SUR L'EDUCATION DES FILLES - ABBÉ COMBALOT

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Message par InHocSignoVinces »

SUR L'EDUCATION DES FILLES

ABBÉ COMBALOT
CONFÉRENCES SUR LES GRANDEURS DE LA SAINTE VIERGE
MOIS DE MARIE, ÉGLISE SAINT-SULPICE, PARIS, 1854
XIVè CONFÉRENCE : SUR L'EDUCATION DES FILLES



Ave, gratia plena.
Je vous salue, pleine de grâces. (Luc. I, 28.)


Ne sortons pas de Nazareth, ne quittons pas l'humble sanctuaire où Marie a conçu le Verbe éternel, sans méditer les
paroles que l'Ange lui adresse de la part du Très-Haut : «Je vous salue, pleine de grâce». Pénétrons-en le sens catholique,
cherchons-y d'importantes leçons.

Remarquez d'abord, Mes Chers Frères, que cette étonnante appellation n'a été adressée qu'à Marie. Seule entre
toutes les femmes, elle est appelée pleine de grâce, gratia plena. Saint Jean a dit aussi du Dieu Sauveur : «Plein de
grâce et de vérité : Plenum gratiæ et veritatis)». (Jean. I, 14)

La sainte humanité a reçu la plénitude de la grâce à cause de son union personnelle avec le Verbe infini, principe de
toute grâce et de toute vérité ; et Marie est appelée pleine de grâce, parce que, selon le sentiment des Docteurs catholiques,
l'ordre de la maternité divine, auquel elle a été élevée, touche par un point de conjonction nécessaire à l'ordre
suprême de l'Incarnation.

Jésus-Christ est le père, le principe, le roi, la source de toute grâce, et Marie est mère de l'auteur même de la grâce.
Or, qu'est-ce que la grâce ? Ecoutons saint Paul : «La grâce, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ. Gratia... vita
æterna in Christo Jesu».
(Rom. VI, 23)


Entendons le Docteur angélique définissant la grâce, par un de ces mots substantiels qui renferment un monde de
lumière : «La grâce est le commencement en nous de la gloire. Gratia inchoatio gloriæ in nobis».


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Message par InHocSignoVinces »

Ainsi, la très sainte Vierge n'est pas seulement Reine de tous les dons de la nature, tota pulchra, elle possède encore
tous les trésors de la grâce. Elle en a reçu les communications les plus abondantes ; car le pouvoir d'engendrer
dans le temps le Fils unique que le Père tire, par une éternelle génération, de Sa substance infinie, ce pouvoir, dis-je,
suppose l'effusion de la grâce, dans ce qu'elle a de plus élevé et de plus fécond.


Nous avons vu que la mère chrétienne était associée à la mission de l'auguste Marie dans l'ordre de la vérité.
Nous avons dit que l'enfant n'avait pas à recevoir seulement de sa mère la vie du corps, mais encore la vie de
l’âme, dont la grâce du Christ est le foyer divin.
Elle manquerait donc à sa vocation sainte, elle trahirait les desseins
de la divine Providence, si son coeur n'était rempli de la grâce qui régénère et sans laquelle les enfants qu'elle a mis au
monde n'échapperont jamais à la barbarie de l'égoïsme.


Ajoutons que l'éducation des filles, chez une nation chrétienne, est l'élément le plus nécessaire à la vie d'un
peuple.
La prospérité ou les misères morales d'une nation civilisée tiennent fondamentalement, en effet, à la direction
imprimée à l'éducation de la jeune fille.


Cette éducation, pour atteindre le but providentiel, doit partir tout entière des dogmes de la grâce. L'enfant,
né d'une mère chrétienne, doit puiser dans son coeur la vie supérieure des dons surnaturels, comme il a puisé
dans son sein la vie de la nature.


La jeune fille doit trouver, à l'ombre des exemples et sous l'empire des leçons de sa mère, les habitudes morales
et pratiques ; elle doit croître sous l'influence des doctrines catholiques que sa mère est chargée de lui
faire connaître, et qu'elle ne goûte jamais mieux que par ce premier apostolat de zèle et de tendresse.



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Message par InHocSignoVinces »

Mais l'éducation de la jeune fille embrasse deux parties très distinctes, savoir : la culture de l'intelligence, et l'éducation
de l'âme.
Elle comprend, en un mot, l'instruction et l'éducation proprement dite.


