FLEURS FRANCISCAINES

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Monique
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Bienheureux GUY DE CORTONE, prêtre, des Frères MINEURS (1190-1250).

Quand saint François évangélisait Cortone en 1211, il y avait parmi ses auditeurs un jeune homme de 21 ans dont l'âme était semblable à la terre dont parle l'évangile qui rend au centuple le grain qui lui est confié ; il se nommait Guy Vagnotelli. Par une continuelle et austère pénitence, il avait gardé toute la pureté de son âme régénérée au baptême et il n'avait soif que d'une sainteté plus grande ; aussi la parole de l'homme de Dieu pénétra-t-elle en lui, comme le rayon de soleil dans un pur cristal. Dès sa première prédication, il alla se jeter aux pieds du saint et le pria d'accepter l'hospitalité de sa famille, puis lui demanda l'habit de son Ordre.

François l'ayant pénétré jusqu'au fond de l'âme, le releva et le tenant serré sur son cœur s'écria : « Ce jeune homme sera des nôtres, et il se sanctifiera dans cette ville. » La réalisation de la prophétie commença dès l'instant ; Guy de Cortone, avec la permission de saint François, se retira pendant quelque temps dans une grotte voisine de la ville où il s'appliqua à marcher avec ardeur sur les traces de son séraphique Père ; sa prière était continuelle, ses veilles prolongées, ses jeûnes et ses macérations extrêmement rigoureux.

Quand, par la volonté de ses supérieurs, il eut été élevé au sacerdoce, il fut chargé par saint François d'annoncer la parole de Dieu dans la ville d'Assise ; de retour à Cortone il y exerça le ministère apostolique avec le plus grand succès, et la sainteté de sa vie, et les miracles éclatants qui accompagnaient ses prédications déterminèrent la conversion d'une multitude de pécheurs.

A l'âge de 60 ans, exténué par les labeurs de l'apostolat et les austérités de la pénitence, saint François lui apparut pour lui annoncer que l'heure de la récompense allait sonner, et au moment d'expirer il s'écria : « Voici notre père saint François, mes frères, levons-nous, allons à sa rencontre » ; et, ayant prononcé ces paroles, il renversa la tête et rendit l'âme. C'était le 28 mai 1250.

La ville de Cortone fit transporter en grande pompe à l'église paroissiale les précieux restes de son illustre enfant ; mais cette cité ayant été prise en 1259 par les troupes d'Arezzo, le tombeau du Bienheureux Guy disparut au milieu de la dévastation et de l'incendie ; toutefois le gardien de l'église avait eu la présence d'esprit de prendre le chef du Bienheureux et de le jeter dans un puits voisin ; trois ans après, alors qu'on relevait les murs de l'église, une grande lumière parut au fond de ce puits ; on songea immédiatement au serviteur de Dieu, une procession solennelle se rendit sur les lieux, la tête vénérable fut retrouvée enveloppée d'un linge avec une inscription pour la faire reconnaître. La sainte relique n'en devint que plus précieuse, on la mit dans une châsse d'argent et elle fut conservée avec honneur dans l'église principale, devenue depuis l'église cathédrale. De nombreux miracles s'y sont opérés par l'intercession du Bienheureux.
A suivre... Bienheureuse MICHELINE, veuve, tertiaire (1300-1356).
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Monique
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Bienheureuse MICHELINE, veuve, tertiaire (1300-1356).

C'est à Pésaro, sur les bords enchantés de l'Adriatique, que Micheline vit le jour, de la noble et riche famille des Métellus. Son éducation fut en rapport avec les mœurs relâchées de l'époque, aussi aima-t-elle beaucoup le monde, ses dusses joies et ses plaisirs ; mais Dieu se réservait de purifier ses affections au creuset des sacrifices et des épreuves. Mariée dès l'âge de 12 ans à un seigneur de Malatesta, à 20 ans elle devint veuve et mère d'un tout jeune enfant.

