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Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : jeu. 04 déc. 2025 14:43
par chartreux
Dans une de ses vidéos , l'abbé Pagès fait une allusion historique rapide à une déclaration faite par le clergé français concernant la laïcité :
Abbé Pagès, 11min 8s a écrit : Au sortir de la seconde guerre mondiale, l'assemblée des évêques et cardinaux de France, tout en affirmant que seule l'Église Catholique est source de vérité, admit la laïcité, je cite, "comme souveraine autonomie de l'État"
Est-ce que l'on peut trouver le texte de cette déclaration (ou à défaut, quelques renseignements précis dessus) sur Internet ?

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : jeu. 04 déc. 2025 18:40
par micael
Avis aux futurs visiteurs de ce fil : le texte de la déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société du 13 novembre 1945, initialement mis ici, a été déplacé dans le sous-forum "Documents" .

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : ven. 05 déc. 2025 8:55
par chartreux
Je vous remercie de reproduire ce texte ici, cher SiVis.

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : dim. 21 déc. 2025 20:29
par JCL
C'est vraiment ça la doctrine sociale de l'Eglise ? ...

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : dim. 21 déc. 2025 21:35
par Si vis pacem
 
JCL a écrit : dim. 21 déc. 2025 20:29 
C'est vraiment ça la doctrine sociale de l'Eglise ? ...
 
« Ça » ... Quoi « ça » ?
 

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : mar. 23 déc. 2025 13:49
par JCL
Ce qui est exposé dans ces textes , les droits les droits les droits, la personne la personne la personne, l'état sans union avec l'Eglise ,indépendance réciproque, la "démocratie" (de 1945 ) -bien sur je sais que le mode de gouvernement démocratique selon certaines conditions peut etre bénie, mais "la république" en 1945 ...??? j'interprète peut etre mal mais je trouve que ça "sonne" très pré-vatican II non ? avec du ni ni pour ménager la chèvre et le choux qui me semble plutôt du "en meme temps", "pas individualiste ni totalitaire ",mais pas catholique non plus ?... d'esprit libérale personnaliste et "américaniste", tout de meme un peu non ?
Et pouvait on croire qu'une telle cohabitation état Eglise puisse finir autrement que par l'inféodation spirituelle de l'Eglise jusqu'à l'apostasie et le role de voiture balaie de la démocratie(" chrétienne") liberale, socialiste, mondiale et parfaitement totalitaire pour fnir ?
Je dis mon impression, j'ai peut etre rien compris , ça dépasse peut etre mes capacités, justement ça m'intéresse qu'on me dise si c'est moi qui interpète mal ?
(Prendre quelques bouts d'encycliques ,cités par ses évêques ,me semble pouvoir n'etre qu'une tentative de légitimation forçant le texte ?) ???

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : mer. 24 déc. 2025 14:23
par Charité de la Vérité
Cette déclaration de l'Episcopat français étant un document d'assez grand interêt en soi, la modération a décidé de déplacer le texte de la déclaration vers le sous-forum "Documents" .

Nous demandons donc à Si vis pacem de mettre le reste du document à l'endroit mis en lien ci-dessus, et à tous les commentateurs de continuer à mettre leurs commentaires ici. Merci à tous.

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : sam. 03 janv. 2026 11:06
par Si vis pacem
 
JCL a écrit : mar. 23 déc. 2025 13:49 
Ce qui est exposé dans ces textes, les droits les droits les droits, la personne la personne la personne, l'état sans union avec l'Église, indépendance réciproque, la "démocratie" (de 1945) - bien sur je sais que le mode de gouvernement démocratique selon certaines conditions peut être bénie, mais "la république" en 1945 ... ??? j'interprète peut être mal mais je trouve que ça "sonne" très pré-vatican II non ? avec du ni ni pour ménager la chèvre et le choux qui me semble plutôt du "en même temps", "pas individualiste ni totalitaire", mais pas catholique non plus … ? d'esprit libérale personnaliste et "américaniste", tout de même un peu non ?
Et pouvait on croire qu'une telle cohabitation État-Église puisse finir autrement que par l'inféodation spirituelle de l’Église jusqu'à l'apostasie et le rôle de voiture balai de la démocratie ("chrétienne") libérale, socialiste, mondiale et parfaitement totalitaire pour finir ?
Je dis mon impression, j'ai peut être rien compris, ça dépasse peut être mes capacités, justement ça m'intéresse qu'on me dise si c'est moi qui interprète mal ?
(Prendre quelques bouts d'encycliques, cités par ces évêques, me semble pouvoir n'être qu'une tentative de légitimation forçant le texte ?) ???
 
