Re: LE MOUVEMENT LITURGIQUE - Abbé Didier BONNETERRE
Publié : mer. 29 juil. 2020 17:52
A cette époque, la HOLLANDE est un des pays les mieux organisés au point de vue liturgique. Chaque diocèse a sa
société liturgique, commission d'ecclésiastiques chargés officiellement par l'évêque de promouvoir le «Mouvement liturgique»
dans le diocèse. Ces sociétés bien organisées se réunissent en une Fédération nationale douée de statuts approuvés
par l'épiscopat dès 1915, dotée d'une revue, «Maandschrift voor Liturgie», qui a plus de 5.000 abonnés. De 1914
à 1919, cette fédération a distribué 209.070 imprimés de propagande liturgique. Là aussi, quel zèle !
En ALLEMAGNE, le centre du «Mouvement liturgique» est le monastère bénédictin de Maria-Laach. Là se font périodiquement des Semaines liturgiques organisées d'une façon pratique pour les différentes classes de la société. Les
moines multiplient les conférences à travers toute l'Allemagne. Une collection d'ouvrages : «Ecclesia orans» vient compléter
l'enseignement oral. Reck publie le «Missel médité» ; Dom Schott publie en 1921 un missel en langue vulgaire.
D'autres abbayes bénédictines, comme Saint-Joseph en Westphalie, Ettel en Bavière, Beuron dans le Hohenzollern sont
aussi des centres très actifs du «Mouvement liturgique». Déjà, à cette époque, nous rencontrons des noms que nous retrouverons
tout au long de cette étude, Dom Odon Casel, Dom Pius Parsch, augustin de Klosterneuburg, Romano Guardini,
séculier. Bien sûr, vers 1920, les écrits de ces auteurs demeurent modérés, mais cela ne durera pas longtemps,
comme nous le verrons dans notre prochain chapitre. C'est en Allemagne que le «Mouvement liturgique» va connaître
ses premières et peut-être ses plus graves déviations.
En ITALIE, l'expansion du «renouveau» date de 1913. Cette année, deux retraites liturgiques sont prêchées pour le
clergé dans le diocèse d'Aoste par Dom Beauduin et Dom Besse. Leurs instructions sont complétées par une lettre pastorale
de Mgr Tasco qui exhorte tous les fidèles à prendre une part active à la célébration de la liturgie. En 1921, le Cardinal
Lafontaine, Patriarche de Venise, organise dans sa ville les Stations quadragésimales à l'imitation des anciennes
stations à Rome. En septembre 1920, on organise dans l'abbaye bénédictine de Cava un Cours de Liturgie sacrée ; Sa
Sainteté Benoît XV envoie un télégramme pour encourager et bénir les prêtres qui fréquentent ce cours. En même temps
se tient à Turin le XIIè Congrès national de l'Association italienne de Musique sacrée. Le Cardinal Gasparri écrit aux congressistes
que l'Auguste Pontife «fait des voeux ardents pour que les fidèles participent plus largement et plus activement
à la liturgie». Pour la première fois, Sa Sainteté Pie XI dialogue avec la foule à la messe de minuit à Saint-Pierre, au
Congrès eucharistique de Rome de 1922. La messe dialoguée était en effet le cheval de bataille du «Mouvement liturgique» d'alors.
Nous verrons bientôt ce qu'il faut en penser. Le «Mouvement» italien a comme organes de propagande la
«Rivista liturgica» des bénédictins de Padoue et de Gênes, le «Bollettino liturgico» du Rme Dom Caronti de Parme,
«l'Ambrosius» de Milan. N'oublions pas les célèbres missels de Dom Caronti et de Dom Battisti. En 1919, le Cardinal
Schuster écrit son célèbre «Liber Sacramentorum», profonde étude de l'année liturgique 1. Le «renouveau de ferveur pour la liturgie» en Italie, béni par les papes et par d'éminents cardinaux, connaît donc un immense succès, et ce n'est que tardivement qu'il déviera de ses premières orientations.
1. Liber Sacramentorum, Ildephonse Cardinal Schuster. Vromant Bruxelles, 1925.
A SUIVRE...