Il est entendu que la foi n'est pas contraire à la raison, et que avec les bons outils logiques , les bons concepts et valeurs, les bons éclairages informatifs ont peut aller très loin dans les preuves et démonstrations ,objectivement.
Mais la foi ne serait pas la foi si elle ne comportait pas une part d'obscurité sans laquelle elle serait une pure et simple science quasi naturelle, et en pratique tout le monde n'est pas en état d'instruction, ,de capacité intellectuelle ou psychologique de bien comprendre les preuves et de plus la raison à un certain point est non pas contredite mais dépassée par la théologie, en divers points, et meme dans des notions naturelles et logiques ,comme l'impossibilité à la fois de concevoir des limites à l'espace temps et de les concevoir infinis ,sous divers aspects...
Et dans la vie réelle poser des actes de foi ,pour certaines personnes en tout cas, n'est pas évident, entre crainte de fidéisme et d'illusion et paralysie d' action, perplexité ,attendre des études dont on se sent incapable pour faire un choix... dans quelle mesure en pratique, l'apologétique doit précéder les actes de foi ,ou bien trop vouloir "voir"(avec l'intelligence, sa propre intelligence plus ou moins saine et cultivée...) empêche d'avancer ...tout éclairage de cette question bienvenues, merci.
Actes de foi et science de ce qu'on croit...
Re: Actes de foi et science de ce qu'on croit...
On pourrait répondre un peu vite, que la foi repose sur les deux ,comme on marche sur deux jambes, foi et raison, mais il faut bien avancer un pieds devant l'autre, c'est là la difficulté dont j'essaie de parler.
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Si vis pacem
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Re: Actes de foi et science de ce qu'on croit...
Quel galimatias !JCL a écrit : mer. 08 avr. 2026 14:03
Il est entendu que la foi n'est pas contraire à la raison, et que avec les bons outils logiques , les bons concepts et valeurs, les bons éclairages informatifs ont peut aller très loin dans les preuves et démonstrations ,objectivement.
Mais la foi ne serait pas la foi si elle ne comportait pas une part d'obscurité sans laquelle elle serait une pure et simple science quasi naturelle, et en pratique tout le monde n'est pas en état d'instruction, ,de capacité intellectuelle ou psychologique de bien comprendre les preuves et de plus la raison à un certain point est non pas contredite mais dépassée par la théologie, en divers points, et meme dans des notions naturelles et logiques ,comme l'impossibilité à la fois de concevoir des limites à l'espace temps et de les concevoir infinis ,sous divers aspects...
Et dans la vie réelle poser des actes de foi ,pour certaines personnes en tout cas, n'est pas évident, entre crainte de fidéisme et d'illusion et paralysie d' action, perplexité ,attendre des études dont on se sent incapable pour faire un choix... dans quelle mesure en pratique, l'apologétique doit précéder les actes de foi ,ou bien trop vouloir "voir"(avec l'intelligence, sa propre intelligence plus ou moins saine et cultivée...) empêche d'avancer ...tout éclairage de cette question bienvenues, merci.
Pourriez-vous faire l'effort de suivre les conseils que l'on vous prodigue ? :
Sinon, à quoi sert-il que l'on se force à vous répondre ?Si vis pacem a écrit : mar. 29 janv. 2019 22:35
... Puis-je vous donner un conseil ?
Prenez le temps de bien déterminer le problème qui se pose à vous puis énoncez-le clairement et de manière ordonnée.
Plus simplement, rappelez-vous l'enseignement de Boileau :Boileau - Art poétique, chant I a écrit :
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d’écrire apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément
Re: Actes de foi et science de ce qu'on croit...
Pourriez-vous nous détailler un exemple précis d'acte de foi que vous craignez de poser pour toutes ces raisons ?JCL a écrit : mer. 08 avr. 2026 14:03 Et dans la vie réelle poser des actes de foi ,pour certaines personnes en tout cas, n'est pas évident, entre crainte de fidéisme et d'illusion et paralysie d' action, perplexité ,attendre des études dont on se sent incapable
Re: Actes de foi et science de ce qu'on croit...
Finalement je pense que effectivement ce n'est pas le lieu ni la manière adéquat pour exposer ce que j'ai cherché à dire sans trop en dire, cela relève je pense plutôt de la direction spirituelle personnelle, du confesseur , l'examen de conscience, recherches personnelles...donc pas d'un forum, et excusez donc une fois de plus de chercher une réponse "solution de facilité" sans me donner la peine de mieux définir, cerner, formuler ,préciser...
