FLEURS FRANCISCAINES

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Monique
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Non loin de Brielle, dans la campagne, s'élevaient les ruines du couvent de Rugge, c'était naguère une maison florissante de Chanoines réguliers de l'Ordre de Saint Augustin ; mais les Gueux l'avaient saccagée et de toute son ancienne splendeur, il ne restait plus qu'un grand corps de bâtiment ayant l'aspect d'une grange. Le lieu sembla propre au dessein des exécuteurs de la sentence du comte de la Mark ; ils firent entrer les prisonniers dans une vaste pièce, où il y avait deux poutres d'inégale longueur qui avaient échappé à la dévastation générale. En les voyant, les bourreaux s'écrient : « Voici deux potences toutes préparées, cela nous évitera la peine de dresser celle que nous avons apportée ; quelle chance ! » Aussitôt les condamnés sont dépouillés de tous leurs vêtements ; leur pudeur se révolte, mais ils se résignent à cette ignominie en pensant à la sainte Victime du Calvaire.

Le Père Gardien est appelé le premier ; avant de monter à l'échelle fatale, il embrasse tous ses Religieux et les exhorte à demeurer unis dans la même Foi comme ils l'ont été sous la même Règle ; puis il ajoute en les quittant : « Nous ne serons pas longtemps séparés, mes bien chers Frères, je vous attends tous auprès du trône de Dieu ; que pas un de vous par une indigne lâcheté ne perde cette occasion précieuse qui lui est offerte de jouir du bonheur infini. » Il s'avance radieux, et, gravissant les échelons d'un pied assuré, il adresse encore la parole à ses compagnons et ne cesse de les encourager à se montrer fermes et inébranlables dans leur attachement à l'Eglise Romaine.

Mais bientôt la voix expire sur ses lèvres, la corde en lui serrant le cou a intercepté la respiration, il se débat dans les convulsions de l'agonie et un instant après la belle âme de Nicolas Pieck, séparée de son corps, s'est envolée dans le sein du Très-Haut ; le premier des martyrs de Gorcum n'était âgé que de 38 ans. Les uns après les autres imitèrent leur héroïque supérieur et rendirent témoignage, en acceptant la mort après de cruelles souffrances physiques et morales, à la présence réelle de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement et aux augustes prérogatives du successeur de Pierre. En 1675, le Pape Clément X les béatifia, et Pie IX en 1867 leur décerna les titres de Martyrs et de Saints.
Puisse leur sang généreux ramener tous les égarés loin du bercail au sein de l'unique Epouse du Christ, la Sainte Eglise Romaine.

Demain... Sainte VÉRONIQUE GIULIANI, abbesse des Capucines (1660-1727).
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Monique
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Sainte VÉRONIQUE GIULIANI, abbesse des Capucines (1660-1727).

Parmi les grandes mystiques qui ont à la fois édifié et étonné le monde chrétien, Véronique eut une place à part. Peu de saints ont reçu comme elle la mission de souffrir ; c'est par là qu'elle est montée à un degré vraiment vertigineux de sainteté et de sacrifice.

Elle naquit à Mercatello, petite ville située aux pieds des Apennins, dans une vallée profonde, le 27 décembre 1660. Les époux Giuliani eurent sept filles, dont Véronique qui reçut au baptême le nom d'Orsola (Ursule), fut la plus jeune.

Dès sa naissance elle vécut dans une atmosphère de souffrance et de surnaturel ; en relations presque continuelles avec l'Enfant Jésus, lui donnant en ces préludes naïfs et charmants de son union mystique tout l'amour de son âme. A six ans elle perdit sa mère, la pieuse Benedetta, qui avant de mourir rassembla ses cinq filles deux d'entre elles lui avaient déjà été ravies par mort) ; elle leur dit qu'elle voulait leur laisser dernier testament comme preuve de son affection, et leur montrant le crucifix qu'elle tenait en main, elle légua à chacune une plaie du divin Crucifié ; 0rsola eut la plaie du coeur.

