Représentant de Mère Teresa, traduit par le chartreux a écrit :
32. Au 11) : Certains éléments essentiels ont été changés dans le nouveau rite, qui est donc invalide.
Si un élément essentiel manque, le sacrement est invalide.
Bizarrement le critique reconnaît que quand le N. O. M. est dit en latin, personne ne peut être sûr que la substance de la formule a été alterée. On pourrait donc présumer de la validité du N. O. M. quand il est dit en latin.
Le polémiste prétend ensuite que dans les traductions varnaculaires, LE SENS est alteré ... que les mots de la forme signifient faussement par ce que le passage est toujours traduit par "pour vous et pour tous" au lieu de "pour vous et pour beaucoup".
Je réponds à cela que :
1) Le critique devrait d'abord démontrer que
pro vobis et pro multis est un élement essentiel de la forme. Il admet lui-même que le seul consensus entre les théologiens est que "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" est essentiel.
Et même, d'après l'encylique
Mediator Dei (cf.
AAS, 1947, pp. 548-9 et aussi p.563) les mots essentiels dans la forme sont ceux qui indiquent que le pain et le vin sont changés en le corps et le sang du Christ, autrement dit "Ceci est mon corps, ceci est mon sang". Les discussions entre les théologiens antérieurs étaient occasionnées par leur effort pour expliquer ce qui faisait de la messe un sacrifice ; beaucoup considéraient qu'il faut plus que la transsubstantiation, et beaucoup tenaient que la communion est indispensable pour qu'il y ait réellement sacrifice.
2) CEPENDANT, dans les rites renouvelés, ces mots communément considerés comme essentiels sont conservés. Les seuls changements sont le déplacement du
mysterium fidei (question déja traitée plus haut) et la traduction différente du
pro vobis et pro multis. En ce qui concerne cette dernière :
- Il est exact que NSJC est mort pour tous les hommes : le concile de Trente, pour ne citer que lui, le dit à la session 6, ch. 2 et 3 et à d'autres endroits, concile que le polémiste reconnaît comme légitime.
- De nombreuses études philologiques ont montré depuis des années que le vrai sens des paroles de NSJC dans l'Écriture est "pour tous les hommes" - "pour la multitude". Cf. par exemple, Zerwick,
Analysis Philologica Novi Testamenti Graeci, Institut Biblique Pontifical, 1953, p.68, pour Matthieu et les passages parallèles. Autrement dit, la traduction choisie dans la Vulgate n'est pas aussi claire qu'elle pourrait l'être. La traduction vernaculaire est plus fidèle à l'original grec que la version latine.
Cela étant, l'argument censé démontrer l'invalidité des nouveaux rites en devient bien léger.