Évidemment, en lisant ce document sorti de son contexte pourtant rappelé en introduction, il semble facile d’agiter des lieux communs régulièrement repris pour exprimer la déliquescence de la société chrétienne ; il semble cependant nécessaire de tenir compte des circonstances notamment historique et politique qui ont suscité cette déclaration afin d’appréhender la portée réelle de ce texte.

Cela rappelé, nous pouvons toujours, avec le recul et au vu de la situation présente, porter un jugement sévère sur la décatholicisation de la société française en particulier. Celle-ci ayant pour but final l’apostasie générale, elle fut voulue et menée de manière ordonnée et systématique bien avant même la Révolution ... Le Diable est fort, et le mystère d’iniquité toujours à l’œuvre et chacun à notre niveau, facilement oublieux de nos fins dernières tant que nous ne sommes pas confrontés à l’évidence, nous y contribuons un peu :
Saint Pie X – Discours en réponse à Mgr Touchet. 13 décembre 1908. Questions actuelles, tome C, pp. 5-6 a écrit : 
Que l'on n'exagère pas les difficultés quand il s'agit de pratiquer tout ce que la foi nous impose pour accomplir nos devoirs, pour exercer le fructueux apostolat de l'exemple que le Seigneur attend de chacun de nous : Unicuique mandavit de proximo suo. Les difficultés viennent de qui les crée et les exagère, de qui se confie en lui-même et non sur les secours du ciel, de qui cède, lâchement intimidé par les railleries et les dérisions du monde : par où il faut conclure que, de nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais, c'est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens.
 
 
à suivre ...
 

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : lun. 05 janv. 2026 15:11
par Si vis pacem
 
Quoiqu’il en soit, la mise en ligne de ce document vient d’une question concernant la laïcité en tant que souveraine autonomie de l’État. Cela amène nécessairement la question des rapports des deux puissances que nous rappelle Léon XIII dans Immortale Dei
Léon XIII – Encyclique Immortale Dei (1° novembre 1885) a écrit : 
... Dieu a divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine ; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial. Il y a donc comme une sphère circonscrite, dans laquelle chacune exerce son action jure proprio ...

Il est donc nécessaire qu'il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné, non sans analogie avec celui qui, dans l'homme, constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces rapports qu'en considérant, comme Nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l'une a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, et l'autre de procurer les biens célestes et éternels. Ainsi, tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l’Église. Quant aux autres choses qu'embrasse l'ordre civil et politique, il est juste qu'elles soient soumises à l'autorité civile, puisque Jésus-Christ a commandé de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ...
 
 
à suivre ...
 

Re: Question sur le clergé français et la laïcité

Publié : mar. 06 janv. 2026 16:31
par Si vis pacem
 
Dès lors, n’est-ce pas regarder le problème par le petit bout de la lorgnette que de s’arrêter aux seules questions des droits et des personnes sans envisager d’abord et avant tout le système de rapports dont nous parle ici Léon XIII ? C’est ce système de rapports qu’envisage in fine ce document à savoir le statut constitutionnel de l'Église dans l'État ; en effet, sans ce statut constitutionnel, quelle autorité réelle aurait l’Église face à l’État ?

Ceci étant, qui ne connaît les vicissitudes de ces rapports État/Église au cours des 150 ans précédents ce texte ? Sans en rappeler toutes les étapes, tenons-nous en au résultat que nous livre Jacqueline Lalouette :
Jacqueline Lalouette - La Séparation des Églises et de l’État. Genèse et développement d'une idée (1789-1905) a écrit : 
En 1905, les républicains pouvaient estimer que le processus qu’avait prévu et espéré Paul Bert était accompli, qu’en un quart de siècle la laïcisation, celle de l’école notamment, avait produit les effets attendus et que l’on pouvait dorénavant se tourner vers la séparation, sans craindre les troubles qu’avait tant redoutés la génération opportuniste des années 1880. Il conviendrait d’ailleurs d’approfondir les liens existant entre laïcisation et sécularisation. On peut supposer qu’il s’agit de deux phénomènes qui s’étayent l’un l’autre : un pays laïcisé ne va-t-il pas, par la force des choses, se séculariser toujours plus, au rythme des effets du retrait de la religion des différents domaines publics ? À l’inverse, un pays sécularisé ne va-t-il pas aller vers une laïcisation toujours plus accrue, grâce à des lois, des institutions qui seront toujours plus en harmonie avec une société d’où le religieux se retire toujours davantage ?
 
 
à suivre ...