Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 38 (Février 1994)
EDITORIAL
DEUX GRANDES ET FORTES PERSONNALITÉS POUR LA FORMATION D'UNE ARMÉE PONTIFICALE
Le Général de La Moricière
Léon Christophe Louis JUCHAULT DE LA MORICIERE, né à Nantes le 5 février 1806, sort N° 2 de l'Ecole Polytechnique et N° 1 de l'Ecole d'Application du Génie.
Au service de la France... :
1. En Afrique :
Il fait sa première campagne en Algérie comme lieutenant du génie.
Il débarque à Sidi Ferruch et participe à la prise d'Alger.
C'est pendant cette campagne qu'il fait la connaissance de celui qu'il devait faire nommer en 1860 gouverneur civil d'Ancône, le Comte de Quatrebarbes.
Capitaine au 2e. Zouave, il donne à cette unité d'élite son uniforme légendaire.
Il est chef de bataillon en 1833.
Il commande la petite troupe qui vient secourir la colonne Trézel si sévèrement repoussée par Abd El Kader le 28 juin 1835 aux abords de la Macta.
Cette même année il devient lieutenant-colonel des Zouaves.
En 1837, il a l'honneur redoutable de commander le premier assaut à la brêche faite dans l'enceinte de Constantine par l'artillerie, lors de la deuxième attaque française contre cette ville.
Il s'élance une hache à la main en criant :
"Zouaves en avant ! Vive le Roi !"
Au cours de l'assaut, il est brûlé au visage par l'explosion d'une poudrière.
La ville est emportée.
La veille du combat, le Général Vallée avait dit à La Moricière :
« Colonel, si demain à 10 heures nous ne sommes pas maîtres de la ville, à midi nous serons en retraite.»
« Mon Général, avait répondu La Moricière,
demain à 10 heures nous serons maîtres de la ville ou morts.»
L'offre de capitulation fut faite à 10 heures !
Sa belle conduite lui vaut sa nomination au grade de colonel.
Il combat à Mouzala. Le 12 mai 1840 il monte avec ses Zouaves à l'assaut de Médéa.
La même année il devient Général et commande la division d'Oran. Il a 34 ans !
Il commande l'aile droite de l'armée française à la bataille d'Isly le 14 août 1844. (1)
Enfin, couronnement de ses innombrables coups de mains et de son activité inlassable, il reçoit, dans la soirée du 24 décembre 1847 la reddition d'Abd El Kader, non loin de l'endroit où, quelques mois plus tôt, ont été massacrés ces courageux combattants du 8e. bataillon de chasseurs d'Orléans qui rendirent immortel Ie nom de
Sidi Brahim.
Ses exploits guerriers ne l'empêche pas de prôner une grande colonisation de l'Algérie avec de larges moyens.
Il apprend l'arabe pour mieux se rapprocher des Algériens et se trouve être l'initiateur des bureaux arabes chargés de représenter le pouvoir de la France auprès des tribus soumises.
Il est très près de ses soldats et met tout en oeuvre pour assurer leur bien être, par souci de les maintenir en bonne santé, pour une meilleure efficacité.
Sa sollicitude se manifestera aussi attentive dans les Etats Pontificaux.
(1) remportée par le Mal. Bugeaud sur les Marocains, où La Moricière se distingua.