Re: Quels seront les principaux suppôts de l'Antéchrist ?
Publié : ven. 12 janv. 2007 23:53
Monsieur l'Abbé,
il y a bien des malentendus ... Je crois en particulier que ma phrase sur «l'attribution» est prise en contre-sens. Je précise donc :
1) "affirmations péremptoires" : rien n'est de moi dans toutes ces affirmations. Je ne fais que redire l'opinion unanime des spécialistes de saint Thomas. Ce ne sont pas des idées propres à "Paulus", lequel a suffisament d'idées personnelles pour ne pas en rajouter ...
2) "j'ai vu que ..." : ceci ne veut pas dire que c'est moi qui me suis aperçu de cela en étudiant le texte. Mais cela veut dire : "je me suis aperçu que, pour l'unanimité des thomistes, ce texte était de Jacques de Bénévent".
3) les légendes : ce n'est pas parce que les rationalistes ont à tort critiqué les légendes, que tout texte quel qu'il soit est vrai. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas tous nos amis ! De plus, ce sont deux choses distinctes : critiquer une vie de saint, et attribuer un texte à un auteur, surtout dans le cas où ce texte a été longtemps anonyme, puis a été attribué à St Thomas au XVIIe s. alors que les plus anciens manuscrits le donnent à Jacques de Bénévent !
4) il n'y a aucune contradiction dans mon paragraphe. Le revoici avec explications :
- « le traité De Antichristo n'est point de saint Thomas d'Aquin; mais de Jacques de Bénévent ».
C'est clair ! Je ne fais que reprendre les conclusions que les connaisseurs de St Thomas ont fait.
- « Il a circulé sous le nom de Td'A, mais depuis longtemps (bien avant VII et le modernisme) il a été rendu à JdB.»
C'est clair ! pas l'ombre d'une contradiction.
- « Je crois que l'attribution est incontestable; en tout cas il ne saurait être de Td'A».
C'est toujours clair ! C'est l'attribution à JdB qui est incontestable. De plus, indépendamment de savoir si c'est JdB, Adalbert de Salamine ou Gondebaud de Clochemerle qui l'a écrit (c'est le sens de mon "en tout cas"), la seule étude du texte montre immédiatement qu'il n'est pas de saint Thomas. Le texte sur l'Antéchrist jure complètement, tant par sa forme, par ses idées, par son développement etc., sur les œuvres de st Th.
5) l'imprimatur : l'argument est inopérant ... L'imprimatur n'engage pas l'infaillibilité sur l'auteur donné d'un ouvrage ! Des livres avec imprimatur, et fourmillant d'erreurs, on en trouve des tonnes. Regardez par exemple le Martyrologe romain, qui bénéficie d'une autorité plus grande que le simple imprimatur : ses éditions successives (avant VII ...) diffèrent et se contredisent sur des points historiques (par ex., tel saint est mort à tel endroit). Car en toute chose il faut considérer la fin. Et la fin du Martyrologe n'est pas de nous donner des points d'histoire. Idem pour le traité du l'Antéchrist.
Vous citez la controverse gallicane contre saint Denys l'Aréopagite : très bien; tous ces mauvais livres ont bénéficié de l'imprimatur !
Alors, l'imprimatur des dominicains de 1840 ... ce n'est pas cela qui nous garantit que le texte est bien de Saint Thomas.
A bientôt, in via veritatis.
Paulus humilis lector & discipulus fratris Thomae.
il y a bien des malentendus ... Je crois en particulier que ma phrase sur «l'attribution» est prise en contre-sens. Je précise donc :
1) "affirmations péremptoires" : rien n'est de moi dans toutes ces affirmations. Je ne fais que redire l'opinion unanime des spécialistes de saint Thomas. Ce ne sont pas des idées propres à "Paulus", lequel a suffisament d'idées personnelles pour ne pas en rajouter ...
2) "j'ai vu que ..." : ceci ne veut pas dire que c'est moi qui me suis aperçu de cela en étudiant le texte. Mais cela veut dire : "je me suis aperçu que, pour l'unanimité des thomistes, ce texte était de Jacques de Bénévent".
3) les légendes : ce n'est pas parce que les rationalistes ont à tort critiqué les légendes, que tout texte quel qu'il soit est vrai. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas tous nos amis ! De plus, ce sont deux choses distinctes : critiquer une vie de saint, et attribuer un texte à un auteur, surtout dans le cas où ce texte a été longtemps anonyme, puis a été attribué à St Thomas au XVIIe s. alors que les plus anciens manuscrits le donnent à Jacques de Bénévent !
4) il n'y a aucune contradiction dans mon paragraphe. Le revoici avec explications :
- « le traité De Antichristo n'est point de saint Thomas d'Aquin; mais de Jacques de Bénévent ».
C'est clair ! Je ne fais que reprendre les conclusions que les connaisseurs de St Thomas ont fait.
- « Il a circulé sous le nom de Td'A, mais depuis longtemps (bien avant VII et le modernisme) il a été rendu à JdB.»
C'est clair ! pas l'ombre d'une contradiction.
- « Je crois que l'attribution est incontestable; en tout cas il ne saurait être de Td'A».
C'est toujours clair ! C'est l'attribution à JdB qui est incontestable. De plus, indépendamment de savoir si c'est JdB, Adalbert de Salamine ou Gondebaud de Clochemerle qui l'a écrit (c'est le sens de mon "en tout cas"), la seule étude du texte montre immédiatement qu'il n'est pas de saint Thomas. Le texte sur l'Antéchrist jure complètement, tant par sa forme, par ses idées, par son développement etc., sur les œuvres de st Th.
5) l'imprimatur : l'argument est inopérant ... L'imprimatur n'engage pas l'infaillibilité sur l'auteur donné d'un ouvrage ! Des livres avec imprimatur, et fourmillant d'erreurs, on en trouve des tonnes. Regardez par exemple le Martyrologe romain, qui bénéficie d'une autorité plus grande que le simple imprimatur : ses éditions successives (avant VII ...) diffèrent et se contredisent sur des points historiques (par ex., tel saint est mort à tel endroit). Car en toute chose il faut considérer la fin. Et la fin du Martyrologe n'est pas de nous donner des points d'histoire. Idem pour le traité du l'Antéchrist.
Vous citez la controverse gallicane contre saint Denys l'Aréopagite : très bien; tous ces mauvais livres ont bénéficié de l'imprimatur !
Alors, l'imprimatur des dominicains de 1840 ... ce n'est pas cela qui nous garantit que le texte est bien de Saint Thomas.
A bientôt, in via veritatis.
Paulus humilis lector & discipulus fratris Thomae.