Bonjour M. l'abbé,
Voici la réponse provisoire de l'abbé Jacqmin, cette fois il a cité des sources précises qui permettent de comprendre son cheminement, et de pouvoir lui montrer où il a extrapolé et confondu les règles en temps normal lorsque l'Eglise est en ordre, et les règles pour le temps que nous vivons où le sacerdoce a cessé puisque nous sommes dans le début de la période de la fin du monde.
Abbé Jacqmin a écrit :Bonjour,
Nous voici de retour.
Entretemps Mgr Madrigal m’a demandé de faire une sérieuse étude. Cela me prendra quelques mois je pense.
D’un autre coté je voudrais bien aider ces fidèles qui sont à mon humble avis coincés/ piégés/ perplexes par une théorie qui ose prétendre que l’église n’existe plus…a mon avis gravement hérétique, blasphématoire et très dangereux. C’est comme dire a de tout petits enfants que leur mère est décédée..
Je vais faire ce que je peux, mais l’évêque a priorité bien sûr.
On trouve toute la doctrine sur ma chaîne et mon site.
Udp
Abbé EJ+
1ERE PARTIE : Réponse apéro
Cher fidèle,
Néanmoins pour vous donner au moins un minimum je vous donne ce texte à votre méditation :
Doctrine catholique sur la pérennité du sacerdoce :
L’Église catholique, dans sa tradition pré-1962, enseigne que le sacerdoce hiérarchique (prêtres et évêques), institué par le Christ, est indispensable à la mission de l’Église et perdurera jusqu’à la fin des temps. Voici les fondements scripturaires, patristiques et magistériels qui soutiennent cette doctrine, avec des références vérifiées :
1. Institution divine du sacerdoce
Le sacerdoce a été établi par Jésus-Christ lors de la Dernière Cène, lorsqu’Il a ordonné aux Apôtres de renouveler le sacrifice eucharistique : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19 ; 1 Corinthiens 11, 24-25). Le Catéchisme du Concile de Trente (1566, Partie II, chap. 7) enseigne que le sacrement de l’Ordre a été institué par le Christ pour assurer la continuation de l’Eucharistie et des sacrements, nécessaires au salut jusqu’à la fin du monde. Cette institution divine implique une mission perpétuelle confiée aux Apôtres et à leurs successeurs.
2. Promesse de l’indéfectibilité de l’Église
Jésus a promis que l’Église fondée sur Pierre serait indestructible : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Matthieu 16, 18). Cette indéfectibilité implique la permanence du sacerdoce, indispensable pour administrer les sacrements. Le Catéchisme du Concile de Trente (Partie I, chap. 10) affirme que l’Église, soutenue par la puissance divine, ne peut faillir et conservera toujours ses pasteurs et ses sacrements, même dans les temps de tribulation.
3. Succession apostolique
La transmission de l’autorité apostolique par l’imposition des mains garantit la continuité des évêques et des prêtres (Actes 1, 20-26 ; 1 Timothée 4, 14 ; 2 Timothée 1, 6). Le Concile de Trente (Session 23, canon 2) déclare que la hiérarchie ecclésiastique, composée des évêques, des prêtres et des autres ministres, est d’institution divine. Cette succession apostolique assure que le sacerdoce ne disparaîtra pas, car il est une structure essentielle de l’Église voulue par le Christ.
4. Nécessité des sacrements
Les sacrements, en particulier l’Eucharistie et la Pénitence, sont essentiels pour le salut. Le Concile de Trente, Session 14, chap. 1, enseigne que la Pénitence est nécessaire pour les pécheurs après le baptême, car elle restaure la grâce perdue par le péché mortel. De même, la Session 13, chap. 2, souligne le rôle central de l’Eucharistie dans la vie spirituelle des fidèles. Ces sacrements requièrent des prêtres ordonnés, et leur disparition rendrait impossible la mission salvifique de l’Église. Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique (III, q. 65, a. 3), explique que les sacrements, administrés par les prêtres, sont nécessaires à l’économie du salut, ce qui implique la permanence du sacerdoce tant que l’Église existe.
5. Témoignages patristiques
-Saint Ignace d’Antioche (Lettre aux Smyrniotes, 8, 1) déclare : « Là où est l’évêque, là est l’Église », soulignant que les sacrements, comme l’Eucharistie, ne sont valides qu’en union avec l’évêque et les prêtres. Cela implique la nécessité continue du clergé pour la vie de l’Église.
-Saint Jean Chrysostome (Sur le sacerdoce, Livre III, chap. 2) affirme que le sacerdoce, agissant in persona Christi, est une institution divine indispensable pour administrer les sacrements et guider les âmes jusqu’à la fin des temps.
