Alexandre est donc resté sur son tribunal autour de lui les habitants de Césarée nagent dans le sang ou glorifient le Dieu des chrétiens. La mort a frappé de nombreuses victimes ; mais le cœur du tyran reste inébranlable sans autre émotion que celle de la colère et de la fureur. Mammès l'a préservé des griffes du lion, et a défendu au Ministre des vengeances divines d'attenter à sa vie ; mais un bienfait irrite le cœur de l'ingrat, et ce juge inique va condamner encore une fois l'innocence.
Aussitôt que le lion vengeur s'est retiré sur l'ordre du grand Martyr, le gouverneur reprend son œuvre d'iniquité, et il menace Mammès de cet autre lion que ses chasseurs lui ont amené, et qu'il fait garder dans les cages de l'amphithéâtre.
L'ordre est donné, et l'animal, irrité, s'échappe en rugissant de la prison où il est renfermé. Mais Celui qui avait gardé le prophète Daniel dans la fosse aux lions de Babylone, protège encore son serviteur dans l'amphithéâtre. A peine la bête sauvage a-t-elle aperçu le Saint, qu'elle vient se jeter à ses pieds et lui témoigne le plus grand respect par ses caresses; on eût dit qu'elle était envoyée plutôt pour le consoler que pour le perdre. « Ainsi les animaux les plus féroces firent voir que l'humanité avait passé dans le cœur des bêtes, et la férocité des bêtes dans l'âme du tyran ».
Après cette scène, un grand nombre d'infidèles glorifièrent le Dieu de Mammès. Alexandre, ne sachant plus que faire, commanda à l'un de ses bourreaux d'enfoncer dans le ventre du Martyr un trident de fer, dont par hasard il était armé cet ordre fut exécuté. Une femme chrétienne, voyant le sang du Martyr s'échapper à gros bouillons de sa blessure, s'approcha et en reçut dans un vase quelques gouttes qu'elle conserva avec honneur. Mammès retint avec ses propres mains ses entrailles qui tombaient de son corps entr'ouvert, et, dans cet état, il sort de l'amphithéâtre de la ville : arrivé à la distance de deux stades, il entre dans une grotte là une couronne lui est montrée dans le ciel, une voix l'invite à quitter la terre aussitôt cette âme sainte, détachée des liens du corps, est emportée au milieu des chœurs des Anges pour y louer le Christ qu'elle a noblement servi. Saint Mammès est orné des trois couronnes de la virginité, du doctorat et du martyre. Son martyre eut lieu le 2 septembre, selon le ménologe des Grecs ; mais, selon le martyrologe romain et tous les Latins, le 17 août, vers la fin de l'empire d'Aurélien. Il fut enterré près de la ville de Césarée, à Horia, dans la caverne où il avait rendu le dernier soupir.
On représente saint Mammès : 1° debout à côté d'un lion, ou tenant ses entrailles entre ses mains ; 2° placé sur des charbons ardents, les mains liées derrière le dos, pendant qu'un soldat lui lance un coup de sa fourche à trois dents.
Familles de Martyrs
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Si vis pacem
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Re: Familles de Martyrs
Dom Ruinart - Actes des martyrs a écrit :Sainte Symphorose et ses sept fils, martyrs
L'empereur Adrien ayant fait élever à Tibur un palais magnifique, voulut le dédier avec les cérémonies que les païens observaient en ces rencontres. Il offrit des sacrifices, il consulta ses dieux touchant la durée de ce superbe édifice, et il attendait quelque réponse favorable, lorsqu'il reçut celle-ci : « Prince, nous ne pouvons satisfaire votre curiosité, que vous n'ayez fait cesser l'insulte que nous fait une veuve chrétienne, en invoquant son Dieu en notre présence. Elle se nomme Symphorose, et elle est mère de sept fils : faites qu'elle nous offre de l'encens, et nous répondrons à vos demandes. »
(l’an de Jésus-Christ 120)
Adrien, touché de l'outrage qu'on faisait à ses dieux, commanda qu'on se saisît de Symphorose et de ses enfants. Il les fit amener devant lui, et cachant son indignation sous une douceur apparente, il n'employa d'abord que des paroles flatteuses pour les porter à sacrifier aux idoles. Mais Symphorose pleine du Dieu qui la faisait parler, répondit à l'Empereur : « Seigneur, j'ai eu pour mari et pour beau-frère, deux officiers de vos armées : l'un et l'autre avaient l'honneur de commander vos soldats ; ils étaient tribuns. Ils ont donné leur vie pour Jésus-Christ, et ils ont mieux aimé endurer mille tourments, que de brûler un seul grain d'encens devant les démons que vous adorez ; ils sont morts enfin après avoir vaincu ces mêmes démons : et si leur trépas a été honteux devant les hommes, il a été honorable devant les Anges : ils sont maintenant couronnés d'un éclat immortel ; ils vivent dans le Ciel, et suivant partout le grand Roi qui y règne, ils marchent couverts de gloire parmi les trophées qu'ils se sont élevés en mourant pour lui. »
Adrien, piqué jusqu'au vif d'une réponse si généreuse, ne put se contraindre davantage. « Ou sacrifie, lui dit- il, aux dieux tout-puissants, ou moi-même je te sacrifierai avec tes enfants à ces dieux que tu méprises.
