Re: La mode
Publié : ven. 04 sept. 2015 15:05
Voici, cité par le R.P. Vuillermet, la position de l'Eglise quant aux modes indécentes :
Nous ne pouvons pas citer toutes les ordonnances épiscopales concernant les modes nouvelles et rappelant aux fidèles les règles élémentaires de la bienséance et de la pudeur. Bornons-nous à quelques-unes. Les unes signalent le péril, les autres donnent les règles pratiques de conduite.
« Je vous demande, Mesdames et Mesdemoiselles, dit Mgr de Nevers, au Congrès de Corbigny, avant d'aller assister à la sainte messe et d'y communier surtout, de faire, avec votre examen de conscience, l'examen de votre toilette. »
Nos voisins les Belges sont atteints eux aussi par le mal que nous dénonçons. L'épiscopat de ce pays qui veille avec tant de sollicitude au salut du peuple pousse le cri d'alarme. Dans une lettre collective, reproduite et commentée par la presse du monde entier, il rappelle aux fidèles, en termes précis et énergiques, le précepte trop oublié de la modestie chrétienne.
Nous ne citerons que ce qui se rapporte plus particulièrement au sujet que nous traitons.
« En présence de l'immodestie de plus en plus accentuée de la toilette féminine,... les évêques belges estiment qu'ils ont le devoir d'avertir les consciences de leurs fidèles, et de vous rappeler spécialement à vous, Pères et Mères de familles, que l'éducation, et la préservation de vos enfants sont confiées à votre vigilance, et que vous êtes pour une large part, responsables de leur avenir, et de la dignité ou de la déchéance de leur vie.»
En vain chercherez-vous à vous dérober à vos Obligations, en invoquant la tyrannie de la mode, ou en essayant de vous abriter sous le couvert de l'opinion publique.
Le Christ n'est pas descendu parmi nous pour ratifier les abus d'un monde pervers, mais pour nous décider, par ses exemples et par ses enseignements, à les combattre.
La société païenne était, à l'heure de sa venue, esclave des convoitises de l'or, de la volupté, de l'orgueil. Notre divin Sauveur les dénonça, avec autorité, et nous apporta sa lumière et la puissance de sa grâce, pour nous éclairer sur leur action pernicieuse et pour nous en garantir.
Le chrétien est disciple du Christ. Il a l'ambition de Le prendre pour modèle, d'adopter pour règle de vie son divin Evangile.
Vous êtes chrétiens, vous voulez rester fidèles aux engagements sacrés de votre baptême.
Prenez donc conscience de votre dignité, rompez ouvertement avec les moeurs païennes que le Christ a condamnées et que nous, évêques, pasteurs de vos âmes, chargés de Le représenter auprès de vous, venons à notre tour, publiquement réprouver.
Ces moeurs s'affichent aujourd'hui scandaleusement sous une double forme, dans les modes et les danses, qui ont pour but et pour unique effet de flatter les instincts sensuels.
Les modes, l'exiguïté des draperies, la transparence des étoffes, la forme du vêtement, la disposition suspecte des lignes, imaginées par des couturiers sans scrupule, ne sont plus des moyens de vêtir harmonieusement la femme honnête, mais des artifices calculés pour la livrer à la convoitise.
..... Epoux chrétiens, vous vous êtes juré fidélité ; ne vous ouvrez pas mutuellement la voie à la violation de vos serments. Vous avez sondé les désirs du coeur humain ; n'essayez donc pas de vous persuader ou de faire croire qu'il est incorruptible.
Mères chrétiennes, pourquoi conduisez-vous vos jeunes filles dans le monde ?
Elles sont innocentes, candides, elles ravissent par le charme de la modestie.
Dans leur inconscience, elles ne cherchent peut-être qu'à plaire, s'engouent de la mode quelle qu'elle soit, sans beaucoup l'analyser, uniquement attentives à attirer vers elles les sympathies dont les coeurs généreux ont besoin ; trop inexpérimentées souvent pour apprécier la qualité des sentiments qu'elles inspirent.
