Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

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Monique
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XXIII MERVEILLE.


Divers traits de charité.

Mon âme se réjouira dans le Seigneur, parce qu'il m'a revêtu du manteau du salut, (Is. IXI, 10.)


Entre le P. Jules Mancinelli, de la Compagnie de Jésus, et les âmes du purgatoire, il existait une si étroite union, qu'on ne saurait décider si les visites que faisaient les âmes à ce religieux, surpassaient en nombre les suffrages qu'il offrait pour leur délivrance.

Rien de plus touchant que son aventure avec l'archevêque de Gapoue, César Costa, son oncle maternel. Ce prélat, ayant aperçu son neveu excercer une fonction ecclésiastique avec un habit tout usé, et peu propre à le défendre du froid, lui donna de l'argent pour en acheter un autre plus convenable et plus chaud. Le Père acheta un bon manteau et s'en servit pour faire ses visites accoutumées aux pauvres malades de la ville.

Après la mort de l'archevêque, un jour, comme le P. Jules, enveloppé de son manteau neuf, était déjà près de la porte pour sortir, il vit s'avancer le défunt tout environné de flammes, et qui lui dit d'une voix suppliante : « Prêtez-moi votre manteau pour quelques instants! — Le voilà, lui dit aussitôt Mancinelli. » Le prélat s'en enveloppa entièrement, et parut éprouver un rafraîchissement délicieux.

Aussi ne se pressait-il pas de remettre le manteau. Le Père après avoir attendu patiemment, fut obligé de lui dire: « Des affaires qui concernent la gloire de Dieu m'appellent en toute hâte; je vous prie donc de me rendre ce vêtement; en échange, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour vous délivrer. »

Cet exemple nous prouve combien la charité est précieuse devant Dieu, puisqu'un manteau donné pour son amour, suffit pour détruire l'activité du feu vengeur.
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Monique
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Une autrefois, c'est le baron de Montfort qui lui apparaît quelque temps après sa mort. Celte âme se recommanda au Père avec une confiance tout intime, comme un ami à son ami; elle lui adressa les paroles les plus aimables, les plus affectueuse!, et lui fit même des caresses pour obtenir une seule messe qui, disait-elle, suffisait pour lui ouvrir les cieux.

Le lendemain matin, le religieux s'empressa d'offrir le saint Sacrifice, et l'âme ne revint plus: elle était dans l'éternel repos.

Le P. Jules avait eu pour maître Antoine Ugolino qui fut depuis un prélat distingué de la cour de Grégoire XIII. Après sa mort, il apparut à son ancien disciple, au milieu d'un globe de feu, avec un visage triste et pâle, le corps entouré d'une chaîne de fer.

Il le supplia au nom des leçons qu'il lui avait données dans son enfance, d'avoir pitié de son état et d'offrir pour lui le saint sacrifice. Le bon religieux se mit aussitôt en prières, et le jour suivant, de grand matin, il offrit pour cette âme l'Hostie propitiatoire. Après la messe, il vit comme les cieux entrouverts, et l'âme de son maître resplendissante de lumière et couronnée de gloire. Elle venait lui témoigner sa vive reconnaissance pour le zèle qu'il avait apporté à la secourir.

Les sacrifices offerts par le saint religieux avaient une puissante efficacité auprès de Dieu pour la délivrance des âmes: aussi les défunts lui apparaissaient souvent pour obtenir des suffrages; il les vit même plusieurs fois assister à la messe dans la posture la plus fervente.

Un autre de ses oncles, Camille Costa, homme d'un grand mérite, apparut deux ans après sa mort. On le vit sortir de son sépulcre et s'avancer vers l'autel où le Père célébrait, et là, humblement prosterné, il s'unit au prêtre et demanda une participation aux mérites du sacrifice.
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Monique
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On a voulu perpétuer le souvenir des admirables effets de la charité de Mancinelli dans un tableau que l'on conserve au collège de Macérata, sa patrie. On voit ce Père à l'autel, revêtu des ornements sacerdotaux. Il est un peu élevé au-dessus des marches pour signifier les ravissements que Dieu lui accordait.

