèse cette indulgence plénière, en forme de Jubilé, telle qu'elle est accordée dans les lettres apostoliques de notre prédécesseur , Benoît XIII, dont nous voulons que la teneur soit censée exprimée dans les présentes, et de déclarer qu'elle peut être gagnée pendant huit jours par tous les fidèles, même étrangers, pourvu qu'ils soient dans votre communion et dans celle du Saint-Siège, et qu'après s'être confessés, dans les sentiments d'une vraie pénitence, et fortifiés par la réception de l'Eucharistie , ils prient Dieu, avec instance, d'avoir pitié de son peuple (1), de se lever et de juger sa cause (2), de ne pas oublier notre indigence et nos tribulations (3). De plus, comme l'état affreux de perturbation où nous sommes ne saurait permettre d'accomplir les autres œuvres de piété qui sont prescrites par la bulle de Benoît XIII, nous laissons à votre prudence d'y substituer celles que lui paraîtra réclamer la nécessité des temps et des lieux. Ne serait-ce pas également une injustice de priver d'un si grand bienfait ces hommes fidèles de votre diocèse, soit clercs, soit laïques, qui, mis en fuite par les impies, ont été forcés de s'expatrier, livrés, comme ces grands serviteurs de Dieu dont saint Paul fait l'éloge, à la misère, à l'angoisse, à l'affliction (4) , puisque séparés du reste du troupeau par le malheur des temps, ils ne sont absents que de corps et nullement d'esprit ? A ceux-là donc aussi , pourvu qu'ils accomplissent les œuvres de piété qui seront en leur pouvoir, nous prétendons étendre la même indulgence, comme s'ils continuaient de vivre au milieu de leurs concitoyens, nonobstant toutes constitutions et règlements apostoliques de ne pas accorder de semblables faveurs, ainsi que toute autre disposition, qui pourrait être contraire à ce privilège.
Cependant une déplorable nouvelle est venue à notre connaissance ; celui qui, pour me servir des paroles de saint Optat de Milève, prétend, dans votre diocèse, usurper à son compte les clés du royaume des cieux, qui, dans sa présomption et dans son audace, ose combattre sacrilègement contre la chaire de Pierre, le faux évêque intrus n'a pas craint, dit-on , de proposer publiquement l'indulgence susdite, dont la concession est un droit de notre siège. Vous donc, vénérable frère, par la vertu de notre même autorité apostolique, déclarez ouvertement la vérité, et défendez rigoureusement à tous de tenir aucun compte de ses édits, de ses lettres et de ses discours; ordonnez-leur de se séparer entièrement de lui, et de n'entrer pour prier, ni dans votre cathédrale, tant qu'il y siégera, ni dans aucune des autres églises occupées ou fréquentées par les ministres coupables, qui partagent sa criminelle révolte, à moins qu'ils ne veuillent tomber dans les liens d'un crime énorme et d'un horrible sacrilège.
Donné a saint Pierre, sous l'anneau du pêcheur, le 29 janvier 1796, la vingt et unième année de notre pontificat. A notre vénérable frère, Marie-Joseph, évêque du Puy.
P. Cardin. Braschi-de-Honestis. »
(1) Eccli. XXXVI, 14.
(2) Psal. LXXIII, 22.
(3) Id., XLIII, 24.
(4) Hebr. XI, 37
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p. 366 sq a écrit :Pius PP. VI.