Mais vous avez acquis une expérience qu'elles n'ont point.
Vous le savez, vous, et devez le savoir : l'essentiel n'est pas que votre fille rencontre, vaille que vaille un jeune homme qui, sur l'heure s'éprenne d'elle, mais qu'elle trouve un époux digne d'elle et de vous, continuateur des traditions d'honneur et de foi que vous avez su maintenir dans votre foyer.
Ne la rabaissez donc pas au niveau de ces malheureuses qui mettent leur dignité à l'encan. Gardez-la, protégez-la, veillez sur la pureté de son imagination, sur la fraîcheur de ses affections, sur la grâce de sa parure virginale.
Ecartez d'elle le décolletage osé, les artifices troublants, tout ce qui porte à la luxure et dégrade...
Chrétiens et chrétiennes de tout âge et de toute condition, vous avez une mission à remplir.
Le grand Pape saint Léon nous a légué cette belle pensée : « On n'est pas bon, quand on ne l'est que pour soi. Ce n'est pas être sage que de n'aimer que pour soi la sagesse. »
Il ne peut donc vous suffire, nos très chers Frères, de ne point vous assujettir aux mœurs païennes ; il faut employer votre vigueur à réagir contre elles, et à enrayer leur marche, à faire reculer leur audace. Vous avez l'honneur d'appartenir au Christ.
Vous êtes enrichis de la grâce de la rédemption. Vous possédez dans votre écrin de famille le code de l'Evangile.
Vous devez vous faire apôtres et opposer à la mode païenne la mode chrétienne ; à la volupté, la réserve ; à la licence de la passion, la docilité à l'Evangile et à l'Eglise.
Ne prenez pas le monde pour modèle, nous dit saint Paul, dans la liturgie de ce jour, mais soumettez vos inclinations mauvaises à l'action transformante de la vie nouvelle, que la grâce du christianisme a versée dans vos âmes.
Je vous en supplie, dit-il encore, au nom de la divine miséricorde, faites que vos corps soient dignes d'être offerts en hostie vivante, sans souillure, agréables à Dieu, hommage d'un culte spirituel....
Que de familles, mêmes foncièrement honnêtes, ont besoin d'être aidées !
Elles voudraient résister à l'entraînement des modes avilissantes et des plaisirs licencieux, elles en déplorent la vogue, mais cèdent à la peur de se singulariser.
Ce qui fait défaut, mais on ne s'ose l'avouer, c'est le courage de traiter le vice de haut et de le mépriser. Les volontés sombrent dans la lâcheté.
Parents chrétiens, nous avons entendu l'appel discret de vos coeurs ; nous vous avons placés en face de votre devoir ; à vous, de nous obéir et de mettre résolument la vertu de vos fils et de vos filles, vos traditions d'honneur, la foi à l'Evangile, la soumission à la volonté formelle de vos Pasteurs, au-dessus d'un misérable préjugé mondain…»
En Espagne et en Italie, cardinaux, archevêques et évêques s'élèvent contre les modes actuelles soit du haut de la chaire, soit dans des lettres pastorales. On comprendra aisément que nous ne les citions pas tous.
« Aujourd'hui, dit le cardinal Cavallari, patriarche de Venise, en commentant le troisième chapitre de la première épître de saint Pierre1, l'impudicité, mise par un assez grand nombre de femmes dans leur mode de s'habiller, est telle, que même des hommes, nullement chrétiens, mais ayant conservé un fond d'honnêteté, s'en montrent choqués. A chaque instant, ces femmes donnent un spectacle contre lequel se révolte toute âme honnête.
Je voudrais des paroles de feu pour stigmatiser ces modes infâmes, qui déshonorent le caractère de la femme chrétienne, la rendent esclave des passions les plus abjectes, lesquelles ruinent une infinité d'âmes.
