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Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : lun. 27 juin 2016 18:48
par Monique
XXVIII MERVEILLE.
Deux prodiges du ciel, propres à nous inspirer la crainte de la mort et du purgatoire.
Tous les esprits étaient frappés de crainte il se faisait aussi beaucoup de prodiges et de merveilles. (Act, II, 43.)
Le Père Ferdinand de Castille rapporte deux grands prodiges opérés par le Seigneur dans le couvent de Saint-Dominique, à Zamora, ville du royaume de Léon en Espagne; l'un, pour nous rappeler que l'heure de notre mort nous est inconnue, l'autre, pour nous faire comprendre la rigueur des peines du purgatoire.
On fut témoin dans ce monastère d'une chose inouïe jusqu'alors : la cloche du couvent sonnait souvent d'elle-même sans que personne la touchât. C'était un signe certain que sous peu de jours un religieux devait mourir. Aussi lorsqu'on entendait ce son lugubre, bien que personne ne fût malade dans le couvent, chacun craignant pour lui-même, se préparait par la prière, la pénitence et les sacrements, au passage de l'éternité.
Quand l'un d'entre eux avait payé sa dette à la nature, alors le calme renaissait; néanmoins tous prêtaient une oreille attentive à cette cloche qui était pour eux la voix dont il est parlé dans Isaïe, XXXVIII, « Mets ordre à ta maison car tu vas mourir, et ta vie touche à son terme. »
Le second prodige s'applique mieux à notre sujet.
Il y avait dans ce même couvent de Saint-Dominique, un religieux d'une rare vertu, uni de sainte amitié avec un frère de Saint-François, fervent serviteur de Dieu. Pour se porter mutuellement à la perfection, ils s'entretenaient souvent ensemble des choses spirituelles.
Un jour, qu'ils parlaient de la mort à l'occasion de la cloche miraculeuse, ils se promirent l'un a l'autre que le premier qui mourrait apparaîtrait au survivant, s'il plaisait a Dieu, pour lui faire connaître son sort dans l'autre vie, afin que s'il était retenu dans le lieu de l'expiation, il pût recevoir de son ami des suffrages pour sa délivrance.
Ce fut le frère Mineur qui mourut le premier, et, selon sa promesse, il apparut au frère Dominicain, à l'heure où l'obéissance lui ordonnait de préparer le réfectoire pour le repas de la communauté. Après l'avoir salué affectueusement, il lui apprit qu'il était sauvé; mais qu'il lui restait beaucoup à souffrir pour l'expiation de fautes légères dans l'observance de la sainte règle.
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : ven. 01 juil. 2016 22:56
par Monique
Pour exciter sa compassion et l'engager à lui porter un prompt secours, il fit appel à leur ancienne amitié, à la promesse qu'ils s'étaient faite. Pour mieux lui faire comprendre que le tourment qu'il endurait dans ces flammes ardentes, ne pouvait être comparé à aucune souffrance humaine, il étendit sa main droite, la posa légèrement sur une table, et y laissa une empreinte noire et brûlée comme si un fer rouge y avait été appliqué. Puis le défunt disparut, avec l'assurance que son ami emploierait tout son zèle pour le délivrer.
Aujourd'hui encore, on montre à Zamora, cette table avec sa marque de feu. Pour perpétuer le souvenir de cet événement, on a posé sur cette empreinte une grille de cuivre.
Ces deux merveilles excitèrent dans le cœur des religieux une nouvelle ardeur pour leur perfection: le son de la cloche les avertissait de se préparer à la mort, et la trace de feu laissée par cette main, prêchait à tous la nécessité de faire pénitence en cette vie, si l'on veut éviter les châtiments du purgatoire.
Pour terminer ce récit, nous traduirons ces beaux vers d'un poète:
« Ces horribles marques accusent une main de feu, et la flamme qui circule dans ses veines la dévore. Bien n'en peut rendre l'ardeur vengeresse; mais la main parle mieux qu'aucune langue humaine. »
( V. Ferdinand de Castille, Histoire de saint Dominique, 2e part., I, I, ch. 23. )
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : sam. 02 juil. 2016 17:41
par Monique
XXIX MERVEILLE.
Du prix des indulgences.
Qu'en ce moment votre abondance supplée à tout ce qui leur manque (II Cor. 8. 14.