Je fais tout de meme une réserve sur cette idée souvent citée selon laquelle de ce qui se conçoit bien s'exprime clairement et tout ce qui va avec ce reproche, car il me semble que l'on progresse souvent d'une compréhension obscure ,mais juste, vers le "clairement" en exprimant cette compréhension obscure, comme poser des "questions idiotes" peut permettre de lever un grand bout de voile...mais bien sur il ne faut pas prétendre écrire un livre ,faire un exposé, une leçon, un discours ou un article si on en est que là.
Du moins , pour m'expliquer un peu, éclairer, quand meme, le sens le plus général de ma question, (sans demander de réponse), je vais partager un texte que je crois très riche et finirai là cette maladroite et confuse intervention.
https://www.bibliotheque-monastique.ch/ ... 01/015.htm
DIMANCHE DE QUASIMODO (L'Année liturgique de Dom Gueranger)
"......
.....C'est le grand enseignement du Dimanche de l'Octave de Pâques; il importe de ne le pas négliger ; car il nous révèle, plus que tout autre le véritable sens du christianisme; il nous éclaire sur la cause de nos impuissances, sur le remède de nos langueurs.
Jésus dit à Thomas : « Tu as cru, parce que tu as vu; heureux ceux qui n'ont pas vu et qui néanmoins ont cru ! » Paroles remplies d'une divine autorité, conseil salutaire donné non seulement à Thomas, mais à tous les hommes qui veulent entrer en rapport avec Dieu et sauver leurs âmes
Que voulait donc Jésus de son disciple ? Ne venait-il pas de l'entendre confesser la foi dont il était désormais pénétré? Thomas, d'ailleurs, était-il si coupable d'avoir désiré l'expérience personnelle, avant de donner son adhésion au plus étonnant des prodiges? Etait-il tenu de s'en rapportera Pierre et aux autres, au point d'avoir à craindre de manquer à son Maître, en ne déférant pas à leur témoignage?
Ne faisait-il pas preuve de prudence en suspendant sa conviction, jusqu'à ce que d'autres arguments lui eussent révélé à lui-même que le fait était tel que ses frères le lui racontaient ? Oui, Thomas était un homme sage, un homme prudent, qui ne se confiait pas outre mesure ; il était digne de servir de modèle à beaucoup de chrétiens qui jugent et raisonnent comme lui dans les choses de la foi. Cependant, combien est accablant, dans sa douceur si pénétrante, le reproche de Jésus ! Il a daigné se prêter, avec une condescendance inexplicable, à l'insolente vérification que Thomas avait osé demander ; maintenant que le disciple tremble devant le divin ressuscite, et qu'il s'écrie dans l'émotion la plus sincère: « Oh! vous êtes bien mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus ne lui fait pas grâce de la leçon qu'il avait méritée. Il faut un châtiment à cette hardiesse, à cette incrédulité; et ce châtiment consisterai s'entendredire :
« Tu as cru, Thomas, parce que tu as vu. »
Mais Thomas était-il donc obligé de croire avant d'avoir vu?— Et qui peut en douter ? Non seulement Thomas, mais tous les Apôtres étaient tenus de croire à la résurrection de leur maître, avant même qu'il se fût montré à eux.
N'avaient-ils pas vécu trois années dans sa compagnie ?
Ne l'avaient-ils pas vu confirmer par les plus divins prodiges sa qualité de Messie et de Fils de Dieu ?
Ne leur avait-il pas annoncé sa résurrection pour le troisième jour après sa mort? lu quant aux humiliations et aux douleurs de sa Passion, ne leur avait-il pas dit, peu de temps auparavant, sur la route de Jérusalem, qu'il allait être saisi par les Juifs qui le livreraient aux gentils; qu'il serait flagellé, couvert de crachats et mis à mort ? (Luc, XVIII, 32, 33.)
Des cœurs droits et disposés à la foi n'auraient eu aucune peine à se rendre, dès le premier bruit de la disparition du corps. Jean ne fit qu'entrer dans le sépulcre, que voir les linceuls, et aussitôt il comprit tout et commença à croire.
