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Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:05
par Laetitia
Voici, cité par le R.P. Vuillermet, la position de l'Eglise quant aux modes indécentes :
Nous ne pouvons pas citer toutes les ordonnances épiscopales concernant les modes nouvelles et rappelant aux fidèles les règles élémentaires de la bienséance et de la pudeur. Bornons-nous à quelques-unes. Les unes signalent le péril, les autres donnent les règles pratiques de conduite.

« Je vous demande, Mesdames et Mesdemoiselles, dit Mgr de Nevers, au Congrès de Corbigny, avant d'aller assister à la sainte messe et d'y communier surtout, de faire, avec votre examen de conscience, l'examen de votre toilette. »

Nos voisins les Belges sont atteints eux aussi par le mal que nous dénonçons. L'épiscopat de ce pays qui veille avec tant de sollicitude au salut du peuple pousse le cri d'alarme. Dans une lettre collective, reproduite et commentée par la presse du monde entier, il rappelle aux fidèles, en termes précis et énergiques, le précepte trop oublié de la modestie chrétienne.
Nous ne citerons que ce qui se rapporte plus particulièrement au sujet que nous traitons.

« En présence de l'immodestie de plus en plus accentuée de la toilette féminine,... les évêques belges estiment qu'ils ont le devoir d'avertir les consciences de leurs fidèles, et de vous rappeler spécialement à vous, Pères et Mères de familles, que l'éducation, et la préservation de vos enfants sont confiées à votre vigilance, et que vous êtes pour une large part, responsables de leur avenir, et de la dignité ou de la déchéance de leur vie.»

En vain chercherez-vous à vous dérober à vos Obligations, en invoquant la tyrannie de la mode, ou en essayant de vous abriter sous le couvert de l'opinion publique.

Le Christ n'est pas descendu parmi nous pour ratifier les abus d'un monde pervers, mais pour nous décider, par ses exemples et par ses enseignements, à les combattre.

La société païenne était, à l'heure de sa venue, esclave des convoitises de l'or, de la volupté, de l'orgueil. Notre divin Sauveur les dénonça, avec autorité, et nous apporta sa lumière et la puissance de sa grâce, pour nous éclairer sur leur action pernicieuse et pour nous en garantir.

Le chrétien est disciple du Christ. Il a l'ambition de Le prendre pour modèle, d'adopter pour règle de vie son divin Evangile.

Vous êtes chrétiens, vous voulez rester fidèles aux engagements sacrés de votre baptême.
Prenez donc conscience de votre dignité, rompez ouvertement avec les moeurs païennes que le Christ a condamnées et que nous, évêques, pasteurs de vos âmes, chargés de Le représenter auprès de vous, venons à notre tour, publiquement réprouver.

Ces moeurs s'affichent aujourd'hui scandaleusement sous une double forme, dans les modes et les danses, qui ont pour but et pour unique effet de flatter les instincts sensuels.

Les modes, l'exiguïté des draperies, la transparence des étoffes, la forme du vêtement, la disposition suspecte des lignes, imaginées par des couturiers sans scrupule, ne sont plus des moyens de vêtir harmonieusement la femme honnête, mais des artifices calculés pour la livrer à la convoitise.
..... Epoux chrétiens, vous vous êtes juré fidélité ; ne vous ouvrez pas mutuellement la voie à la violation de vos serments. Vous avez sondé les désirs du coeur humain ; n'essayez donc pas de vous persuader ou de faire croire qu'il est incorruptible.

Mères chrétiennes, pourquoi conduisez-vous vos jeunes filles dans le monde ?
Elles sont innocentes, candides, elles ravissent par le charme de la modestie.
Dans leur inconscience, elles ne cherchent peut-être qu'à plaire, s'engouent de la mode quelle qu'elle soit, sans beaucoup l'analyser, uniquement attentives à attirer vers elles les sympathies dont les coeurs généreux ont besoin ; trop inexpérimentées souvent pour apprécier la qualité des sentiments qu'elles inspirent.
Mais vous avez acquis une expérience qu'elles n'ont point.
Vous le savez, vous, et devez le savoir : l'essentiel n'est pas que votre fille rencontre, vaille que vaille un jeune homme qui, sur l'heure s'éprenne d'elle, mais qu'elle trouve un époux digne d'elle et de vous, continuateur des traditions d'honneur et de foi que vous avez su maintenir dans votre foyer.
Ne la rabaissez donc pas au niveau de ces malheureuses qui mettent leur dignité à l'encan. Gardez-la, protégez-la, veillez sur la pureté de son imagination, sur la fraîcheur de ses affections, sur la grâce de sa parure virginale.
Ecartez d'elle le décolletage osé, les artifices troublants, tout ce qui porte à la luxure et dégrade...