Pour démontrer la valeur des indulgences en faveur des âmes du purgatoire, nous allons raconter le trait admirable du bienheureux Berthold, prédicateur de l'ordre de Saint-François. Il venait de faire une touchante allocution sur l'aumône, et il avait accordé à ses auditeurs dix jours d'indulgences, selon le pouvoir qu'il eu avait reçu du Souverain Pontife, lorsqu'une dame de qualité, à laquelle il ne restait de sa noblesse que la honte d'avouer son extrême misère, vint secrètement implorer sa charité. Le religieux lui répondit comme saint Pierre au boiteux qui mendiait dans Jérusalem: « Je n'ai ni or ni argent; mais ce que j'ai je vous le donne. » Je vous accorde dix jours d'indulgences parce que vous avez assisté à ma prédication ce matin. Allez donc chez tel banquier qui n'a guère souci des trésors spirituels, et dites-lui que s'il veut accepter cette indulgence, en échange d'une aumône, elle servira à diminuer les peines qui l'attendent dans le purgatoire. J'ai la confiance qu'il vous donnera quelque secours. »
Cette infortunée, animée de la plus grande foi, se rendit chez le banquier qui l'accueillit avec bonté, et lui demanda en souriant combien elle prétendait recevoir en échange de ses dix jours d'indulgence : « Autant qu'ils pèsent, répondit-elle. — Pesons-les donc, repartit le banquier, voici les balances, écrivez vos dix jours sur un papier et mettez-le sur l'un des plateaux; je pose un réal sur l'autre. »
0 prodige! le plateau des indulgences entraîne celui de l'argent. L'homme étonné ajoute un réal et le poids reste le même. Il en met cinq, dix trente, enfin autant qu'il en faut, pour que les plateaux s'équilibrent. C'était précisément la somme qu'il fallait à la suppliante. Alors le banquier put apprécier la valeur des indulgences, mais non au même point que les âmes l'apprécient; elles qui, pour en obtenir une seule, donneraient tout l'or du monde. C'est pourquoi elles les appellent de tous leurs soupirs et les demandent aux vivants qui peuvent en tout lieu et a toute heure, leur en appliquer.
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : lun. 04 juil. 2016 1:03
par Monique
Le Seigneur daigna le faire connaître à Marie de Quito. Cette sainte fut ravie en extase, et elle vit au milieu d'une place, une table chargée de monceaux d'argent, d'or, de rubis, de perles et de diamants. En même temps une voix disait: « Ce trésor est public, chacun est libre de prendre tout ce qui lui convient. » Devant une pareille abondance nous sommes donc bien coupables si nous restons pauvres, et si nous ne pensons pas à enrichir les âmes nécessiteuses du purgatoire. Pour puiser sans mesure dans ce trésor, Dieu exige-t-il des jeûnes rigoureux, de longs pèlerinages, de grandes aumônes, des disciplines et autres sévères pénitences? et quand même cela serait, il faudrait nous y résoudre, comme le disait un grand prédicateur, citant l'exemple d'un homme qui, dans l'incendie d'une église eut le courage de passer au milieu des flammes pour sauver quelques peintures de prix. Et nous, ne devrions-nous pas passer pour ainsi dire au milieu des flammes pour délivrer les images vivantes du Seigneur? Mais la bonté infinie de Dieu n'en demande pas tant, elle se contente d'œuvres simples, courtes, faciles: (...) d'un chapelet, d'une prière, d'une petite aumône, etc, pour délivrer des supplices du purgatoire ces âmes bénies qui tendent vers nous leurs mains suppliantes.
Citons encore un exemple. Sainte Madeleine de Pazzi avait dans son monastère de Florence, une religieuse d'éminente vertu. Elle l'assista avec la plus tendre charité pendant le cours d'une maladie mortelle, et lui ferma elle-même les yeux. Quand le corps fut porté à l'église pour les funérailles, Madeleine se retira derrière la grille du chapitre, d'où elle pouvait apercevoir le cercueil, et se mit à prier avec ferveur pour sa chère défunte. Elle fut à ce moment favorisée d'une vision, elle vit l'âme de la religieuse, plus belle que le soleil, s'élever au ciel comblée de délices: « Adieu, s'écria Madeleine aussitôt adieu ma soeur, âme bienheureuse vous vous en allez au paradis, vous nous abandonnez dans cette vallée de larmes ! Oh! que votre gloire est grande! qui pourrait jamais exprimer votre beauté! Qu'il a été court, votre passage en purgatoire; votre corps n'est pas encore dans sa dernière demeure et déjà votre âme entre dans la céleste patrie! Vous voyez la vérité de ce que je vous disais: « que les souffrances de cette vie et les peines du purgatoire ne sont rien, comparées à la gloire que votre Epoux vous réservait au paradis. »
En ce moment le Seigneur lui révéla que cette âme n'était restée que quinze heures dans le purgatoire, en vertu des indulgences dont on lui avait appliqué les mérites.
