Abbé Jacqmin a écrit :Cher fidèle,
En attendant la réponse de l’abbé Zins à mon texte du dernier email, je reviens sur mes arguments (aménagés) sur la question la plus importante :
L’indéfectibilité de l’Eglise jusqu’à la fin de temps, dans le sens de la parousie, de l’instant T.
La Messe, les sacrements et l’Église existeront jusqu’à l’instant final de la Parousie (le « point T »), et non seulement jusqu’à une période indéfinie des « derniers temps ». Je vais nouveau réfuter
l’affirmation attribuée à l’abbé Zins selon laquelle la Messe et les sacrements auraient déjà cessé d’exister, en m’appuyant sur la doctrine catholique, avec des arguments percutants. Ces arguments incluront le fait que certaines prophéties des signes de la fin des temps, notamment la conversion du peuple juif, ne se sont pas encore réalisées, prouvant que le « point T » n’est pas encore atteint. Je m’appuierai sur l’Écriture Sainte (Vulgate clémentine, 1592), les Pères de l’Église, les théologiens approuvés (ex. saint Thomas d’Aquin), et les documents magistériels (ex. Concile de Trente, Catéchisme de Trente).
La Messe, les sacrements et l’Église perdureront jusqu’au « point T » de la Parousie
L’affirmation selon laquelle la Messe et les sacrements auraient déjà cessé d’exister est incompatible avec la doctrine catholique antérieure à 1962, qui enseigne que la Messe, les sacrements et l’Église subsisteront jusqu’à l’instant précis du retour du Christ (le « point T »). Voici des arguments percutants démontrant cette pérennité et réfutant l’idée d’une cessation précoce, avec l’appui de prophéties non encore réalisées, comme la conversion du peuple juif.
1. La Messe est instituée pour durer jusqu’au retour du Christ
La doctrine catholique pré-1962 affirme explicitement que la Messe, en tant que sacrifice eucharistique, perdurera jusqu’à la Parousie. Cette pérennité est ancrée dans l’Écriture et le Magistère :
1 Corinthiens 11, 26 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Quotiescumque enim manducabitis panem hunc, et calicem bibetis, mortem Domini annuntiabitis, donec veniat.
Traduction française : « Car, toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.»
Contexte : Saint Paul lie la célébration eucharistique (incluant la Messe) au retour du Christ (donec veniat). Cette expression désigne l’instant précis de la Parousie, non une période vague des derniers temps. Saint Jean Chrysostome (Homélies sur les Corinthiens, Homélie 28,
Patrologia Graeca 61, col. 237) commente : « Nous offrons [la Messe] jusqu’à ce qu’il vienne », soulignant une continuité jusqu’au « point T ».
Concile de Trente, Session XXII, Chapitre 1 (17 septembre 1562) (Canones et Decreta Concilii Tridentini, Rome, 1564) :
Texte latin :
Hoc itaque sacrificium est repraesentativum illius, quod in cruce offerre Christus voluit, et perpetuum, utpote Domino nostro praecipiente: ‘Hoc facite in meam commemorationem’ (Luc. 22, 19).
Traduction française : « Ce sacrifice [la Messe] est donc une représentation de celui que le Christ a voulu offrir sur la croix, et il est perpétuel, conformément à l’ordre de notre Seigneur : ‘Faites ceci en mémoire de moi’ (Lc 22, 19). »
Contexte : Le terme perpetuum implique une continuité ininterrompue jusqu’à la fin des temps. Le Concile ne limite pas la Messe à une période, mais l’enracine dans le commandement du Christ, valable jusqu’à son retour.
Catéchisme du Concile de Trente (1566), Partie II, Chapitre IV, Question 70 (Catechismus ex Decreto Concilii Tridentini, Rome, 1566) :
Texte latin :
Missae sacrificium… institutum est ut sit perpetua commemoratio sacrificii in cruce peracti, et ut Ecclesia offerat illud usque ad finem mundi.
Traduction française : « Le sacrifice de la Messe… a été institué pour être une commémoration perpétuelle du sacrifice accompli sur la croix,
et pour que l’Église l’offre jusqu’à la fin du monde. »
Contexte : L’expression usque ad finem mundi désigne la fin ultime de l’histoire, coïncidant avec la Parousie. Cela exclut une cessation avant cet instant.
