Question sur Malachie 3.4

chartreux
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Question sur Malachie 3.4

Message par chartreux »

Malachie 3.1:4 a écrit :
Voici que j’envoie mon ange, et il préparera la voie devant ma face ; et aussitôt viendra dans son temple le Dominateur que vous cherchez, et l’ange de l’alliance que vous désirez. Voici qu’il vient, dit le Seigneur des armées. 2Qui pourra penser au jour de son avènement, et qui pourra soutenir sa vue ? Car il sera comme le feu qui fond les métaux, et comme l’herbe des foulons. 3Il s’assoira (sera assis) comme celui qui fond et qui épure l’argent ; il purifiera les fils de Lévi, et il les rendra purs (roulera) comme l’or et comme l’argent, et ils offriront des sacrifices au Seigneur dans la justice. 4Et le sacrifice de Juda et de Jérusalem sera agréable au Seigneur, comme aux jours anciens et comme aux années d’autrefois.

ecce ego mittam angelum meum et praeparabit viam ante faciem meam et statim veniet ad templum suum dominator quem vos quaeritis et angelus testamenti quem vos vultis ecce venit dicit Dominus exercituum 2 et quis poterit cogitare diem adventus eius et quis stabit ad videndum eum ipse enim quasi ignis conflans et quasi herba fullonum 3 et sedebit conflans et emundans argentum et purgabit filios Levi et colabit eos quasi aurum et quasi argentum et erunt Domino offerentes sacrificia in iustitia 4 et placebit Domino sacrificium Iuda et Hierusalem sicut dies saeculi et sicut anni antiqui


Le rabbin Yisroel C. Blumenthal prétend s'appuyer sur le dernier verset de ce passage pour affirmer que les sacrifices de l'ancienne Loi ne sont que temporairement abolis et seront rétablies au temps du Messie.

Si le sacrifice de Juda et de Jérusalem est une métaphore pour le saint sacrifice de la Messe, il me semble difficile d'interpréter les qualificatifs de Juda et de Jérusalem .
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Louis Mc Duff
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Re: Question sur Malachie 3.4

Message par Louis Mc Duff »

Saint Augustin, in La Cité de Dieu, Livre XX cap. XXVI a écrit :
LIVRE VINGTIÈME: LE JUGEMENT DERNIER.


CHAPITRE XXVI.


DES SACRIFICES QUE LES SAINTS OFFRIRONT À DIEU,

ET QUI LUI SERONT AGRÉABLES, COMME AUX ANCIENS JOURS,

DANS LES PREMIÈRES ANNÉES DU MONDE.




Or, Dieu, voulant montrer que sa Cité ne sera point alors en état de péché, dit que les enfants de Lévi offriront des sacrifices en justice. Ce ne sera donc pas en péché, ni pour le péché. D’où l’on peut conclure que ce qui suit: "Et le sacrifice de Juda et de Jérusalem plaira au Seigneur, comme aux anciens jours, dans les premières années",ne peut servir de fondement raisonnable aux Juifs pour prétendre qu’il y a là une promesse de ramener le temps des sacrifices de l’Ancien Testament.


Ils n’offraient point alors de victimes en justice, mais en péché, puisqu’ils les offraient, surtout dans l’origine, pour leur péché spécialement. Cela est si vrai, que le grand-prêtre, qui était vraisemblablement plus juste que les autres, avait coutume, selon le commandement de Dieu, d’offrir d’abord pour ses péchés, ensuite pour ceux du peuple(1). Il faut dès lors expliquer le sens de ces paroles: "Comme aux anciens jours, dans les premières années". Peut-être rappellent-elles le temps où les premiers hommes étaient dans le paradis; et, en effet, c’est alors que, dans l’état de pureté et d’intégrité, exempts de toute souillure et de tout péché, ils s’offraient eux-mêmes à Dieu comme des victimes très pures. Mais depuis qu’ils en ont été chassés pour leur désobéissance, et que toute la nature humaine a été condamnée en eux, personne, à l’exception du Médiateur (et de quelques petits enfants, ceux qui ont été baptisés), "personne", dit l’Ecriture, n’est exempt de péché; pas même l’enfant qui n’a qu’un jour de vie sur la terre (2)".