Mais l'homme est rarement aussi sincère; il s'arrête sur le chemin, comme s'il voulait obliger Dieu à faire de nouvelles avances. Ces avances, Jésus daigna les faire. Il se montra à Madeleine et à ses compagnes qui n'étaient pas incrédules, mais seulement distraites par l'exaltation d'un amour trop naturel. Au jugement des Apôtres, leur témoignage n'était que le langage de quelques femmes que l'imagination avait égarées. Il fallut que Jésus vînt en personne se montrer à ces hommes rebelles, à qui leur orgueil faisait perdre la mémoire de tout un passé qui eût suffi à lui seul pour les éclairer sur le présent.
Nous disons leur orgueil car la foi n'a pas d'autre obstacle que ce vice. Si l'homme était humble, il s'élèverait jusqu'à la foi qui transporte les montagnes.
Or Thomas a entendu Madeleine, et il a dédaigne son témoignage ; il a entendu Pierre, et il a décliné son autorité; il a entendu ses autres frères et les disciples d'Emmaüs, et rien de tout cela ne l'a dépris de sa raison personnelle. La parole d'autrui qui, lorsqu'elle est grave et désintéressée, produit la certitude dans un esprit sensé, n'a plus cette efficacité chez beaucoup de gens, dès qu'elle a pour objet d'attester le surnaturel.
C'est là une profonde plaie de notre nature lésée par le péché. Trop souvent nous voudrions, comme Thomas, avoir expérimenté nous-mêmes; et il n'en faut pas davantage pour nous priver de la plénitude de la lumière.
Nous nous consolons comme Thomas parce que nous sommes toujours du nombre des disciples ; car cet Apôtre n'avait pas rompu avec ses frères; seulement il n'entrait pas en part de leur bonheur. Ce bonheur, dont il était témoin, ne réveillait en lui que l'idée de faiblesse ; et il se savait un certain gré de ne le pas partager.
Tel est de nos jours encore le chrétien entaché de rationalisme. Il croit, mais c'est parce que sa raison lui fait comme une nécessité de croire; c'est de l'esprit et non du cœur qu'il croit. Sa loi est une conclusion scientifique, et non une aspiration vers Dieu et la vérité surnaturelle.
Aussi cette foi, comme elle est froide et impuissante! comme elle est restreinte et embarrassée ! comme elle craint de s'avancer, en croyant trop !
A la voir se contenter si aisément de vérités diminuées (Ps. XI), pesées dans la balance de la raison, au lieu de voler à pleines ailes comme la foi des saints, on dirait qu'elle est honteuse d'elle-même. Elle parle bas, elle craint
de se compromettre ; quand elle se montre, c'est sous le couvert d'idées humaines qui lui servent de passeport. Ce n'est pas elle qui s'exposera à un affront pour des miracles qu'elle juge inutiles, et qu'elle n'eût jamais conseillé à Dieu d'opérer. Dans le passé comme dans le présent, le merveilleux l'effraie ; n'a-t-elle pas eu déjà assez d'effort à faire pour admettre celui dont l'acceptation lui est strictement nécessaire? La vie des saints, leurs vertus héroïques, leurs sacrifices sublimes, tout cela l'inquiète. L'action du christianisme dans la société, dans la législation, lui semble léser les droits de ceux qui ne croient pas ; elle entend réserver la liberté de l'erreur et la liberté du mal; et elle ne s'aperçoit même pas que la marche du monde est entravée depuis que Jésus-Christ n'est plus Roi sur la terre.
Or c'est pour ceux dont la foi est si faible et si près du rationalisme, que Jésus ajoute aux paroles de reproche qu'il adressa à Thomas, cette sentence qui ne le regardait pas seul, mais qui avait en vue tous les hommes et tous les siècles : « Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! » Thomas pécha, pour n'avoir pas eu la disposition à croire.
Nous nous exposons à pécher comme lui, si nous n'entretenons pas dans notre foi cette expansion qui la mêlerait à tout, et lui ferait faire ce progrès que Dieu récompense par des flots de lumière et de joie au cœur.
Une fois entrés dans l'Eglise, le devoir pour nous est de considérer désormais toute chose au point de vue surnaturel; et ne craignons pas que ce point de vue, réglé par les enseignements de l'autorité sacrée, nous entraîne trop loin. « Le juste vit de la foi » (Rom. I, 17) ; c'est sa nourriture continuelle. La vie naturelle est transformée en lui pour jamais, s'il demeure fidèle à son baptême.