De sa bouche sortent des étincelles, image de ses ardentes prières et de sa ferveur pendant le saint sacrifice; au-dessous de l'autel, on aperçoit le purgatoire et les âmes suppliantes qui y reçoivent les suffrages.

Au-dessus, deux anges tiennent penchés des vases précieux d'où s'échappe une pluie d'or, symbo» le des grâces et ries délivrances accordées aux âmes souffrantes, en vertu des sacrifices offerts par le saint célébrant.

Puis, sur le manteau dont on a lu l'histoire, on a composé des vers dont voici la traduction:

« 0 miraculeux manteau donné pour garantir des rigueurs de l'hiver, et ensuite rendu un moment pour tempérer l'ardeur des flammes ! Ainsi la charité devient feu ou glace suivant les maux qu'elle doit guérir. »

( V. Vie du P. Mancinelli, en latin, par Jacq. Celsius, I. III, ch. 2.)
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Monique
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XXIV MERVEILLE.


Souffrance des âmes qui ont donné du scandale.

Malheur à l'homme de qui vient le scandale! (Matth, XVIII, 7. )



Il est douloureux, sans doute, de souffrir pour ses propres fautes, mais il est autrement pénible d'être puni pour les fautes d'autrui. Et cependant, combien y a-t-il d'âmes dans le purgatoire qui expient des iniquités qu'elles n'ont pas commises, mais dont elles ont été l'occasion coupable! Elles peuvent donc dire avec le prophète: « J'acquitte des dettes que je n'ai point contractées. »

Un peintre aussi distingué par la pureté de sa vie que par son rare talent, avait fait différentes images de saints. La réputation dont il jouissait, engagea un prieur des Carmes Déchaussés à le prier de peindre un tableau pour son couvent. L'artiste s'acquitta de la tâche avec une perfection qui lui valut une forte récompense. Peu de temps après, il fut surpris par une maladie qui le réduisit à toute extrémité. Il fit appeler le prieur, lui demanda la grâce d'être enterré dans son église, et lui remit tout le prix de son travail afin qu'il fit célébrer un grand nombre de messes pour le repos de son âme. Ses dernières volontés furent fidèlement accomplies.

Quelques jours après sa mort, un religieux était resté au choeur après matines pour continuer son oraison, lorsqu'il vit apparaître l'âme du peintre toute consternée et enveloppée de flammes: elle le conjura d'avoir pitié de ses insupportables tourments qui lui faisaient endurer une mort continuelle. Le religieux lui demanda pourquoi elle était ainsi punie, après une vie écoulée tout entière dans une si grande réputation de vertu; elle répondit: « Après ma mort, je fus présentée au tribunal du Juge suprême où accoururent plusieurs âmes qui déposèrent contre moi; elles disaient qu'une peinture obscène les avait fait tomber dans des pensées coupables qu'elles expiaient en purgatoire; ce qui est encore pis, d'autres, à l'occation de ces peintures, étaient tombées dans de plus graves fautes qu'elles expiaient dans les flammes éternelles. Elles déclaraient que je devais partager leur prison, leurs tourments, et entendre leurs malédictions.