Venerabilis frater, salutem et apostolicam benedictionem. Studium tuum ardens curaque tua assidua quâ in salutem gregis divini , qui tibi fuit commissus , quique à rapacibus lupis miserè obsidetur, incumbis, omnibus ex partibus se quidem ostendit iis in litteris quas à te nuper libentissime accepimus die primo labentis anni datas. Levatur aliquantô noster mœror quem incredibilem profectô ex tantis malis suscipimus, quibus Galliarum ecclesiae obruuntur, cùm illarum episcopos retinere adhùc cernimus invictum animi robur et constantiam , nec ullis laboribus et aerumnis frangi unquàm aut debilitari, eosdemque in vigiliâ quâdam sacerdotali peipetuô manere. Est autem illud tenendum , ad quod sanctissimus ille antistes et martyr Cyprianus adhortabatur suos, cùm eodem ferè in discrimine Africanae essent ecclesiae, « ut jejuniis et orationibus insistere cum omni plebe ne desistamus et gemitibus continuis : » Haec sunt enim « nobis arma caelestia quae stare et perseverare fortiter faciunt. » Quod quidem ut fideles homines alacriùs et diligentiùs peragant, ea benignitas quae apostolicae Sedis
hujus, utpotè parentis omnium amantissimae , est maximè propria, expromenda penè tota impertiendaque illis est. Itaquè quod scribis, ab Romanis Pontificibus praedecessoribus nostris, vel priscâ aetate, ac postremô à Benedicto papâ XIII concessum fuisse diœcesi Podiensi tuae, cujus ecdesia cathedralis patronam habet beatam Mariam Virginem ab Angelo nuntiatam, ut quo anno hujus dies festus feriae sextae in Parasceve occurrat, indulgentia tunc plenaria in forma jubilaei in ipsâ diœcesi promulgetur, eoque privilegio te jàm anno M. DCC. LXXXV ingenti cum tui populi ac finitimorum quoque fructu usum fuisse, id nos tuis ut postulatis obsequamur, hoc etiam anno ratum habemus. Itaquè fraternitati tuae per has litteras committimus et mandamus ut eam indulgentiam plenariam in formâ jubilaei, qualis in apostolicis litteris commemorati praedecessoris nostri Benedicti XIII, quarum tenorem hic pro e.xpresso haberi volumus, concessa est, promulgari in praedictâ tuâ diœcesi auctoritate apostolicâ cures, eamque intrà octo dies lucrandam declares à Christi fidelibus quibuscumque, etiam advenis, tuam tamen et nostram et sanctae Sedis hujus communionem habentibus , iisdem verè pœnitentibus et ritè confessis ac sacra communione refectis, Deumquc enixè rogantibus ut misereatur populi sui, ut exurgat et judicet causam nostram, ut obliviscatur inopiae nostrae et tribulalionis nostrae; et quoniam tanta isthaec perturbatio rerum haud sinit ea ut pietatis praestentur, quae in illis praetereà Benedicti XIII litteris praecipiuntur, id permittimus prudentiae tuae ut quae tempus, quae locus postulare intelliget, alia prae illis pietatis opera facienda decernat ; neque hoc tanto beneficio carere aequum est fideles viros illos sive clericos, sive laïcos diœcesis tuae, qui in fugam ab impiis acti solum vertere compulsi sunt, egentes , angustiati, afflicti, illorum instar quos laudat Paulus, qui à reliquo grege interim necessitate temporis, corpore, non spiritu, sunt separati. Itaquè ad hos etiam, si injuncta pietatis opera, quarum habebunt facultatem, perfecerint, indulgentiam eamdem ac unà cum suis versari pergerent, pertinere volumus, non obstantibus constitutionibus et ordinationibus apostolicis de non consequendis indulgentiis ad instar caeterisque contrariis quibuscumque.
Perlatum verô et illud ad nos est, eum qui in tuâ diœcesi « claves regni caelorum, ut Optati Milevitani verbis utamur, sibi usurpare contendit; » qui contra cathedram Petri suis praesumptionibus et audaciis sacrilegio militat, pseudo-episcopum nempè intrusum, haud veritum hujus ipsiûs cathedra privilegium, indulgentiam scilicet de quâ hactenùs, publicè proponere ; tu itaquè venerabilis Frater, eâdem auctoritate nostrâ apostolicâ denuntiato apertè, ac districtè jubeto omnibus, ut ne ejus edictorum aut litterarum, aut sermonum ullam rationem habeant ; ut ab eo se omninô segregent ; ut ne ecclesiam cathedralem tuam, quandiù ab eo tenebitur, neque alias ab hominibus cum eo nefariè conjunctis occupatas celebratasque ecclesias supplicatum adeant, nisi summo scelere et sacrilegio alligari malint.
Datum Romae apud Sanctum-Petrum, sub annulo Piscatoris, die XXIX januarii M. DCC. XCVI., Pontificatûs nostri anno vigesimo primo.
Venerabili fratri Mariae Josepho episcopo Podiensi.
Cardinalis BRASCHI DE HONESTIS.