Chrétiens et chrétiennes de tout âge et de toute condition, vous avez une mission à remplir.

Le grand Pape saint Léon nous a légué cette belle pensée : « On n'est pas bon, quand on ne l'est que pour soi. Ce n'est pas être sage que de n'aimer que pour soi la sagesse. »
Il ne peut donc vous suffire, nos très chers Frères, de ne point vous assujettir aux mœurs païennes ; il faut employer votre vigueur à réagir contre elles, et à enrayer leur marche, à faire reculer leur audace. Vous avez l'honneur d'appartenir au Christ.
Vous êtes enrichis de la grâce de la rédemption. Vous possédez dans votre écrin de famille le code de l'Evangile.
Vous devez vous faire apôtres et opposer à la mode païenne la mode chrétienne ; à la volupté, la réserve ; à la licence de la passion, la docilité à l'Evangile et à l'Eglise.

Ne prenez pas le monde pour modèle, nous dit saint Paul, dans la liturgie de ce jour, mais soumettez vos inclinations mauvaises à l'action transformante de la vie nouvelle, que la grâce du christianisme a versée dans vos âmes.

Je vous en supplie, dit-il encore, au nom de la divine miséricorde, faites que vos corps soient dignes d'être offerts en hostie vivante, sans souillure, agréables à Dieu, hommage d'un culte spirituel....
Que de familles, mêmes foncièrement honnêtes, ont besoin d'être aidées !
Elles voudraient résister à l'entraînement des modes avilissantes et des plaisirs licencieux, elles en déplorent la vogue, mais cèdent à la peur de se singulariser.
Ce qui fait défaut, mais on ne s'ose l'avouer, c'est le courage de traiter le vice de haut et de le mépriser. Les volontés sombrent dans la lâcheté.

Parents chrétiens, nous avons entendu l'appel discret de vos coeurs ; nous vous avons placés en face de votre devoir ; à vous, de nous obéir et de mettre résolument la vertu de vos fils et de vos filles, vos traditions d'honneur, la foi à l'Evangile, la soumission à la volonté formelle de vos Pasteurs, au-dessus d'un misérable préjugé mondain…»

En Espagne et en Italie, cardinaux, archevêques et évêques s'élèvent contre les modes actuelles soit du haut de la chaire, soit dans des lettres pastorales. On comprendra aisément que nous ne les citions pas tous.

« Aujourd'hui, dit le cardinal Cavallari, patriarche de Venise, en commentant le troisième chapitre de la première épître de saint Pierre1, l'impudicité, mise par un assez grand nombre de femmes dans leur mode de s'habiller, est telle, que même des hommes, nullement chrétiens, mais ayant conservé un fond d'honnêteté, s'en montrent choqués. A chaque instant, ces femmes donnent un spectacle contre lequel se révolte toute âme honnête.

Je voudrais des paroles de feu pour stigmatiser ces modes infâmes, qui déshonorent le caractère de la femme chrétienne, la rendent esclave des passions les plus abjectes, lesquelles ruinent une infinité d'âmes.

Disons nettement ce que nous pensons de la femme habillée d'une façon indécente : nous entendons par là l'usage de ces vêtements qui laissent nus les bras et une partie du buste, à peine couvert d'un peu de dentelle; de ces jupes, tellement étroites, qu'elles dessinent toutes les formes du corps au moindre mouvement et violent ainsi le dernier reste de pudeur. »

Puis, son Eminence rappelle ce que les auteurs sacrés ont dit sur ce sujet : saint Augustin, saint Jean Chrysostôme et d'autres, et Elle flétrit celles des femmes modernes qui s'habillent d'une façon si indécente :
« C'est à vous, pères de famille, que je m'adresse ne permettez pas cet abus à votre foyer. Maris chrétiens, défendez à vos femmes de s'habiller d'une manière contraire à la modestie chrétienne. Mères de famille, enseignez à vos filles la simplicité dans les vêtements et dites-leur que cette simplicité témoignera de leur candeur immaculée. »


Sous le Pontificat de Léon XIII et sur ses recommandations, le Cardinal Vicaire Monaco La Valetta traça un règlement pour les femmes chrétiennes :

I - Qu'elles ne se proposent, dans la parure, que des fins honnêtes et légitimes, qui puissent rendre l'action non seulement permise, mais même Méritoire de la vie éternelle, et jamais des vues mondaines et de vanité, comme si c'était pour attirer les regards d'autrui, humilier les autres, les surpasser, les éclipser.

