Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

chartreux
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 2) Le Pape est sous la loi de Dieu, et doit user de son autorité comme Dieu veut qu'il en use :
Cardinal Hergenrother (dans l'encyclopédie de 1908) a écrit : Le Pape est circonscrit par la conscience qu'il a de la nécéssité de faire un usage juste et bénéfique de son autorité et de ses privilèges ... il est circonscrit aussi par l'esprit et la pratique de l'Église, par le respect dû aux Conciles Généraux, et aux coutumes et lois anciennes
Voici ce qu'écrivait S. Bernard à un de ses anciens abbés, le Pape Eugène :
Saint Bernard, De Consideratione a écrit : On vous a confié le commandement du monde, mais on ne vous en a pas donné la possession ... laissez-Lui la possession et le règne ; vous êtes son concierge. Là est votre part ; n'étendez pas votre main plus loin ; ne vous croyez pas exempté de la critique que Dieu fait en Hos. 8:4 : "Ils ont régné, et non par moi ; ils ont été princes, et je ne l’ai pas su."
Je suis conscient de l'importance du fait que les clefs ont été confiées à Pierre. Mais souviens-toi que le grand-prêtre hébreu aussi avait reçu le pouvoir des clefs. Pour citer Isaïe 22:22, "Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David ; il ouvrira, et personne ne fermera, et il fermera, et personne n’ouvrira. " Le grand-prêtre Caiphas avaient autorité dans Jérusalem mais il était "perfide" dans l'usage de son autorité. Je me permets d'ajouter qu'il avait bien persuadé le peuple !

Je répète que le Pape est sujet à la loi divine et doit user de son autorité comme Dieu veut qu'il en use. Cela est clairement enseigné dans une déclaration de fide de Vatican I :
Constitution Pastor Aeternus, c.4, cité dans Denzinger 1836 a écrit : Ce n'est pas, en effet, pour publier, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, que le Saint-Esprit a été promis aux successeurs de Pierre mais pour garder saintement et exposer fidèlement, avec son assistance, le dépôt de la foi ou la révélation transmise par les Apôtres.
Il découle de cela que le Pape ne peut pas violer les serments solennels qu'il a prêtés, pas plus que moi je peux violer l'engagement que j'ai pris en me mariant. Qu'il soit Pape ne le permet pas de violer son serment antimoderniste. Or, il a répété ce serment chaque fois qu'il a monté d'un degré dans la hiérarchie ecclésiastique. La nature de ce serment apparaîtra plus clairement dans ce qui va suivre.