Quels sont les principes, les doctrines et les enseignements qui doivent présider à l'évolution de l'intelligence de
la jeune fille, selon le rang social où elle a été mise par la Providence, et selon la mission qu'elle aura à remplir ? C'est
à l'examen de cette question importante que nous consacrerons cet entretien.


Une mère chrétienne se rendrait coupable envers Dieu, envers sa famille et envers la société, si elle ne donnait ou
ne faisait donner à sa fille une instruction directement puisée aux sources et dans les enseignements de la Révélation.
Elle serait coupable envers sa fille d'une sorte de meurtre intellectuel, si les connaissances dont elle veut orner
son intelligence ne rayonnaient des dogmes du christianisme. La raison conçoit, en effet, que dans l'état
actuel de nos sociétés, si l'intelligence de l'enfant ne s'éclaire aux rayons de la grâce et de la foi, il subira nécessairement
l'action funeste d'un développement intellectuel anticatholique, païen, erroné et corrupteur. Car la
vérité est une ; et parce que le catholicisme embrasse la vérité totale, n'est que la vérité absolue elle-même, développée
dans l'Eglise jusqu'à ses dernières magnificences, il en résulte qu'un enseignement qui ne serait pas
en harmonie avec les dogmes, la morale, l'histoire et le culte du catholicisme, impliquerait nécessairement dans
ses bases, dans ses principes, dans ses méthodes et dans ses résultats des doctrines de mensonge et d'erreur.



L'instruction de la jeune fille doit donc se combiner avec les enseignements de la foi, sous peine de dégénérer
en un enseignement contraire à la foi.
Et c'est de l'enseignement que l'Eglise peut dire : «Celui qui n'est pas pour
moi est contre moi.
Qui non est mecum contra me est».


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Re: SUR L'EDUCATION DES FILLES - ABBÉ COMBALOT

Message par InHocSignoVinces »

Mais avant de faire voir comment l'instruction nécessaire aux jeunes filles doit s'organiser tout entière, sur la base
des vérités révélées, remarquons que l'instruction des filles demande un développement qui soit en rapport avec les
diverses conditions ou les divers états dans lesquels la Providence les a fait naître.


Les enfants du peuple n'ont pas besoin d'une instruction égale à celle des enfants des familles qui tiennent le premier
rang dans nos sociétés.


La société est un être collectif, moral, qui se compose de membres divers dont les fonctions distinctes tendent à
l'harmonie et à l'unité de l'ensemble. Les uns ont à remplir des obligations plus nobles, plus élevées ; les autres en ont
de plus inférieures, de plus matérielles.



La jeune fille appelée à vivre au sein de nos sociétés brillantes a besoin d'une instruction plus forte, plus étendue,
que la jeune fille destinée à remplir des devoirs plus obscurs, plus restreints.



Mais on doit établir en principe général, que l'instruction des unes et des autres, chez une nation qui a le bonheur
d'être catholique,
doit partir des enseignements de la Révélation.


Nous devons même ajouter que la connaissance de la religion catholique, graduée selon les états divers et la position
particulière des jeunes filles, est la seule science qui leur soit indispensable, parce que la mission intellectuelle de la femme devant s'accomplir dans la famille, est dans les doctrines du catholicisme qu'une mère doit puiser les lumières
qu'elle sera chargée de transmettre à ses enfants.



La vérité seule étant l'objet et l'aliment nécessaire de l'intelligence, si l'esprit de la jeune fille n'est imbu, dès
sa plus tendre enfance, des enseignements de la foi catholique, foyer divin de toute vérité, elle croupira dans
l'ignorance, ou elle subira un développement scientifique hostile aux enseignements de sa foi.



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Message par InHocSignoVinces »

Dans quelle mesure les jeunes filles appartenant aux conditions élevées de nos sociétés modernes doivent-elles être
nourries intellectuellement des enseignements du catholicisme ? Comment, en second lieu, l'enseignement qui leur est
propre doit-il s'organiser sur les bases de la Révélation ?


Une mère pénétrée de l'importance de ses devoirs, et guidée par une sage et discrète appréciation des besoins du
temps, doit se persuader que l'avenir éternel de sa fille et son bonheur présent réclament de ses sollicitudes une
action prudente et continue, pour graver dans son âme les enseignements de la vérité révélée, selon la mesure
de capacité intellectuelle qui la distingue, et selon l’âge où elle est parvenue.