A dix sept ans, triomphant de tous les obstacles, elle entra chez les Capucines de Citta di Castello ; c'est alors surtout que commence pour elle cette vie si mystérieuse qu'on pourrait douter de sa véracité, si les témoignages qui nous la rapportent, le journal de sa vie et les témoignages recueillis pour sa canonisation, n'étaient pas irrécusables. Amante éperdue de la passion du Christ, elle en porta les blessures dans son corps et dans son âme durant sa vie.

Durant trente-trois années les souffrances qu'elle endura sont inimaginables et presque incompréhensibles. « Après ma mort — avait-elle dit — vous ferez de mon corps ce que vous voudrez. » Or ceux qui avaient connu Véronique, rappelèrent les merveilles des stigmates qu'elle avait reçus, l'odeur suave de la blessure du cœur, et le miracle suivant sur lequel les médecins appuyèrent : elle garda ses plaies vives et saines comme des plaies nouvellement faites. Or il est impossible qu'une plaie reste vive sans s'enflammer ou s'envenimer, elle doit, ou se cicatriser ou devenir purulente. Les plaies de Véronique avaient un caractère absolument phénoménal. Il fut décidé qu'on ouvrirait le corps virginal.
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Devant une assistance respectueuse et émue, le médecin et le chirurgien qui avaient soigné Véronique constatèrent d'abord, au côté gauche, la cicatrice d'une blessure. Ils constatèrent que cette blessure avait dû être profonde et atteindre directement le cœur. Le cœur extrait, il fut constaté que la blessure le traversait de part en part. On l'ouvrit et à l'admiration des assistants, il s'y trouva à la partie supérieure différents signes formés d'une matière dure et brune comme des muscles durcis. Ils dessinaient parfaitement les instruments de la Passion tant de fois décrits par la sainte. On y retrouva la bannière avec les initiales I et M, les clous, le roseau, la couronne d'épines, les sept épées des douleurs de Marie, une petite flamme, la croix avec la lettre C.

L'examen de cette partie du haut du cœur ayant duré longtemps, on n'ouvrit pas le reste, mais on procéda tout de suite aux obsèques. On se borna à constater le déplacement de l'os de l'épaule et son fléchissement ainsi que la blessure faite par le poids d'une croix invisible. On examina aussi les stigmates des pieds et des mains, et le procès-verbal, dressé et signé par les témoins, devint une preuve indéniable de la véracité des miracles de la vie de Véronique, et si les souffrances de son corps durent être inouïes, qui pourrait dépeindre celles de son âme ?

Elle mourut le 9 juillet 1727 ; à l'aube de ce jour d'été, Véronique après trente-trois jours d'un long supplice, était là, couchée sur son lit, toujours calme, mais si faible qu'on percevait à peine son souffle ; son confesseur se penche vers elle, et lui montrant le ciel qui rosit. « Allons, sœur Véronique, lui dit-il, soyez heureuse, vous allez rejoindre Celui que vous avez tant désiré ! » La sainte ouvre les yeux, radieuse, mais son regard se fixe avec insistance sur le Prêtre, il le suit partout, il demande une grâce, mais laquelle ? Le Père cherchait sans rien trouver. Il priait, reprenait les prières des mourants, suggérait des pensées dévotes, et toujours les yeux suppliants de Véronique s'attachaient à lui.

Tout à coup il comprit. Dieu lui faisait saisir le désir de sa servante. Il se souvint que bien des fois, Véronique lui avait dit qu'elle ne voudrait pas quitter ce monde sans sa permission, voulant, comme son époux Jésus, être obéissante jusqu'à la mort. S'armant alors d'une foi vive, le cœur ému devant ce mystère de vertu surhumaine, il dit à la mourante : « Sœur Véronique, si le bon plaisir de Dieu veut vous reprendre ici-bas, et s'il est agréable à Sa Majesté divine que l'ordre de son ministre intervienne ici, je vous donne cet ordre. »

A peine le Père eut-il prononcé ces paroles solennelles qui marquaient la fin des trois heures d'agonie, subie comme Jésus sur la croix, que Véronique regarda ses filles assemblées comme pour leur dire un dernier adieu et, baissant la tête, elle rendit l'esprit. Elle avait 77 ans, elle en avait passé 50 en religion et elle terminait la onzième année de son gouvernement d'abbesse. Elle fut canonisée le 26 mai 1839.