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p.199-200 a écrit :Mgr de Galard était alors retiré en Suisse; mais il avait laissé un digne remplaçant, dans la personne de M. de Rachat, curé de Tence, dont la foi vive ne faillit jamais, et qui a laissé après lui une mémoire vénérée. Celui-ci déploya le zèle le plus actif, pour répandre, parmi les fidèles et les prêtres échappés au glaive de la révolution, la connaissance du bref de Pie VI et des œuvres de piété, dont le Saint-Père avait laissé la détermination au jugement de l'évêque légitime. Le Jubilé fut renvoyé à l'Octave de la Fête-Dieu, et à celle de saint Pierre et de saint Paul, pour les fidèles qui, pendant la première époque, n'auraient pu trouver l'occasion de se confesser et de communier. A la visite de la cathédrale, on avait substitué celle de toute église catholique. Mais les églises catholiques, où étaient-elles alors ? Elles étaient, comme aux jours de la primitive Église, dans des maisons retirées, dans des asiles solitaires, autour desquels souvent rôdaient encore la proscription et la mort. Mais la grâce inestimable du Jubilé ne semblait-elle pas devenir plus précieuse par les circonstances terribles qui l'accompagnaient ? Mais n'était-ce pas un sublime spectacle de contempler ces prêtres, éclaircis par l'exil et le fer des bourreaux, se consacrant, jour et nuit, à préparer les âmes à cette précieuse faveur ? Mais pouvait-on, sans verser des larmes d'attendrissement et de piété, voir ces vénérables ministres, doublement confesseurs, multiplier leur zèle, sans pouvoir presque suffire au concours des pénitents, qui se pressaient dans les appartements, changés en tribunaux pour la réconciliation, et en oratoires pour le sacrifice ?
Re: 25 Mars, Incarnation et Crucifixion
[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p.174 sq a écrit :En 1839, Mgr de Bonald , alors évêque du Puy , et maintenant cardinal-archevêque de Lyon, avait, dans son voyage à Rome , commencé à faire auprès du Saint-Siège les premières démarches , pour renouveler ce glorieux privilège , que les changements survenus dans l'Église de France à la fin du dernier siècle et au commencement du nôtre , semblaient avoir rendu douteux ou même avoir absolument éteint.
Mais son élévation au siège primatial de l'ancienne capitale des Gaules, ne lui ayant pas permis de terminer cette grande affaire, il en légua le soin à son digne successeur, Mgr d'Arcimoles , qui , d'après un Mémoire qui lui fut présenté au mois d'avril 1841 par son vénérable Chapitre, adressa à notre Saint-Père le pape, Grégoire XVI, une respectueuse supplique , pour obtenir le renouvellement d'une grâce , si propre à ranimer dans ces contrées, encore pleines de foi, la dévotion à la très-sainte Vierge. M. le comte de Latour-Maubourg, ambassadeur de France à Rome, fut prié d'employer son crédit pour appuyer une demande , qui devait d'autant plus l'intéresser , qu'elle avait pour objet le bien spirituel d'un pays, qui a été le berceau de ses ancêtres.
Le noble solliciteur ne pouvait manquer de réussir dans une circonstance si propre à toucher le cœur du père commun de tous les fidèles ; le succès ne tarda pas à couronner ses instances , et Mgr l'évêque en reçut la nouvelle par une lettre trop honorable à celui qui l'a écrite , pour ne pas la rapporter ici tout entière :
« Monseigneur,
A peine eus -je reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 11 juin dernier, que je m'occupai de l'affaire que vous me recommandiez. J'ai aujourd'hui la satisfaction de vous annoncer que le Saint-Père , à qui j'avais fait remettre les pièces que vous me transmettiez , et qui a voulu les examiner lui-même , a daigné , sur mes instances , et grâce à l'intervention de S. E. le cardinal Lambruschini , dont j'avais réclamé l'appui , vous accorder la grâce que vous souhaitiez , et telle que vous la sollicitiez , c'est-à-dire le rétablissement de l'ancien Jubilé , qui existait autrefois dans la cathédrale du Puy , toutes les fois que l'Annonciation tombait le jour du Vendredi-Saint. Vous trouverez ci-joint le bref qui consacre la concession de cette faveur.
Je m'estime heureux , Monseigneur , d'avoir trouvé cette occasion de me rendre utile à un diocèse , auquel j'appartiens par des souvenirs de famille que je ne puis ni ne veux oublier. Il m'a été particulièrement agréable de m'occuper d'une affaire qui vous intéressait, Monseigneur, et de pouvoir vous donner, par l'empressement que j'ai mis à répondre aux vœux que vous m'exprimiez, une preuve de la haute estime et de la respectueuse considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur ,
L'Ambassadeur de France près le Saint-Siège ,
Cte de Latour-Maubourg.