II - Qu'elles aient un soin extrême de la modestie et de la décence dans leur habillement, ornement principal de la femme catholique, et qu'elles ne se permettent jamais, pour n'importe quel motif, soit l'exemple des unes, l'habitude des autres ou la coutume universelle, d'admettre dans leur vêtement la moindre chose qui s'oppose à ces vertus, se souvenant toujours que c'est à Dieu et non pas au monde qu'elles auront à rendre compte de leurs actions.

III - Qu'elles gardent aussi la simplicité, ayant en horreur les excès de luxe, et qu'elles se contentent de s'habiller en rapport avec la condition d'existence où Dieu les a placées, sans chercher des prétextes pour abonder en pompes inutiles.
IV - Quand elles vont à l'église, et surtout quand elles s'approchent des sacrements, qu'elles s'habillent sans recherche, sachant que dans la maison de Dieu toute pompe mondaine est défendue.

V - Qu'elles fixent chaque année, sans jamais la dépasser, la somme à laquelle elles se restreignent pour les frais de toilette, conformément à leur condition, à leurs moyens pécuniaires.

VI - Qu'elles n'oublient pas l'obligation imposée par l'Évangile, concernant l'aumône, et qu'elles s'évertuent à avoir ce superflu qui appartient aux pauvres, en supprimant quelque objet de luxe.

VII - Qu'elles ne contractent jamais de dettes pour la toilette, mais qu'elles fassent, et qu'elles gardent avec énergie, le ferme propos de payer ponctuellement leurs comptes.

VIII - Qu'elles travaillent de toutes leurs forces, par de douces insinuations et surtout par l'exemple, afin que ces règles soient observées. »

Sa Sainteté le Pape Pie X a souvent rappelé les règles de la modestie chrétienne. C'est lui qui a réformé un usage séculaire en vigueur à Rome, dans les réunions diplomatiques et mondaines où les Eminentissimes Cardinaux étaient invités. Par une lettre envoyée au corps diplomatique accrédité auprès du Vatican, Sa Sainteté exige que dorénavant la coutume du grand décolletage soit modifiée.


1 - Ayez, dit saint Pierre, non cette beauté extérieure qui consiste dans la manière de tresser les cheveux, de disposer les ornements et d'ajuster les habits ; car la personne cachée au fond du coeur, dans la pureté d'un esprit paisible et doux, voilà celle qui est précieuse devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara qui obéissait à Abraham, en l'appelant Seigneur. C'est d'elles que vous êtes les enfants en agissant bien, sans terreur et sans trouble… (Ière ÉpîtreI, chap.III, 3-6).

Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:07
par Laetitia
Je me permets d'ajouter ce passage d'une intervention de Sa Sainteté le Pape Benoît XV le 21 octobre 1919 qui recevait la présidente générale et les déléguées des groupes diocésains de l'Union catholique des femmes d'Italie.
Le Saint Père répondit par une allocution sur la Mission de la femme dans la société. Nous en extrayons ce qui a rapport aux modes :

« Hâtons-nous, au contraire, de nous réjouir de la résolution qui a été formulée : de travailler à ce que la femme ne se sente pas seulement le devoir d'être vertueuse, mais aussi celui de se montrer telle dans sa façon de se vêtir. Une pareille résolution implique la nécessité du bon exemple que doit donner la femme catholique : oh ! Qu'il est grave, qu'il est urgent, le devoir de répudier ces exagérations de la mode, qui sont un fruit de la corruption chez ceux qui les ont inventées et qui apportent une néfaste contribution à la corruption générale des moeurs !

Sur ce point, Nous croyons devoir insister d'une façon particulière : Nous savons, en effet, d'une part, que certaines façons de se vêtir, entrées aujourd'hui en usage parmi les femmes, sont dommageables au bien de la société, parce qu'elles provoquent au mal; et d'autre part, c'est pour Nous un sujet d'étonnement et de stupeur, on propage le venin, et l'on semble en ignorer l'action malfaisante ; on incendie la maison, et l'on paraît méconnaître la puissance destructrice du feu. Si l'on ne suppose pas cette ignorance, il devient impossible d'expliquer la déplorable extension qu'a prise de nos jours une mode si contraire à la modestie, qui devrait être l'ornement le plus beau de la femme chrétienne : autrement, comment une seule femme aurait-elle pu en arriver à porter un habillement indécent jusque dans le lieu saint, et à se présenter ainsi aux maîtres naturels, et les plus accrédités, de la morale chrétienne ?...