A cette époque, une pieuse tertiaire de saint François venue de Syrie (certains prétendaient même que c'était un ange sous une forme humaine), édifiait la ville de Pésaro par ses jeûnes, ses longues oraisons et ses fréquentes extases. Micheline se sentit attirée vers cette étrangère, Syra, c'était le nom qu'on lui donnait, lui conseillait sans cesse de se donner sans réserve au renoncement et à l'amour de Dieu : « Ma sœur, répondait Micheline, je ne puis aspirer à une telle perfection ; mon fils, le tendre objet de mes affections, occupe trop mon cœur, et mes richesses ne me laissent pas assez libre pour atteindre un tel détachement. » — « Prions ensemble, répondait sa sainte amie, conjurons le Seigneur de délivrer votre âme de tous les obstacles. »

Micheline y consentit et le lendemain dans l'église des Frères Mineurs, les deux femmes présentaient cette requête à Jésus crucifié. Une voix, partiel du crucifix, répondit : « Micheline, je veux te délivrer de ces sollicitudes et de cette affection trop humaine : j'appellerai à moi le fils, et je me fiancerai la mère. » Lorsqu'elles rentrèrent à la maison, l'enfant était malade ; bientôt après il était mort.

Micheline, alors, vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres et se constitua leur servante. Jésus daigna l'en féliciter : « Ma Fille, lui dit-il, quand sainte Madeleine a versé sur moi des essences et des parfums, elle a été moins agréable à mon Père que toi-même quand tu as répandu autour de toi tes richesses et quand tu t'es consacrée au service des malheureux. »
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Il n'en fut pas ainsi de ses connaissances et de ses proches. Quand on vit que sa maison devenait le rendez-vous de toutes les misères, quand on la vit surtout se mettre à mendier nu-pieds et vêtue de la misérable robe de bure des tertiaires, on la traita de folle ; au lieu d'aumônes, souvent on déversait sur elle les injures les plus grossières, et les siens surtout la proclamaient le déshonneur de sa famille. Mais rien n'altérait plus la sérénité de son âme, elle s'était assurée par avance les immenses richesses du royaume du ciel et Notre-Seigneur le lui faisait sentir :

« Ta miséricorde envers les pauvres, les malades, les orphelins et les veuves, lui dit-il, t'a gagné mon cœur, car ce que tu fais au plus petit d'entre les miens, c'est à moi-même que tu le fais, aussi ta récompense sera surabondante. Je t'aiderai et t'assisterai puissamment à suivre sans défaillance le sentier où tu t'es engagée, je te ferai parcourir avec courage la voie droite qui conduit à la vie. » Et elle de répondre toute tremblante de respect et d'amour : « Seigneur, ce que je fais ne vient pas de moi, mais de vous ; que peut-il sortir d'une pauvre créature telle que moi, qui puisse reposer les regards de Votre Majesté infinie? Je ne fais que vous rendre les dons que je reçois de vous, et en récompensant mes aumônes, ô mon Père très miséricordieux, vous couronnez vos propres œuvres ; il n'y a pas jusqu'au désir du bien qui ne vienne de votre grâce. Faites donc, ô mon Seigneur, que ni ma volonté, ni mes actes ne me séparent jamais de vous. »

Et Micheline s'efforçait de réparer par une vie de pénitence surhumaine ce qu'elle pouvait appeler les fautes de sa jeunesse. La prière faisait ses délices, elle y consacrait une grande partie des nuits et quand le soleil au matin venait l'avertir d'un nouveau jour, Micheline courait assister à la messe, puis se mettait en route pour recueillir des aumônes destinées aux pauvres.

C'est ainsi que durant plus de trente ans elle persévéra dans la pénitence et la pauvreté. Pénétrée de dévotion envers la Passion du Sauveur, elle voulut visiter les lieux saints et voir ce Calvaire où son Sauveur était mort, et on rapporte qu'au moment de quitter cette Terre Sacrée, Dieu récompensa sa foi et son amour en gravant sur ses mains, ses pieds et son côté les saints Stigmates du Crucifix.

Elle s'était humiliée, Dieu l'exalta, et loin d'être le déshonneur de sa famille elle en fut la gloire la plus pure et la plus noble.
Demain... Bienheureux BIENVENU DE GUBBIO, Frère lai, des Frères Mineurs (1232).
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Bienheureux BIENVENU DE GUBBIO, Frère lai, des Frères Mineurs (1232).

