chartreux a écrit : jeu. 16 nov. 2017 21:43
Abbé Zins a écrit : jeu. 16 nov. 2017 19:10
Il conviendrait 1° de citer le contexte dans lequel se trouve ce petit bout de phrase ! Car il est connu qu'une phrase tirée de son contexte peut servir à déformer la pensée de son auteur. N'y a-t-il pas là, précisément,
excès de raccourci !?
La paragraphe complet, qui est dans le message numéro 22 du fil "Réfutation du Petit "Caté-Schisme" d'Avrillé" (sur le présent forum,
ici) était le suivant :
En outre, l’ignorance de la loi et a fortiori des dogmes n’est point présumée (canon 16), mais au contraire devant le délit externe de publiques affirmations hérétiques la culpabilité est présumée jusqu’à preuve éventuelle du contraire (canon 2200), l’excommunication portée d’avance est encourue au moins au for externe (canon 2314) et la perte de l’office encourue ipso facto (canon 188,4).
Je n'avais gardé de ce paragraphe que le petit bout qui m'intéressait par ce qu'il me semblait être précisément le point contesté par certains.
Notons d’abord que le contexte même seulement direct éclaire déjà fortement ce qu’il y a lieu de distinguer.
Ce qui le suit aussitôt :
Du reste, Wojtyla-JP 2 a manifesté clairement savoir à quoi il s’opposait et ce qu’il rejetait, quand il a sorti entre autres cette énormité : « (L'Eglise) a rompu désormais avec la célèbre formule « Hors de l'Eglise, point de salut »
le souligne encore davantage.
Mais la suite est encore plus explicite :
Dominicus a écrit : « Et tant que l'on n'en a pas une preuve certaine, il est plus prudent de s'abstenir de juger.» . Or le canon 2200 statue, au contraire, que ce n’est pas la culpabilité interne qui doit être prouvée en cas de délits externes, mais éventuellement une part d’innocence interne malgré le grave délit externe. En attendant, dans les cas de peines portées d’avance, comme c’est le cas pour les hérésies externes, la ou les peines sont encourues au moins au for externe.
chartreux a écrit : jeu. 16 nov. 2017 21:43
Abbé Zins a écrit : jeu. 16 nov. 2017 19:10
Il faut remarquer 2° qu'ici l'objection passe de
délit externe de publiques affirmations hérétiques à
délit d'hérésie. Ce qui ne fait qu'accentuer l'impression de déformation de la pensée de l'auteur du petit bout de phrase cité en dehors de son contexte, et sans aucune référence pour s'y rapporter.
Il y a donc là deux délits différents ? Je dois avouer que jusque-là j'avais toujours cru qu'ils n'étaient qu'un seul et même délit.
La précision de langage :
délit externe de publiques affirmations hérétiques, permet de distinguer ce qui doit l’être, à savoir le
délit externe du délit interne ; et, par voie de conséquence, la censure ou peine encourue au for externe, de celle encourue (ou éventuellement non encourue) au for interne.
Voyez ici.
Tandis que les objectants dont vous vous faites ici l’écho, sont ordinairement portés à penser ou du moins à écrire qu’il n’y aurait de délit externe, et donc aussi de censure encourue au for externe, que s’il y a également un délit interne.
Etat d’esprit qui est facilité par l’actuelle législation civile issue de la Révolution, statuant que même en cas de délit externe public, même pris et constaté de façon flagrante, l’innocence serait présumée.
D’où le répété langage journalistique, parlant de présumés assassins pour des tueurs pris en flagrant délit, ayant déjà des dizaines de morts ou de blessés à leurs pieds ; tout en étant par contre facilement portés à faire passer en procès les agents de sécurité, accusés de riposte disproportionnée.
Mais les mêmes lois et voix couvrent néanmoins sans sourciller la sanction pour délit externe avéré du moindre dépassement de vitesse flashé, même si le dépassement a lieu pour n’avoir pas vu un panneau de zone de réduction de vitesse caché par un camion que l’on doublait à son niveau.
De même que certains, portés à tenter d’excuser de diverses manières des pseudos autorités multipliant les déclarations hétérodoxes, sont par contre très promptes à traiter de
sectaires ceux qui dénoncent ces intrus.