Après la cérémonie des funérailles, Madeleine sortie de son extase, répétait ces paroles: « Qu'elle est heureuse, l'âme qui a mérité d'être au ciel lorsque son corps n'est point encore dans la tombe!»
(V. Chroniques des Frères Mineurs, 2e part. , liv. II, ch, 30; Vie de sainte Madeleine de Pazzi, Ire part. ch. 39.)
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : sam. 09 juil. 2016 18:43
par Monique
XXX MERVEILLE.
Les saints invoqués pendant la vie, protègent après la mort.
Tournez-vous vers quelqu'un des saints; appelez pour qu'on vous réponde. (Job. v.)
Qu'elle est efficace, la protection des saints, pour les âmes souffrantes qui les ont servis avec dévotion pendant la vie! La bienheureuse Jeanne de la Croix, religieuse de l'ordre séraphique, et fidèle épouse de Jésus-Christ, nous en donne une preuve.
Un éminent prélat après avoir pendant quelque temps aimé et vénéré cette sainte religieuse, n'eut plus pour elle que de la répugnance et du mépris, depuis un jour, où par une inspiration divine, elle lui avait fait une admonition charitable. Cet ecclésiastique, oubliant les devoirs de sa profession, disait souvent des paroles répréhensibles, affectait une certaine fierté, et négligeait les âmes confiées à ses soins. Il mourut bientôt. A peine la pieuse vierge l'eut-elle appris, que, voulant rendre le bien pour le mal, elle s'appliqua à supplier la divine Miséricorde d'avoir pitié de cette âme si elle était en purgatoire.
Une nuit qu'elle priait avec plus de ferveur à cette intention, le prélat lui apparut tout en haillons, avec un visage difforme et repoussant. Sa bouche était bâillonné , il ne pouvait articuler aucune parole, et rugissait comme le taureau blessé. Ou voyait sur son front et sur sa tête certaines tâches, indices des péchés qu'il avait commis; il était entouré des âmes que ses mauvais exemples avaient entraînées. Par surcroît, une foule de démons lui faisaient endurer les supplices les plus humiliants. La bienheureuse Jeanne, à un tel spectacle, fut toute consternée, avec d'autant plus de raisons qu'elle ignorait si c'étaient les peines de l'enfer ou celles du purgatoire. Elle s'adressa à son ange gardien qui était présent, mais il lui répondit: « Dieu vous le révélera en temps utile. »
Elle persévéra donc a prier et à conjurer la divine Miséricorde d'avoir pitié de cet infortuné pour lequel elle espérait encore. Elle rappelait les bonnes œuvres qu'il avait faites pendant sa vie, et surtout sa dévotion envers un saint dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom: « Seigneur, disait Jeanne, vous savez combien il aimait et vénérait son saint patron, quels hommages il lui rendait, avec quelle ardeur il recourait à sa protection; il avait fait peindre son image afin de l'avoir toujours sous les yeux. O mon Dieu, permettez que le saint lui obtienne sa délivrance! »
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : dim. 10 juil. 2016 16:00
par Monique
Ainsi Jeanne priait avec toute sa ferveur depuis quelques jours, lorsqu'elle vit tout-a-coup apparaître devant la porte de sa cellule, l'image du saint dont nous avons parlé. Puis suivait l'âme du prélat, mais non plus dans le même état d'abjection et de souffrance.
Après avoir salué la servante de Dieu, il lui dit: « Je suis celui pour lequel vous avez tant prié. Vos prières, et l'intercession du saint dont vous voyez ici l'image, ont obtenu que Dieu me traitât avec une grande miséricorde. Grâce à la Bonté divine, cette image m'a protégé contre, les assauts du démon, elle a adouci et abrégé mes tourments. J'espère que vous travaillerez encore à ma complète délivrance, ô servante du Seigneur, vous que j'ai affligée par mes imprudences et ma témérité. Qu'il en soit ainsi, s'écria Jeanne, et que Dieu soit béni pour la consolation que me fait éprouver l'assurance de votre salut, moi qui fus si incertaine de votre sort lorsque je vous vis la première fois au milieu de tant de supplices. Ah! répliqua le défunt, tout ce que vous avez vu ne peut pas vous donner une idée des tourments invisibles que j'endurais. « Puis il demanda pardon à la sainte des injures qu'il lui avait faites, se recommanda à ses prières et disparut.