Je fais tout de meme une réserve sur cette idée souvent citée selon laquelle de ce qui se conçoit bien s'exprime clairement et tout ce qui va avec ce reproche, car il me semble que l'on progresse souvent d'une compréhension obscure ,mais juste, vers le "clairement" en exprimant cette compréhension obscure, comme poser des "questions idiotes" peut permettre de lever un grand bout de voile...mais bien sur il ne faut pas prétendre écrire un livre ,faire un exposé, une leçon, un discours ou un article si on en est que là.
Du moins , pour m'expliquer un peu, éclairer, quand meme, le sens le plus général de ma question, (sans demander de réponse), je vais partager un texte que je crois très riche et finirai là cette maladroite et confuse intervention.
https://www.bibliotheque-monastique.ch/ ... 01/015.htm
DIMANCHE DE QUASIMODO (L'Année liturgique de Dom Gueranger)
"......
.....C'est le grand enseignement du Dimanche de l'Octave de Pâques; il importe de ne le pas négliger ; car il nous révèle, plus que tout autre le véritable sens du christianisme; il nous éclaire sur la cause de nos impuissances, sur le remède de nos langueurs.
Jésus dit à Thomas : « Tu as cru, parce que tu as vu; heureux ceux qui n'ont pas vu et qui néanmoins ont cru ! » Paroles remplies d'une divine autorité, conseil salutaire donné non seulement à Thomas, mais à tous les hommes qui veulent entrer en rapport avec Dieu et sauver leurs âmes
Que voulait donc Jésus de son disciple ? Ne venait-il pas de l'entendre confesser la foi dont il était désormais pénétré? Thomas, d'ailleurs, était-il si coupable d'avoir désiré l'expérience personnelle, avant de donner son adhésion au plus étonnant des prodiges? Etait-il tenu de s'en rapportera Pierre et aux autres, au point d'avoir à craindre de manquer à son Maître, en ne déférant pas à leur témoignage?
Ne faisait-il pas preuve de prudence en suspendant sa conviction, jusqu'à ce que d'autres arguments lui eussent révélé à lui-même que le fait était tel que ses frères le lui racontaient ? Oui, Thomas était un homme sage, un homme prudent, qui ne se confiait pas outre mesure ; il était digne de servir de modèle à beaucoup de chrétiens qui jugent et raisonnent comme lui dans les choses de la foi. Cependant, combien est accablant, dans sa douceur si pénétrante, le reproche de Jésus ! Il a daigné se prêter, avec une condescendance inexplicable, à l'insolente vérification que Thomas avait osé demander ; maintenant que le disciple tremble devant le divin ressuscite, et qu'il s'écrie dans l'émotion la plus sincère: « Oh! vous êtes bien mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus ne lui fait pas grâce de la leçon qu'il avait méritée. Il faut un châtiment à cette hardiesse, à cette incrédulité; et ce châtiment consisterai s'entendredire :
« Tu as cru, Thomas, parce que tu as vu. »
Mais Thomas était-il donc obligé de croire avant d'avoir vu?— Et qui peut en douter ? Non seulement Thomas, mais tous les Apôtres étaient tenus de croire à la résurrection de leur maître, avant même qu'il se fût montré à eux.
N'avaient-ils pas vécu trois années dans sa compagnie ?
Ne l'avaient-ils pas vu confirmer par les plus divins prodiges sa qualité de Messie et de Fils de Dieu ?
Ne leur avait-il pas annoncé sa résurrection pour le troisième jour après sa mort? lu quant aux humiliations et aux douleurs de sa Passion, ne leur avait-il pas dit, peu de temps auparavant, sur la route de Jérusalem, qu'il allait être saisi par les Juifs qui le livreraient aux gentils; qu'il serait flagellé, couvert de crachats et mis à mort ? (Luc, XVIII, 32, 33.)
Des cœurs droits et disposés à la foi n'auraient eu aucune peine à se rendre, dès le premier bruit de la disparition du corps. Jean ne fit qu'entrer dans le sépulcre, que voir les linceuls, et aussitôt il comprit tout et commença à croire.