Demain... Saint FRANÇOIS SOLANO, prêtre des Frères Mineurs, apôtre du Pérou (1549-1610).

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Saint FRANÇOIS SOLANO, prêtre des Frères Mineurs, apôtre du Pérou (1549-1610).

Digne d'être connu et vénéré de l'univers entier, illustre par ses nombreux et éclatants miracles, saint François Solano, le grand apôtre de l'Amérique du Sud, est resté trop longtemps dans l'oubli, et cependant ses travaux apostoliques peuvent être comparés avec avantage à ceux de ces hommes intrépides qui ont fait sur d'autres plages de si merveilleuses conquêtes à l'Evangile, et dont l'histoire est universellement connue.

De plus, malgré les siècles écoulés depuis sa découverte, le monde de Christophe-Colomb peut encore facilement compter ses saints ; il est juste qu'il connaisse au moins ceux qu'il a produit. Sans doute l'Amérique ne donna pas le jour à ce vaillant soldat du Christ, l'Espagne eut cette gloire, mais du moins, sur la terre du Nouveau-Monde, ce saint exerça son glorieux apostolat, de ces régions fécondées par s sueurs il s'éleva vers la céleste patrie, et c'est elle qui garde son tombeau.

François Solano vint au monde à Montilla, ville d'Andalousie, le 10 mars 1549. En ce temps-là, les ténèbres de l'hérésie s'élevaient sur le monde, l'Europe voyait sa foi diminuer et s'éteindre sous les doctrines dégradantes de Luther et de Calvin. ; pendant que ces apôtres de l'enfer, se survivant dans leurs adeptes, ravissent aux nations leur foi et leur fidélité, Dieu se choisit de nouveaux peuples, sa divine providence fait naître un véritable apôtre qui portera à des barbares moins dégradés, cette lumière de la foi, cette espérance de la vie éternelle, que les peuples soi-disant civilisés s'efforcent de ne plus voir, pour ne plus l'accepter. Le vœu de Colomb sera exaucé, car c'était moins des terres à l'Espagne, moins de l'or à la Palestine, que des âmes pour le Christ qu'était allé chercher l'intrépide navigateur.
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Déjà François Solano avait traversé saintement l'adolescence, déjà tout jeune Religieux il avait servi de modèle aux plus anciens et aux plus pieux ; déjà comme prédicateur il avait distribué aux âmes les dons du Saint-Esprit dans des paroles brûlantes d'amour de Dieu jointes aux admirables actions d'une vie sainte ; déjà martyr de sa charité, il s'était, durant la peste qui désolait sa patrie, livré à la contagion en se dévouant aux malades abandonnés pour les servir et les soulager ; déjà par sa profonde humilité, par les austérités de la plus sévère discipline, par ses jours et ses nuits passés dans les exercices de piété et de pénitence, il avait porté la mortification jusqu'à imiter les grands Patriarches de la vie monastique, Benoit et François, se roulant comme eux dans les épines dans l'excès de son zèle pour dompter son corps et éteindre l'ardeur de la concupiscence ; il voulait encore monter plus haut et désirait avec ardeur de souffrir le martyre.

Dans ce but, il demanda par grâce à ses supérieurs la permission d'aller prêcher en Afrique ; le refus qu'on lui en fit, il demanda et obtint une place parmi les missionnaires de son Ordre qui s'embarquaient pour aller porter la Foi dans l'Amérique méridionale. Comptant pour rien les périls de la terre et de la mer, en comparaison du salut des âmes, il arriva non sans prodiges, avec ses compagnons, au lieu où le Seigneur lui préparait une grande mais difficile moisson. Il n'épargna ni travaux, ni veilles, ni fatigues ; faisant siennes les misères des autres, enflammé de l'amour de Dieu et du prochain, il mérita d'apprendre par infusion divine la langue de ces peuples, et leur prêchant la foi d'une parole si persuasive, il s'insinua si fort dans leurs esprits, que ces sauvages, quittant leur férocité naturelle, accouraient à l'envi à ses instructions ; il en instruisit et en baptisa une multitude innombrable. Il gagna tellement leur estime et leur confiance qu'il leur faisait faire de bon gré ce qu'on n'avait pu obtenir d'eux par des moyens de rigueur.

