Dans une vidéo expliquant le déroulement de la messe, il est explicité (à partir de 41:54) qu'une fois l'eau et le vin versés dans le calice, il faut utiliser le purificateur une deuxième fois pour essuyer toutes les gouttes qui auraient pu se former et qu'il ne reste plus dans le calice qu'un seul "bloc" formé de vin et d'eau. Y a t-il des raisons théologiques précises à cela (peut-être l'union des deux natures ?)
Toutes explications supplémentaires bienvenues.
Deuxième nettoyage du calice
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Si vis pacem
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Re: Deuxième nettoyage du calice
chartreux a écrit :Dans une vidéo expliquant le déroulement de la messe, il est explicité (à partir de 41:54) qu'une fois l'eau et le vin versés dans le calice, il faut utiliser le purificateur une deuxième fois pour essuyer toutes les gouttes qui auraient pu se former et qu'il ne reste plus dans le calice qu'un seul "bloc" formé de vin et d'eau. Y a t-il des raisons théologiques précises à cela (peut-être l'union des deux natures ?)
Toutes explications supplémentaires bienvenues.
Boissonnet Victor - [url=https://archive.org/stream/dictionnairealph02bois#page/390/mode/1up][i]Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrés[/i][/url]. Montrouge, 1847, Tome II, col. 774 a écrit : [Le prêtre] met de l'eau dans le calice, pour imiter Jésus-Christ, qui, dans la dernière pâque qu'il fit avec ses apôtres, consacra la coupe pascale dans laquelle, selon le rite des Juifs, il y avait du vin et de l'eau. En effet, saint Justin (Apol. 2), saint Irénée (Adv. haer. l. IV, cap. 57), saint Cyprien (Epist. 63), les Pères du troisième concile de Carthage (Can. 24), et ceux du concile in Trullo (Can. 32), nous apprennent que, selon la tradition, le vin que Jésus-Christ consacra était mêlé d'eau.
Outre cette raison naturelle et essentielle, les Pères ont cru qu'il fallait mettre de l'eau dans le calice pour deux raisons mystérieuses. La première, pour marquer que le peuple fidèle, représenté par l'eau, est uni avec Jésus-Christ et offert avec lui dans le calice, parce que l'eau, dit saint Jean (Apoc. XVII, 15), représente les peuples. Saint Cyprien (Epist. 63) s'est appliqué à développer ce mystère en montrant la nécessité de mêler l'eau qui marque le peuple avec le vin qui représente Jésus-Christ. Ce rapport fut répété et mis dans un jour nouveau par les Pères du quatrième concile de Brague, en 675 ; et c'est cette raison mystérieuse qui a fait placer en cet endroit l'oraison suivante, Deus, qui humanæ, etc.
La seconde raison est pour représenter l'eau et le sang qui sortirent du côté de Jésus-Christ sur la croix. C'est pourquoi, dans le rite ambrosien, et selon un grand nombre d'anciens Missels, en mettant le vin et l'eau on dit : Du côté de Jésus-Christ sortit du sang et de l'eau ; ce qui a été suivi et conservé à Laon, chez les chartreux , etc. Toutes ces raisons que nous venons d'exposer ont été rapportées par le pape Eugène IV au concile de Florence, dans le décret pour les arméniens, et par le concile de Trente.
[...]
Aux messes des morts le prêtre ne bénit pas l'eau par le signe de la croix. C'est une suite de la raison mystérieuse. On n'emploie pas ce signe extérieur pour bénir l'eau, qui signifie le peuple, parce qu'on est tout occupé des âmes du purgatoire, qui ne sont plus en voie d'être bénies par le prêtre.
Il ne met qu'un peu d'eau, parce que ce qu'on met dans le calice, pour le consacrer, doit être censé du vin. Les chartreux se servent d'une petite cuillère pour n'y mettre que quelques gouttes d'eau. L'Ordo romain d'Amélius parle ainsi de la cuillère avec laquelle on met trois gouttes d'eau et le concile de Tribur, tenu en 895, dit qu'il faut mettre deux fois plus de vin que d'eau, afin que la majesté du sang de Jésus-Christ y soit plus abondamment que la fragilité du peuple représenté par l'eau.
Saint Cyprien – [url=https://books.google.fr/books?id=KoI4JIiR0NwC&pg=PA212][i]À Cecilius sur le Sacrement du Calice du Seigneur[/i][/url] a écrit : Et véritablement n'est-il pas contre tout ordre, que Notre-Seigneur ayant changé l'eau en vin dans les noces de Cana, nous changions le vin en eau, puisque même ce que ce miracle figure suffit pour nous apprendre à offrir plutôt du vin dans les sacrifices du Seigneur. Car parce que la grâce spirituelle avait manqué parmi les Juifs , le vin manqua aussi. Car la maison d'Israël était la vigne du Seigneur des armées. Jésus-Christ donc faisant voir que les Gentils succédaient aux Juifs, et que par le mérite de la foi nous devions prendre la place qu'ils avaient perdue par leur incrédulité, il changea l'eau en vin, c'est à dire qu'il montra que le peuple Gentil accourait de tous coté aux noces de Jésus-Christ et de l’Église, parce que les Juifs n'y venaient pas. Car que les eaux signifient les peuples, l'Écriture-Sainte le déclare dans l'Apocalypse quand elle dit : Les eaux que vous avez, vues sur lesquelles cette courtisane est assise, sont les peuples et les nations différentes. La même chose est représentée dans le sacrement du Calice. Car comme Jésus-Christ nous portait tous, lui qui portait tous nos péchés, nous voyons que l'eau signifie le peuple, et le vin le sang de Jésus-Christ. Ainsi lorsque l'eau est mêlée avec le vin dans le Calice, le peuple est uni à Jésus-Christ, et ceux qui croient, à celui en qui ils croient. Et comme on ne peut plus séparer l'eau du vin après qu'ils sont mêlés ensemble dans le calice, de même rien ne peut séparer de Jésus-Christ l’Église, c'est à dire le peuple qui est dans l’Église, ni empêcher qu'elle ne lui soit très étroitement unie, tant qu'elle persévérera dans la créance qu'elle a une fois embrassée. Par là donc on voit que quand on consacre le breuvage du Seigneur on ne peut offrir de l'eau seule, non plus que du vin seul. Car si l'on n'offre que du vin,le sang de Jésus-Christ commence à être sans nous ; s'il n'y a que de l'eau, le peuple commence à être sans Jésus-Christ. Mais quand on mêle l'un avec l'autre, c'est alors que s'accomplit le sacrement céleste & spirituel. Or le breuvage du Seigneur n'est pas de l'eau seule ou du vin seul, mais l'un & l'autre mêlez ensemble ; de même que le corps du Seigneur ne peut pas être de la farine seule ou de l'eau seule, mais de l'eau et de la farine mêlées ensemble pour en composer un seul pain. Ce Sacrement marque aussi l'union de notre peuple.
Re: Deuxième nettoyage du calice
Merci pour cette réponse très "fouillée", cher SiVis!
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