Le lion est la figure de la persécution sanglante. Les deux ailes qu’il a sur ledos sont l’orgueil de race, et la possession du pouvoir. Lorsque le tyran est élevé au-dessus des hommes par ces deux stimulants ; lorsqu’il se croit d’une racede maîtres et se sent en main la puissance souveraine, il se fait facilement uncœur de Dieu : ainsi parle le prophète Ezéchiel. Mais lorsque ses ailes lui
sont enlevées ; lorsque l’adversité et l’humiliation s’abattent sur lui, alors bien
souvent il retrouve un cœur d’homme, un cœur sensible et compatissant.
L’ours, avec sa tête qui dodeline continuellement, symbolise l’hérésiaque,
dont la doctrine, sans consistance solide, oscille sans cesse de droite et de
gauche. Il se tient à part, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut – in parte
stetit –, parce qu’il fait schisme, se détachant du corps mystique du Sauveur.
Les trois rangées de dents, qui lui servent à broyer les croyances et à mettre en
pièces l’enseignement de l’Église, sont : les systèmes philosophiques erronés,
l’étalage tapageur d’arguments pseudo-scientifiques, et la libre interprétation
de la Sainte Écriture, sans référence à la tradition des Docteurs catholiques.
Le léopard représente l’hypocrite, ou le faux chrétien. Il a la peau bigarrée :
parce que dans sa conduite alternent le vice et les manifestations ostentatoires ; et, dans sa doctrine, la vérité voisine continuellement avec l’erreur, comme le modernisme, le rationalisme, le progressisme, etc… le montrent aujourd’hui.
Les quatre ailes dont il est doté sont les moyens dont il se sert pour arriver plus vite à ses fins : telles que marques chaleureuses d’amitié, cadeaux, compliments flatteurs, simulacres de vertu. Il a quatre têtes, alors qu’il ne devrait en avoir qu’une seule, le Christ, parce que au lieu de chercher uniquement la volonté de son Maître, il se laisse conduire tantôt par le désir des honneurs, tantôt par l’attrait du plaisir, tantôt par amour du pouvoir, tantôt pour assouvir ses rancunes et ses haines.
Cependant, aucune des bêtes que nous venons de citer : ni le lion, ni l’ours,
ni le léopard, n’est aussi redoutable que la quatrième, celle qui ne ressemble à
aucune espèce. Celle-là figure l’accumulation des richesses, ou l’amour de
l’argent, et elle est sans pitié : elle ne respecte rien ; elle dévore le bien des
pauvres, elle foule aux pieds les sentiments les plus nobles, elle a fait plus mal
à l’Église, au cours de son histoire, que toutes les autres : Avaro nihil scelestius, dit l’Ecclésiastique. (P.135-1285)
Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Première vision de Daniel au début du règne de Balthazar, roi de Babylone : les quatre animaux.Les quatre bêtes qui furent montrées à Daniel représentent les quatre modes de persécution dont se sert tour à tour le démon pour essayer d’anéantir l’Église.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
« Mille milliers d’Anges le servaient, dix mille millions l’assistaient ». Gardons-nous de prendre ces chiffres au pied de la lettre : encore qu’ils paraissent énormes, ils restent infiniment au-dessous du nombre réel des esprits bienheureux. Ce nombre en effet dépasse l’imagination, et il n’est pas possible à l’arithmétique humaine de l’exprimer. L’Écriture elle-même le donne à entendre, quand elle dit, par la bouche de Job : « Y a-t-il donc un nombre à ses soldats ? » ; et les Docteurs de l’Église sont unanimes sur ce point. Ce texte a servi de base à saint Grégoire le Grand et aux théologiens, pour reconnaître chez les Anges une distinction analogue à celle que fait la doctrine catholique entre la vie active et la vie contemplative : les uns servent Dieu, c’est-à-dire sont employés par Lui à toutes sortes de ministères auprès des hommes ; les autres l’assistent, en ce sens qu’ils sont voués uniquement à la contemplation.