Bref, le Pape doit obéir aussi, comme chacun de nous ! S'il désobéit et promeut l'hérésie moderniste, nous ne sommes pas obligés de le suivre dans sa désobéissance.
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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 3) Il est bien sûr des circonstances où nous devons obéir au Pape ; quand il use de son autorité de façon légitime, nous devons obéir. Quand il parle ex cathedra, ce qu'il dit fait partie du magistère solennel et nous devons nous soumettre. Aller contre cela, c'est aller contre la vérité. Mais là aussi le Pape doit se soumettre. Il ne peut pas aller contre la vérité infaillible ou user de son office pour nuire à l'Église. Il ne peut pas déclarer que l'Immaculée Conception n'est pas un fait. Nous devons obéir au Pape quand il est cohérent avec le magistère solennel (et ce qu'il dit relève alors du magistère ordinaire). Et comme dit S. Bernard, nous devons lui obéir même quand nous avons des doutes. Mais, si le pape est hérétique ; si le Pape va contre l'enseignement de l'Église et s'il nous demande de le suivre, nous devons non seulement nous abstenir de lui obéir, nous devons lui désobéir activement.
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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 4) Quelles sont donc les circonstances où nous pouvons désobéir au Pape ? Tournons-nous à nouveau vers le livre du cardinal Newman, je vais t'en extraire plusieurs citations venant de personnes que toi aussi bien que moi reconnaissons comme des autorités. Nous trouvons donc dans la Lettre à sa Grâce le Duc de Norfolk :
Cardinal Turrecremata (l'illustre inquisiteur), en Sum. De Eccl., pp. 47-48 a écrit : Comme le Pape peut parfois se tromper, et commander des choses que l'on ne doit pas faire, il est clair que nous ne devons pas lui obéir en tout. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne doit pas être obéi par tous quand ses ordres sont bons. Reste à savoir dans quels cas il faut lui obéir, et dans quel cas il ne faut pas ... Il est dit dans les Actes des Apôtres, "Mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes" ; ainsi, si le Pape ordonnait quoi que ce soit de contraire à la Sainte Écriture, aux articles de foi, la vérité des sacrements, ou les commandements de la loi naturelle ou divine, il ne devrait pas être obéi en ce qui concerne ces ordres-là, mais passé outre ( despiciendus ).
S. Robert Bellarmin, De Rom. Pont., II, 29 a écrit : Il n'est point besoin de faire appel à une autorité pour résister et se défendre ... Puisqu'il est licite de résister au Pape s'il attaque notre personne, il est tout aussi licite de lui résister s'il attaque notre âme, ou trouble l'État, à plus forte raison s'il s'efforce de démolir l'Église. Il est licite, dis-je, de lui résister, en ne faisant pas ce qu'il ordonne et en faisant obstruction à l'exécution de sa volonté.
S. Thomas d'Aquin : ""s'il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public. " (déja cité plus haut). Et dans son commentaire sur l'épitre aux Galates aussi, S. Thomas écrit concernant l'épisode où S. Paul a ouvertement repris S. Pierre, "Le motif de cette réprimande n’est pas léger, mais juste et utile, à savoir le péril que courait la vérité de l’Evangile. (...) Le mode de la réprimande fut correct, puisqu’il fut public et manifeste." Ailleurs (en Summa II IIa, Question 104, article 5) S. Thomas parle de "l'obéissance excessive qui obéit même en ce qui est défendu.", et que "parfois les ordres des supérieurs sont contraires à ceux de Dieu. Donc il ne faut pas leur obéir en tout."
Fransisco de Vitoria, Obras, pp.486-487 a écrit : Si le Pape détruit l'Église par ses ordres et ses actes, on doit lui résister et empêcher l'exécution de ce qu'il ordonne.
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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit :
Suarez, De Fide, disp. X sect. VI, 16 a écrit : Si le Pape donne un ordre qui est contraire aux justes coutumes, on n'est pas tenu de lui obéir ; s'il veut faire quelque chose qui est manifestement opposé à la justice et au bien commun, il serait licite de lui résister ; s'il attaque en usant de la force, on peut le repousser en usant de la force, avec la modération qui caractérise une légitime défense.
S. Catherine de Sienne, au sujet de l'obéissance au Pape a écrit : Hélas, Saint Père, il y a des fois où ceux qui obéissent s'enfoncent dans la perdition ...

