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Re: De Gethsémani au Golgotha

Publié : jeu. 30 juin 2016 14:19
par gabrielle
Et ceux qui passaient par là se mêlaient aux divers groupes d'où partaient ces défis sacrilèges; ils bénissaient les scribes et les princes des prêtres de les avoir délivrés de ce dangereux séducteur, et ils ne s'en allaient pas sans avoir jeté leur injure à la face du Supplicié divin :

« 0 toi qui guérissais et ressuscitais les autres, aie donc pitié de toi- même!... Va, ton état ne laisse plus guère d'espoir... Mais, si tu es le Christ, choisi de Dieu, tu n'as qu'à dire un mot, et tu seras sauvé ! »

Oui, c'est vrai! Juifs aveugles autant que féroces, le Fils de Dieu sur la croix n'a rien perdu de sa Toute-Puissance. Il saura la faire éclater quand son heure sera venue. Vivant, il ne dira pas ce mot qui le délivrerait de vos mains, il ne descendra pas de son trône de souffrance; mais après sa mort, il rejettera la lourde pierre scellée du sépulcre, et sa résurrection triomphante renversera vos gardes d'effroi et de stupeur.

Ah! ne lui demandez pas ce mot sauveur ; car alors sa croix resplendirait des gloires du Thabor, sa couronne d'épines se changerait en éblouissant diadème, de ses mains et de ses pieds percés jailliraient des flammes vengeresses, et renonçant à mourir pour les ingrats qui se moquent de son sang, il remonterait vers les cieux pour demander à son Père justice contre vous!

Ne lui demandez pas de se détacher de cet arbre d'expiation; car alors tous nos crimes qui l'écrasent et pour lesquels il souffre, retomberaient sur nous comme une pluie de malédiction et de colère. Hélas! notre infortune serait sans remède : n'ayant plus de victime, nous ne pourrions plus espérer de pardon.

Ne lui demandez pas d'éloigner de ses lèvres le calice des amertumes; car alors, qui de nous pourrait s'y abreuver sans mourir de désespoir? Qui de nous aurait le courage de gravir son Calvaire avec la croix sur l'épaule, s'il n'était pas sûr d'y rencontrer Jésus et d'entendre ses douces et fortifiantes consolations?... Oh! vous tous, qui que vous soyez, fils des ténèbres ou fils de la lumière. ne savez-vous pas, si vous avez jamais pleuré, que « la croix sans Jésus est un enfer intolérable, mais que la croix avec Jésus est un Paradis de délices? oui, c'est le salut, c'est la vie, c'est le rempart contre nos ennemis, c'est la source des suavités célestes, c'est la joie de l'esprit, c'est la force de l'âme! (1) »

Restez donc en croix! Dieu de tendresse et de compassion, afin qu'aux heures tristes de notre vie, nous sachions où porter le poids accablant de nos douleurs, à qui demander le baume pour nos blessures, dans quel sein répandre nos angoisses et nos larmes»!

Restez en croix! pour accomplir vos saintes promesses et réaliser nos filiales espérances, car vous avez dit: « Il faut que le Fils de l'Homme soit élevé de terre, comme le serpent d'airain dans le camp d'Israël : c'est alors que j'attirerai tout à moi. » Les Juifs ne savaient pas ce mystère quand ils vous criaient : « Descends de ta croix et peut-être alors, nous croirons que tu es le Fils de Dieu! » Mais le monde entier, invinciblement attiré au pied de cette croix victorieuse, leur répond aujourd'hui, dans l'immense concert de toutes ses voix : « Je crois en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, qui a été crucifié, est mort et a été enseveli » Ainsi soit-il!


(1) Imitation de Jésus-Christ.

à suivre, Les dernières paroles

Re: De Gethsémani au Golgotha

Publié : ven. 01 juil. 2016 14:24
par gabrielle
LES DERNIÈRES PAROLES

VOIX DES PROPHÈTES

Il a été mis au nombre des scélérats, et, chargé des péchés de tous,il a prié pour les criminels. (Is.,LIII, 12.)

Au lieu de me donner leur amour, ils me blasphémaient. Pour moi, je ne cessais de prier. (Ps. CVIII, 4.)

Je regardais à ma droite et je cherchais encore, et il n'y avait personne qui voulût me reconnaître. (Ps. CXLI, 5.)

J'ai regardé autour de moi et il n'y avait personne pour m'aider : j'ai cherché et je n'ai point trouvé de secours. (Is., LX1II, 5.)

Re: De Gethsémani au Golgotha

Publié : mer. 06 juil. 2016 13:56
par gabrielle
Du haut de sa croix. Jésus regardait tristement la foule qui l'insultait; il entendait les provocations railleuses des docteurs, les éclats de rire de la populace, les bouffonneries des soldats... et il se taisait!

Cependant, le cœur inondé d'amertume, il tourne la tête vers ses compagnons de supplice, espérant du moins rencontrer quelque marque de sympathie dans ceux qui agonisaient sous l'étreinte des mêmes douleurs.

Le Fils de Dieu, abandonné, renié, flétri, est réduit à demander un mot, un regard de consolation à d'infâmes scélérats, et ce mot, ce regard ami lui est refusé!...

Les deux criminels se tordaient de désespoir dans leur atroce tourment. Le silence et la résignation de Jésus ne faisaient que les irriter davantage. Aussi, quand ce divin Sauveur arrête les yeux sur ces misérables, leur colère éclate aussitôt en injures.

« Si tu es le Christ — ;lui disent-ils d'une voix farouche, — sauve-toi donc, et sauve-nous avec toi ! »

Alors la sainte Victime laisse échapper de sa poitrine brisée, ce cri de suprême miséricorde :

« Pardonnez-leur, ô mon Père! car ils ne savent ce qu'ils font ! ! ! »