Ces derniers ressortissent aux quatre chœurs les plus élevés, à savoir : les Séraphins, les Chérubins, les Trônes et les Dominations. Le mot Séraphin, en effet, veut dire de feu, indiquant ainsi que ces hautes intelligences sont de vrais brasiers d’amour. Leur mouvement propre les entraîne dans une ascension continuelle vers Celui qui occupe le sommet de toutes choses, et leur vie s’identifie avec le crépitement d’une ferveur qui ne dit jamais : c’est assez. Le nom de Chérubins signifie plénitude de la science. Or, cette plénitude, les esprits bienheureux l’acquièrent par la contemplation de la Vérité suprême. Mais cette contemplation exige une limpidité d’âme absolue, qui exclut toute préoccupation d’ordre inférieur, et les empêche par conséquent de s’intéresser aux affaires terrestres. Le nom de Trônes est donné aux Anges du troisième chœur, parce que leur note spécifique est une participation particulière à la souveraine immobilité d’un Dieu toujours égal à Lui-même ; et celui de Dominations écarte des esprits qui le portent toute servitude, tout assujettissement à la créature, si ténu qu’il soit ; il les incite ainsi à revenir toujours au Dominant suprême, afin d’avoir part à sa suprême domination. Ces quatre chœurs sont donc ceux qui assistent Dieu, et ne s’éloignent jamais de Lui. Au contraire, les cinq autres sont employés à des fonctions extérieures : ce sont les Vertus, qui assurent l’ordre et la marche de l’univers ; les Puissances, qui surveillent les démons, et les empêchent de tenter les hommes, ou de les persécuter au-delà de ce que Dieu permet ; les Principautés, qui patronnent les nations ; les Archanges, qui interviennent sur la terre pour des missions particulières, comme Raphaël près de Tobie ; et les Anges, auxquels incombe la garde ordinaire des humains. (P.137-1287)
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
« Recueille-toi maintenant, poursuivit l’Ange, concentre toutes les forces de ton esprit, afin de bien comprendre ce que je vais te dire. Tu t’affliges de ne rien voir venir, et tu te demandes avec angoisse quand finiront les soixante-dix années fixées par Jérémie, pour la durée de votre captivité à Babylone. Mais sache qu’en réalité, le dire de ce prophète vise une délivrance infiniment plus importante que celle qui va vous libérer du joug des Assyriens. La captivité qui pèse actuellement sur vous n’est qu’une figure de celle que le genre humain tout entier subit dans les chaînes du péché. Ce que Jérémie vous annonce en réalité, ce n’est pas le terme de la domination étrangère ; c’est la fin du règne de la chair et du démon ; c’est la venue du Messie, l’avènement de la justice éternelle, l’accomplissement de tout ce que Dieu vous a promis depuis des siècles. Cette délivrance est absolument certaine et inconditionnée : elle se produira infailliblement. Bien que la date en reste toujours secrète, voici ce que Dieu me charge de te dire :
« SOIXANTE-DIX SEMAINES ABRÉGÉES ONT ÉTÉ DÉCRÉTÉES SUR TON
PEUPLE ET SUR LA VILLE SAINTE, JUSQU’À CE QUE SOIT CONSOMMÉE LA PRÉVARICATION, QUE LE PÉCHÉ PRENNE FIN, ET QUE L’INIQUITÉ SOIT ABOLIE ;
JUSQU’À CE QUE SOIT INTRODUITE LA JUSTICE ÉTERNELLE, QUE LA VISION ET
LA PROPHÉTIE SOIENT ACCOMPLIES, ET QUE LE SAINT DES SAINTS REÇOIVE
L’ONCTION… DEPUIS L’ORDRE QUI SERA DONNÉ DE REBÂTIR JÉRUSALEM,
JUSQU’AU CHRIST-CHEF, IL Y AURA SEPT SEMAINES, ET SOIXANTE-DEUX SEMAINES ; ET LES PLACES ET LES MURS DE LA VILLE SERONT RECONSTRUITS, DANS DES TEMPS DIFFICILES. ET APRÈS SOIXANTE-DEUX SEMAINES, LE CHRIST SERA MIS À MORT ; ET SON PEUPLE NE SERA PLUS SON PEUPLE, PARCE QU’IL LE RENIERA. LA VILLE ET LE SANCTUAIRE SERONT DÉTRUITS PAR UN PEUPLE AVEC SON CHEF QUI DOIT VENIR : ET SA FIN SERA UNE RUINE ENTIÈRE, ET, UNE FOIS LA GUERRE TERMINÉE, LA DÉSOLATION RESTERA. (LE CHRIST) SCELLERA SON ALLIANCE AVEC UN GRAND NOMBRE DANS LA SEMAINE SUPRÊME : ET AU MILIEU (DE CETTE) SEMAINE, L’HOSTIE ET LE SACRIFICE CESSERONT, ET CE SERA DANS LE TEMPLE L’ABOMINATION DE LA DÉSOLATION : ET CELLE-CI DURERA JUSQU’À LA CONSOMMATION ET LA FIN ».