…Qu'on ne croie pas, d'ailleurs, que le bon exemple serve seulement à l'oeuvre éducatrice qui revient directement à la femme, au sein de la famille comme au dehors de la famille : le courage chrétien qui donne vie au bon exemple de la femme dans les milieux viciés de notre époque, et en face du débordement, des modes indécentes, est au contraire le levier pour toute la mission de la femme au milieu de la société, car le langage courant lui-même exprime une vérité de sens commun quand il dit que la vertu s'impose... ».

Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:19
par Laetitia
Voici, pour compléter le sujet, les citations des papes, tirées des Enseignements Pontificaux, dans le volume traitant du Problème féminin :

La lutte contre les modes immodestes :

1 - La mode en soi n'a rien de condamnable :
Pie XII dans son [i]Allocution à la Jeunesse féminine d'Action Catholique[/i], le 22 mai 1941 a écrit : Mesure et bon goût :

…Le mouvement de la mode n'a, en lui-même, rien de mauvais. Il naît spontanément de la sociabilité humaine, suivant l'impulsion qui incline à se mettre en harmonie avec ses semblables et avec les habitudes des personnes parmi lesquelles on vit.

Dieu ne vous demande point de vivre en dehors de votre temps, de rester indifférentes aux exigences de la mode au point de vous rendre ridicules en vous habillant à l'encontre des goûts et des usages communs de vos contemporaines, sans vous préoccuper jamais de ce qui leur plaît.

2 - Comme la modestie, elle devrait indiquer la mesure vertueuse à garder dans le vêtement :
Pie XII dans son [i]Allocution à la Jeunesse féminine d'Action Catholique[/i], le 6 octobre 1940 a écrit : Mode et modestie :

Mode et modestie devraient bien aller et marcher ensemble comme deux soeurs, puisque les deux mots ont la même étymologie, du latin " modus ", qui veut dire juste mesure, en deçà et au delà de laquelle ne peut se trouver le juste ou le raisonnable. Mais la modestie n'est plus de mode ! Semblables à ces pauvres aliénés qui, ayant perdu l'instinct de la conservation et la notion du danger, se jettent dans le feu ou dans les fleuves, bien des âmes féminines, oublieuses dans leur ambitieuse vanité de la modestie chrétienne, courent misérablement au devant des dangers où leur pureté peut trouver la mort. Elles subissent la tyrannie de la mode, même immodeste, d'une manière telle qu'elles paraissent n'en même plus soupçonner l'inconvenance : elles ont perdu le sens même du danger, l'instinct de la modestie.

Aider ces malheureuses à reprendre conscience de leurs devoirs sera votre apostolat, votre croisade au milieu du monde : " Que votre modestie paraisse à tous les regards ".
Pie XII dans son [i]Allocution à la Jeunesse féminine d'Action Catholique[/i], le 22 mai 1941 a écrit : …Aussi, l'angélique saint Thomas d'Aquin affirme-t-il que, dans les choses extérieures, dont l'homme use, il n'y a nul vice, mais que le vice vient de l'homme qui en use immodérément, par rapport aux usages de ceux avec lesquels il vit, en se faisant de lui-même, d'une façon étrange, partie discordante d'avec les autres, ou en usant des choses d'une façon conforme ou non conforme aux usages établis, mais avec un sentiment désordonné, par surabondance de vêtements superbement ornés, ou portés avec complaisance, ou recherchés avec une sollicitude exagérée, alors que la modestie et la simplicité suffiraient à satisfaire au décorum nécessaire (St Thomas, 2a-2ae, qu.169, art.1). Le même saint Docteur ajoute qu'il y a acte méritoire de vertu dans la parure féminine, quand elle est conforme à l'usage, conforme à l'état de la personne ou dans une bonne intention. Lorsque les femmes portent des ornements décents, en harmonie avec leur état et leur dignité, lorsqu'elles suivent en cela, avec mesure, les coutumes de leur pays, alors se parer sera aussi un acte de cette vertu de la modération qui imprime une mesure dans la démarche, l'attitude, le vêtement et tous les mouvements extérieurs (In Isaiam prophetam, III, in fine).