Le métier des armes offre parfois une merveilleuse préparation à la vie religieuse ; l'obéissance, le renoncement, les fatigues, les privations, les dangers de la vie militaire peuvent facilement, quand l'esprit de foi est là, se muer en vertus surnaturelles, et on a vu maints chevaliers du siècle devenir des chevaliers de Dieu. Ce fut le cas du Bienheureux Bienvenu, qui après s'être illustré par sa valeur militaire, finit par échanger le ceinturon du soldat pour la corde du Frère Mineur ; et François d'Assise au tempérament si chevaleresque aimait ces sortes de vocations. Il admit donc volontiers le nouvel aspirant, et il eut tout lieu de s'en applaudir.

A peine entré dans l'Ordre, en effet, Bienvenu qui avait tant aimé la gloire mondaine n'apprécia et ne rechercha plus que celle de l'humilité, des emplois pénibles, de l'obéissance prompte et joyeuse, de la modestie grave et douce, de la pauvreté et de la pénitence. Il parvint en peu de temps à un très haut degré de contemplation et ses prières accompagnées de larmes abondantes duraient des nuits entières. Son amour de la divine Eucharistie était tel, qu'il lui fut donné de pouvoir contempler des yeux du corps le Dieu caché sous le mystérieux voile du sacrement et le divin Sauveur lui apparut parfois sous la forme d'un enfant radieux et plein de charmes qui de l'hostie descendait dans ses bras, l'enivrant de douceurs et laissant dans son âme comme un parfum des délices éternelles.

Chargé du soin des lépreux, il sut au contact d'un mal si repoussant se vaincre chaque jour, et s'inspirant des pensées de la foi et de la sainte charité, vaincre les répugnances de la nature et s'armer du courage héroïque qui lui était nécessaire.

Il ne vécut que dix ans dans la vie religieuse, car ses austérités et ses fatigues eurent bien vite épuisé ses forces, mais ce court espace de temps lui suffit pour devenir un parfait serviteur de Dieu, et le Très-Haut manifesta sa sainteté en permettant que de nombreux miracles éclatassent sur son tombeau.

On invoque spécialement ce serviteur de Dieu pour obtenir la délivrance des sauterelles et des moustiques qui ravagent les récoltes.
Demain... Bienheureux RAYMOND LULLE, martyr, du Tiers-Ordre (1232-1315).
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Bienheureux RAYMOND LULLE, martyr, du Tiers-Ordre (1232-1315).

La jeunesse de Raymond Lulle, sénéchal et majordome de l'infant Jaime d'Aragon, gouverneur de l'île Majorque, fut orageuse ; même le mariage ne parvint pas à l'assagir, et ni sa femme ni ses deux enfants ne furent un obstacle à des amours criminelles qui devinrent un objet de scandale, même pour une cour qui cependant était assez complaisante à de pareilles aventures. L'objet de sa flamme et de ses vers, car il était disciple des troubadours, était Ambrosia de Castello, belle et grande Dame, mais aussi pieuse chrétienne. Elle avait beau ne répondre à ses avances que par une froide indifférence, ou lui dire qu'elle n'était qu'un peu d'argile coloré des nuances de la rose, rien ne décourageait sa passion.

Quatre fois même le Christ lui apparut, le Christ crucifié, douloureux et sévère pendant qu'il était en train de versifier en l'honneur de sa Dame ; un instant d'émotion passé il revenait à sa folie. Un jour même, il eut l'impudence de la suivre à cheval jusque dans le sanctuaire ; alors il crut qu'il l'avait gagnée car elle voulut bien lui donner un rendez-vous. Quand il se trouva en sa présence, brusquement Ambrosia, sous une façade de beauté lui laissa voir un hideux cancer lui lui dévorait les seins et elle lui dit : « Voilà Pourquoi tu t'éloignes de Dieu l'Unique Beauté ! » Et par grande pitié, le Christ, une cinquième fois, regarda Lulle, mais cette fois il ne demeura pas silencieux : « Raymond, lui dit-il, suis-moi. » Et Lille le suivit ; en ce jour l'Eglise fêtait la conversion de saint Paul, et Lulle qui commençait Sa trente et unième année devait avoir à peu près l'âge du persécuteur lorsqu'il devint apôtre.
Quelques mois plus tard, on lui parla de François d'Assise, cette vie le charma et comme lui. il quitta sa ville, se fit pauvre et se mit à la recherche des âmes, après s'être affilié au Tiers-Ordre.