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
« SOIXANTE-DIX SEMAINES ABRÉGÉES ONT ÉTÉ DÉCRÉTÉES »… Les semaines dont il est question ici sont des semaines d’années. L’expression était courante chez les Hébreux, consacrée par le Lévitique qui ordonnait de célébrer le jubilé au bout de sept semaines d’années.
L’Église a toujours considéré que, de toutes les prophéties qui promettaient dans l’Ancien Testament la venue d’un Sauveur, celle que nous venons d’analyser est la plus formelle et la plus précise. C’est pourquoi aujourd’hui encore, elle l’évoque chaque année en annonçant, au martyrologue du 25 décembre, la naissance de Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Alors commencera la soixante-dixième et dernière semaine, la semaine « UNIQUE » en son genre, sainte entre toutes, où Il accomplira l’œuvre qui doit régénérer l’humanité. « IL SCELLERA SON ALLIANCE AVEC BEAUCOUP », avec tous ceux qui accepteront de croire en lui, et il leur donnera le pouvoir de devenir enfants de Dieu 19. Mais au bout de trois ans et demi, « AU MILIEU » donc de cette ultime semaine, il sera arrêté, condamné, « MIS À MORT ». Et aussitôt « LES SACRIFICES ET LES VICTIMES » de l’Ancienne Loi « CESSERONT » : ils perdront toute vertu, toute grâce, ils n’auront plus aucune efficacité. Bien plus, ils deviendront « L’ABOMINATION DE LA DÉSOLATION »
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
LES REVELATIONS
« Toi, cependant, Daniel, enferme maintenant, dans une obscurité voulue, toutes les paroles que je t’ai dites, et mets un sceau sur ce livre », de façon à la rendre inintelligible au vulgaire : il ne faut pas en effet que les secrets divins soient jetés à la portée des hommes dominés par la chair, « comme des perles devant les pourceaux ». Ces révélations doivent au contraire être enveloppées de mystère, afin d’exciter chez les bons le désir d’en comprendre la signification. L’homme en effet, s’attache bien plus aux vérités qu’il ne peut découvrir qu’avec peine, qu’à celles qui sont pour lui toutes claires et évidentes dès le premier regard. Et rien n’est aussi utile que l’étude laborieuse des textes sacrés, pour purifier et illuminer l’intelligence de quiconque a la foi.
Le prophète Isaïe, parlant de l’obscurité de ses propres révélations, les compare, lui aussi, à un livre scellé ; et saint Jean, dans l’Apocalypse, vit la Bible tout entière représentée sous la même figure.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
« Va, lui dit-il, ne cherche pas à en savoir davantage. Les paroles que tu as entendues sont scellées jusqu’au temps marqué. Elles ne deviendront claires que quand les événements qu’elles annoncent se seront accomplis. Comprends du moins que ces épreuves, en plongeant les élus dans le feu de la tribulation, comme dans un creuset, sont destinées à mettre en valeur leur mérite et leur patience : à les purifier de leurs fautes, et à manifester au contraire l’impiété des méchants, et leur endurcissement dans le mal. Ces malheureux ne sauront pas deviner les desseins miséricordieux de leur Créateur, parce qu’ils ne voudront pas se convertir, et renoncer à leurs voies criminelles. Seuls, ceux qui se montreront dociles, et qui inclineront leur cœur pour comprendre, comprendront ». (P. 159-1319)
Daniel a mis tout cela par écrit, non seulement pour manifester les faveurs qu’il a reçues de Dieu, mais surtout pour confondre l’erreur des Épicuriens : car ceux-ci, au lieu d’adorer la divine Providence, croient que Dieu ne se mêle point des affaires d’ici-bas, et que le monde n’est ni conservé, ni gouverné par cette suprême essence, également bienheureuse, incorruptible et
toute-puissante ; mais qu’il subsiste par lui-même. Ils ne réfléchissent pas que, si ce qu’ils prétendent était véritable, on verrait bientôt cet univers périr comme un vaisseau sans pilote et battu par la tempête, ou comme un char emporté par des chevaux. Il n’y a point de meilleur argument que ces prophéties de Daniel, pour rendre manifeste la sottise de ceux qui ne veulent pas que Dieu prenne soin de ce qui se passe sur la terre. Car si tout ce qui arrive ici-bas était l’œuvre du hasard, comment pourrait-il se faire que l’on voie toutes ces prophéties s’accomplir ? C’est ce que j’ai cru devoir rapporter, selon que je l’ai trouvé écrit dans les Livres Saints : et je laisse à la liberté de ceux qui auront d’autres sentiments, d’en croire ce qu’il leur plaira.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
JONAS (P. 181-1341)
Ninive, située sur la rive orientale du Tigre, en face de la Mossoul moderne, était en effet l’une des métropoles les plus importantes de l’antiquité, et certainement alors la plus magnifique. Au témoignage de l’Écriture, elle avait été fondée par Nemrod, peu de temps après le déluge : mais elle fut constamment agrandie par les rois assyriens. Ses ruines gigantesques, découvertes de nos jours, justifient les assertions pleines d’admiration des anciens.