La force de ses paroles parut particulièrement un jour de jeudi saint : les chrétiens s'étant assemblés selon leur coutume, pour célébrer saintement les mystères de la Passion de Notre-Seigneur, plusieurs milliers d'infidèles s'attroupèrent pour fondre sur eux et les exterminer. François Solano ayant paru, et s'étant fait entendre à ces barbares, de nations et de langues différentes, les désarma, fit la paix avec eux et en convertit à la Foi de Jésus-Christ plus de neuf mille en cette occasion.
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Plus tard s'étant rendu à Lima, il prêcha la pénitence à cette grande ville et, comme un autre Jonas, il menaça cette autre Babylone d'une entière destruction si ses habitants ne se livraient pas de tout leur cœur au repentir. Cette exhortation fut si efficace qu'ils s'engagèrent dans la voie d'une pénitence étonnante.

Indiens et Espagnols se convertissaient en foules sur son passage, car François était un véritable missionnaire et un homme de Dieu. Jamais la première ferveur de son apostolat ne se refroidit, l'ardeur du combat loin de le lasser le ranimait sans cesse ; l'esprit de la foi le soutenait ; il entretenait son zèle par les mêmes austérités qui avaient marqué les débuts de sa vie religieuse et peut-être par de plus grandes encore: Il faisait tous ses longs voyages à pied sans jamais porter de sandales, en quelque état que fussent les routes à travers les forêts et les montagnes.

Véritable enfant de François d'Assise, dont il est une des parfaites copies, il se confiait en tout à la bonne Providence sans redouter les mille dangers que lui offraient continuellement les hommes, animaux ou les choses ; il n'emportait jamais de provisions, laissant à Dieu le soin de pourvoir à tous ses besoins.

Durant 14 ans, François Solano se dévoua ainsi au salut de ses frères : travaux pénibles à la nature, mais consolants pour son cœur d'apôtre, fructueux pour les âmes et agréables à Dieu.

Enfin complètement épuisé, âgé seulement de 61 ans, il connut que le jour de son dernier appel approchait. Ayant reçu les sacrements de l'Eglise, mettant ses bras en croix, fixant son cœur et son esprit en Dieu et récitant de ferventes prières, il expira le 14 juillet 1610, jour de la fête de saint Bonaventure qu'il avait choisi depuis longtemps pour son protecteur. Son corps, auparavant fort brun, devint après sa mort si blanc et si beau et répandit un parfum si suave, que la foule émerveillée pensa instinctivement à la beauté mille fois plus grande encore de son âme qui venait de s'envoler dans le sein de Dieu.

Béatifié le 24 janvier 1675 par Clément X, saint François Solano fut canonisé par Benoit XIII le 17 décembre 1736 ; les Péruviens l'ont choisi comme Patron.
Demain... Saint BONAVENTURE, Ville Ministre général des Frères Mineurs, cardinal-évêque d'Albano, Docteur de l'Église (1221-1274).
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Saint BONAVENTURE, Ville Ministre général des Frères Mineurs, cardinal-évêque d'Albano, Docteur de l'Église (1221-1274).

Le 20 novembre 1890, le Pape Léon XIII disait aux étudiants du collège de Saint-Antoine à Rome : « Et vous, Franciscains, vous avez le Maître que vous ne devez pas cesser d'étudier pour soutenir et défendre la doctrine catholique... Vous, Franciscains, vous avez le séraphique Docteur saint Bonaventure, qui après avoir touché au sommet de la spéculation scientifique, sut s'élever dans la théologie mystique à une hauteur que nul autre n'a pu atteindre : nous le lisons volontiers et souvent ; après cette lecture, nous nous sentons toujours élevé, renouvelé et réjoui dans notre âme. Saint Bonaventure conduit à Dieu par la main... »