Nous voyons donc qu'il est possible à un Pape, non seulement de tomber dans l'erreur, mais aussi de commander des choses qui doivent être désobéies. Il peut aussi devenir schismatique, se séparant de l'Église et même changer illégitimement la liturgie.
Suarez a écrit : On tombe dans le schisme aussi si l'on se sépare du corps de l'Église en refusant d'être en communion avec elle via la participation aux sacrements. Le Pape peut devenir schismatique de cette manière s'il ne veut pas être en communion avec l'Église de toujours, ce qui adviendrait s'il voulait excommunier l'Église entière, ou si, comme Cajetan et Torquemada font observer, s'il voulait changer toutes les cérémonies ecclésiastiques fondées sur la tradition apostolique.
Le théologien Jean de Torquemada, connu pour être un grand défenseur des prérogatives des Papes, discute du cas d'un Pape qui tombe dans le schisme :
Jean de Torquemada a écrit : En désobéissant, le Pape peut se séparer de l'Église bien qu'il soit Tête de l'Église, car l'unité de l'Église dépend avant tout de sa relation avec le Christ. Le Pape peut se spéarer du Christ soit en désobéissant aux lois du Christ, ou en ordonnant quelque chose qui est contraire à la loi divine ou naturelle. Ce faisant le Pape se sépare du corps de l'Église par ce que ce corps est relié au Christ par le fil de l'obéissance. Il ne fait pas de doute que le Pape tomberait dans le schisme dans un tel cas.
Jean de Torquemada a écrit : Le Pape peut aussi se séparer de l'Église et de ses prêtres, sans raison particulière (c'est-à-dire par l'exercice de son libre-arbitre). Il se sépare encore de l'Église s'il refuse de faire ce que l'Église a toujours fait, car ces choses sont fondées sur la tradition apostolique ; ou encore, s'il n'observe pas ces préceptes que les Saint Conciles Généraux et le Saint-Siège ont défini comme valant universellement [Note de Rama C. : l'auteur parle ici du Magistère solennel]. Cela est particulièrement vrai pour la divine liturgie : si par exemple il ne voulait pas suivre les coutumes et rites que l'Église a toujours et partout suivi. Ce serait le cas s'il refusait de célébrer avec les habits sacrés, ou avec des chandelles, ou s'il refusait de faire le signe de croix comme tout le monde le fait. Cela vaut aussi, de manière générale, pour tous les autres aspects de la liturgie, et pour tout ce qui irait contre les coutumes perpétuelles incorporées dans des canons Quae ad perpetuum, Violatores, Sunt quidem, et Contra Statua. Si le Pape quitte l'obéissance aux coutumes universelles de l'Église, et s'il continue obstinément dans cette voie, il tombe dans le schisme. Une telle conclusion est juste par ce que fondée sur des prémisses indubitables. De même qu'un pape peut devenir hérétique, il peut refuser de suivre les coutumes établies dans l'Église, et y ajouter le péché d'obstination. C'est pour cela qu'Innocent dit (dans De Consuetudine) qu'il est nécéssaire d'obéir à un Pape en toutes choses tant qu'il ne va pas contre les coutumes universelles dans l'Église, mais s'il le fait, on n'est point tenu de lui obéir ..."
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 5) Jusqu'ici je me suis seulement efforcé de présenter la vraie doctrine catholique concernant l'obéissance. Je n'ai encore émis aucun jugement (sauf peut-être par allusion) sur ce que le Pape a fait. Comme S. Paul disait aux juifs perfides, "Je ne vous accuse pas, ne vous juge pas. C'est Moïse qui vous accuse ..." Moïse désigne ici, bien sûr, le Magistère enseignant auquel nous devons tous obéir. En tous cas, j'espère t'avoir convaincu que nous devons aucune obéissance absolue au Pape au sens où tu l'entends. De plus, le Pape peut non seulement se tromper, il peut aussi être schismatique, et même hérétique. Si nous suivons le Pape dans son hérésie, au jour du jugement nous obtiendrons notre juste "salaire" pour cela. Une telle obéissance aveugle n'est pas ce que le Christ veut, car obéissance sans vérité n'est qu'esclavage. Le Christ nous a enseigné que c'est la vérité qui nous rendra libres. Obéir à une fausseté ne peut donc jamais être une attitude chrétienne. Il faut que tu comprennes, très-chère Mère, que c'est la VÉRITÉ, et non pas l'OBÉISSANCE EXCESSIVE qui permet d'éviter l'hérésie, le schisme et l'apostasie.
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 6) Considérons maintenant la question du Novus Ordo Missae , autrement dit le nouveau "culte" qu'on nous fait passer pour une "messe". Je te prie d'être patiente avec moi même si tu trouves que j'exagères. Laisse-moi exprimer mes arguments. Je me soumettrai à toutes les corrections futures qui me seront apportées.

Tu as écrit dans ta lettre : "Si S. Pie V pouvait changer le rite à son époque - pourquoi Paul VI ne pourrait-il pas faire la même chose aujourd'hui". Je te cite directement encore une fois, et je vois que tu ne fais que répéter les paroles du Pape actuel, qui a dit précisément cela plusieurs fois.

Mais c'est complètement faux. Il n'y a absolument rien de commun entre ce qu'a fait S. Pie V et ce qu'a fait Paul VI. Pie V n'a pas fabriqué une nouvelle messe, il a simplement codifié la messe de toujours. Les preuves de cela sont accessibles à tous. Le canon de la messe est d'origine apostolique. Il a été écrit seulement quand l'Église est sortie des catacombes et que Charlemagne est devenu empereur chrétien. Lequel a ordonné que le canon soit écrit en lettres d'or par des personnes matures, de peur que des erreurs s'y glissent. Il est possible que le Pape Grégoire ait réarrangé (et non pas changé) certaines des prières du canon, mais cela n'est pas démontré. Entre cette époque-là et le moment où Jean XXIII a ajouté le nom de S. Joseph, personne dans l'histoire connue de l'Église n'a osé changer le canon. S. Pie V ne l'a certes pas changé. Certaines corruptions qui s'étaient immisciées dans d'autres parties de la messe de toujours furent corrigées après un examen attentif. Après quoi S. Pie V a fixé la messe à perpétuité. Ainsi par exemple, les lectures de l'Évangile qu'il a défini étaient celles du Pape S. Damase au quatrième siècle. Les apôtres n'auraient pas pu faire cela eux-mêmes, puique les Évangiles ont été écrits peu après la crucifixion. L'introït et le Graduel de la messe datent du VIème sicèle. Depuis S. Pie V, il y a eu quatre modifications très mineures dans la messe - dont aucune ne concerne le canon, et encore moins la "substance" du sacrement. Quand par exemple le pape Urbain VIII a simplifié un peu les rubriques, ce n'était certes pas un changement de messe.
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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : Je pense que tu es tout-à-fait excusable de ne pas savoir ces choses et de t'imaginer que Paul VI et S. Pie V ont fait à peu-près la même chose. Mais le Pape actuel n'est pas excusable lui. C'est son devoir d'être bien informé. Examinons précisément ce que Paul VI a fait.