Psaume CXXXVIII : « Où irai-je, loin de votre esprit et où fuirai-je, loin de votre face ? Quand même je monterais jusqu’au ciel, vous êtes là. Et si je descends dans l’enfer, vous y êtes présent. Si je prends mes ailes dès la pointe du jour, et que j’aille habiter au plus loin de la mer, c’est encore votre main qui me conduira là : et votre droite me saisira »
Jonas n’ignorait pas que Dieu est présent partout ; seulement, il pensait qu’en raison du pacte conclu avec le peuple saint, Il n’intervenait pas de manière sensible en dehors de la terre promise. C’était là une opinion courante chez les Juifs ; Jacob lui-même n’avait-il pas été surpris de le rencontrer à Béthel ? – « En vérité, disait-il, Dieu était en ce lieu, et moi je ne le savais pas ». Le Prophète pensait donc qu’une fois hors de la Judée, Dieu le laisserait tranquille.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Mais pourquoi ne voulait-il pas aller prêcher aux Ninivites ? Saint Jérôme va nous l’expliquer.
1º D’abord, dit-il, il était blessé dans sa dignité professionnelle de se voir envoyé à des païens. Tous les prophètes, ses devanciers et ses contemporains, s’étaient adressés à Israël.
2º Mais de plus, le Saint Esprit lui avait fait entendre que la conversion des Gentils marquerait la fin de la mission d’Israël. Le peuple saint, la race choisie n’aurait plus dès lors qu’à rentrer dans l’obscurité. Si donc la prédication de Jonas réussissait à toucher les Ninivites, elle serait par le fait même le principe du déclin de la nation juive.
3º Enfin – il le dira lui-même plus loin – un obscur pressentiment lui faisait appréhender ce qui, en effet, devait se réaliser. Il se disait que Dieu, dont il connaissait le penchant à la miséricorde, était bien capable de revenir sur sa décision, de pardonner aux Ninivites, et de le mettre ainsi, lui, Jonas, dans la situation ridicule d’un sot, d’un individu qui ne sait ce qu’il dit, d’une outre
gonflée de vent, dont les paroles n’ont aucune consistance.
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Jonas fuyait, non parce qu’il refusait de prêter son concours au salut des païens, mais parce qu’il redoutait la condamnation de sa race. Aussi sa fuite, bien loin de déplaire à Dieu, lui était-elle au contraire très agréable à cause de la grande piété (dont elle était le signe). Et ce qu’il fit en voulant fuir de la face du Seigneur, manifeste d’une certaine façon ce que devait faire un jour le Christ, d’une manière très louable. Jamais il ne s’est dérobé (à la volonté de son Père) par désobéissance ; mais par une miséricordieuse affection, il retarda pour un temps la condamnation de son peuple. Nous en avons pour preuve les larmes qu’il versa sur Jérusalem, quand il dit : « Car si tu savais toi aussi…
Re: Extraits de l'Histoire sainte de Dom Monléon
Jonas, pour réaliser son dessein, s’embarqua sur un navire, et acquitta le prix du passage. Et Jésus, pour accomplir sa mission, monta dans la barque de Pierre, dont il fit la primitive Église : il prit avec Lui douze rameurs, et les paya du labeur qu’il leur imposa, non pas avec de l’or ou de l’argent, mais en les gratifiant du pouvoir de guérir les malades, et de chasser les démons.
Malgré la tempête, Jonas dormait au fond du navire, tandis que les matelots se croyaient perdus : et Jésus dormait à bord de la barque tandis que les Apôtres disaient : Nous périssons. Jonas disait aux matelots que le seul moyen pour eux d’apaiser la tempête et de se sauver, était de le jeter à la mer ; et Jésus expliquait à ses disciples que le salut du monde ne pouvait être assuré que par sa propre mort.
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