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Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : jeu. 13 juil. 2023 8:19
par Doumé
Si l’on veut en effet faire régner, dans une société humaine, l’ordre et la paix, la première condition est d’y établir une hiérarchie. Lorsque le chef veut tout faire par lui-même, il paralyse l’esprit d’initiative chez ses inférieurs, en même temps qu’il rend impossible la marche régulière et souple des affaires. (P. 126)
Le souci d’Abraham de ne pas laisser son fils épouser une païenne montre
que la crainte des mariages mixtes est antérieure aux lois de l’Église, et qu’il faut tout faire pour les éviter. Il ne faut épouser ni juive, ni hérétique, dit saint Ambroise… Le premier bien à chercher dans le mariage est celui de la religion. Abraham, dit saint Jean Chrysostome, « ne cherchait ni les richesses ni les serviteurs ; ni tant et tant d’arpents de terre, ni la beauté extérieure : mais il cherchait la beauté de l’âme et la noblesse des mœurs » (P.126)
Au sens spirituel, Ruben, qui prend à son père une femme, laquelle est à la fois sa servante et l’une de ses épouses, est la figure des hérétiques qui attirent à eux les âmes déjà unies au Christ par l’adhésion de leur intelligence à sa Vérité, et qui les souillent dans le commerce de leurs erreurs. Néanmoins, ils ne peuvent pervertir ainsi que les servantes, celles qui se donnent au Christ par
intérêt et non par amour.
Maudit soit l’homme qui fait égarer l’aveugle, c’est-à-dire qui, soit par sa
doctrine, comme les hérétiques, soit par ses exemples, comme les mauvais bergers, entraîne dans la voie de l’erreur les disciples que leur ignorance empêche de se diriger eux-mêmes et qui se fient à lui. « Lorsque le pasteur s’engage sur une pente glissante, dit saint Grégoire, il est inévitable que le troupeau roule dans le précipice »
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : ven. 14 juil. 2023 8:45
par Doumé
Il advint un jour que les deux fils aînés d'Aaron, Nadab et Abiu, au lieu d’allumer leurs encensoirs au feu sacré qui brûlait maintenant nuit et jour sur l’autel des holocaustes, comme il leur était prescrit, allèrent à un foyer quelconque, probablement celui qui servait à faire cuire, pour le repas des prêtres, les parts de viande prélevées sur les victimes. : si Nadab et Abiu se laissèrent griser, ce fut bien plutôt par la fumée de la vaine gloire que par celle du vin. (179-519)
Si nous passons sur le plan mystique, il n’est pas douteux que la mort dont furent frappés Nadab et Abiu, ne soit la figure de la mort éternelle à laquelle s’exposent ceux qui seraient tentés, à leur image, de substituer au feu allumé dans l’Église par le Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, celui qu’ils iraient prendre au foyer profane de la fausse science ou de la raison obscurcie par les passions humaines. (182-522)
Les langues de feu de la Pentecôte remplirent les Apôtres de la plénitude de la science théologique : et depuis, c’est toujours à cette source unique de lumière, précieusement entretenue par les Pères et Docteurs, que l’Église puise
l’enseignement qu’elle distribue au monde. Mais « ceux-là offrent un feu étranger, dit Saint Isidore de Séville, qui, méprisant cette divine Tradition, s’en vont chercher des doctrines étrangères et se réclament de magistères d’autorité humaine » (182-522)
Mais ceux-là aussi peuvent se reconnaître en Nadab et Abiu, qui, pour interpréter la Sainte Écriture, laissent là cette source unique de lumière et de chaleur que constituent les commentaires des Pères de l’Église, pour ne faire état que de sources toutes profanes, telles que l’histoire des peuples anciens, la géographie, l’archéologie, la philologie, l’épigraphie, la connaissance des langues orientales, etc. Et il faut en dire autant de ceux qui substituent aux rites minutieusement élaborés par l’Église au cours des âges, sous l’action de l’Esprit-Saint, toutes sortes de cérémonies fantaisistes et d’inventions extravagantes, que ne sanctionne aucune autorité légitime ; et, sur le plan moral, de ceux qui manifestent un grand zèle pour le service divin, la prédication, ou les œuvres d’apostolat, mais qui n’y sont poussés que par l’ambition, le désir des dignités, l’amour de l’argent, ou des visées trop humaines, et de ceux aussi qui critiquent et reprennent avec feu les défauts qu’ils voient dans l’Église ou chez leurs proches : mais ce feu s’est allumé dans leur bile, dans une disposition toute naturelle à la critique et à l’aigreur, beaucoup plus que sur l’autel de la charité. (P. 182-522)