Dans l'attitude à observer à l'égard de la mode, la vertu tient le juste milieu. Ce que Dieu vous demande est de vous souvenir toujours que la mode n'est, ni ne peut être, la règle suprême de votre conduite…
…pour se mettre en harmonie avec ses semblables :
Pie XII dans son [i]Allocution au Congrès international des Maîtres Tailleurs[/i], le 10 septembre 1954 a écrit : ...L'esprit matérialiste, qui inspire une si grande part de la civilisation d'aujourd'hui, n'a pas épargné le secteur de la mode. On y voit s'étaler trop souvent un luxe provocant, ignorant de toute pudeur, soucieux uniquement de flatter la vanité et l'orgueil. Au lieu d'élever et d'ennoblir la personne humaine, le vêtement parfois tend à la dégrader et l'avilir. Même si vous n'êtes pas responsables de ces manifestations regrettables, vous ne pouvez y demeurer indifférents. Bien loin d'entretenir le penchant déjà trop vif à l'immodestie, soyez toujours soucieux de respecter les normes de la décence et du bon goût, d'une élégance sainement entendue et parfaitement honnête. Bref, au lieu de suivre le courant matérialiste qui entraîne tant de contemporains, mettez-vous délibérément au service de fins spirituelles. I1 n'est pas possible de cloisonner la vie humaine, d'y fixer certains domaines où la morale n'aurait point son mot à dire. Le vêtement exprime de façon trop immédiate les tendances et les goûts de la personne pour échapper à certaines règles bien nettes qui dépassent et commandent le simple point de vue esthétique.

S'il faut condamner l'ostentation vaine, il est entièrement normal que l'homme se préoccupe de rehausser, par l'éclat extérieur des habits, les circonstances extraordinaires de la vie, et de témoigner par là ses sentiments de joie, de fierté ou même de tristesse. La robe blanche d'une enfant au matin de sa première communion, celle de la jeune femme au jour de son mariage, ne symbolisent-elles pas l'éclat tout immatériel d'une âme qui offre le meilleur d'elle-même ? Et d'ailleurs, selon la parabole de l'évangile, l'entrée dans le royaume des cieux n'est-elle pas réservée à ceux-là seuls qui porteront le mystérieux vêtement de noces que Dieu exige de ses invités, c'est-à-dire une conscience droite et pure, dont les fautes ont été effacées par la grâce divine qui la transforme et la rend digne de paraître devant Dieu ?
…et permettre à la femme de plaire à son mari :
Pie XII dans son [i]Allocution aux nouveaux époux[/i], le 18 novembre 1942 a écrit : …Que le mari soit heureux de voir sa femme s'habiller et paraître avec une élégance décente, conforme à ses moyens et à sa condition sociale; qu'il l'y encourage, qu'il lui fasse le plaisir, au besoin, de quelques gracieux cadeaux, qu'il la complimente aimablement sur son charme et sa grâce. Qu'à son tour, la femme bannisse de son foyer tout ce qui heurte l'esprit ou le sens de la beauté, qu'elle évite toute sévérité qui pèserait sur le cœur de son mari…[/i]


3 - Mais elle doit s'incliner devant les principes de la loi morale :

quote="Pie XII dans son Allocution à la Jeunesse féminine d'Action Catholique, le 22 mai 1941"]
… que au-dessus de la mode et de ses exigences, il y a des loi, plus hautes et impérieuses, des principes supérieurs et immuables qui, en aucun cas, ne peuvent être sacrifiés au gré du plaisir ou du caprice, et devant lesquels l'idole de la mode doit savoir abaisser sa fugitive toute-puissance. Ces principes ont été proclamés par Dieu, par l'Eglise, par les saints et les saintes, par la raison et par la morale chrétienne…
…la loi morale qui pose des limites qu'aucune mode ne peut franchir :
Ce sont les signaux marquant les limites au delà desquelles on ne voit plus apparaître ni fleurir des lis et des roses, au delà desquelles la pureté, la modestie, la dignité et l'honneur féminin n'exhalent plus leurs parfums, mais où souffle et règne un air malsain de légèreté, de langage équivoque, de vanité audacieuse, de fatuité non moins dans le coeur que dans l'habillement. Ce sont ces principes que saint Thomas d'Aquin énonce, touchant l'ornement de la femme (2a-2ae, qu.169, art.1) et rappelle, alors qu'il indique quel doit être l'ordre de notre charité, de nos affections ; le bien de notre âme l'emporte sur celui de notre corps, et nous devons préférer à l'avantage de notre propre corps le bien de l'âme de notre prochain (2a-2ae, qu.26, art.4 et 5). Dès lors, ne voyez-vous pas qu'il existe une limite qu'aucune forme de mode ne peut faire dépasser, une limite au delà de laquelle la mode se fait source de ruines pour l'âme de la femme et pour l'âme d'autrui ?

Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:32
par Laetitia
Voici la suite des Enseignements Pontificaux,sur le même sujet :

Les toilettes immodestes viennent :

1°- de la corruption et de l'esprit matérialiste de ceux qui en lancent la mode :
Benoît XV dans son [i]Allocution aux femmes italiennes[/i], le 21 octobre 1919 a écrit : Hâtons-Nous, au contraire, de Nous féliciter de la résolution qu'on vient de formuler : vous allez veiller à ce que la femme catholique se sente tenue non seulement d'être honnête, mais encore de prouver son honnêteté par la façon de se vêtir. Pareille résolution rappelle la nécessité pour la femme catholique de donner le bon exemple. Quel grave et urgent devoir de condamner les exagérations de la mode! Nées de la corruption de ceux qui les lancent, ces toilettes inconvenantes sont, hélas ! un des ferments les plus puissants de la corruption générale des moeurs.
2°- de l'inconscience de celles qui les portent :
Benoît XV dans son [i]Allocution aux femmes italiennes[/i], le 21 octobre 1919 a écrit : Nous croyons devoir insister d'une manière particulière sur ce point. Nous savons, d'une part, que certaines toilettes aujourd'hui admises chez les femmes sont funestes au bien de la société, car elles sont une funeste provocation au mal; et, d'autre part, Nous sommes rempli d'étonnement, de stupeur, en voyant que celles qui versent le poison semblent en méconnaître les funestes effets, que l'incendiaire qui met le feu à la maison semble en ignorer la puissance de dévastation. L'ignorance peut seule expliquer la déplorable extension prise de nos jours par une mode si contraire à la modestie, le plus bel ornement de la femme chrétienne; mieux éclairée, il Nous semble qu'une femme n'eût jamais pu arriver à cet excès de porter une toilette indécente jusque dans le lieu saint, sous les regards des maîtres naturels et les plus autorisés de la morale chrétienne.
Pie XII, dans son [i]Allocution à la Jeunesse féminine d'Action Catholique[/i], le 22 mai 1941 a écrit : Les sacrifices qui s'imposent :

Certaines jeunes filles diront peut-être que telle façon déterminée de se vêtir est plus commode et également plus hygiénique; mais si elle devient pour le salut de l'âme un péril grave et prochain, elle n'est certainement pas hygiénique pour votre esprit; il est de votre devoir d'y renoncer. La volonté de sauver leur âme a rendu héroïques les martyres, telles les Agnès et les Cécile, au milieu des tourments et des macérations
De leur corps virginal. Vous, leurs soeurs dans la foi, dans l'amour du Christ, dans l'estime de la vertu, vous ne trouveriez pas au fond de votre cœur le courage et la force de sacrifier un peu de bien-être, un avantage physique, si l'on veut, pour garder saine et pure la vie de vos âmes? Et si, pour un simple plaisir personnel, nul n'a le droit de mettre en péril la vie corporelle des autres, n'est-il pas encore moins licite de compromettre le salut, donc la vie même de leurs âmes ? Si, comme le prétendent certaines, une mode audacieuse ne produit sur elles aucune impression mauvaise, que savent-elles de l'impression que les autres en ressentent ? Qui les assure que les autres n'en retirent pas de mauvaises incitations ? Vous ne connaissez pas le fond de la fragilité humaine ni de quel sang corrompu ruissellent les blessures laissées dans la nature par le péché d'Adam, avec l'ignorance dans l'intelligence, la malice dans la volonté, avec l'avidité du plaisir et la faiblesse à l'égard du bien ardu dans les passions des sens, à tel point que l'homme, flexible comme la cire pour le mal," voit ce qui est mieux et l'approuve, et s'attache au pire " (Ovide, Les métamorphoses), à cause de ce poids qui toujours, comme du plomb, l'entraîne au fond. Oh! Combien justement on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu'elles causent chez les autres par leurs toilettes et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d'importance, elles s'épouvanteraient de leur responsabilité !

3°- des mères qui les tolèrent ou des femmes pieuses qui les autorisent de leur exemple :
Benoît XV dans son [i]Allocution aux femmes italiennes[/i], le 21 octobre 1919 a écrit : Il importe que les femmes catholiques acceptent en toute logique cet important devoir : il leur impose, outre des obligations individuelles, une mission sociale. Aussi désirons-Nous que les nombreuses adhérentes de l'Union des Femmes catholiques aujourd'hui réunies en Notre présence forment entre elles une ligue pour combattre les modes indécentes, non pas seulement en ce qui les concerne, mais encore chez toutes les personnes ou familles sur lesquelles leur influence peut s'exercer efficacement.

La mère chrétienne ne doit jamais, cela va de soi, permettre à ses filles de céder aux fausses exigences d'une mode répréhensible; mais il ne sera pas superflu d'ajouter que la femme d'un rang social plus élevé est plus rigoureusement tenue de ne pas tolérer chez ses visiteuses des immodesties de toilette. Un avis donné à propos empêcherait le retour de cette audacieuse absence de réserve qui viole les droits de l'hospitalité bien comprise. Et peut-être l'écho de ce blâme, arrivant opportunément à d'autres personnes peu attentives, complices des créateurs des modes inconvenantes, leur donnerait-il le courage de ne plus se déshonorer en portant ces toilettes indécentes ou toutes autres analogues que la sage maîtresse de maison aura réprouvées sans hésitation.