Rome , le 18 août 1841. »
Le bref de Sa Sainteté Grégoire XVI, ne confirme pas seulement les anciens privilèges ; il étend encore davantage le temps des faveurs apostoliques , et accorde douze jours pleins à la dévotion des fidèles disciples de Jésus-Christ , c'est-à-dire depuis le 'Jeudi-Saint jusqu'au lundi après la Quasimodo , en restreignant seulement à l'année présente la grâce de cette prolongation. Un monument d'une si haute importance ferait dans notre histoire une lacune impardonnable , si nous le passions sous silence. En voici la teneur :
« Grégoire XVI, Pape.
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique. Vous avez eu soin de nous exposer que Benoît XIII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, par de semblables lettres apostoliques, données le 5 février 1727, avait confirmé l'indulgence plénière en forme de jubilé, accordée à perpétuité par Grégoire XV, notre prédécesseur aussi d'heureuse mémoire, à tous et chacun des fidèles de l'un et de l'autre sexe qui, étant vraiment repentants, s'étant confessés, et ayant communié , visiteraient l'église cathédrale du Puy, et y prieraient avec piété pour la concorde entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de l’Église notre sainte Mère, le jour de la fête de l'Annonciation de la bienheureuse Marie toujours Vierge, ou un jour quelconque de son octave, lorsque cette fête se rencontrerait le Vendredi Saint, et en outre qu'il avait déclaré cette indulgence applicable aux âmes des fidèles détenues dans le purgatoire, comme il paraît clairement et manifestement par lesdites lettres dont nous voulons que la teneur soit regardée comme exprimée et insérée dans les nôtres. C'est pourquoi vous nous avez demandé par d'instantes prières, pour le plus grand bien et le plus grand avantage spirituel de votre troupeau, que nous voulussions bien aussi confirmer par notre autorité suprême celle indulgence en forme de jubilé, et en même temps l'étendre pour la prochaine année 1842. Nous donc, accédant à vos pieux désirs avec allégresse et de grand cœur, par l'autorité que nous avons reçue du Seigneur, et nous confiant en la miséricorde du Dieu tout-puissant et en l'autorité des bienheureux Pierre et Paul, ses apôtres, nous confirmons à perpétuité, par ces présentes lettres, la susdite indulgence plénière en forme de jubilé, accordée a perpétuité par Grégoire XV, et confirmée et étendue par Benoît XIII et nous l'étendons et prolongeons, pour la prochaine année seulement, à douze jours, lesquels commenceront et seront comptés à dater du Jeudi Saint. Ce que nous vous concédons et accordons avec bienveillance , sans déroger en rien à aucune des conditions qui ont été marquées dans les lettres susdites de Benoît XIII, notre prédécesseur , sans rien changer à la forme de ces lettres, et annulant tout ce qu'elles annulent.
Donné à Rome, à Ste-Marie-Majeure, sous l'anneau du pêcheur, le 6 août 1841, la onzième année de notre pontificat.
L. Card. Lambruschini. »
Pour le jubilé de 1932, le Pape Pie XI, dans un bref du 31 janvier 1932 semble avoir accordé à perpétuité, la prolongation du jubilé du Vendredi Saint au second dimanche après Pâques.[i]Les Gloires de ND du Puy[/i], p.364 sq a écrit :« Gregorius PP. XVI.