Jeanne continua à intercéder en sa faveur, elle le visita, le consola au purgatoire par l'intermédiaire de son ange, jusqu'au moment où elle sut par révélation, sa délivrance et son entrée au ciel.
La sainte abbesse raconta cette vision à ses religieuses, afin d'augmenter en elles la crainte du purgatoire, la dévotion aux saints, et le zèle pour les âmes souffrantes.
(V. Chroniques des Frères Mineurs par Cimarello. 4e p. liv. II, chap. 18; Triomphes des âmes, par Ségala, 2e p., ch. VII, n. 4.)
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : lun. 11 juil. 2016 17:14
par Monique
XXXI MERVEILLE.
Reconnaissance des âmes envers leurs bienfaiteurs.
Vous avez bien agi en rendant le bien pour le bien. (Juges, IX, 16. )
Quand on ne rencontrerait plus dans les cœurs le sentiment de la gratitude, on serait sur de le trouver dans les âmes du purgatoire. En voici une preuve touchante.
Il y avait en Bretagne un homme occupé des affaires du siècle, mais dont la vie était très-religieuse. Parmi toutes ses vertus, on remarquait une grande charité envers les âmes souffrantes, pour lesquelles il priait, faisait des aumônes et autres bonnes œuvres; surtout il ne passait jamais dans un cimetière sans s'y arrêter pour prier quelques instants.
Dieu fit connaître combien cette dévotion lui était agréable, et combien elle était utile et profitable aux âmes du purgatoire. Ce bon chrétien fut surpris par une maladie qui mit bientôt ses jours en péril; il fit prier le curé de la paroisse de lui apporter le saint viatique qu'il avait le plus grand désir de recevoir dans ses souffrances, afin que cette céleste nourriture le fortifiât dans sa faiblesse, et le soutint contre les terreurs de la mort.
C'était au milieu de la nuit, et la distance était considérable. Le curé ne pouvant remplir lui-même cette Obligation, en chargea son vicaire qui se rendit en toute hâte auprès du pauvre malade. Inspiré par la plus ardente charité, ce jeune prêtre console le moribond, lui administre le Pain du voyageur, et le recommande à Dieu pour le passage terrible de l'éternité.
Sa mission étant accomplie, le vicaire se remit en route. Mais voici qu'en arrivant au cimetière qui entoure l'église, il se sent arrêté par une force invisible, et il ne peut plus faire un pas. Étonné, il regarde autour de lui et aperçoit la porte de l'église grande ouverte, or il était certain qu'elle avait été fermée. Pendant qu'il cherche à se rendre compte de ce fait si étrange, il entend sortir du sanctuaire une voix qui disait distinctement: « Ossements arides, écoutez la parole du Seigneur; ô morts levez-vous ! (Ezéchiel, XXXVII ), venez tous prier ensemble pour notre bienfaiteur qui Vient de rendre son âme à Dieu; la reconnaissance le demande: souvenez-vous de tout le bien qu'il vous a fait par ses bonnes œuvres; souvenez-vous aussi qu'il ne passa jamais dans ce cimetière sans prier pour nous. »
Après ces paroles, le prêtre entendit un bruit étrange, semblable à un cliquetis d'os. Tout-à-coup, comme dans la vision d'Ezéchiel, tous les ossements renfermés dans ce champ de la mort, se mettent en mouvement et se rapprochent les uns des autres, chacun à leur jointure. En un instant, voilà qu'une multitude de spectres se lèvent de leurs sépulcres et se mettent en marche vers l'église qui parait tout illuminée. Le pauvre vicaire immobile de terreur, les vit entrer et se ranger en cercle dans le sanctuaire. Là, tous, d'une voix harmonieuse et lugubre, ils chantèrent solennellement l'office de Requiem. Lorsque la cérémonie fut terminée, la voix mystérieuse qui avait convoqué les morts, leur commanda de retourner dans leurs sépulcres. Pendant le défilé du funèbre cortège, les lumières s'éteignirent peu à peu, et l'on entendit comme un bruit de squelettes qui s'entrechoquent; puis tout rentra dans le silence et l'obscurité.