A quoi Nous n'hésitons pas à ajouter : O mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d'angoisses et de périls intérieurs, de doutes mal réprimés, de hontes mal contenues vous préparez à vos fils et à vos filles, en les accoutumant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-mêmes et vous redouteriez la honte que vous vous faites à vous-mêmes et le tort que vous causez à ces enfants que le ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement. Et ce que Nous disons aux mères, Nous le répétons à nombre de femmes croyantes et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs soeurs loin de cette mode qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse, et comme le signe qui les fait reconnaître, on n'osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n'hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes.
4°- des maris vaniteux :
Pie XII, dans son [i]Allocution aux nouveaux époux[/i], le 18 novembre 1942 a écrit : …Non moins imprudents les maris qui, pour faire plaisir à leur femme ou pour satisfaire leur propre vanité, l'encouragent à s'abandonner dans les vêtements et la conduite de la vie aux extravagances les plus hardies de la mode. Ces jeunes femmes irréfléchies, lancées par là à l'aventure, ne se figurent peut-être point à quels dangers elles exposent leur propre conduite et celle des autres. N'allez pas chercher ailleurs l'origine de nombreux scandales dont s'étonnent beaucoup de gens, mais non ceux qui réfléchissent sur les cheminements du mal, non pas les sages amis qui avaient à temps signalé le danger, et qu'on n'a pas écoutés.

5°- de la tyrannie de la mode qui en fait méconnaître l'inconvenance :
Pie XII a écrit : …Elles subissent la tyrannie de la mode, même immodeste, d'une manière telle qu'elles paraissent n'en même plus soupçonner l'inconvenance : elles ont perdu le sens même du danger, l'instinct de la modestie.
Pie XII, dans son [i]Allocution aux Filles de l'Immaculée[/i], le 17 juillet 1954 a écrit : …Car il ne suffit pas de savoir, il faut agir en conséquence, il faut se compromettre et vaincre le respect humain. L'attitude nette qu'une jeune fille isolée n'osera guère adopter, plusieurs, qui auront réfléchi et prié ensemble, la prendront sans crainte. Il est inutile de donner ici beaucoup de précisions; les points sur lesquels la morale chrétienne demande l'effort généreux et la réaction décidée de la jeunesse, vous les connaissez bien : ce sont la tenue d'abord, puis les conversations, les lectures, les spectacles, les relations. Oh! Combien de jeunes filles ne croient pas commettre de faute, en suivant docilement certaines modes éhontées. Elles rougiraient, certes, si elles devinaient l'impression et les sentiments de ceux qui les regardent...Que de péchés commis ou provoqués par des conversations trop libres, par des spectacles immodestes, par des lectures dangereuses. Oh! Que les consciences sont devenues lâches et les moeurs païennes.

Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:34
par Laetitia
Voici la copie d'un tract distribué lors d'une retraite de St Ignace :

Croisade pour la modestie

Des châtiments

Nous avons peur de la guerre et du communisme. C'est avec raison. Il y a aussi les taxes qui nous volent nos maisons. Et les gros taux d'intérêts sur hypothèques. Et il y a le chômage, qui est le chemin du désespoir pour les jeunes devant leur avenir. Le système d'argent qui nous régit est un système d'esclavage, et il conduit le monde entier à l'esclavage total du communisme.

La Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, est apparue à Fatima, au Portugal, en 1917, à 3 petits enfants. Jacinte, l'une des trois, avant de mourir en 1920, a révélé sur l'inspiration de Marie:
Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en enfer sont les péchés de la chair. On lancera certaines modes qui offenseront beaucoup Notre-Seigneur. Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre ces modes... Les guerres ne sont que des châtiments pour les péchés du monde.

Déshabillement infâme
De nos jours, ces modes de s'habiller, ou plutôt de se déshabiller, de se montrer nu au monde, ces modes sont devenues tellement sauvages qu'on se demande comment des hommes et des femmes civilisés peuvent se livrer pieds et poings liés à cette tyrannie infâme de la mode dans le vêtement.

Et attention! Elles ne sont pas rares aujourd'hui les femmes qui se plaignent des moeurs du siècle et qui se présentent en shorts devant vous. Les règles de la décence sont claires et nettes; elles furent redonnées avec précision en 1938 et en 1946 par le Pape et nos évêques; ces règles ne sont pas changées, car la nature humaine et la loi de Dieu ne changent pas.