Nous disions, dans un entretien précédent, qu'une mère résumait aux yeux de son enfant l'Eglise qu'il ne pouvait
connaître encore ; nous faisions remarquer avec quel suave empire elle était pour lui une autorité douce, souveraine et
en quelque sorte irréformable. Si donc une mère, depuis le moment où sa fille commence à percevoir les premières notions
des choses, s'applique à l'initier en même temps aux vérités de la Révélation, elle entrera dans l'horizon du monde
surnaturel, comme elle entre dans celui des vérités de la nature ; elle croira comme sa mère, et elle informera, si je
puis le dire, son âme, son esprit et sa vie sur les enseignements de l'Evangile, dont sa mère est pour elle le
premier prédicateur et le plus éloquent apôtre. Et parce que la foi s'inspire plus qu'elle ne se transmet par voie
même d'instruction, la jeune fille puisera la sève des vérités de la foi dans les exemples de sa mère, à mesure
qu'elle se pénétrera des sentiments de la piété filiale, et qu'elle comprendra la grandeur et l'héroïsme de l'amour
et du dévouement de sa mère.



Une mère pieuse et éclairée verra se développer, dès l'âge de quatre ou cinq ans, dans l'âme de ses enfants tous
les germes régénérateurs du baptême. Elle verra les premières fleurs de la vie de la grâce bourgeonner sur ces jeunes
tiges échauffées par son amour et arrosées par ses larmes.



La religion, vous le savez, Mes Ches Frères, n'est que l'histoire des bontés de Dieu pour Sa créature, et rien n'est
plus accessible à l'esprit des enfants, rien n'entre plus aisément dans leur intelligence,
que le récit des oeuvres de la
puissance, de la sagesse et de l'amour infini de Dieu à l'égard de l'homme.



C'est donc par des récits historiques que l'enfant chrétien doit naître à la lumière des vérités révélées. Et rien
n'empêche une mère profondément catholique de mettre en lait pour sa jeune fille tous les enseignements de la foi.



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Message par InHocSignoVinces »

L'histoire de la création, celle de l'oeuvre des six jours, la création, l'épreuve, la fidélité des bons Anges, la révolte, la
chute des anges pervers, la création de l'homme, son état d'innocence primitive, son bonheur au jardin des délices, ne
voilà-t-il pas une matière féconde pour un premier enseignement dogmatique ? Et quelle histoire pourrait intéresser davantage
un enfant que celle des grands événements qui forment la base de la Révélation, comme ils sont le fondement
des oeuvres de la nature ?



La chute de nos premiers parents, les maux dont elle fut suivie, le péché originel, l'histoire de Caïn et d'Abel, celle
des grands patriarches jusqu'à Noé, jusqu'au déluge,
n'y a-t-il pas là de quoi réveiller dans l'âme d'un enfant des sentiments de foi sur la puissance, la justice et la sainteté de Dieu ?


Que de richesses pour la mémoire, et même pour les yeux à l'aide de la gravure ou de la lithographie, dans les
grands événements qui remplissent cette première période de l'histoire de l'humanité ! La promesse d'un Rédempteur,
la puissance de la femme divine sur l'antique serpent, l'action des démons sur le monde, les ministères divers des
Anges fidèles, l'histoire du déluge, la ruine des races humaines, les grandes choses qui se déroulent jusqu'à la vocation
d'Abraham,
n'y a-t-il pas là de quoi enrichir l'intelligence d'un enfant, de quoi frapper son imagination et éveiller dans son coeur la crainte, principe de toute sagesse, comme parle l'Esprit-Saint ? (Eccli. I, 16)


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Message par InHocSignoVinces »

Les événements qui ont marqué l'histoire d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Joseph surtout ; la promesse tant de fois
renouvelée du Messie ; les figures et les ombres de ses destinées retracées dans l'histoire des temps patriarcaux ; l'origine,
les progrès de l'idolâtrie, la formation, l'élévation, la chute des premiers empires, n'offrent-ils pas aux leçons historiques
d'une mère des ressources immenses, pour orner la mémoire et développer la raison de sa fille ?