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : sam. 15 juil. 2023 8:44
par Doumé
Déjà sous l’Ancien Testament, Moïse qui avait vu Dieu face à face, qui avait reçu les plus hautes lumières sur le sommet du Sinaï, « Moïse comprenait ce qu’était la vraie circoncision, la vraie Pâque, le vrai Sabbat ». Il voyait très bien que ce n’était pas l’ablation d’un petit morceau de chair qui pouvait conférer à un homme une appartenance authentique au peuple saint, ni les cendres d’une vache rousse, ou le sang d’un agneau, rendre la pureté à une âme, et assurer son salut. Néanmoins il prescrivait aux Hébreux le rite de la circoncision, l’observance de la Pâque et de toutes les autres cérémonies, sous les peines les plus sévères : sachant bien qu’en les accomplissant sans en comprendre le sens caché, comme les Lévites portaient les objets saints sans les voir, ils marcheraient dans le bon chemin, en direction de la Terre promise, et couverts par la protection du Tout-Puissant.
De même, nous ne saurions douter que, depuis l’Évangile, les Apôtres, les Docteurs, les Pontifes des premiers siècles, ceux qui comme saint Télesphore, saint Léon, saint Gélase, saint Damase, saint Grégoire le Grand, etc., ont établi les rites essentiels des Sacrements et des cérémonies de l’Église, n’aient enveloppé sous ceux-ci des mystères très profonds, dont ils avaient eu connaissance, et qu’ils ne pouvaient livrer à tout venant.
La manne, c’est-à-dire la nourriture spirituelle, est absolument insipide pour les âmes des hébreux ; elles n’en ont aucun appétit, parce qu’elles ont gardé leur affection aux choses de la terre. Elles trouvent la charité et l’humilité trop dures à pratiquer, l’exercice de l’oraison insupportable, la lecture spirituelle fastidieuse. L’interprétation mystique des Livres saints surtout, cet aliment d’une délicatesse céleste, dont les sens aux nuances infinies s’accommodent aux désirs et aux besoins de chacun, sans jamais s’épuiser ni se rancir, ne les touche absolument pas. Elles n’y comprennent rien, elles en ont vite la nausée. Elles lui préfèrent de beaucoup les explications purement littérales, épicées d’hypercritique, ou l’étude des sciences profanes. (P.204-544)
Les Hébreux qui méprisent la manne et lui préfèrent les oignons d’Égypte, sont d’abord l’image de nombreux chrétiens qui, malgré le baptême qu’ils ont reçu et les promesses qu’ils ont faites, délaissent les joies et les douceurs de la doctrine évangélique, pour se repaître des plaisirs du monde.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : lun. 17 juil. 2023 8:34
par Doumé
Les Hébreux qui n’ont pas le courage d’affronter la Terre promise représentent ceux qui n’ont pas la générosité de mener contre leurs défauts le combat spirituel. Ils se disent à eux-mêmes : « La victoire est avantageuse, mais le combat est pénible ; la récompense pleine de douceur, mais le travail pour l’obtenir est lourd ». Ainsi les explorateurs envoyés dans la Terre promise, quand ils furent de retour, louaient sa fertilité, en montrant ses fruits, mais épouvantaient le peuple en lui représentant les difficultés du combat et la haute stature des habitants. De même certains religieux explorent la terre céleste au moyen des Écritures, ils en exaltent les joies ineffables, mais ils appréhendent tellement la lutte à livrer aux tentations, et le labeur des exercices spirituels, qu’ils aiment mieux mourir dans le désert, que d’entrer dans cette terre bienheureuse ; ils préfèrent demeurer sans agir, entre la vie mondaine et la vie spirituelle, dans une aridité figurée par le désert qui séparait l’Égypte de la Terre Sainte, plutôt que d’arriver aux douceurs de la perfection, par l’effort et les tribulations…
La punition infligée au Juif qui avait violé le sabbat est un avertissement sévère aux chrétiens qui croient pouvoir négliger l’obligation du repos dominical. C’est en effet une nécessité absolue pour l’homme, s’il veut rester fidèle à sa dignité de créature faite à l’image de Dieu, de consacrer une partie de son temps au soin de son âme, afin de retremper celle-ci dans la contemplation des
vérités éternelles, et de rendre à son Créateur le culte qu’il lui doit.
