Re: Un livre pour ceux qui souffrent.. (vie de Sainte Lidwine de Schiedam)
Publié : lun. 06 juil. 2020 22:07
Et enfin, une première partie des saints ossements fut donnée, en 1616, aux Dames Chanoinesses de Mons, en Hainaut; une seconde partie, en 1626, au couvent de Carmélites qu'avait fondé Isabelle, à Bruxelles même; et la troisième et plus considérable partie, en 1650, encore à Bruxelles, à la splendide église de Sainte-Gudule, d'après le testament de l'illustre princesse.
Là, sur cette terre catholique, à Bruxelles, Lidwine trouve - aujourd'hui encore - une vénération qui ne s'affaiblit pas.
Mais, chose étrange et mystérieuse, la Hollande, dépouillée des reliques de celle qui était sa gloire, n'a pu se dépouiller de son souvenir. Rien n'y a fait : ni le temps, ni l'hérésie, ni les révolutions. Les révolutions ont tout bouleversé;une hérésie implacable a jeté aux vents de l'exil les cendres de la crucifiée de Schiedam; les siècles, en passant, ont nivelé sa tombe vide et déshonorée. et cependant le nom de Lidwine subsiste toujours vivant, toujours béni aux lieux qui l'ont vue prier et mourir !
Nous qui écrivons ces lignes, nous avons traversé la Hollande à une époque où déjà nous avions goûté les charmes de cette Vie (1860), mais où nous étions loin de penser à la publication de ce travail. Or, nous avons retrouvé ce nom de Lidwine, sa légende, ses miracles, son culte en grand honneur; nous les avons retrouvés dans des livres, dans des gravures qu'on nous montrait, dans mille conversations que nous avons eues ; nous les avons retrouvés, non-seulement à Schiedam, mais à Rotterdam, à la Haye, à Leyde, à Amsterdam... et jusque sur les chemins de fer. Que n'eussions-nous pas entendu si, moins étranger à la langue hollandaise, nous avions pu interroger le peuple surtout, ce peuple au cœur simple et droit, dont la naïve expression nous eût donné une plus complète mesure du culte rendu encore à Lidwine !
Qu'y a-t-il donc dans ce religieux respect ainsi gardé ? Nous y voyons une gloire, une des plus grandes gloires de notre vierge, une des plus belles récompenses données ici-bas à son long martyre, une mission de régénération accomplie par elle au profit de sa bien-aimée patrie.