Le Novus Ordo Missae (appelé aussi nouvelle "messe") a été écrit avec l'aide de six non-catholiques, sous la direction de Mgr Bugnini, qui est quelqu'un dont les écrits étaient à l'Index il y a peu de temps, quelqu'un qui a été condamné comme hérétique par le Pape Jean XXIII, et quelqu'un qui ces derniers temps a été accusé d'être franc-maçon. Puis-je te demander si tu lui as écrit, comme tu as écrit à Mgr Lefebvre ? Je te donne la liste de ces six non-catholiques : Dr. George ; Canon Jasper ; Dr. Shephard ; Dr. Konneth ; Dr. Smith et Frère Thurian. Aucun de ces six n'avait la foi catholique ! Ce sont des anglicans, luthériens, protestants et membres du Conseil mondial des Églises, célèbre institution anti-catholique. Ce sont ces personnes que le Pape actuel a remercié publiquement d'avoir "amélioré le contenu théologique des textes liturgiques, pour que la lex orandi (prière liturgique) corresponde mieux à la lex credendi " (croyance théologique). Cette déclaration du Pape est vraiment extraordinaire. Quand on sait ce que le concile de Trente dit du canon ("si pur de toute erreur, que tout ce qui y est contenu possède au degré le plus éminent la saveur de la sainteté et de la piété (...) composé des paroles mêmes de Notre Seigneur, des traditions des Apôtres, et des pieuses institutions des Saints Pontifes". Mais apparamment, il faut remercier six protestants d'avoir amélioré tout ça !

Je ne sais pas si tu as déja lu le bref examen critique d'Ottaviani. J'en joins une copie à cette lettre. Ce document n'a jamais reçu de réponse sérieuse, on l'a juste mis sous le boisseau. Quand la Latin Mass Society d'Angleterre l'a distribué aux prêtres de ce pays, la hiérarchie leur a ordonné de jeter le livre sans l'ouvrir. Le livre de Jungmann sur la nouvelle "messe" (un ouvrage classique et habituel des séminaires d'aujourd'hui) ne le mentionne même pas. Or, le cardinal Ottaviani était le chef de la commission de 187 théologiens qui a examiné la nouvelle "messe". Tu te souviens peut-être qu'il était préfet émérite de la Congrégation Sacrée pour la Foi. La majorité des théologiens de ce synode épiscopal à Rome à qui on avait demandé de juger cette "messe", l'ont rejetée (ou au moins exprimé des doutes très forts la concernant). Remarque bien que je ne suis pas pour le fait de voter le contenu de la messe ! Mais bon, ce vote a été fait et la nouvelle "messe" a été REJETÉE. Et on nous l'impose quand même ! Je te cite une phrase de la lettre du cardinal Ottaviani au Pape actuel, une lettre qu'il avait écrite en tant que chef de ce synode :
Cardinal Ottaviani a écrit : le nouvel ORDO MISSAE (...) s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les "canons" du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte l'intégrité du Mystère
(...)
le nouvel ORDO MISSAE (...) apparaît, pour parler en termes modérés, comme une incalculable erreur.
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : Tu ne contesteras pas, je crois, que Saint Pie V ne s'est jamais joint a un groupe d'hérétiques en leur donnant pour chef quelqu'un dont les écrits ont été mis à l'index, et en leur demandant d'écrire une nouvelle "messe", plus adaptée aux temps actuels. Le même Saint n'a jamais proposé un telle messe nouvelle à un synode épiscopal de 187 théologiens en leur demandant de voter pour ou contre cette nouvelle "messe". Il n'a pas non plus continué en passant outre leur avis et en promulgant cette nouvelle "messe", obligeant l'Église entière à l'accepter, et ce en contradiction avec un rite qui était d'usage depuis des siècles et qu'il n'avait pas abrogé. Oui, ce rite - la messe de toujours - a été fixé à perpétuité par une constitution apostolique solennelle [Note de Rama C. : une constitution apostolique se définit comme étant "une définition irréformable sur ce que l'Église doit croire" (Louis Boyer, The Liturgy Revived) et "le caractère obligatoire des constitutions pontificales est ... incontestable" (Catholic Encyclopedia, 1908)]. Constitution qui a été confirmée par chacun des 36 papes qui sont venus après - oui, tous sans exception. Je veux parler de Quo Primum.
Quo Primum a écrit : Nous avons décidé rigoureusement pour l'ensemble et pour chacune des églises énumérées ci-dessus, pour les Patriarches, les Administrateurs et pour toutes autres personnes revêtues de quelque dignité ecclésiastique, fussent-ils même Cardinaux de la Sainte Église romaine ou eussent-ils tout autre grade ou prééminence quelconque, qu'ils devront, en vertu de la sainte obéissance, abandonner à l'avenir et rejeter entièrement tous les autres principes et rites, si anciens soient-ils, provenant des autres missels dont ils avaient jusqu'ici l'habitude de se servir, et qu'ils devront chanter ou dire la Messe suivant le rite, la manière et la règle que Nous enseignons par ce Missel et qu'ils ne pourront se permettre d'ajouter, dans la célébration de la Messe, d'autres cérémonies ou de réciter d'autres prières que celles contenues dans ce Missel.