Le prêtre alors, put librement entrer dans l'église et y déposer le saint ciboire. Il courut raconter sa vision au curé qui en aurait peut-être douté, si en ce moment même, un messager n'était venu annoncer que le malade après avoir donné des signes de prédestination, s'était endormi dans le Seigneur, à l'heure même où se passait cette scène si extraordinaire. Cet évènement impressionna tellement le vicaire qu'il dit adieu au monde, et alla s'enfermer dans le monastère de Saint-Martin-de-Tours. Son éminente vertu lui mérita dans la suite d'être élu prieur. Il s'employa toute sa vie avec un zèle infatigable à soulager les âmes du purgatoire, zèle qu'il communiqua à ses religieux en leur parlant souvent de la reconnaissance de ces âmes bénies qui rendent à leurs bienfaiteurs grâces pour grâces, et miséricorde pour miséricorde.
(V. Alexis Segala, Triumph. animarum, 2e p, ch. XXII, n. 1; P. Martin de Roa, De statu animarum, ch. X?)
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : mar. 12 juil. 2016 20:52
par Monique
XXXII MERVEILLE.
Celui qui souffre avec résignation dans ce monde ira droit au ciel.
L'homme patient attendra la fin de se maux jusqu'au temps destiné de Dieu pour les faire cesser et après cela la joie lui sera rendue. (Eccli. I, 29. )
L'empereur Maurice fit preuve d'une rare prudence, lorsque interrogé miraculeusement par le Sauveur, s'il préférait expier ses crimes, dans cette vie ou dans l'Autre, il répondit sans hésiter: « Ici-bas, ô doux Jésus ! j'aime mieux souffrir ici-bas! » Un religieux de Saint-François n'eut pas la même sagesse. Affligé depuis longtemps d'une cruelle maladie, il était en proie à une sombre tristesse et se croyait à charge aux frères du couvent: aussi la mort lui paraissait préférable à la vie, et il demandait à Dieu de délivrer son âme de sa douloureuse prison.
» 0 mon Dieu, disait-il, ayez pitié de votre malheureux serviteur: je ne trouve de repos ni jour ni nuit, tant sont affreuses mes souffrances, elles augmentent sans cesse et je n'ai plus la force de les supporter. Si mes fautes me rendent indigne d'être délivré. Jetez, Seigneur, un regard sur les peines et les mérites de mes frères, qui se sacrifient autour de mon lit de douleur. Ayez pitié d'eux et de moi! Si la mort seule doit mettre un terme à mes maux, je la recevrai comme une grâce de votre clémence infinie. »
Ainsi parlait ce religieux, lorsqu'un ange descendit du ciel pour le fortifier et lui faire cette proposition: « Puisque vous vous fatiguez de souffrir. Dieu vous laisse la liberté de rester encore dans cette vie ou de la quitter immédiatement; si vous choisissez le premier parti, vous aurez une cruelle maladie d'un an, après laquelle vous monterez tout droit au paradis; mais si vous préférez mourir maintenant, vous aurez à subir trois jours de purgatoire, pour achever de vous purifier de vos fautes. Choisissez ce qui vous plaît le plus, votre sort est entre vos mains.
Le malade, ne pensant qu'à ses souffrances présentes, et non à celles qui l'attendaient dans l'autre vie, répondit aussitôt: « J'aime mieux mourir, et souffrir au purgatoire seulement trois jours, mais autant qu'il plaira à Dieu car je ne pense pas y trouver des souffrances plus intolérables. — Eh bien, répondit l'ange, il sera fait comme vous le désirez ; vous mourrez aujourd'hui ; munissez-vous donc des sacrements de l'Eglise. » Le religieux se prépare à sa dernière heure, expire, et son âme est portée au purgatoire.