En sa « Divine Comédie », Dante nous fait apparaître en son voyage, dans le Paradis d'abord, saint Thomas qui figure comme chef de la théorie de science ; c'est lui qui répond aux interrogations du pieux pèlerin et fait l'éloge du séraphique François. Dès « que la flamme bienheureuse eut dit, — c'est-à-dire dès que saint Thomas eut parlé, — la sainte meule commença à tourner ; c'est alors Bonaventure, le théologien de l'amour qui prend la parole. — Du cœur de l'une des nouvelles lumières sortit une voix qui, me tournant vers elle, me fit ressembler à l'aiguille tournée vers le pôle... l'amour qui me fit belle. »

Et le Docteur séraphique raconte les vertus de saint Dominique : « Il est juste que là où est l'un d'eux, l'autre paraisse aussi, puisqu'ils ont milité pour la même cause, il faut que leur gloire brille en même temps. »

Ce passage de Dante a toute son application quand il s'agit du Docteur angélique et du Docteur séraphique. Ne sont-ils pas, après Dominique et François, les astres les plus brillants au ciel des deux Ordres frères ? En effet, si Thomas d'Aquin triomphe sur le terrain de la dogmatique, sur celui de la mystique, Bonaventure occupe une place que ne lui dispute pas son ami. Par la force, la clarté et la puissance de sa logique, Thomas affermit les esprits dans la foi; Bonavenlture entraîne les cœurs dans les sphères de la plus sublime contemplation. Leur mode d'action est divers, le terme visé est un, il faut connaître pour aimer ; la vertu est le fruit de l'intelligence et de la volonté. Thomas compte plus de partisans, parce que sa théologie est pour l'intelligence alors que celle de Bonaventure tend à l'amour, à l'amour divin. Voilà pourquoi le bienheureux Raymond Lulle se lamentera de ce que la philosohpie de l'Amour compte moins d'amis que la philosophie de la science.
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Saint Bonaventure pose d'abord comme principes, que par ses dons « le Saint-Esprit se prépare à la demeure de l'âme une joyeuse habitation et s y constitue un saint mode d'action puis il dispose toute la famille de l'âme à servir Dieu et à lui obéir, facilement, enfin il dresse et instruit toutes les facultés intérieures, les prémunissant contre les tentations, les défauts naturels et autres, qui parfois se manifestent, empêchant ainsi l'âme de s'engourdir dans l'oisive tranquillité et possession des dons. »

Le don d'intelligence révèle la vérité de la dilection du Christ, c'est-à-dire de son immense amour ; et voici que Bonaventure pénétrera jusqu'au fond, car il ne lui suffit pas de voir à travers des voiles. La perspicacité de sa foi ne s'arrêtera pas à la contemplation de la chair pantelante d'un crucifix ; il plongera son regard de la plaie béante du côté transpercé de Jésus ; la forme de la petite hostie et sa blanche couleur ne lui seront plus un obstacle, il pénétrera bien au-delà. La vérité de la dilection du Christ est dans la charité, dans la charité sans borne et sans limites ; la charité a son centre et son foyer dans le cœur. C'est jusqu'au Cœur de Jésus que s'étendra la dévotion du séraphique Docteur. Sa piété ne s'arrêtera pas aux formes extérieures de la Passion, elle va plus loin que les espèces eucharistiques. Éminemment chrétienne, elle monte jusqu'aux sources de l'amour divin incarné dans le Christ notre Sauveur.

Quand le pieux Docteur verse des larmes de compassion en méditant sur les souffrances du Rédempteur du monde, quand son cœur est rempli de délicieuses affections devant le tabernacle, c'est que dans la Passion comme dans l'Eucharistie, il trouve le Cœur infiniment aimant de Jésus. La Passion, l'Eucharistie n'ont de signification pour son âme que si elle rencontre le Cœur de Jésus brûlant d'amour pour les, hommes. Ce Cœur est éternellement inséparable du Verbe fait chair ; Jésus est dans l'Eucharistie, Jésus est sur la croix, c'est Jésus qui aime, son Cœur n'est en résumé autre chose que l'amour, amour substantiel éternel et divin, et c'est cet amour principe et fin de tout que saint Bonaventure contemple et vers lequel il tend.
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Le pieux Docteur n'aima pas moins Marie que ne l'avaient fait ses devanciers, car la dévotion de saint François et des premiers frères Mineurs envers Marie, est demeurée comme un héritage sacré dans l'Ordre ; ce fut lui qui en divers Chapitres généraux ratifia les usages, les cérémonies et les fêtes établis en l'honneur de la Reine du Ciel. Lorsque l'Ordre est plus violemment attaqué, le saint Ministre général prenant sa défense le met sous la tutelle plus spéciale de Marie en cette façon : « 0 très digne Reine du monde, force des pauvres, avocate des humbles, plus sublimement élevée parmi ton peuple, qu'Esther, par une pieuse ferveur de ta miséricorde, ô Reine, daigne arracher à l'incursion hostile de leurs ennemis, tes frères mineurs ; ils sont vraiment et particulièrement tiens. »