Les païens d'avant Jésus-Christ montraient plus de respect d'eux-mêmes et des autres, plus de distinction dans leurs costumes, que des catholiques.

Nous avons raison d'avoir peur du communisme et de la guerre, nous qui trahissons la culture catholique et française que nous ont léguée nos ancêtres. Nous serons punis. Ou plutôt la miséricorde de Dieu devra s'exercer avec force pour nous ouvrir les yeux enfin.

Et nos prédicateurs sans voix contre les modes sataniques, les catéchètes qui enseignent le sexe, le concubinage, la pilule, l'avortement, le divorce, l'homosexualité, le nudisme partiel ou total, ces enseignants du mal, plus responsables que le peuple enseigné, ces maîtres du vice souffriront aussi des guerres et du communisme, qui sont des châtiments pour les péchés du monde.

Est-ce que nous voulons faire en sorte que notre pays, que nos enfants soient épargnés ? Lançons donc, cher peuple, une grande croisade pour la modestie dans le vêtement. Appel à toutes les âmes de bonne volonté, d'abord aux femmes chrétiennes.

Il faut, coûte que coûte, que soient appliquées les règles de la décence, données par Rome et nos Evêques, règles catholiques. Règles basées sur la nature humaine et sur la loi de Dieu, qui ne sont pas changées. Règles qui conviennent à tous les civilisés, catholiques ou non.

Et en même temps, une grande croisade du chapelet tous les jours dans nos maisons. Le chapelet résout tous les problèmes, a dit Notre-Dame à Lucie, l'autre voyante de Fatima.

Re: La mode

Publié : ven. 04 sept. 2015 15:45
par Laetitia
Deuxième partie du tract : Croisade pour la modestie

Décence dans le vêtement

Règles précises :

Données en 1938, par S.E. Cardinal Pompili, Cardinal Vicaire de Rome :
Nous rappelons que l'on ne peut considérer comme étant décent un vêtement dont le décolletage dépasse la largeur de deux doigts au-dessous de la naissance du cou, un vêtement dont les manches ne descendent pas au moins jusqu'au coude et qui descend à peine au-dessous des genoux. Indécents sont également les habits d'étoffe transparente.

Mai 1946. Lettre de tous les Evêques du Canada. Ils répètent l'énoncé du Cardinal Pompili et ils ajoutent :
Que si l'on demande en quoi consiste un habit modeste et décent pour une chrétienne, on comprendra que c'est celui qui couvre la poitrine et les bras d'étoffes non transparentes, qui descend au moins à mi-Jambe et dont la coupe d'une ampleur convenable protège la pudeur en dissimulant les lignes du corps. (Synode de Québec, 1940, décret 102)
Que sera-ce demain, si l'on songe à la vogue croissante de ces vêtements si exigus ou tels qu'ils semblent plutôt faits pour mettre en relief ce qu'ils doivent voiler, comme l'observe Pie XII ?

Trop de jeunes filles acceptent facilement les raccourcis indécents, parfois provocateurs, les décolletés audacieux où elles ont parfois l'impudence de placer la croix de Notre-Seigneur, maître de pureté ! Trop d'entre elles s'exhibent en shorts, encore timidement dans la rue, mais avec sans gêne au jeu ! Souvent elles réduisent encore leur costume de plage. Immodestes de leur nature même, ces vêtements doivent être bannis de nos moeurs, même dans les sports.

Notons de plus que le port du pantalon sous le moindre prétexte, ou, ce qui est pire, dans le but de s'exhiber en le public, n'est pas digne d'une vraie chrétienne.

Ce qui nous parait plus grave encore, non certes comme provocation au mal, mais plutôt comme habitude néfaste et pouvant conduire très loin, c'est, dans le costume des fillettes, la robe écourtée, la nudité complète des bras et des jambes, quand cela ne va pas jusqu'à celle du torse. Sans le savoir, ces pauvres enfants scandalisent ainsi, et souvent, leurs petits frères.

L'homme lui-même n'échappe pas au goût de l'exhibition de sa chair : on va le torse nu en public, on porte un pantalon ou un maillot collant trop abrégé. On commet par là des infractions à la vertu de modestie, quand on n'est pas occasion de péché, en pensée ou en désir, pour le prochain.

Que dire aujourd'hui ! En ce XXIe siècle, dans un monde sans Dieu....

Faisons nôtres ces enseignements et règles pratiques, et appliquons-les dans nos familles.

Rappelons-nous toujours que :

St Ambroise a écrit:
la modestie est la compagne de la pudeur qui remplace la chasteté elle-même
St Bernard a écrit:
Combien est belle cette pudeur et quelle splendide perle des mœurs.