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : mer. 13 juil. 2016 19:53
par Monique
Un jour n'était pas entièrement écoulé, que le même ange vint le visiter, le consoler dans sa nouvelle épreuve; il lui demanda si ses peines lui paraissaient moins pénibles que celles de la terre:
« Hélas! répondit l'âme, combien j'ai été aveugle. Mais vous ange de vérité, qui m'aviez parlé de trois jours! pourquoi me laisser en ce lieu si longtemps? que d'années se sont écoulées! et je n'aperçois rien qui annonce ma délivrance. Est-ce ainsi qu'on trompe une pauvre âme?» Vous vous trompez vous-même, repartit l'ange, il y a vingt-quatre heures, à peine que vous êtes au purgatoire, et déjà vous déplorez votre triste sort? Vous m'accusez de manquer à ma parole? Ce n'est pas la longueur du temps, mais la rigueur des peines qui vous fait raisonner ainsi; une heure vous parait un siècle. Soyez donc certain qu'il n'y a pas encore un jour que vous souffrez votre corps n'a pas même reçu la sépulture. Cependant si vous vous repentez de votre choix Dieu vous accorde la grâce de retourner sur la terre pour y subir l'année de maladie qui vous était réservée. Oui s'écria l'âme avec joie oui j'accepte ce parti! Que Dieu m'envoie une maladie plus douloureuse encore de deux trois quatre années autant qu'il plaira à sa justice; tout ce que je désire c'est qu'il me tire de ce lieu d'inconcevables douleurs. «
L'ange alors, sans délai, reporta l'âme dans le corps qui se leva aussitôt de son cercueil, en présence de la communauté saisie d'étonnement et d'admiration. Le ressuscité raconta tout ce qui lui était arrivé; l'expérience qu'il venait de faire, donna aux religieux une juste idée des supplices du purgatoire, et les convainquit de la nécessité d'une rigoureuse pénitence en ce monde, si l'on veut éviter les tourments réservés dans l'autre vie par la Justice divine, aux fautes même les plus légères.
Pour lui, il supporta avec une admirable patience, les infirmités de sa maladie, et au bout de l'année, il rendit son âme à Dieu. L'ange, selon sa promesse, descendit de nouveau du ciel, et l'emporta en un instant dans les régions de l'éternelle félicité.
Cette histoire qu'on ne peut révoquer en doute, justifie les paroles de saint Augustin au sujet du purgatoire: « Un seul jour dans ce lieu d'expiation peut être comparé à mille ans de supplices terrestres. » Le même saint ajoute encore. « Le feu y est plus insupportable que tout ce qu'on peut endurer ici-bas. »
(V. Luc de Wadding, Ann. Minor., anno 1183, n. 9.)
Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire
Publié : jeu. 14 juil. 2016 21:45
par Monique
XXXIII MERVEILLE.
Sainte usure de ceux qui appliquent leurs bonnes oeuvres au soulagement des défunts.
Faites du bien au juste, et vous aurez une grande récompense. (Eccli. XII, 2.)
Je veux seulement rappeler ici combien de mérites, de prières, et de grâces peut acquérir celui qui offre ses bonnes œuvres pour racheter les âmes du purgatoire; et les envoyer au ciel. On peut dire qu'il travaille à peupler le paradis; qu'il s'y prépare des avocats, de puissants intercesseurs qui, en reconnaissante du bien qu'ils ont reçu, lui obtiendront du bonheur ici-bas, et les félicités de l'éternelle vie.
Les anges gardiens de ces âmes se trouvent obligés de le favoriser, parce qu'il ouvre vite les portes du ciel à leurs protégées; les bienheureux le regardent avec des yeux pleins d'affection, parce qu'il a augmenté leur nombre.
Et la Mère de Dieu, avec quelle tendresse elle l'abrite sous son manteau pour avoir travaillé à la glorification de ces âmes qui ont coûté tout le sang de son divin Fils. Jésus-Christ lui-même, quelles bénédictions que les récompenses ne versera-t-il pas sur celui qui aura coopéré à son œuvre de Rédempteur !
Si vous voulez le comprendre, lisez: Denis-le-Chartreux raconte dans un de ses ouvrages qu'une très-pieuse vierge nommée Gertrude, faisait donation chaque matin aux âmes du purgatoire, du bénéfice spirituel qu'elle devait retirer de toutes ses bonnes œuvres de la journée. Bien plus, afin d'en mieux faire l'application selon le bon plaisir de Dieu, elle suppliait le Seigneur de lui faire connaître les âmes les plus souffrantes, les plus délaissées, et le Sauveur les lui révélait ordinairement. Alors elle redoublait pour elles, d'oraisons, de jeûnes, de veilles, de mortifications, et ne cessait point qu'elle ne crût les avoir toutes délivrées. Souvent, ces âmes glorieuses lui apparaissaient pour la remercier et lui promettre leur reconnaissante protection.
Gertrude, arrivée à la vieillesse, encore plus chargée de mérites que d'années, et couchée sur son lit de mort, fut assaillie de tentations. Le démon voyait avec rage qu'une pauvre fille avait délivré une multitude d'âmes dont les souffrances le réjouissaient: aussi, cet esprit de mensonge lui représentait les horribles et longs supplices que la Justice divine lui réservait dans l'autre monde, en expiation même de ses moindres fautes, attendu qu'elle avait prodigué inconsidérément aux âmes du purgatoire, la satisfaction de toutes les bonnes œuvres de sa vie.