(...) au nom de notre autorité apostolique, Nous concédons et accordons que ce même missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité.

Nous avons décidé et déclarons que les supérieurs, administrateurs, chapelains et autres prêtres de quelque nom qu’ils seront désignés, ou les religieux de n’importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la messe autrement que nous l’avons fixée, et que jamais et en aucun temps qui que ce soit ne pourra les contraindre et les forcer à laisser ce missel ou à abroger la présente instruction ou la modifier, mais qu’elle demeurera toujours en vigueur et valide, dans toute sa force (...)

Cependant, comme il serait difficile de transmettre la présente lettre en tous lieux de la Chrétienté et de la porter tout de suite à la connaissance de tous, Nous ordonnons de la publier et de l'afficher, suivant l'usage, à la Basilique du Prince des Apôtres et à la Chancellerie Apostolique, ainsi que sur le Champ de Flore, et d'imprimer aussi des exemplaires de cette même lettre signés de la main d'un notaire public et munis du sceau d'une personnalité revêtue d'une dignité ecclésiastique, auxquels on devra partout, chez tous les peuples et en tous lieux, accorder la même confiance absolument exempte de doute que si l'on montrait ou exposait la présente.

Qu’absolument personne, donc, ne puisse déroger à cette page qui exprime Notre permission, Notre décision, Notre ordonnance, Notre commandement, Notre précepte, Notre concession, Notre indult, Notre déclaration, Notre décret et Notre interdiction (...)

Si cependant quelqu’un se permettait une telle altération, qu’il sache qu’il encourrait l’indignation de Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul.
(c'est moi qui souligne). Le canon 30 dit clairement que "à moins de faire mention expresse d'elles, la loi ne révoque pas les coutumes centenaires ou immémoriales". Et ce canon n'a certes pas été supprimé. En plus du fait que Quo Primum ne peut très probablement pas être révoquée (le Pape ne peut pas révoquer la définition de l'Immaculée Conception non plus), le fait même qu'elle n'ait pas été révoquée rend illégale l'obligation de célebrer le Novus Ordo Missae. Et quiconque se permettrait de révoquer Quo Primum, encourt l’indignation de Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul. Alors, permets-moi de te demander qui désobéit actuellement ?
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : De plus, il y a certains serments qu'un clerc doit répéter chaque fois qu'il monte d'un degré dans la hiérarchie ecclésiastique. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, mais c'était certainement le cas pour Paul VI et ses associés les plus proches. Il jure entre autres les choses suivantes [Note de Rama C. : ce qui suit est tiré du serment antimoderniste] :
J'accepte et me soumets résolument aux traditions apostoliques et à toutes les autres traditions de l'Église dans toutes leurs observances et régulations (...)
J'accepte et et me soumets aux rites de l'administration solennelle des sept sacrements sus-mentionnés, tels qu'ils ont été acceptés et approuvés par l'Église Catholique (...)
De plus, je maintiens et professe, sans doute d'aucune sorte, tous les autres enseignements transmis, définis, et déclarés dans les saints canons des conciles oecuméniques, spécialement le très-saint Concile de Trente et le Premier Concile Oecuménique ..."
Tu seras sans doute tentée de dire que le Pape n'a pas interdit la messe de toujours - ce que je reconnais.