Venerabilis frater, salutem et apostolicam benedictionem. Exponendum nobis curasti felicis recordationis Benedictum XIII, praedecessorem nostrum, per similes aposlolicas litteras die v februarii MDCCXXVII datas, indulgentiam plenariam in forma jubilaei à felicis memoriae Gregorio XV pariter praedecessore nostro in perpetuum concessam omnibus et singulis utriusque sexûs Christi fidelibus verè pœnitentibus et confessis ac sacrâ communione refectis, et cathedralem ecclesiam Aniciensem visitantibus, ibiquè pro christianorum principum concordiâ.haereseum extirpatione. ac sanctae Matris Ecclesiae exaltatione piè orantibus die festo Annuntiationis B. M. V. I. , quandô festum istud in feriam sextam Parasceve incidisset, necnon intrà ejusdem festi octavam confirmasse, alque insuper indulgentiam ipsam animabus Christi fidelium in purgatorio detentis applicari posse declarasse, prout ex dictis litteris clarè apertèque patet, quarum tenorem hic pro expresso et inserto haberi volumus. Jam vero enixis precibus à nobis postulasti , ut pro majori tui gregis spirituali bono atque utilitate indulgentiam ipsam in forma jubilaei supremâ quoque nostrâ auctoritate confirmare velimus, ac simul pro futuro anno MDCCCXLII extendere. Nos igitur piis tuis votis alacri libentique animo annuentes, auctoritate nobis à Domino tradità, deque omnipotentis Dei misericordiâ ac BB. Petri et Pauli apostolorum ejus auctoritate confisi, praedictam plenariam indulgentiam in formâ jubilaei à Gregorio XV perpetuô tributam, atque à Benedicto XIII confirmatam et extensam, hisce litteris perpetuum in modum confirmamus, eamque pro futuro anno MDCCCXLII duntaxat ad duodecim dies à precedenti feriâ v in cœnà Domini incipiendos et numerandos , extendimus et ampliamus. Haec concedimus atque indulgemus sartis tectisque omnibus conditionibus, quae praedictis Benedicti XIII praedecessoris nostri litteris adjectae sunt, ac earumdem litterarum formâ servatâ, et non obstantibus iis omnibus quae iisdem in litteris non obstare decretum est.
Datum Romae, apud S. Mariam Majorem, sub annulo piscatoris, die VI augusti MCXXXXLI, pontificatùs nostri anno undecimo.
A. Card. Lambruschini. »
LETTRES APOSTOLIQUES accordant pour toujours une indulgence plénière en forme de jubilé à l'église cathédrale du Puy.
Pie XI, PAPE
Pour perpétuelle mémoire.
L'évêque du Puy Nous expose que Nos prédécesseurs les Pontifes romains ont déjà accordé, il y a bien longtemps, que les fidèles, en visitant l'église cathédrale du Puy, le jour de la fête de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, quand cette fête coïncide avec le Vendredi-Saint, pourraient gagner une indulgence plénière en forme de jubilé, aux conditions accoutumées. Dans la suite, le Pape Sixte V, d'heureuse mémoire, a prorogé le temps où l'on pouvait gagner cette
indulgence, d'abord jusqu'au mardi de Pâques, et ensuite pendant toute l'octave de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Enfin les Papes Pie X et Benoit XV , Nos prédécesseurs, ont, dans leur bienveillance, étendu ce temps du Jeudi-Saint au second dimanche après Pâques, inclusivement.
Nous que Notre tendre charité presse continuellement d'augmenter la religion des fidèles, et, au moyen des célestes trésors de l'Eglise, de procurer le salut des âmes, puisque l'évêque du Puy Nous a aussi supplié instamment de vouloir bien rehausser de faveurs particulières cette indulgence plénière qui est une richesse de l'église cathédrale du Puy, Nous avons jugé bon d'exaucer, de notre plein gré et volontiers, ces prières.
C'est pourquoi, après en avoir conféré avec Notre cher Fils le cardinal de la Sainte Eglise Romaine Grand Pénitencier, par la miséricorde de Dieu tout-puissant et en vertu de l'autorité des apôtres Pierre et Paul, Nous accordons par ces lettres apostoliques que l'église cathédrale du Puy jouisse pour toujours du privilège de l'indulgence plénière, en la même forme que l'ont concédée les Papes Pie X et Benoit XV , en y ajoutant pour l'Ordinaire du Puy la faculté de dispenser, par lui-même ou par d'autres, les fidèles, soit pris individuellement, soit réunis en groupe, qui, pour un motif raisonnable, seraient empêchés de visiter l'église cathédrale. Celte visite devra être commuée en telles autres bonnes œuvres qui seront convenables...
… Nous permettons que, pour gagner l'indulgence de ce jubilé, puissent suffire la confession et la communion annuelles prescrites aux fidèles par les canons 859 et 906 du code de droit canonique, et Nous accordons que les fidèles, après avoir gagné une fois l'indulgence plénière pour eux-mêmes ou pour les défunts, puissent la gagner une seconde fois, durant le même temps fixé, pour les âmes qui sont en purgatoire.
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