Alors sont venues aussi du Ciel, les âmes de plusieurs saints qui ont pris ma défense en expliquant que cette peinture inconvenante était une œuvre de jeunesse, expiée par le repentir et la pénitence; de plus, qu'en réparation de ce péché, j'avais fait une foule de tableaux qui avaient contribué à la gloire et à la vénération des saints comme au salut des Âmes. Le bienheureux qui plaidaient ma cause, étaient ceux que j'avais honorés. Ils ajoutaient que j'avais distribué en aumônes le prix de mes travaux, et notamment aux religieux d'un pieux monastère, pour obtenir par le saint sacrifice, grâce et miséricorde. Enfin ils suppliaient le Seigneur d'agréer le mérite de leurs bonnes œuvres pour m'arracher à la fureur de mes ennemis. Après l'accusation et la défense, le souverain Juge, touché de la prière des saints, m'a exemptée de la peine éternelle, mais il a décrété que je resterai dans les flammes expiatoires jusqu'à ce que cette peinture scandaleuse soit brûlée et réduite en cendres.
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Monique
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« Je vous conjure donc, mon Père, d'aller chez un tel (il le nomme) qui a obtenu de moi ce tableau, et de le prier qu'il me fasse la grâce que cet instrument de péché disparaisse à jamais. La Justice divine le veut et l'ordonne; s'il refuse, malheur à lui! Pour prouver la vérité de mes paroles, annoncez-lui qu'avant peu, il perdra deux de ses fils, et que s'il n'exécute l'ordre de Dieu, il ne tardera pas lui-même à payer cette faute par une mort prématurée. »

Le possesseur de la peinture, frémissant à ce récit se hâta de la jeter lui-même au feu. Avant un mois révolu, il vit périr, selon la prédiction, deux de ses fils.

Pour lui, bien que son obéissance le préservât du second châtiment, il fit une juste pénitence des fautes qu'il avait commises et de celles qu'il avait fait commettre à l'occasion de cette funeste peinture.

De plus, comme réparation, il fit exécuter de magnifiques tableaux de saints. Il espérait aussi par ce moyen, obtenir des défenseurs célestes pour plaider sa cause devant le tribunal de Dieu, et l'introduire un jour, dans les tabernacles éternels.

La Justice divine satisfaite, l'âme du peintre s'envola au séjour de la félicité.
( V. De la chasteté, par le P. Joseph de Jésus-Marie, Liv, IV, ch. 9. )
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XXV MERVEILLE.


Pour entrer au ciel, il faut être exempt de toute faute, même la plus légère.

Qui se reposera sur votre sainte montagne ? ce sera celui qui s'y présente sans tâche ( Ps. XVI, 1. )



Sainte Gertrude, de glorieuse mémoire, voulant faire comprendre à ses religieuses, la grande pureté que recherche le divin Epoux dans les âmes, avant de les admettre aux noces éternelles, leur rapportait deux admirables visions.

Elle était morte dans son monastère une jeune religieuse que la sainte abbesse aimait singulièrement à cause de sa rare perfection. Cette perte l'affligea profondément, et elle recommanda cette âme à Dieu dans ses oraisons. Un jour, ravie en extase, elle la vit devant le trône du Sauveur, environnée d'une éclatante lumière et vêtue d'un manteau parsemé de pierres précieuses. Cependant elle paraissait pensive, son front était plutôt triste que joyeux; ses yeux étaient baissés comme si une certaine houle l'eût empêchée de contempler face à face la gloire de l'adorable Majesté; elle semblait même chercher à se cacher, comme si elle eût craint de rencontrer les regards de son Rédempteur.

Gertrude, émue de voir sa fille spirituelle trembler devant le céleste Epoux, se tourna vers lui et lui dit d'une voix suppliante: « 0 très-doux Jésus, pourquoi donc votre infinie bonté n'invite-t-elle pas celle qui Vous a consacré sa virginité à s'approcher de vous et à entrer dans l'éternelle joie? pourquoi ne l'attirez-vous pas près de vous?... Comme si elle était étrangère, vous la laissez seule, triste et craintive. » Le Seigneur aussitôt, d'un air affectueux, tendit sa main droite à la vierge défunte; mais elle, plus troublée encore, tint ses yeux baissés et se retira après avoir fait une profonde inclination.