Argument : Ces textes établissent que la Messe est ordonnée à persister jusqu’au retour du Christ, un événement ponctuel (« point T »). Si la Messe avait cessé, comme le prétend l’abbé Zins, cela contredirait l’ordre du Christ (Hoc facite) et la promesse de sa présence (donec veniat).
2. Les sacrements et l’Église sont indéfectibles jusqu’à la Parousie
L’Église, en tant que Corps mystique du Christ, est garante des sacrements et de la Messe, et sa mission perdure jusqu’à la fin du monde :
Matthieu 28, 20 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Ego vobiscum sum omnibus diebus, usque ad consummationem saeculi.
Traduction française : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle. »
Contexte : Le Christ promet sa présence à l’Église jusqu’à la consummatio saeculi, l’instant final de la Parousie. Saint Thomas d’Aquin (Commentaire sur Matthieu, ch. 28, lect. 2, éd. Parma, vol. 10) explique : « La consommation du siècle est la fin du monde, lorsque le Christ reviendra. »
Concile de Trente, Session VII, Canon 1 sur les sacrements (Canones et Decreta, 1564) :
Texte latin :
Si quis dixerit, sacramenta novae legis non fuisse omnia a Iesu Christo Domino nostro instituta… anathema sit.
Traduction française : « Si quelqu’un dit que les sacrements de la nouvelle loi n’ont pas tous été institués par Jésus-Christ notre Seigneur… qu’il soit anathème. »
Contexte : Les sacrements, dont l’Eucharistie, sont institués par le Christ pour l’Église jusqu’à la fin des temps. Leur cessation prématurée nierait leur institution divine.
Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, III, q. 65, a. 1 (éd. léonine, 1888-1906) :
Texte latin :
Sacramenta Ecclesiae ordinantur ad salutem hominum usque ad finem mundi.
Traduction française : « Les sacrements de l’Église sont ordonnés au salut des hommes jusqu’à la fin du monde. »
Contexte : Saint Thomas affirme que les sacrements sont nécessaires tant que l’humanité subsiste, c’est-à-dire jusqu’à la Parousie.
Argument : L’Église, dotée des sacrements, est indéfectible (Ego vobiscum sum). Prétendre que la
Messe et les sacrements ont cessé implique que l’Église a défailli, ce qui contredit la promesse du Christ et la doctrine de son indéfectibilité (cf. Catéchisme de Trente, Partie I, art. 9).
3. Les prophéties non réalisées prouvent que le « point T » n’est pas atteint
Certaines prophéties eschatologiques, conditionnant l’approche du « point T », ne se sont pas encore accomplies. L’absence de ces signes démontre que la Messe et les sacrements continuent d’exister :
Conversion du peuple juif avant la Parousie :
Romains 11, 25-26 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Nolo enim vos ignorare, fratres, mysterium hoc… quod caecitas ex parte contigit in Israel, donec plenitudo gentium intraret, et sic omnis Israel salvus fieret…
Traduction française : « Je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère… qu’un aveuglement est arrivé en partie à Israël, jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée, et ainsi tout Israël sera sauvé. »
Contexte : Saint Paul prophétise une conversion collective du peuple juif avant la fin des temps. Saint Augustin (La Cité de Dieu, Livre XX, ch. 29, Patrologia Latina 41, col. 701) et saint Thomas (Commentaire sur Romains, ch. 11, lect. 4, éd. Parma, vol. 13) interprètent ceci comme un événement eschatologique précédant la Parousie.
État actuel : La conversion massive du peuple juif n’a pas encore eu lieu, comme l’observent les théologiens pré-1962 (ex. Cornelius a Lapide, Commentarius in Epistolam ad Romanos, 1631). Cela indique que le « point T » est futur.
Prédication universelle de l’Évangile :
Matthieu 24, 14 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Et praedicabitur hoc evangelium regni in universo orbe, in testimonium omnibus gentibus: et tunc veniet consummatio.
Traduction française : « Cet Évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, en témoignage à toutes les nations, et alors viendra la fin. »
Contexte : La prédication universelle est un signe nécessaire avant la Parousie, selon saint Thomas (Summa Theologiae, Suppl., q. 73, a. 1).
État actuel : Bien que l’Évangile ait atteint de nombreuses nations, des régions restent peu évangélisées, suggérant que ce signe n’est pas pleinement réalisé.