La piété est par dessus tout le culte de Dieu; et quand ce tribut divin est payé, elle se tourne vers le prochain, « car la piété est un port où trouvent asile les indigents, c'est un refuge pour les malheureux, une source de clémence pour les pécheurs. Elle a pour fin la foi pure et la saine vérité. Mais son second acte est la miséricorde, aussi s'étend-elle aux besoins spirituels et corporels. » Le saint Docteur saint Bonaventure eut cette véritable piété, se manifestant plus particulièrement par la miséricorde spirituelle. Volontiers, il pardonnait les défaillances avec charité et bonté, il corrigeait les délinquants, il donnait et prodiguait les conseils à quiconque en avait besoin, consolait les affligés, priait pour le prochain et supportait avec patience les injures.

Grand fut saint Bonaventure dans l'administration de son Ordre. Non seulement il eut à défendre ses Frères contre les détracteurs étrangers à sa famille religieuse, il eut aussi à concilier les divergences de vue des Frères eux-mêmes Il se montra fort contre la malveillance des uns, ferme et énergique contre l'intransigeance des autres. A tous il put démontrer, s'il ne réussit pas à les convaincre, que la discipline, la dévotion, la régularité de l'observance exigeaient qu'on ne se contentât plus de petits couvents ou de simples ermitages, comme cela se pouvait alors que les Frères étaient peu nombreux. Les modifications qu'il sanctionna de son autorité s'imposaient, comme le prouvait l'exemple suivi par de très saints religieux, amis de la pauvreté et la sainte Règle. Sa grandeur de vue fut de réglementer selon les règles de la plus sage prudence ce qui convenait à tous, puis de laisser à chacun la latitude de se contenter en son particulier de l'indispensable, se conformant de cette manière aux intentions du séraphique patriarche.
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Ministre général, il s'entoura de sages conseillers, de qui il prenait fréquemment l'avis. Dans les délibérations capitulaires, il proposait humblement ce qu'il croyait utile au bien, mais se rangeait à l'avis de l'assemblée. Loin de mépriser l'œuvre de ses prédécesseurs, il recueillit toutes les constitutions établies par eux, les rendit obligatoires, et les compléta par de nouvelles ordonnances, devenues nécessaires.

Humble, il n'ambitionnait pas les honneurs. Il supplia le Pape Clément IV de ne point le forcer à accepter l'archevêché d'York, en Angleterre, et quand Grégoire X le nomma cardinal et députa vers lui les ambassadeurs chargés de lui remettre les insignes de sa dignité, ceux-ci le trouvèrent occupé à la dernière des pratiques conventuelles ; tout comme le dernier des novices, Bonaventure lavait la vaisselle. Sans discontinuer son travail, il pria les messagers du Pape de déposer sur une branche d'arbre le chapeau que décemment il ne pouvait en ce moment prendre et recevoir de leurs mains. Il termina son humble besogne, puis, après avoir repris sur l'arbre le chapeau de cardinal, il alla rejoindre les envoyés apostoliques à qui il rendit les honneurs dus à leur rang.

Durant le concile de Lyon, où saint Bonaventure joua un rôle considérable, il tomba fracassé par un malaise inexplicable, il tomba, s'effondra, c'est le mot, telle une colonne qui s'écroule en un violent cataclysme. Certains attribuent sa mort à l'épuisement et à la fatigue ; un seul historien, le seul qui le dise, mais son affirmation est absolue : « Une main criminelle, dit-il, empoisonna une coupe dont le contenu conduisit au tombeau l'illustre champion de l'Eglise. » Il n'avait que 53 ans.
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