Question sur II Machabbées, 14:42-46
Publié : mer. 09 mai 2018 12:54
JCL a écrit : mar. 08 mai 2018 11:43
Dans un passage des Macchabées il semble qu'un suicide d'un bon prêtre pour échapper à une tentative de corruption soit approuvé.
Vincent Reynouard parle de cela sur son site :II Machabées, 14:41-46 a écrit : 41 urbis autem inruere domum eius et ianuam disrumpere atque ignem admovere cupientibus cum iam conprehenderetur gladio se petit 42 eligens nobiliter mori potius quam subditus fieri peccatoribus et contra natales suos indignis iniuriis agi 43 sed cum per festinationem non certo ictu plagam dedisset et turbae intra ostia inrumperent recurrens audenter ad murum praecipitavit semet ipsum viriliter in turbas 44 quibus velociter locum dantibus casui eius venit per mediam cervicem 45 et cum adhuc spiraret accensis animis surrexit cum et sanguis eius magno fluxu deflueret saucius cursu turbam pertransiit 46 et stans super petram quandam praeruptam et iam exsanguis effectus conplexus intestina sua utrisque manibus proiecit super turbas invocans Dominatorem vitae ac spiritus ut haec illi iterum redderet atque ita vita defunctus est
Mais, tandis que ces troupes s’efforçaient d’envahir sa maison, d’en briser la porte et d’y mettre le feu, comme il était sur le point d’être saisi, il se frappa de son épée, 42aimant mieux mourir noblement que d’être assujetti aux pécheurs, et de souffrir des outrages indignes de sa naissance. 43Mais comme, dans sa précipitation, il ne s’était pas donné un coup assuré, et comme les troupes s’élançaient par les portes, il courut hardiment vers la muraille, et se précipita lui-même courageusement sur les soldats (la foule) ; 44ceux-ci s’étant promptement écartés pour n’être pas accablés de sa chute, il tomba la tête la première. 45Et comme il respirait encore, enflammé de courage, il se releva ; et quoique son sang coulât à grands flots et qu’il fût couvert de blessures très graves, il traversa la foule en courant ; 46et se tenant sur une pierre escarpée, ayant déjà perdu tout son sang, il saisit ses entrailles et les jeta de ses deux mains sur les troupes, invoquant le Dominateur de la vie et de l’âme, afin qu’il les lui rendît un jour ; et c’est ainsi qu’il perdit la vie.
Toutes précisions bienvenues.Fin 1946, quelqu’un posa la question suivante à la revue doctrinale l’Ami du Clergé : "Quelle aurait dû être, sous l’Occupation, la conduite des aumôniers chargés de confesser des prisonniers de la Gestapo dont on pouvait penser qu’ils projetaient de se suicider « parce qu’ils redoutaient de livrer, sous les tortures, les noms de leurs amis de la Résistance ».
Sachant que ces personnes agissaient pour des raisons de charité (éviter que d’autres ne se fassent appréhender) et qu’elles estimaient le suicide permis dans ces cas extrêmes, donc qu’elles n’avaient pas « pleine connaissance » du mal qu’elles allaient accomplir, fallait-il « les laisser dans leur bonne foi » ou, au contraire, les interroger sur leurs intention et, en cas de volonté de suicide, les en détourner en leur disant que c’était un péché mortel ?
Dans sa réponse, L’Ami.. admettait tout d’abord que même si « l’immoralité du suicide [était] de droit naturel » (donc que tout homme en est conscient, et surtout un chrétien), cette immoralité pouvait cependant être méconnue, au moins quand un sentiment louable pouvait paraître justifier le suicide. En guise d’exemple, l’auteur citait l’Ancien Testament qui racontait le « suicide dramatique » de Razias : sur le point d’être capturé par ses adversaires, cet ancien de Jérusalem avait mis fin à ses jours, « aimant mieux mourir noblement que de tomber entre des mains criminelles et de subir les outrages indignes de sa propre noblesse » (II-Machabées, XIV, 42-46).
L’Ami.. en concluait ceci : face à une personne estimant que le suicide pouvait être autorisé (voire même obligé) dans des cas extrêmes, l’aumônier pouvait, devait même se taire. Car on avait alors « de sérieuses raisons de craindre qu’une mise au point de sa part n’aboutisse pas à empêcher le suicide et ne serve qu’à troubler dangereusement la bonne foi » du prisonnier, rendant ainsi le péché qu’il allait commettre formellement mortel (puisque la « pleine connaissance » serait alors une réalité).
Cette réponse apporte la preuve qu’un suicide ne mène pas forcément en enfer. (Source : L’Ami du Clergé, 2 janvier 1947, pp. 189-90.)