- Et d'où me viens ce bonheur, s'écria Symphorose, de pouvoir être immolée huit fois à mon Dieu !
- Je te le dis encore, interrompit Adrien, je te sacrifierai à mes dieux.
- Vos dieux, répliqua cette admirable veuve, ne peuvent me recevoir en sacrifice, je ne suis pas une victime pour eux ; mais si vous ordonnez que je sois brûlée pour le nom de Jésus-Christ, mon Seigneur, sachez que le feu qui me consumera, ne fera qu'augmenter celui qui fait leur supplice.
- Choisis, te dis-je, reprit brusquement l'Empereur ; ou sacrifie, ou meurs.
- Vous pensez sans doute m'épouvanter, repartit Symphorose, non, non, vos menaces ne me feront point changer de sentiments ; je ne serai jamais assez tôt réunie à mon époux. Vous l'avez fait mourir pour avoir confessé Jésus-Christ. Qu'attendez-vous ? me voilà prête à mourir aussi ; j'adore le même Dieu. »
Alors l'Empereur commanda qu'elle fût conduite devant le temple d'Hercule, qu'on lui meurtrit le visage à coups de poing, et qu'on la suspendit ensuite par les cheveux. Mais apprenant que ces tourments ne servaient qu'à l'affermir davantage dans la foi, il la fit jeter dans le fleuve. Son frère Eugène, qui était un des principaux du conseil de Tibur, la retira de l'eau, et l'enterra dans un faubourg de cette ville.
Le lendemain Adrien ordonna qu'on amenât en sa présence les sept fils de Symphorose. En voyant que ni ses menaces, ni ses promesses, ni l'appareil des plus affreux supplices qu'il fit étaler à leurs yeux, ne pouvaient ébranler la constance de ces généreux frères, ni les porter à sacrifier aux idoles, il fit planter sept pieux autour du temple d'Hercule, où on les étendit avec des poulies. Ce cruel prince prit plaisir à diversifier leurs tourments. Crescence, l'aîné de tous, fut percé d'un coup d'épée dans la gorge le second, nommé Julien, eut la poitrine piquée de plusieurs pointes de fer qu'on y enfonça. Nemèse reçut un coup dans le cœur. Primitif fut frappé dans l'estomac. On rompit les reins à Justin. On ouvrit les côtés à Stracteus, et Eugène, le plus jeune, fut fendu depuis le haut jusqu'en bas.
Le jour qui suivit la mort de ces heureux frères, Adrien étant venu au temple, commanda qu'on enlevât leurs corps et qu'on les jetât dans une fosse profonde. Le pontife et les sacrificateurs du temple d'Hercule, nommèrent ce lieu les sept Biothanates, c'est-à-dire, les sept suppliciés. Leur sang éteignit la persécution, qui ne se ralluma que dix-huit mois après. Les chrétiens employèrent ce temps de paix à rendre aux Reliques sacrées des martyrs l'honneur qui leur est dû on les enferma dans des tombeaux que la piété des fidèles leur éleva en plusieurs endroits du monde leurs noms furent gravés sur ces monuments ; mais ils le sont dans le Livre de vie, avec des caractères de lumière, que le temps ne pourra jamais effacer.
Le martyre de sainte Symphorose et de ses sept fils, est honoré par l'Église le 17 juillet. Leurs corps reposent sur le chemin de Tibur, à huit milles de Rome.
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