« Dieu pourrait empêcher le mal, dit Origène. Il ne le fait pas… Si la malice était supprimée, les vertus ne rencontreraient plus d’opposition. Sans opposition, la vertu ne brillerait pas, il lui manquerait la gloire de l’épreuve. Or une vertu qui n’est ni aguerrie, ni éprouvée, n’est plus une vertu ».
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : mar. 18 juil. 2023 10:57
par Doumé
« Écoutez mes paroles ! Si l’un de vous est un prophète du Seigneur, je me manifesterai à lui par des visions, ou je lui parlerai en songe. Car ce sont là les procédés dont je me sers pour parler à mes confidents ordinaires. Mais il n’en va pas de même avec mon serviteur Moïse. Parmi tous ceux qui m’honorent actuellement sur la terre, il n’en est pas de plus fidèle. Aussi, à lui, par un privilège insigne, je parle bouche à bouche : il voit le Seigneur ouvertement, et non pas en énigmes ou en figures comme les autres. Comment après cela avez-vous osé dire du mal de mon serviteur Moïse ? » (P. 207-208)
Moïse ne put introduire les Hébreux dans la Terre promise, parce que la Loi ne pouvait conduire les hommes dans le royaume des cieux : il fallait qu’un autre lui succédât, le Christ, figuré par Josué. Et Moïse ne pouvait pas entrer vivant dans la Terre promise ; parce qu’aucun saint ne peut entrer dans le royaume des cieux, s’il n’a, au préalable déposé son corps, et rendu à la terre ce qui est à la terre.
C’est en tant qu’il représente le Christ, que Josué pourra introduire le peuple de Dieu dans la Terre promise. Moïse ne l’avait pas pu : parce qu’il symbolisait la Loi, et que celle-ci était impuissante à assurer le salut du monde. Mais maintenant Moïse est mort, la religion juive est morte ; ses rites, ses sacrifices, ses Kalendes, ses néoménies, ses fêtes, ses sabbats, son sacerdoce ;
la graisse de ses agneaux et de ses boucs, tout cela n’a plus de sens, tout cela a perdu la vie, depuis que Dieu en a détourné ses regards et a manifesté son aversion pour ce culte grossier. L’heure du Christ a sonné, celle où il va se lever, sortir de son silence et conquérir la terre.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : mer. 19 juil. 2023 9:46
par Doumé
L’histoire d’Achan est destinée à mettre en lumière l’horreur que Dieu ressent pour le péché d’avarice. L’extrême sévérité de Josué envers le coupable annonçait à l’avance la rigueur dont devaient user plus tard, sous la loi évangé-
lique, les Maîtres de la vie monastique, à l’endroit des religieux qui, cédant à ce funeste penchant et transgressant leur vœu de pauvreté, s’approprieraient en cachette de leurs supérieurs de l’argent ou des objets de prix. On sait, par exemple, comment saint Grégoire le Grand, dont le cœur pourtant était si compatissant et si bon, ordonna de laisser mourir sans soins, sans assistance, sans sacrements, un moine qui avait ainsi dissimulé trois écus d’or dans sa paillasse. Quand le coupable eut rendu le dernier soupir, le saint interdit en outre qu’on le portât au cimetière avec les cérémonies d’usage ; mais il prescrivit de creuser un trou dans le fumier et de l’y jeter avec ses écus, tous les assistants criant en guise de dernières prières : « Que son argent périsse avez lui ! » Les vies des Pères du désert offrent de nombreux traits semblables
Psaume 101
"…7 Celui qui se livre à la fraude n'habitera pas dans ma maison; Celui qui dit des mensonges ne subsistera pas en ma présence. 8 Chaque matin j'anéantirai tous les méchants du pays, Afin d'exterminer de la ville de l'Eternel Tous ceux qui commettent l'iniquité." Si nous entendons par cité du Seigneur l’âme de chacun de nous – cité que le Seigneur bâtit avec des pierres vivantes, c’est-à-dire avec les différentes vertus –, comprenons qu’il faut en chasser les pécheurs dès le matin, c’est-à-dire en détruire les pensées et les désirs mauvais, dès qu’on les voit dans la lumière que le Christ, le Soleil de justice, fait lever sur les âmes diligentes.