Disons nettement ce que nous pensons de la femme habillée d'une façon indécente : nous entendons par là l'usage de ces vêtements qui laissent nus les bras et une partie du buste, à peine couvert d'un peu de dentelle; de ces jupes, tellement étroites, qu'elles dessinent toutes les formes du corps au moindre mouvement et violent ainsi le dernier reste de pudeur. »
Puis, son Eminence rappelle ce que les auteurs sacrés ont dit sur ce sujet : saint Augustin, saint Jean Chrysostôme et d'autres, et Elle flétrit celles des femmes modernes qui s'habillent d'une façon si indécente :
« C'est à vous, pères de famille, que je m'adresse ne permettez pas cet abus à votre foyer. Maris chrétiens, défendez à vos femmes de s'habiller d'une manière contraire à la modestie chrétienne. Mères de famille, enseignez à vos filles la simplicité dans les vêtements et dites-leur que cette simplicité témoignera de leur candeur immaculée. »
Sous le Pontificat de Léon XIII et sur ses recommandations, le Cardinal Vicaire Monaco La Valetta traça un règlement pour les femmes chrétiennes :
I - Qu'elles ne se proposent, dans la parure, que des fins honnêtes et légitimes, qui puissent rendre l'action non seulement permise, mais même Méritoire de la vie éternelle, et jamais des vues mondaines et de vanité, comme si c'était pour attirer les regards d'autrui, humilier les autres, les surpasser, les éclipser.
II - Qu'elles aient un soin extrême de la modestie et de la décence dans leur habillement, ornement principal de la femme catholique, et qu'elles ne se permettent jamais, pour n'importe quel motif, soit l'exemple des unes, l'habitude des autres ou la coutume universelle, d'admettre dans leur vêtement la moindre chose qui s'oppose à ces vertus, se souvenant toujours que c'est à Dieu et non pas au monde qu'elles auront à rendre compte de leurs actions.
III - Qu'elles gardent aussi la simplicité, ayant en horreur les excès de luxe, et qu'elles se contentent de s'habiller en rapport avec la condition d'existence où Dieu les a placées, sans chercher des prétextes pour abonder en pompes inutiles.
IV - Quand elles vont à l'église, et surtout quand elles s'approchent des sacrements, qu'elles s'habillent sans recherche, sachant que dans la maison de Dieu toute pompe mondaine est défendue.
V - Qu'elles fixent chaque année, sans jamais la dépasser, la somme à laquelle elles se restreignent pour les frais de toilette, conformément à leur condition, à leurs moyens pécuniaires.
VI - Qu'elles n'oublient pas l'obligation imposée par l'Évangile, concernant l'aumône, et qu'elles s'évertuent à avoir ce superflu qui appartient aux pauvres, en supprimant quelque objet de luxe.
VII - Qu'elles ne contractent jamais de dettes pour la toilette, mais qu'elles fassent, et qu'elles gardent avec énergie, le ferme propos de payer ponctuellement leurs comptes.
VIII - Qu'elles travaillent de toutes leurs forces, par de douces insinuations et surtout par l'exemple, afin que ces règles soient observées. »
Sa Sainteté le Pape Pie X a souvent rappelé les règles de la modestie chrétienne. C'est lui qui a réformé un usage séculaire en vigueur à Rome, dans les réunions diplomatiques et mondaines où les Eminentissimes Cardinaux étaient invités. Par une lettre envoyée au corps diplomatique accrédité auprès du Vatican, Sa Sainteté exige que dorénavant la coutume du grand décolletage soit modifiée.
1 - Ayez, dit saint Pierre, non cette beauté extérieure qui consiste dans la manière de tresser les cheveux, de disposer les ornements et d'ajuster les habits ; car la personne cachée au fond du coeur, dans la pureté d'un esprit paisible et doux, voilà celle qui est précieuse devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara qui obéissait à Abraham, en l'appelant Seigneur. C'est d'elles que vous êtes les enfants en agissant bien, sans terreur et sans trouble… (Ière ÉpîtreI, chap.III, 3-6).