Divers traits de charité.
Mon âme se réjouira dans le Seigneur, parce qu'il m'a revêtu du manteau du salut, (Is. IXI, 10.)
Entre le P. Jules Mancinelli, de la Compagnie de Jésus, et les âmes du purgatoire, il existait une si étroite union, qu'on ne saurait décider si les visites que faisaient les âmes à ce religieux, surpassaient en nombre les suffrages qu'il offrait pour leur délivrance.
Rien de plus touchant que son aventure avec l'archevêque de Gapoue, César Costa, son oncle maternel. Ce prélat, ayant aperçu son neveu excercer une fonction ecclésiastique avec un habit tout usé, et peu propre à le défendre du froid, lui donna de l'argent pour en acheter un autre plus convenable et plus chaud. Le Père acheta un bon manteau et s'en servit pour faire ses visites accoutumées aux pauvres malades de la ville.
Après la mort de l'archevêque, un jour, comme le P. Jules, enveloppé de son manteau neuf, était déjà près de la porte pour sortir, il vit s'avancer le défunt tout environné de flammes, et qui lui dit d'une voix suppliante : « Prêtez-moi votre manteau pour quelques instants! — Le voilà, lui dit aussitôt Mancinelli. » Le prélat s'en enveloppa entièrement, et parut éprouver un rafraîchissement délicieux.
Aussi ne se pressait-il pas de remettre le manteau. Le Père après avoir attendu patiemment, fut obligé de lui dire: « Des affaires qui concernent la gloire de Dieu m'appellent en toute hâte; je vous prie donc de me rendre ce vêtement; en échange, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour vous délivrer. »
Cet exemple nous prouve combien la charité est précieuse devant Dieu, puisqu'un manteau donné pour son amour, suffit pour détruire l'activité du feu vengeur.