Ne pourra-t-elle pas la familiariser avec l'histoire de Moise et du peuple hébreu ? Celles de Job et de Josué, du livre
des Juges, et des rois de Juda, de Judith, de Tobie et d'Esther, ne lui offriront-elles pas pour sa fille une source de récits
riches de poésie et d'édification ! Et qu'y a-t-il de plus accessible à l'intelligence d'une jeune fille, que l'histoire des faits
évangéliques ?



La vie de Jésus-Christ, celle de Sa divine Mère, les périodes diverses de la sainte enfance ; la vie cachée, la vie
évangélique, souffrante, glorieuse du divin Sauveur, s'emparent avec une merveilleuse facilité de toutes les puissances
de l'âme d'une jeune fille, quand ces ravissantes merveilles lui sont racontées
par une mère remplie de piété et de foi.


Ainsi, Mes Chers Frères rien n'est plus facile que d'introduire dans l'intelligence d'un enfant de huit ou dix ans tous
les faits et toutes les vérités de la Révélation.



Et n'y a-t-il pas dans ce premier enseignement une base pour y élever ensuite l'édifice des connaissances diverses
qui s'y trouvent renfermées, et dont l'acquisition doit former l'esprit d'une jeune personne ?



Les enfants du peuple apprennent ces choses par l’instruction catéchistique qu'ils reçoivent dans les écoles chrétiennes
et dans le temple catholique, où un pasteur zélé les prépare à la première communion. C'est sur ce fondement
divin que s'élèvent les vertus qui, au sein des populations demeurées croyantes, font encore la consolation de l'Eglise.


L'instruction élémentaire, qui comprend la lecture, l'écriture, quelques notions de grammaire et de calcul, de chant,
de dessin linéaire, en y ajoutant pour les jeunes filles les travaux propres à leur sexe, voilà la limite dans laquelle doit se
renfermer pour le bonheur du monde le développement intellectuel et pratique des enfants des classes laborieuses.


L'instruction élémentaire dans les conditions plus élevées devrait être donnée à la jeune fille par sa mère elle-même.
Il serait même à désirer que toute son instruction lui fût donnée à l'ombre du toit domestique et sous l'oeil observateur
d'une mère profondément chrétienne.



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Message par InHocSignoVinces »

Voyons maintenant comment, sur ce premier fondement des vérités catholiques, peut s'organiser pour les jeunes
filles une instruction plus développée, et telle que les exigences plus ou moins raisonnables de l'époque actuelle l'ont
rendue utile ou nécessaire, selon la position, l'état et les devoirs de chaque famille.


Je suppose qu'une jeune fille a été nourrie jusqu'à l'âge de huit ou neuf ans des notions substantielles que l'histoire
des traditions sacrées a, pour ainsi dire, naturalisées dans son esprit, et qui sont devenues l'horizon intellectuel de son
âme. Le moment est venu d'étendre le cercle dans lequel l'activité de son esprit s'est exercé. Or, je dis que les premières
vérités reçues doivent pénétrer de leur sève toutes les parties et toutes les branches de son instruction,
quelque étendue qu'on la conçoive.


Ce serait méconnaître, en effet, l'essence et le but du catholicisme, que de s'imaginer qu'il existe pour la jeune fille et
pour le jeune homme lui-même un enseignement radicalement distinct de l'enseignement religieux, qui seul a présidé
jusque-là au mouvement intellectuel de leur âme.



Car, comme nous l'avons déjà fait observer, la vérité est une ; et le catholicisme embrassant dans ses dogmes,
dans ses lois la vérité totale,
tout développement scientifique qui ne sortirait pas de la vérité catholique serait
un enseignement contraire à la nature et à la foi,
double élément de la vie physique, sociale et religieuse de l'enfant
chrétien.


La science purement naturelle des choses, si elle ne prend son point d'appui, son principe explicateur dans la Révélation,
partira nécessairement d'une théorie erronée, et mettra dans l'intelligence de l'enfant qu'on élève des principes
subversifs de la foi qu'il avait reçue. Si le flambeau de la Révélation n'éclaire de sa vive et pure lumière toutes les
branches de son instruction, son esprit perdra bientôt ses idées premières pour entrer dans l'horizon d'une fausse
science ; et le doute et le mal ne tarderont pas à corrompre ces eaux rafraîchissantes qui avaient jusque-là désaltéré
sa jeune âme.