Quand donc vous lisez dans l’Écriture que les justes massacrent leurs ennemis sans merci ; qu’ils n’en épargnent aucun ; bien plus, que s’ils font grâce à l’un d’entre eux, cela leur est imputé à péché, comme il advint à Saül pour n’avoir pas mis à mort Agag, roi d’Amalec ; comprenez qu’il s’agit là des combats spirituels qui sont menés par eux contre le péché.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : jeu. 20 juil. 2023 9:27
par Doumé
Ne faisons pas comme les Juifs, dit Rhaban Maur, qui, incapables de s’élever au-dessus de la lettre, ne voient dans les massacres ordonnés par Josué qu’une invitation à se montrer eux-mêmes cruels et inexorables envers leurs ennemis. Ils ne comprennent pas qu’il y a là un mystère caché, et un signe que nous ne devons faire aucun quartier à nos ennemis spirituels, c’est-à-dire au démon. Or tuer le démon ne consiste pas à détruire sa substance puisqu’il est immortel. Mais, toute sa vie n’ayant d’autre but que de faire pécher l’homme, c’est en quelque sorte lui ôter la vie, que ne plus pécher. Tuer tous les habitants d’Haï, c’est donc détruire dans son cœur toutes les mauvaises pensées, tous les germes du péché ; c’est se garder de toute parole mauvaise. Il ne faut faire grâce à aucune, n’en laisser échapper aucun.
LES GABAONITES (JOS., IX) (P.44-684) :
Les Gabaonites donc, se disant que l’une des toutes prochaines offensives des arrivants serait certainement menée contre eux ; qu’ils n’avaient aucune chance, malgré leur réelle valeur militaire, de résister à une armée aussi nombreuse, soutenue par la puissance du ciel, et tremblant d’avoir à subir bientôt le même sort que les populations de Jéricho ou d’Haï, résolurent de solliciter l’alliance de ces redoutables adversaires plutôt que de s’en remettre au hasard d’un combat. Mais, sachant que les Hébreux ne faisaient aucun quartier aux Chananéens, ils comprirent que leur tentative échouerait infailliblement s’ils révélaient leur véritable identité.
À côté des chrétiens fervents et zélés, on en trouve d’autres qui ont la foi, qui redoutent la mort éternelle, qui désirent se sauver : mais ils n’ont pas le courage de rompre avec les habitudes du monde. Ce sont ceux-là, qui, à la suite des Gabaonites, s’habillent de vieux vêtements, sont chaussés de vieux souliers, mangent de vieilles croûtes, n’ont que des affaires vieilles… parce qu’ils sont étroitement rivés au vieil homme. Ils ne savent pas le dépouiller, comme le demande saint Paul, pour revêtir l’homme nouveau qui se renouvelle… selon l’image de celui qui l’a créé. Ils ne connaissent pas le pain frais, le pain azyme de la sincérité et de la vérité. Ils offrent volontiers leurs bras et leurs travaux à l’Église, à condition qu’on ne les oblige pas à changer leurs mœurs et leurs habitudes. Josué – c’est-à-dire Jésus – accepte et leur concède quand même le salut, en échange des services qu’ils rendent.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : ven. 21 juil. 2023 8:54
par Doumé
LES CONQUÊTES DE JOSUE :
Lorsque nous lisons le récit de cette conquête de la Terre promise ; lorsque nous évoquons ces incendies, ces exterminations, ces princes mis en croix, ces populations entières passées au fil de l’épée, nous ne pouvons nous défendre d’un certain malaise. Josué y prend l’aspect d’un monstre de cruauté, d’un conquérant sans entrailles, d’un émule de Tamerlan, d’Attila ou de Gengis Khan.Mais pour porter sur sa conduite un jugement équitable, il faut se rappeler que, d’après la doctrine de l’Évangile, toute la valeur morale d’une action dépend de l’intention qui la dirige. Un acte