Il voyagea en Europe, en Asie, en Afrique : il s'en allait demandant l'aumône à chaque porte et lorsqu'il ne recevait rien, il ne s'affligeait pas, car, disait-il, « l'humilité, la pauvreté et la patience sont choses agréables à Dieu ». Lorsqu'à l'heure de la nuit, il n'avait rencontré aucun, monastère où se reposer en attendant l'aurore, et que nul paysan ne lui avait accordé l'hospitalité, il s'endormait sous la clarté des étoiles belles et pures comme son cœur de maintenant, ou bien, il cherchait au fond des grottes et dans le creux des arbres un abri contre les orages et le froid de l'hiver ; il avait surtout pour le protéger l'ardeur de son amour qui luttait contre l'inclémence des saisons et l'emportait sur elle. Il supportait la faim, les tribulations de toutes sortes et les maladies.
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« Bon pèlerin, lui disaient parfois des gens charitables, il fait froid, voici des vêtements meilleurs. »
Il répondait : « Je suis vêtu d'un drap vil, mais l'amour vêt mon cœur de plaisantes pensées et mon corps d'un vêtement de pleurs, de larmes et de passions. » Ils lui disaient encore : « Où allez-vous sans compagnon ? Vous vous perdrez ainsi dans ces entiers étroits, loin des routes que suivent les pèlerins en troupe, et vous mourrez, pauvre homme, dans les forêts et dans la nuit. » Il répondait : « Mon amour me guide et m'achemine vers la Patrie où il n'y a pas de nuit. »

Durant ses voyages, le cœur aimant de Raymond s'était ému à la pensée de tant de millions d'âmes qui vivaient loin de son Jésus, lesquelles, perverties demain par les musulmans se tourneraient contre Lui au grand péril de la chrétienté ; et il ne vit, pour sauver ces âmes, que leur conversion et la conquête du tombeau du Christ sur les Sarrasins, et pour cela il fallait trouver des rois qui fourniraient des soldats, des collèges pour apprendre la langue des Sarrasins et pour former des missionnaires, des universités et des papes qui voudraient promouvoir la croisade et les missions.

Lulle ne recula devant rien, et après avoir longtemps prié et médité, il décrivit dans son « Art Général » son but et ses moyens d'action, abandonna sa famille et ses biens et reprit son interminable voyage. Chemin faisant, il consignait en de savants écrits tout ce que son expérience voyait de bien à réaliser et de mal à détruire et tout ce que son vaste et profond esprit découvrait dans tous les domaines de la pensée.

Pèlerin inlassable, il alla de l'Angleterre aux Indes, de l'Ethiopie en France, étudia tous les Peuples, sollicita tous les princes, présenta ses
requêtes à tous les papes et même au Concile de Vienne ; dans les seules bibliothèques de Paris et de Munich on découvrit plus de cent treize de ses ouvrages.

Mais de tous les pays qu'il avait évangélisés, il se rappelait surtout Tunis et Bougie où il avait lutté et souffert .

A 80 ans passés, il voulut retourner dans cette dernière ville ; mais dès qu'il eut recommencé ses prédications, il fut saisi, jugé, condamné à mort et exécuté ; il respirait encore quand deux Génois le prirent sur leur vaisseau pour le ramener à Palma de Majorque, mais quand l'île s'offrit à la vue, le Bienheureux, celui qu'on avait surnommé le « Docteur illuminé », rendit son âme à Dieu. C'était le 29 juin 1315.

« Seigneur, avait-il écrit dans son livre de contemplation, qu'il vous plaise, lorsque mon être passera de ce monde dans l'autre, qu'il y passe par la voie du martyre. » Sa prière était exaucée.

Demain... Sainte ÉLISABETH, reine de Portugal, veuve, tertiaire (1271-1336).

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Sainte ÉLISABETH, reine de Portugal, veuve, tertiaire (1271-1336).