Apparition de l’Antéchrist et apostasie générale :
2 Thessaloniciens 2, 3-4 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Nemo vos seducat ullo modo: quoniam nisi venerit discessio primum, et revelatus fuerit homo peccati… qui adversatur, et extollitur supra omne quod dicitur Deus…
Traduction française : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière : car il faut que vienne d’abord la révolte, et que soit révélé l’homme du péché… qui s’oppose et s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu… »
Contexte : L’apostasie (discessio) et l’Antéchrist sont des signes majeurs, selon saint Augustin
(La Cité de Dieu, Livre XX, ch. 19, PL 41, col. 684) et saint Thomas (Commentaire sur 2 Thessaloniciens, ch. 2, lect. 1, éd. Parma, vol. 13).
État actuel : Aucun Antéchrist universellement reconnu n’a émergé, et l’apostasie générale, bien que certains y voient des prémices, n’a pas atteint l’ampleur prophétisée (ex. Cornelius a Lapide, Commentarius in 2 Thessalonicenses, 1631).
Argument : Ces prophéties non réalisées (conversion des Juifs, prédication universelle, Antéchrist) prouvent que le « point T » n’est pas atteint. Si la Messe avait cessé, cela impliquerait que ces signes sont accomplis, ce qui est manifestement faux. La Messe continue donc d’être offerte, comme ordonné par le Christ.
4. L’Église ne peut cesser avant la Parousie
L’idée que la Messe et les sacrements auraient cessé suppose une défaillance de l’Église, ce qui est théologiquement impossible avant le « point T » :
Matthieu 16, 18 (Vulgate clémentine, 1592) :
Texte latin :
Ego dico tibi, quia tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam, et portae inferi non praevalebunt adversus eam.
Traduction française : « Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. »
Contexte : Le Christ garantit l’indéfectibilité de l’Église jusqu’à la fin des temps. Saint Augustin (Sermon 295, PL 38, col. 1349) commente : « L’Église ne peut faillir, car le Christ est avec elle jusqu’à la fin. »
Catéchisme de Trente (1566), Partie I, article 9 :
Texte latin :
Ecclesia… nunquam deficiet, sed usque ad finem mundi permanebit.
Traduction française : « L’Église… ne défaillira jamais, mais demeurera jusqu’à la fin du monde. »
Contexte : L’Église est le moyen ordonné par Dieu pour dispenser les sacrements, dont la Messe, jusqu’à la Parousie.
Argument : Si la Messe et les sacrements ont cessé, l’Église aurait défailli, contredisant la promesse du Christ (portae inferi non praevalebunt). L’indéfectibilité de l’Église garantit la continuité de la Messe jusqu’au « point T ».
5. Réfutation directe de l’abbé Zins
L’affirmation attribuée à l’abbé Zins, selon laquelle la Messe et les sacrements ont déjà cessé, manque de fondement dans la doctrine catholique. Je présume qu’il s’appuie sur une interprétation des crises modernes (apostasie perçue absolument générale du clergé, sauf lui-même?). Cependant :
Doctrine : Le Concile de Trente (Session XXII, Canon 1) anathématise quiconque nie que la Messe est un sacrifice véritable offert par l’Église. Une cessation universelle de la Messe contredirait cette doctrine.
Signes non réalisés : Comme démontré, la conversion des Juifs, la prédication universelle, et l’Antéchrist ne se sont pas manifestés, prouvant que la période finale n’est pas achevée.
Présence continue : La Messe est toujours célébrée dans des lieux fidèles à la Tradition, et les sacrements sont administrés, confirmant leur persistance.
Argument : L’affirmation de l’abbé Zins est théologiquement insoutenable, car elle ignore les promesses du Christ, les prophéties non accomplies, et la réalité de la Messe célébrée aujourd’hui.
Conclusion
La doctrine catholique enseigne sans ambiguïté que la Messe, les sacrements, et l’Église subsisteront jusqu’au « point T » de la Parousie, comme prouvé par :
L’ordre du Christ (donec veniat, 1 Co 11, 26 ; Hoc facite, Concile de Trente).
L’indéfectibilité de l’Église (Ego vobiscum sum, Mt 28, 20 ; portae inferi, Mt 16, 18).
Les prophéties non réalisées, comme la conversion des Juifs (Rm 11, 25-26), la prédication universelle (Mt 24, 14), et l’Antéchrist (2 Thess 2, 3-4).
L’affirmation de l’abbé Zins est contredite par ces autorités. La Messe continue d’être offerte, et l’Église demeure, jusqu’à ce que le Christ revienne en gloire.