Gertrude étonnée, dit à cette âme: « Comment, ma fille, vous fuyez la présence de l'adorable Epoux que vous avez tant aimé pendant votre vie! Ne voyez-vous pas avec quelle douceur il vous appelle à lui? — Oh! ma Mère, répondit l'humble vierge, je ne suis pas digne de paraître devant l'Agneau immaculé; il me reste encore quelques taches: il faut être aussi pur que les anges pour se présenter devant le Soleil de justice, et je suis loin d'avoir cette pureté sur laquelle ses regards divins puissent se reposer. En vérité, je vous le dis, si le ciel m'était ouvert, que je puisse m'y envoler, je n'oserais pas y entrer, ne me sentant pas digne de me mêler au chœur des vierges. — Mais pourquoi cela, reprit l'abbesse, puisque je vous vois environnée de lumière et revêtue de gloire? — Ah! répondit-elle, cette lumière et cette gloire ne sont que les franges de la béatitude; le vêtement, c'est la vision et la possession de Dieu; mais pour en jouir il faut être sans tache. »
A suivre...
Dernière modification par Monique le ven. 24 juin 2016 19:11, modifié 1 fois.
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Monique
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L'autre apparition est a peu près semblable. La religieuse dont nous venons de parler avait eu une sœur un peu plus jeune qu'elle, mais non moins vertueuse. Elle était morte à la fleur de l'âge, emportant avec elle un trésor de mérites. Elle s'était fait remarquer surtout par une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement. Le monastère s'appliqua à secourir cette âme par de pieux suffrages. Bientôt Gertrude la vit toute brillante, agenouillée devant le Roi de gloire qui laissait échapper de ses plaies sacrées, cinq rayons dont les cinq sens de la défunte étaient frappés. Néanmoins elle portait sur son front comme un nuage de tristesse qui indiquait le chagrin de son cœur. Gertrude s'adressant au Sauveur lui demanda pourquoi cette âme inondée de ses clartés divines, conservait néanmoins une ombre de tristesse. Jésus lui répondit que son épouse était digne seulement de contempler son humanité sainte et de jouir de la vue de ses plaies sacrées; mais qu'elle ne méritait pas encore la vision béatifique de la divinité, parce qu'il restait en elle des taches contractées dans l'observance de la règle. La sainte supplia le Seigneur d'user d'indulgence envers elle et de l'admettre dans la parfaite béatitude. Le Christ répondit que si les vivants n'offraient point de suffrages, la Justice divine exigeait l'entier accomplissement de cette peine que l'âme savait apprécier et pour laquelle elle ne voudrait pas d'exemption. La défunte fit un signe d'assentiment, et le Sauveur, comme marque de bienveillance, étendit sa main droite sur la tête de son épouse.

Dès ce moment, la compatissante Gertrude s'imposa toutes sortes de bonnes œuvres pour délivrer l'âme de sa sœur, surtout elle assistait chaque jour au saint Sacrifice en offrant pour elle avec le prêtre l'Hostie propitiatoire. Il lui semblait voir cette âme s'élever peu à peu vers le ciel. Un jour e lle lui apparut et lui dit: « Toutes les fois qu'on offre pour moi l'adorable Hostie, j'éprouve un doux rafraîchissement en récompense de la tendre dévotion que j'ai toujours eue pendant ma vie pour le Dieu de nos autels. C'est par sa vertu que je monte au paradis; déjà l'Epoux céleste s'avance pour déposer sur mon front la couronne des noces éternelles. »

Ces paroles enflammèrent toute la communauté d'un ardent amour pour la sainte Eucharistie, et firent comprendre que, pour posséder et contempler Dieu, il faut être exempt de la moindre tâche.
(V. Louis de Blois, Monile spirituale, ch. 13)
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Monique
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XXVI MERVEILLE.


Admirable échange de charité entre les vivants et les morts.

Veillez dans la prière, exerçant la charité les uns envers les autres. (I Petr, IV. 7.)