Répondra-t-on que ceux-là peuvent passer pour offrir des sacrifices en justice, qui les offrent avec foi, puisque l’Apôtre a dit que "le juste vit de la foi(3)"; c’est oublier que, selon le même Apôtre, le juste se séduit lui-même, s’il se dit exempt de péché; il se gardera donc bien de le dire et de le croire, lui qui vit de la foi. Peut-on comparer d’ailleurs le temps de la foi aux derniers temps, où ceux qui offriront des sacrifices en justice seront purifiés par le feu du dernier jugement ? Puisqu’il faut croire qu’après cette purification les justes n’auront aucun péché, ce temps ne peut assurément être comparé qu’avec celui où les premiers hommes, avant leur infidélité, menaient dans le paradis la vie la plus innocente et la plus heureuse. On peut donc très bien donner ce sens aux paroles de l’Ecriture sur "les anciens jours et les premières années". Dans Isaïe, après la promesse d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle, entre autres images et paroles énigmatiques sur la félicité des saints, que nous n’avons point expliquées pour éviter d’être long, on lit: "Les jours de mon peuple seront comme l’arbre de vie(1)". Or, qui est assez peu versé dans les Écritures pour ignorer où Dieu avait planté l’arbre de vie, dont les premiers hommes furent sevrés, lorsque leur désobéissance les chassa du paradis et que Dieu plaça auprès de cet arbre un ange terrible avec une épée flamboyante ?


Si l’on soutient que ces jours de l’arbre de vie, rappelés par Isaïe, sont ceux de l’Eglise, qui s’écoulent maintenant, et que c’est Jésus-Christ que le Prophète appelle l’arbre de vie, parce qu’il est la Sagesse de Dieu, dont Salomon a dit: "Elle est un arbre de vie pour tous ceux qui l’embrassent(2)"; si l’on soutient que les premiers hommes ne passèrent pas des années dans le paradis et n’eurent pas le loisir d’y engendrer des enfants, de sorte qu’on ne puisse rapporter à ce temps les mots: "Comme aux anciens jours, dans les premières années", j’aime mieux laisser cette question, pour n’être point obligé d’entrer dans une trop longue discussion.


Aussi bien, je vois un autre sens qui m’empêche de croire que le Prophète nous promette ici, comme un grand présent, le retour des sacrifices charnels des Juifs, aux anciens jours, dans les premières années. En effet, ces victimes de l’ancienne loi, qui devaient être choisies sans tache et sans défaut dans chaque troupeau, représentaient les hommes justes, exempts de toute souillure, tel que Jésus-Christ seul a été. Or, comme après le jugement, ceux qui seront dignes de purification auront été purifiés par le feu, de telle sorte qu’ils s’offriront eux-mêmes en justice, comme des victimes pures de toute tache et de toute souillure, ils seront certainement semblables aux victimes des anciens jours et des premières années que l’on offrait en image de ces victimes futures.


En effet, la pureté que figurait le corps pur de ces animaux immolés sera alors réellement dans la chair et dans l’âme immortelle des saints. Ensuite le Prophète, s’adressant à ceux qui seront dignes, non de purification, mais de damnation, leur dit: "Je m’approcherai de vous pour juger, et je serai un prompt témoin contre les enchanteurs, contre les adultères, etc." Et après avoir fait le dénombrement de beaucoup d’autres crimes damnables, il ajoute: "Car je suis le Seigneur votre Dieu, et je ne change point", comme s’il disait: Pendant que vous changez, par vos crimes, en pis, par ma grâce, en mieux, moi je ne change point. Il dit qu’il se portera pour témoin, parce qu’il n’a pas besoin, pour juger, d’autres témoins que de lui-même; et qu’il sera un prompt témoin, ou bien parce qu’il viendra soudain et à l’improviste, quand on le croira encore éloigné, ou bien parce qu’il convaincra les consciences, sans avoir besoin de beaucoup de paroles, comme il est écrit: "Les pensées de l’impie déposeront contre lui[sup]1[/sup]" ; et selon l’Apôtre: "Les pensées des hommes les accuseront ou les excuseront au jour que Dieu jugera par Jésus-Christ de tout ce qui est caché dans le cœur(2)". C’est ainsi que Dieu sera un prompt témoin, parce qu’en un instant il rappellera de quoi convaincre et punir une conscience.

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1. Lévitique XVI, 6 ; Hébreux VII, 27. —2. Job XIV 4, selon les Septante. —3. Romains I, 17. —1. Isaïe LXV, 22. — 2. Proverbes III, 1 8.




Traduction par M. SAISSET, 1869.
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