Mais l'homme est rarement aussi sincère; il s'arrête sur le chemin, comme s'il voulait obliger Dieu à faire de nouvelles avances. Ces avances, Jésus daigna les faire. Il se montra à Madeleine et à ses compagnes qui n'étaient pas incrédules, mais seulement distraites par l'exaltation d'un amour trop naturel. Au jugement des Apôtres, leur témoignage n'était que le langage de quelques femmes que l'imagination avait égarées. Il fallut que Jésus vînt en personne se montrer à ces hommes rebelles, à qui leur orgueil faisait perdre la mémoire de tout un passé qui eût suffi à lui seul pour les éclairer sur le présent.
Nous disons leur orgueil car la foi n'a pas d'autre obstacle que ce vice. Si l'homme était humble, il s'élèverait jusqu'à la foi qui transporte les montagnes.
Or Thomas a entendu Madeleine, et il a dédaigne son témoignage ; il a entendu Pierre, et il a décliné son autorité; il a entendu ses autres frères et les disciples d'Emmaüs, et rien de tout cela ne l'a dépris de sa raison personnelle. La parole d'autrui qui, lorsqu'elle est grave et désintéressée, produit la certitude dans un esprit sensé, n'a plus cette efficacité chez beaucoup de gens, dès qu'elle a pour objet d'attester le surnaturel.
C'est là une profonde plaie de notre nature lésée par le péché. Trop souvent nous voudrions, comme Thomas, avoir expérimenté nous-mêmes; et il n'en faut pas davantage pour nous priver de la plénitude de la lumière.
Nous nous consolons comme Thomas parce que nous sommes toujours du nombre des disciples ; car cet Apôtre n'avait pas rompu avec ses frères; seulement il n'entrait pas en part de leur bonheur. Ce bonheur, dont il était témoin, ne réveillait en lui que l'idée de faiblesse ; et il se savait un certain gré de ne le pas partager.
Tel est de nos jours encore le chrétien entaché de rationalisme. Il croit, mais c'est parce que sa raison lui fait comme une nécessité de croire; c'est de l'esprit et non du cœur qu'il croit. Sa loi est une conclusion scientifique, et non une aspiration vers Dieu et la vérité surnaturelle.
Aussi cette foi, comme elle est froide et impuissante! comme elle est restreinte et embarrassée ! comme elle craint de s'avancer, en croyant trop !
A la voir se contenter si aisément de vérités diminuées (Ps. XI), pesées dans la balance de la raison, au lieu de voler à pleines ailes comme la foi des saints, on dirait qu'elle est honteuse d'elle-même. Elle parle bas, elle craint
de se compromettre ; quand elle se montre, c'est sous le couvert d'idées humaines qui lui servent de passeport. Ce n'est pas elle qui s'exposera à un affront pour des miracles qu'elle juge inutiles, et qu'elle n'eût jamais conseillé à Dieu d'opérer. Dans le passé comme dans le présent, le merveilleux l'effraie ; n'a-t-elle pas eu déjà assez d'effort à faire pour admettre celui dont l'acceptation lui est strictement nécessaire? La vie des saints, leurs vertus héroïques, leurs sacrifices sublimes, tout cela l'inquiète. L'action du christianisme dans la société, dans la législation, lui semble léser les droits de ceux qui ne croient pas ; elle entend réserver la liberté de l'erreur et la liberté du mal; et elle ne s'aperçoit même pas que la marche du monde est entravée depuis que Jésus-Christ n'est plus Roi sur la terre.
Or c'est pour ceux dont la foi est si faible et si près du rationalisme, que Jésus ajoute aux paroles de reproche qu'il adressa à Thomas, cette sentence qui ne le regardait pas seul, mais qui avait en vue tous les hommes et tous les siècles : « Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! » Thomas pécha, pour n'avoir pas eu la disposition à croire.
Nous nous exposons à pécher comme lui, si nous n'entretenons pas dans notre foi cette expansion qui la mêlerait à tout, et lui ferait faire ce progrès que Dieu récompense par des flots de lumière et de joie au cœur.
Une fois entrés dans l'Eglise, le devoir pour nous est de considérer désormais toute chose au point de vue surnaturel; et ne craignons pas que ce point de vue, réglé par les enseignements de l'autorité sacrée, nous entraîne trop loin. « Le juste vit de la foi » (Rom. I, 17) ; c'est sa nourriture continuelle. La vie naturelle est transformée en lui pour jamais, s'il demeure fidèle à son baptême.
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