Dans cet admirable échange de la charité qui règne entre les vivants et les morts, il n'est pas facile de décider de quel côté est le plus grand avantage, parce que si d'une part les suffrages que les morts reçoivent des vivants, les soulagent et les délivrent, de l'autre, les grâces que les vivants reçoivent des morts, leur sont d'un grand secours pour le temps et pour l'éternité.

La vénérable Mère Françoise du Très-Saint-Sacrement, qui mérita d'être appelée la grande dévote des âmes, peut fournir d'utiles éclaircissements sur ce sujet.

Elle avait sucé avec le lait maternel une tendre piété pour les âmes souffrantes, et s'était consacrée tout entière à leur délivrance. Elle récitait chaque jour a cette intention le rosaire, qu'elle avait coutume de nommer l'aumônier des âmes, et terminait chaque dizaine par le Requiescant in pace. Les jours de fête où elle était plus libre de son temps, elle récitait de plus l'office des morts. Pendant la plus grande partie de l'année elle jeûnait au pain et à l'eau, accablait son corps de cruelles disciplines, ne quittait jamais son rude cilice, et savait encore troubler son repos par d'autres instruments de pénitence. Toutes les fonctions dont elle s'acquittait, tous les travaux qu'elle faisait, les pensées de son esprit, ses peines intérieures, les fatigues du corps, tout était consacré au soulagement des âmes. Son zèle ne se bornait pas là: elle formait avec les religieuses, ses confidentes, une sainte ligue de prières extraordinaires et de bonnes œuvres en faveur des âmes du purgatoire. Aux prêtres qui célébraient dans son église, elle demandait avec instance des messes de Requiem; aux laïques qui venaient au monastère, elle conseillait de distribuer beaucoup d'aumônes en faveur des défunts. Enfin pour les secourir, elle leur avait appliqué la satisfaction de Ses bonnes œuvres, et présentait chaque jour à la Justice divine pour leur soulagement ses oraisons, ses pénitences son observance rigoureuse de la sainte règle et les indulgences qu'elle gagnait.

Le malin esprit s'efforça de lui suggérer une pensée de regret; il lui représenta qu'en se dépouillant ainsi du fruit de ses bonnes œuvres pour l'appliquer aux autres, elle aurait à souffrir pour ses propres fautes, de longues et attires peines dans le purgatoire. Mais ce motif d'intérêt personnel ne lit aucune brèche à ce coeur de diamant; d'ailleurs les âmes qui lui apparaissaient, l'assuraient qu'à leur entrée au ciel, leur intercession puissante lui obtiendrait sa délivrance du purgatoire, et que Dieu réservait une belle couronne à son héroïque charité.
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Monique
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Parlons maintenant un peu de la reconnaissance de ces bonnes âmes envers leur généreuse bienfaitrice. Elles la visitaient fréquemment, non dans le seul but de solliciter ses suffrages, mais pour la remercier. Parfois elles l'attendaient visiblement à la porte de sa cellule quand elle se rendait à l'office, et se recommandaient à elle. D'autres fois elles entraient dans sa chambre, et si la sainte dormait, elles attendaient patiemment, rangées autour de son pauvre lit. A son réveil, la servante de Dieu reprochait à ces chères Âmes de ne l'avoir pas appelée. « Vous n'avons pas voulu, répondaient-elles, interrompre le repos qui vous est nécessaire; nos peines sont adoucies par votre présence. »

Si la sainte était éveillée, elles lui disaient en entrant, afin qu'elle ne se crût pis le jouet d'une illusion de Satan: « Que Dieu vous ait en sa sainte paix, servante du Seigneur, épouse du Christ, que Jésus soit avec nous toujours. » Puis elles témoignaient leur vénération pour une croix enrichie de reliques, que leur bienfaitrice conservait dans sa cellule. Si cette bonne religieuse récitait son rosaire, elles le lui prenaient des mains et le baisaient avec respect comme le précieux instrument de leur salut et de leur délivrance.