Les Anges de Noël avaient chanté la paix sur le berceau de l'Enfant Dieu, Prince de la Paix ; on peut croire que des échos de ce chant pacifique du premier Noël avaient retenti sur le berceau d'Elisabeth d'Aragon, car elle fut durant toute sa vie l'ange de la paix. Le jour même où elle naquit, son père et son grand-père brouillés depuis longtemps, s'étaient penchés sur elle et se réconcilièrent.

Mariée à 12 ans, à Denis roi de Portugal, elle eut horriblement à souffrir des débauches de son mari et de ses odieux soupçons, et plus tard comme son fils Alphonse prenant prétexte des fautes de son père se révoltait contre lui, on la vit quitter sa solitude où l'avait reléguée la méfiance de son mari et venir se jeter à genoux entre les deux armées belligérantes ; ses prières furent si puissantes qu'elles amenèrent la cessation des hostilités et la réconciliation mutuelle du père et du fils, et deux fois elle réconcilia ainsi le fils et le père ; deux fois elle amena la réconciliation entre son mari et son gendre Ferdinand de Castille, une fois avec Alphonse de Portalègre, son frère.

Même après la mort du roi Denis, alors que depuis longtemps elle avait quitté le monde et vivait retirée chez les Clarisses de Coïmbre, elle entreprit un long voyage pour rétablir la paix entre Alphonse son fils et Alphonse XI de Castille, son petit-fils.

Avec son œuvre de médiatrice, Elisabeth pratiqua les vertus chrétiennes jusqu'à l'héroïcité des plus grands saints, surtout celles de patience et de résignation ; elle allait même jusqu'à témoigner aux enfants issus du commerce criminel de son malheureux époux le même amour et le même dévouement qu'à ses propres enfants. Elle mourut le 4 juillet 1336 et trois siècles après sa mort, ses précieux restes étaient encore exempts de corruption ; Urbain VIII la canonisa et son culte est étendu à l'Eglise Universelle.

De nombreux miracles durant sa vie et après sa mort prouvèrent son pouvoir surnaturel. Elle fut la providence des pauvres et Dieu se fit quelquefois le complice de son humilité : un jour qu'elle portait elle-même des provisions aux bien-aimés du Christ et ayant rencontré son mari qui lui demanda ce qu'elle portait, elle entr'ouvrit son aumônière... il n'y avait plus que des roses, des blanches et des rouges tout humides de rosée qui répandaient dans l'air leur suave parfum.

Bienheureuses les âmes pacifiques, avait proclamé le divin Maître, car on les appellera filles de Dieu ; bienheureuses, celles qui persévèrent dans la paix, avait chanté saint François dans son cantique des Créatures, car par toi. Très Haut, elles seront couronnées. L'âme de sainte Elisabeth de Portugal brille parmi celles-là comme une étoile dans la nuit.
Demain ... Les martyrs de Gorcum (1572).
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Monique
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Les martyrs de Gorcum (1572).

Sur les dix-neuf martyrs de Gorcum, onze sont franciscains : Nicolas Pieck, gardien du couvent à Gorcum, Jérôme de Weert, vicaire du même, couvent, Théodoric van der Eem, d'Amersfort, Nicaise Janssens de Heeze, Willehad de Danemark, Godefroy Coart de Melveren, près de Saint-Trond, Antoine de Weert, Antoine de Hornaar, François de Roye, de Bruxelles, Pierre Van der Slagmolen, Corneille de Wijck-te-Duurstede. Tous donnèrent leur vie pour le Pape et pour l'Eucharistie.

C'était en 1572 ; les Gueux désolaient les Pays-Bas en faisant la guerre à la religion et en mettant à mort les serviteurs de Dieu.

Vers le 25 juin, treize barques portant cent cinquante de ces persécuteurs arrivèrent à Dordrecht, ville située à peu de distance de Gorcum ; des partisans de l'hérésie s'étaient joints à eux, la confusion et le tumulte se répandirent dans tout le pays.

