Louis Mc Duff a écrit : mer. 27 juin 2018 15:40
Bonjour Si vis pacem
Dans le
lien suivant d’un livre de l’abbé Vacandard, je m’explique mal l’opposition qu’il semble y avoir entre la position de saint Raymond de Pennafort et saint Thomas d’Aquin et le commentaire qu’en fait l’abbé Vacandard, alors aumônier du lycée de Rouen.
Merci d’avance,
Bien à vous.
Ave Louis,
Il n’y a pas d’
opposition de
“position” de saint Raymond de Pennafort et saint Thomas d’Aquin.
Le premier, sur la demande expresse du Pape Grégoire IX, a réuni en un seul volume, nommé “
Décrétales”, les lois, décrets, dispositions des Papes et Conciles antérieurs concernant la législation de l’Eglise, qui étaient jusque là dispersés en chaque document antérieur. Cela a constitué comme le premier ouvrage de corps de lois ecclésiastiques, qui a été comme un ancêtre et une des sources principales du Code de Droit Canon.
Le second Saint, venant peu après, oeuvre à démontrer la justesse de nouvelles dispositions et lois prises, au moment de la fondation de l’Inquisition, contre les hérétiques dits, selon les régions, Cathares, Albigeois, Patarins, Vaudois.
Quelle est la motivation de ces lois nouvelles plus sévères que les antérieures ? Le fléau social très violent qu’a constitué alors le terrorisme cathare, usant de toutes sortes d’intimidations allant jusqu’aux assassinats.
Ont été notamment ainsi assassinés le légat du Pape s’évertuant à régler cela d’abord pacifiquement, et l’inquisiteur Saint Pierre de Vérone, lui-même issu d’une famille infestée par le catharisme sous la pression de son oncle paternel. Comme il les connaissait, eux et leurs méthodes, comme de l’intérieur, il était d’autant plus efficace à leur encontre. La lecture de sa vie, est une des meilleures façons de saisir le contexte dans lequel est né l’Inquisition, comme instrument de défense publique contre le terrorisme cathare.
Celui-ci s’est prolongé subrepticement jusqu’au XIXe S., puisqu’on trouve, en la vie de Saint Jean Bosco, plusieurs tentatives d’assassinat à son encontre de la part des Vaudois dont il réfutait efficacement la doctrine en ses écrits, notamment sous forme de romans, où il exposait sous forme de dialogue entre plusieurs personnes les objections hérétiques et les réponses catholiques.
L’Inquisition a été limitée tant dans le temps que dans les lieux. Elle n’est qu’une oeuvre publique de défense contre le violent terrorisme d’hérétiques particulièrement virulents et dangereux par leurs méthodes de graves intimidations. La peine capitale n’était prononcée que lorsque les autres peines s’avéraient inefficaces. Il y en a eu moins en toute la brève histoire de l’Inquisition qu’en une seule année à Genève sous Calvin.
Dans le n° 44 de la revue
Sub Tuum Praesidium, où se trouve traité de l’usage légitime de la force en certains contextes pour la défense de la Foi, Saint Augustin est longuement cité. Il explique lui-même comment sa pensée a évolué à ce sujet, après avoir eu à faire avec le terrorisme des
circoncellions donatistes, qui eux aussi, comme les cathares, n’hésitaient pas à tuer et assassiner.
Quant à l’auteur que vous citez, qui prétend faire la leçon à Saint Thomas et affirme évidemment sans démontrer que l’argumentation du Docteur Commun de l’Eglise serait bien faible en la matière, ce sont ses arguties qui ne tiennent pas.
Il se demande, par exemple, ce qu’a pu penser tel Patarin contre de telles mesures et telle justification ; sans songer que lesdits Patarins n’hésitaient pas, eux, à tuer et assassiner. Il déraisonne, donc, hors contexte.
Et comme le disait une réflexion courante de bon sens : -
M. Les assassins ! Vous êtes contre la peine de mort !!?? Commencez donc les premiers à ne pas tuer.