Quand la sainte était malade, ou que son cœur était affligé, on les voyait accourir pour la soulager et la consoler; elles la prévenaient aussi, par une permission de Dieu, que le démon, frémissant de la voir lui arracher des âmes, lui dressait des embûches, et elles les faisaient connaître à la sainte, afin qu'elle put les déjouer par les sacrements et la prière.

Souvent les Âmes lui apparaissaient sous des formes propres a exciter sa compassion; elles étaient ordinairement accompagnées des instruments de leurs péchés devenus désormais des instruments de supplices. Tantôt c'étaient des évêques, la mitre sur la tête, la crosse à la main et en même temps, environnés de flammes. « Nous souffrons ces peines, disaient-ils, pour avoir recherché ambitieusement les dignités et n'avoir pas Correspondu aux obligations qu'elles nous imposaient. » D'autres fois, c'étaient des prêtres avec leurs ornements en feu, l'étole changée en chaînes, les mains couvertes d'ulcères. Ils s'accusaient d'avoir traité avec irrévérence le divin corps de Jésus-Christ et d'avoir administré sans respect les sacrements.

Un religieux se fit voir entouré d'objets précieux, d'écrins, de fauteuils, de tableaux tout enflammés, parce qu'il avait manqué à son vœu de pauvreté en ornant sa cellule de riches meubles.

Enfin, elle vit apparaître avec tous les insignes de sa profession un notaire de Soria, qui lui donna l'explication de ses tourments. « Je porte, dit-il. cet encrier, cette plume, ce papier tout enflammés parce qu'ils me servaient à des actes illégitimes et contraires à l'équité; ces cartes tout en feu que je suis obligé de tenir dans les mains montrent ma passion pour le jeu; cette bourse brûlante contient mes gains illicites. Au moment de mourir, j'aurais été infailliblement damné si une sincère contrition ne m'avait préservé de ce malheur. Cependant la divine Justice me condamne à un long et rigoureux purgatoire, à moins que vous ne l'abrégiez par vos bonnes œuvres. »
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Monique
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Message par Monique »

Ces apparitions causaient à la servante de Dieu un incroyable chagrin; mais d'un autre côté elle éprouvait une grande consolation, lorsque les âmes délivrées venaient la remercier avant de monter au ciel.

Nous ne pouvons passer sous silence ce qui lui arriva avec Christophe de Ribéra, évêque de Pampelune. Ce prélat ayant appris que la Mère Françoise avait une grande dévotion pour les âmes souffrantes, et qu'elle avait mi dans le purgatoire trois de ses prédécesseurs, s'empressa de prier et de faire célébrer pour eux un grand nombre de messes. Comme c'était le moment où l'on publiait les bulles et les indulgences dites de la croisade, il en envoya quatorze à la servante de Dieu, en lui faisant dire d'en appliquer trois pour les trois évêques,,et les onze autres comme elle l'entendrait. La nuit suivante, les trois prélats vinrent remercier Françoise, et la prier de rendre grâces pour eux à Christophe de Ribéra.

D'autres âmes lui demandaient de leur appliquer le fruit des onze bulles; néanmoins elles étaient résignées et se montraient même contentes qu'on accordât aux autres cette faveur. Le prélat instruit de tout, envoya à la Mère Françoise un grand nombre de bulle». Les âmes accoururent aussitôt en foule à sa cellule.

La distribution était faite quand deux âmes vinrent demander des bulles; Françoise leur dit avec peine qu'il ne lui en restait plus: « Il y en a encore deux à appliquer, » reprirent-elles, et elles se mirent en recherche et si bien, qu'elles en découvrirent deux auxquelles on ne songeait point, et qui leur servirent comme de passe-port pour l'éternité bienheureuse.
( Vie de Françoise du Saint-Sacrement, par le frère Joachim de Sainte-Marie, I. II.)
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