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Re: SUR L'EDUCATION DES FILLES - ABBÉ COMBALOT

Message par InHocSignoVinces »

Voulez-vous donner à l'intelligence de la jeune fille une puissance d'unité, une force logique, une grande rectitude
de jugement
(chose si rare chez les femmes !) faites sortir toutes les connaissances qu'elle doit acquérir de
l'élément révélé déposé dans son âme par l'éducation de sa première enfance. Initiez-la par une notion plus approfondie
des dogmes catholiques à la science de Dieu et des choses.



Rattachez aux vérités catholiques tout ce qu'elle devra savoir dans l'ordre des faits purement scientifiques ;
que ses études d'histoire naturelle, de géographie, soient toujours en harmonie avec les faits révélés.


Organisez l'histoire des nations et des sociétés d'après les données de l'histoire sainte, fil mystérieux qui
seul pourra la mener à travers les obscurs sentiers du dédale de l'histoire de l'ancien monde.


Qu'elle étudie l'histoire moderne dans l'histoire et par l'histoire de l'Eglise, sans laquelle elle sera toujours
un problème sans solution.


Qu'elle apprenne dans l'histoire de l'Eglise de quelles calamités les hérésies et les schismes ont inondé la
terre ; qu'elle soit familiarisée avec l'histoire des erreurs et des révolutions dont le protestantisme et l'incrédulité
ont été la cause.



Que l'art chrétien imprime dans son imagination et surtout dans son coeur ses naïves et pures images. Arrachez-la à l'admiration funeste de cette poésie sensuelle et corruptrice qui inspira les artistes et les poètes de
l'antiquité païenne, et qu'ont renouvelée parmi nous les peintres, les sculpteurs, les poètes de la renaissance,
ces grands corrupteurs des nations modernes.


Ne laissez jamais pénétrer dans son âme des notions anticatholiques en histoire, en littérature, en poésie, en
morale.
Que le catholicisme lui apparaisse toujours comme l'élément générateur du vrai, du beau, du juste, de
l'utile et du saint.
Qu'elle comprenne avec une sorte d'intuition que là où le catholicisme ne règne point encore,
ou ne règne plus, l'oeil effrayé rencontrera toujours le mal, l'égoïsme et l'erreur.



Si l'instruction des filles repose sur les principes dont nous parlons, elles y trouveront toutes les richesses de l'imagination,
tous les éléments de la force, de la rectitude du jugement, tous les germes de la vie morale, toutes les magnificences
de la vie chrétienne.



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Re: SUR L'EDUCATION DES FILLES - ABBÉ COMBALOT

Message par InHocSignoVinces »

«La piété, dit saint Paul (I Thim., IV, 8), est utile à tout ; elle a Ies promesses de la vie présente et celles de la vie future».
Et il n'y a qu'un esprit faux qui puisse s'étonner d'entendre dire que la science la plus profonde et la plus étendue
ne peut s'élever que sur les bases et qu'au flambeau de la Révélation.



Les vérités que le catholicisme dépose dans l'âme d'un enfant sont les mêmes que celles qui immortalisèrent Origène,
saint Augustin, saint Thomas d'Aquin et Bossuet.



Ces sublimes intelligences ont connu plus de la vérité, mais n'ont pas connu d'autres vérités que l'enfant catholique,
qui ne sait encore que les éléments du catéchisme.



Leibnitz a dit qu'on réformerait le monde, si on réformait l'éducation. J'ose ajouter qu'on le réformerait promptement,
si on réformait l'éducation des filles, parce que
l'arbre social a ses racines les plus profondes au coeur de la femme
chrétienne.



La femme régénérée par la grâce peut tout au sein de nos sociétés. Si donc les jeunes filles de la classe opulente, en Europe, étaient nourries des enseignements et des doctrines du catholicisme, d'après les idées que nous venons
d'exposer, l'Europe ne tarderait pas à rentrer dans les voies d'où les théories païennes, protestantes, sceptiques et
incrédules l'ont fait sortir, et dans lesquelles elles s'efforcent de la faire marcher pour le malheur du monde.



Il est triste de le dire; mais l'éducation des filles, au point de vue scientifique, le seul qui nous occupe en ce moment,
repose sur des théories, et se développe sur des bases plus ou moins hostiles au principe fondamental et aux enseignements
du catholicisme.



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