-Saint Augustin (De Civitate Dei, Livre XXII, chap. 8) décrit l’Église comme persévérant jusqu’à la fin des temps, administrant les sacrements par ses pasteurs sous la guidance divine. Il souligne que l’Église ne sera jamais privée des moyens de grâce, y compris ses ministres ordonnés. De plus, dans Enarrationes in Psalmos, Psaume 101, 2, 10 (Vulgate), Augustin affirme que l’Église, même dans les tribulations, ne sera jamais sans pasteurs, car le Christ la protège. Enfin, dans Contra Cresconium (Livre II, chap. 13, 16), Augustin défend la permanence de l’Église catholique et de ses ministres légitimes contre les donatistes, affirmant qu’elle persévérera avec ses pasteurs, soutenue par la promesse du Christ.
6. Providence divine
La promesse du Christ d’être avec ses disciples « tous les jours jusqu’à la consommation du siècle » (Matthieu 28, 20) garantit que la providence divine préservera le sacerdoce. Saint Robert Bellarmin (De Ecclesia Militante, Livre III, chap. 3) explique que l’Église, même réduite à un petit nombre dans les temps eschatologiques, conservera des pasteurs ordonnés pour administrer les sacrements, car elle est soutenue par la promesse du Christ. Saint Thomas d’Aquin (Somme théologique, Supplementum, q. 34, a. 1) enseigne que le sacrement de l’Ordre est institué par le Christ pour la sanctification de l’Église, impliquant sa nécessité continue sous la providence divine.
7. Réponse aux objections eschatologiques
Certains pourraient objecter que le sacerdoce pourrait disparaître dans les temps de tribulation ou d’apostasie. Le Catéchisme du Concile de Trente (Partie I, chap. 10) répond que Dieu préservera un « petit reste » fidèle, incluant des prêtres et des évêques, pour maintenir la vie sacramentelle, en vertu de la fidélité divine : « Je ne violerai pas mon alliance » (Psaume 88, 34, Vulgate). Cette assurance repose sur la promesse du Christ que l’Église ne sera jamais abandonnée.
Conclusion
La doctrine catholique d’avant 1962, fondée sur l’Écriture, la Tradition et le Magistère, enseigne que le clergé (prêtres et évêques) ne disparaîtra jamais avant le retour du Christ, car :
-Le sacerdoce est institué par le Christ pour l’Eucharistie et les sacrements (Luc 22, 19 ; Catéchisme du Concile de Trente, II, 7).
-L’indéfectibilité de l’Église implique la permanence des ministres ordonnés (Matthieu 16, 18 ; Catéchisme du Concile de Trente, I, 10).
-La succession apostolique garantit la continuité du sacerdoce (Actes 1, 20-26 ; Concile de Trente, Session 23, canon 2).
-Les sacrements, nécessitant des prêtres, sont essentiels au salut (Concile de Trente, Session 14, chap. 1 ; Session 13, chap. 2).
-La providence divine veille sur l’Église jusqu’à la fin des temps (Matthieu 28, 20 ; Bellarmin, De Ecclesia Militante, III, 3).
Références utilisées
Toutes les références ci-dessus ont été vérifiées comme correctes et pertinentes :
1) Luc 22, 19 ; 1 Corinthiens 11, 24-25.
2) Catéchisme du Concile de Trente (1566), Partie II, chap. 7.
3) Matthieu 16, 18.
4) Catéchisme du Concile de Trente, Partie I, chap. 10.
5) Actes 1, 20-26 ; 1 Timothée 4, 14 ; 2 Timothée 1, 6.
6) Concile de Trente, Session 23, canon 2.
7) Concile de Trente, Session 14, chap. 1.
8) Concile de Trente, Session 13, chap. 2.
9) Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, III, q. 65, a. 3.
10) Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Supplementum, q. 34, a. 1.
11) Saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Smyrniotes, 8, 1.
12) Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, Livre III, chap. 2.
13) Saint Augustin, De Civitate Dei, Livre XXII, chap. 8.
14) Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 101, 2, 10 (Vulgate).
15) Saint Augustin, Contra Cresconium, Livre II, chap. 13, 16.
16) Saint Robert Bellarmin, De Ecclesia Militante, Livre III, chap. 3.
17) Matthieu 28, 20.
18) Psaume 88, 34 (Vulgate).
2E PARTIE : Réponse sur la fin des temps et la parousie
L’expression « la fin des temps » peut prêter à confusion, car elle est parfois utilisée dans différents sens… par le monde.
Cependant, dans le contexte eschatologique catholique, elle désigne généralement la période culminant avec le retour du Christ en gloire, également appelé la Parousie. Voici une démonstration prouvant que « la fin des temps », dans son sens ultime, coïncide avec le retour du Christ.