qui est de sa nature péché grave – le meurtre, par exemple – peut devenir méritoire et héroïque, s’il est inspiré par le désir de venger l’honneur de Dieu, ou d’accomplir sa volonté, comme ce fut le cas pour Phinées, pour Judith, pour le prophète Élie, pour bien d’autres. En principe, l’homme n’a pas le droit d’attenter à la vie de son semblable, hormis les trois cas prévus par la théologie, qui sont : la légitime défense, la guerre juste, la sentence capitale. Tuer par haine, par passion sanguinaire, par cupidité, par ambition, par jalousie, par mode de jeu, par mépris de la vie humaine, sont autant de crimes abominables, dont les auteurs auront à rendre un compte terrible au Jugement de Dieu. Mais quand c’est Dieu lui-même qui l’ordonne, il va de soi que la mise à mort d’un homme doit être envisagée sur un tout autre plan. (P.55-695)
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : sam. 22 juil. 2023 8:27
par Doumé
LES JUGES
Les historiens ne sont pas absolument d’accord sur le nombre des Juges. On en compte généralement douze, six grands et six mineurs (Samuel, le plus grand, étant à part) :
OTHONIEL,
AOD,
Samgar,
DÉBORA,
GÉDÉON,
Thola,
Jaïr,
JEPHTÉ,
Abézan,
Abialon,
Abdon,
SAMSON.
La chronologie de cette période de l’histoire d’Israël soulève de multiples difficultés, dont nous laisserons la discussion aux spécialistes. On peut admettre que l’ensemble des Judicatures s’étend sur une durée de 300 ans, entre la date de 1357 qui est marquée par la mort de Josué, et celle de 1050, où Saül fut proclamé roi.
Les sept nations dont le Seigneur enjoint aux enfants d’Israël d’envahir les terres, et qu’il leur ordonne de combattre jusqu’à extinction : l’Héthéen, le Gergéséen, l’Amorrhéen, le Chananéen, le Phérézéen, l’Hévéen, le Jébuséen, représentent donc, d’après le même auteur, les souches primordiales de tous les vices qui occupent indûment la terre de notre âme. « C’est d’eux que procèdent les homicides, les querelles, les hérésies, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes, les excès de table, les ivresses, les distractions, les railleries, les propos obscènes, les mensonges, les parjures, les sots discours, les bouffonneries, l’agitation, la rapacité, l’aigreur, les cris, l’indignation, le mépris, le murmure, la tentation de Dieu, le désespoir, et beaucoup d’autres fautes qu’il serait trop long d’énumérer ».
En voyant qu’elle ne peut venir à bout de ces racines de vices incrustées en son fond, l’âme se méprise elle-même et se maintient ainsi dans l’humilité.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Publié : lun. 24 juil. 2023 7:07
par Doumé
La faute des Juifs, ce ne fut donc pas leur impuissance à détruire les nations perverses incrustées dans leur sol. Ce fut de traiter avec elles, au lieu de les combattre sans relâche, de les laisser vivre en paix et de s’accommoder fort bien de leur voisinage. Car il ne peut y avoir de coexistence pacifique entre le vice et la vertu. Ils se font nécessairement la guerre, de par leur essence même. Qu’y a-t-il de commun entre la justice et l’iniquité ? demande l’Apôtre. Ou quelle alliance entre la lumière et les ténèbres ?
Othoniel, premier Juge d'Israël, de la tribu de Juda
Aod, ambidextre, deuxième Juge de la tribu de Benjamin
Sur le plan moral, l’ambidextre, explique Cassien, dans ses Conférences, est la figure du juste, qui se sert aussi bien de l’adversité que de la prospérité ; aussi bien de ses revers que de ses succès, pour aller à Dieu. L’Écriture nous a campé deux beaux modèles d’ambidextres : l’un dans la personne de Joseph, l’autre dans celle de Job.