Le Père Nicolas; gardien du couvent de Gorcum, voyant le danger imminent, rassemble aussitôt ses frères et les autorise à se réfugier chacun où il voudrait :

« Et vous, que ferez-vous, lui demandèrent-ils ? — Pour moi, leur dit-il, je resterai au couvent aussi longtemps que je le pourrai, ensuite je me retirerai dans la citadelle. — Eh ! bien, répondirent les frères, nous ne vous laisserons pas seul. »

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Message par Monique »

Le lendemain, les Gueux entraient dans la ville.
Bien que retirés dans la citadelle, les Religieux n'y furent pas longtemps en sûreté ; mal pourvue de vivres et de moyens de défense elle capitula la nuit suivante ; toutefois, la capitulation ne se lit qu'à la condition expresse qu'il ne serait fait de mal à aucun des assiégés, soit laïque, soit ecclésiastique ou religieux et que liberté entière leur serait accordée. Mais ceux qui étaient traîtres à leur Dieu et à leur roi, devaient-ils se mettre en peine de leur engagement vis-à-vis des vaincus ?

Les laïques, après une journée d'extrêmes humiliations furent mis en liberté, les prêtres et les religieux furent jetés en prison ; leur martyre commençait. Les mécréants cherchèrent d'abord leurs trésors, ils n'en possédaient qu'un : la pauvreté ; comme ce trésor spirituel était loin de satisfaire leur cupidité, ils recherchèrent le supérieur, et comme ils s'emparèrent du vicaire, le père Jérôme accepta volontiers d'être pris pour son gardien et de souffrir à sa place ; mais le Père Nicolas intervint et se déclara celui qu'ils cherchaient. Les bourreaux se mirent alors à le frapper violemment et lui passant une corde au cou et l'attachant par un bout à la porte de la prison se mirent à tirer pour élever le patient en l'air pour le laisser ensuite retomber lourdement, continuant ce supplice jusqu'à ce que l'extrémité de la corde se rompe ; alors le corps s'affaissa et resta sans mouvement sur le sol.

Les bourreaux désappointés d'une mort si prompte continuèrent cependant d'exercer leur fureur sur le cadavre, lui brûlant cruellement les oreilles, le front, la bouche et le menton, lui ouvrant la bouche pour atteindre la langue et le palais, faisant monter la flamme dans ses narines pour voir, disent-ils, si le cerveau prendrait feu, puis ils se retirèrent.

Après leur départ, les Religieux s'empressèrent autour de leur supérieur et quel ne fut pas leur étonnement d'entendre un profond soupir sortir de sa poitrine ; il n'était pas encore mort, Dieu le réservait sans doute pour fortifier ses frères dans leur suprême combat.

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Re: FLEURS FRANCISCAINES

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Les confesseurs de la Foi restèrent dix jours et dix nuits exposés à la brutalité des Gueux : c'était surtout vers le soir qu'ils avaient le plus à en souffrir. Au sortir de table, les soldats à moitié ivres se succédaient et pendant de longues heures torturaient les prisonniers. Un jour, un d'entre eux imagina de leur faire gonfler les joues, puis les souffletant de toute sa force fit jaillir le sang de la bouche, du nez et même des yeux des serviteurs de Dieu, et chaque jour apportait un raffinement de cruauté.

Cependant les habitants de Gorcum commençaient à s'émouvoir du triste sort des prisonniers, et les bourreaux se résolurent à les conduire à Brielle, où se trouvait le comte de la Mark, l'ennemi le plus féroce des catholiques. A leur vue le comte ne put s'empêcher de laisser voir une joie satanique.

L'heure du dernier combat allait sonner. Après avoir été abreuvés d'amertume, après avoir été forcés de prendre part à des processions sacrilèges où les rites sacrés de notre sainte religion sont odieusement ridiculisés, on leur fait subir de pénibles et longs interrogatoires durant lesquels ils tombent presque en défaillance par suite de la fatigue et du manque de nourriture ; on les presse de renoncer aux erreurs papistes » et à « l'idolâtrie de la messe ».

« Nous croyons, répondent-ils, à tout ce qu'enseigne l'Eglise catholique, apostolique et romaine, à qui le Sauveur a envoyé le Saint-Esprit et nous demeurerons fidèles à cette croyance jusqu'à notre dernier soupir. »

— Eh ! bien, répondent les bourreaux, c'est ici le terme de votre pèlerinage, chantez donc, pieux pèlerins ; nous allons vous rapprocher du Ciel. »

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