1. Définition de la « fin des temps » dans la doctrine catholique
Dans la théologie catholique traditionnelle, la « fin des temps » se réfère à l’achèvement de l’histoire humaine, marqué par le jugement dernier et l’établissement définitif du Royaume de Dieu. Selon leCatéchisme du Concile de Trente (1566), qui résume la foi catholique avant 1962, la fin du monde est liée à la seconde venue du Christ, où Il jugera les vivants et les morts. Ce moment clôt l’ordre temporel et inaugure l’éternité.
L’Écriture Sainte soutient cette idée. Dans Matthieu 24, 3-31, les disciples demandent à Jésus quels seront les signes de « la fin du monde » (en latin : consummatio saeculi). Jésus décrit des événements précurseurs (guerres, famines, persécutions, l’apparition de l’Antéchrist implicite dans « l’abomination de la désolation »), mais Il culmine avec Son retour : « Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’Homme [...] et ils verront le Fils de l’Homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande gloire » (Mt 24, 30). Ainsi, la « fin du monde » est directement associée à la Parousie.
2. Le retour du Christ comme événement culminant
Le retour du Christ, ou Parousie, est l’événement central de l’eschatologie catholique. Selon le
Symbole de Nicée-Constantinople (récité dans la messe tridentine), le Christ « reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts ». Ce retour marque :
- La résurrection générale des corps (Jean 5, 28-29 : « Omnes qui in monumentis sunt, audient vocem Filii Dei; et procedent qui bona fecerunt, in resurrectionem vitae; qui vero mala egerunt, in resurrectionem judicii »).
- Le jugement dernier (Matthieu 25, 31-46), où chaque personne sera jugée selon ses œuvres.
- La destruction des forces du mal, y compris l’Antéchrist, comme décrit dans 2 Thessaloniciens 2, 8 : « Le Seigneur Jésus le détruira par le souffle de sa bouche et l’anéantira par l’éclat de son avènement. »
- L’établissement du « nouveau ciel et de la nouvelle terre » (Apocalypse 21, 1).
Ces éléments constituent la « consommation du siècle », c’est-à-dire la fin définitive de l’ordre temporel, qui ne peut avoir lieu sans le retour du Christ. Aucun texte scripturaire ou traditionnel n’envisage une « fin des temps » séparée de la Parousie.
3. Les signes avant-coureurs et leur relation avec la Parousie
Certains pourraient arguer que la « fin des temps » désigne une période prolongée incluant des signes préliminaires (comme l’apostasie, la venue de l’Antéchrist ou la prédication de l’Évangile à toutes les nations, cf. Matthieu 24, 14). Cependant, dans la tradition catholique, ces événements sont des préludes immédiats au retour du Christ. Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique (Supplément, q. 73, a. 1**, et q. 77**), explique que la fin du monde est marquée par des signes préparatoires, mais que l’événement ultime est l’avènement du Christ pour le jugement. De même, les Pères de l’Église, comme saint Augustin (La Cité de Dieu, livre XX), affirment que le retour du Christ met fin à l’histoire terrestre et inaugure le jugement.
4. Absence d’une « fin des temps » distincte du retour du Christ
Aucun enseignement catholique avant 1962 ne postule une « fin des temps » qui serait distincte ou postérieure au retour du Christ. Certaines hérésies, comme le millénarisme (condamné par l’Église, cf. décret du Saint-Office de 1944, reprenant l’enseignement traditionnel), soutiennent un règne terrestre du Christ avant le jugement dernier. Cependant, la doctrine catholique rejette cette idée : le retour du Christ coïncide avec le jugement dernier et la fin du monde, sans période intermédiaire. Comme le dit saint Paul dans 1 Corinthiens 15, 23-24 : « Chacun à son rang : le Christ comme prémices, ensuite ceux qui appartiennent au Christ, lors de son avènement. Puis viendra la fin, quand il remettra le royaume à Dieu le Père. »
5. En résumé
La « fin des temps », entendue comme la fin de l’histoire humaine (consummatio saeculi), est identique au retour du Christ en gloire. Ce moment englobe la résurrection des morts, la défaite
des puissances du mal, le jugement dernier et l’établissement du Royaume éternel. Les textes scripturaires (Matthieu 24, 30-31 ; 1 Corinthiens 15, 23-24 ; Apocalypse 20, 11-15), les définitions dogmatiques (Symbole de Nicée-Constantinople) et les théologiens traditionnels (saint Thomas, saint Augustin) confirment que le retour du Christ est l’événement qui conclut l’ordre temporel. Ainsi, il n’existe pas de « fin des temps » séparée ou différente de la Parousie.