[Note de Rama C. : Plusieurs soutiennent que la messe traditionnelle n'a pas été abrogée par Paul VI et ses associés. L'abbé Anthony Cékada (église de Ste Gertrude, Cincinnati Ohio) a étudié cette question et conclut que la messe est vraiement abrogée. Dans une discussion que j'avais eu à ce sujet avec Mère Teresa, je lui disais qu'à mon point de vue, mon épouse (qui à cette époque la suivait et était gênée par l'idée de ne pas obéir aux ordres des papes ou présumés tels) péchait par désobéissance envers moi le chef de famille. Dans un effort de conciliation, Mère Teresa avait dit qu'elle demanderait à Jean-Paul II la permission d'aller à la messe traditionnelle. Je lui avais assuré qu'il ne lui donnerait pas cette permission. Elle me répondit, "Oh non Ram, il est si gentil et si plein de bonté, je suis sure qu'il sera d'accord." Un peu plus tard, quand elle était revenue nous voir, je lui demandai si elle lui avait posé la question. Elle me répondit que oui et qu'elle avait essuyé un refus catégorique.]

Cependant, ses évêques ont effectivement banni la messe traditionnelle et il n'a pas protesté le moins du monde. C'est un peu la même chose avec la promulgation du Novus Ordo Missae , qui ne précisait pas de date d'exécution et disait quiddam nunc cogere et efficere placet, que l'on traduit habituellement (et faussement) par "nous voulons donner force de loi etc ..." (alors que le sens est "nous voulons insister sur un point particulier ..."). Or, l'ajout d'une date ou le caractère érroné d'une traduction (ce qui est le cas pour toutes les traductions actuelles) suffit canoniquement à invalider le document, par ce qu'une loi douteuse est nulle et non avenue. Dans la mesure où le Pape n'a pas protesté publiquement contre les fausses traductions de ses actes, il faut présumer qu'il les approuve. On ne peut pas éluder sa responsabilité. Il est à la fois libre et pleinement responsable de ce qui arrive actuellement - et jugeons l'arbre à son fruit.
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Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)

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Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : 7) Je dois ajouter un autre point encore. L'innovation a toujours été condamnée par l'Église et ses saints. Platon (que S. Justin Martyr appelait un "grand chrétien" et que Maître Eckhart appelait "ce grand prêtre") dit que l'innovateur est "la pire espèce de peste" dans n'importe quelle société. Plus près de nous, le Christ a dit "Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé" (Jean 7:15) ; S. Vincent de Lérins : " plus un homme subit l'influence de la religion, plus il est prompt à s'opposer aux innovations" ; Tertullien : "Je n'accepte pas ce que vous amenez de votre autorité propre" ; Cassien : "Je n'ai pas inventé cet enseignement, mais je ne fais que passer ce que d'autres m'ont appris" ; S. Pierre Damien (docteur de l'Église) : "il est illicite de changer les coutumes établies dans l'Église ... n'enlève pas les bornes anciennes que tes pères ont posé" ; le Pape S. Sylvestre : "Qu'il n'y ait pas d'innovations." Le deuxième concile de Nicée condamne ceux qui "suivant l'exemple des hérétiques, osent se moquer des traditions écclésiastiques, et d'inventer des nouveautés". Telle a toujours été l'attitude de l'Église au cours de toute son histoire et je ne vois pas un seul saint, ou une seule citation de l'Évangile qui soit en faveur de l'innovation. Peut-être te souviens-tu que la dévotion du Sacré-Coeur a été presque condamnée par ce qu'on la prenait à tort pour une "innovation". Or, que dit Paul VI ? Je te cite son Novus Ordo Missae : "L'innovation principale (de la nouvelle messe) concerne la prière eucharistique" (il veut dire le canon). Non seulement il se dit "innovateur", mais il choisit d'innover le saint canon de la messe.
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