LE SACREMENT DE PÉNITENCE
Le sacrement de pénitence est pour nous, dans ce moment le puits de Jacob, dont l’eau est excellente et salutaire; mais le puits est profond; dénués de tout, nous ne pouvons pas y puiser et nous désaltérer; des gardes même en défendent l’entrée …
Voilà la peinture de notre position. Regardons la conduite de nos persécuteurs comme une punition de nos péchés! Il est certain que si nous pouvions approcher de ce puits avec foi nous y trouverions Jésus-Christ parlant avec la Samaritaine. Mais ne perdons pas courage! descendons jusque dans la vallée de Béthulie, où nous trouverons plusieurs sources qui ne sont pas gardées, où nous pourrons étancher tranquillement notre soif.
Que Jésus-Christ habite nos cœurs ! Que son Esprit-Saint les enflamme, et nous trouverons en nous cette source d’eau vive qui suppléera au puits de Jacob. Jésus-Christ, comme souverain pontife, fait lui-même d’une manière ineffable dans la confession que nous faisons à Dieu, ce qu’il aurait fait dans tout autre temps par le ministère des prêtres, et cette confession a un avantage que les hommes ne peuvent nous ravir; c’est pourtant en nous Jésus-Christ qui s’occupe de nous continuellement ! Nous devons la faire dans tous les temps, dans tous les lieux et dans toutes les positions possibles.
C’est une chose digne d’admiration et de reconnaissance de voir que ce que le monde fait pour nous éloigner de Dieu et de son Église nous en approche davantage.
La confession ne doit pas être seulement un remède pour tous les péchés passés; elle doit être un préservatif pour les péchés à venir. Si nous réfléchissons sérieusement sur cette double efficacité du sacrement de pénitence, nous pourrons avoir beaucoup à nous humilier et à gémir! Et nous y serons d’autant plus fondés que notre avancement dans la vertu aura été plus lent et que nous serons toujours trouvés les mêmes avant et après nos confessions.
Nous pouvons actuellement réparer tous ces défauts, qui venaient d’une trop grande confiance dans l’absolution, et de ce qu’on n’approfondissait pas assez ses plaies!…
Obligée maintenant à gémir devant Dieu, l’âme fidèle s’occupe à considérer toutes ses difformités; là, aux pieds du Sauveur, et pénétrée de la douleur et du repentir, elle y reste dans le silence, ne lui parlant que par ses larmes, comme la pécheresse de l’Évangile, voyant d’un côté ses misères et de l’autre la bonté de Dieu. Elle s’anéantit devant sa majesté, jusqu’à ce qu’elle dissipe ses maux par un de ses regards. C’est là que la lumière divine éclaire son cœur contrit et humilié et lui découvre jusqu’aux atomes qui peuvent l’obscurcir.
Que cette confession à Dieu soit pour vous une pratique journalière, courte mais vive, et que de temps en temps vous le fassiez depuis une époque jusqu’à l’autre, comme chaque jour vous la faites de la journée ( examen du soir)
Le premier fruit que vous en retirerez, outre la rémission de vos péchés, ce sera d’apprendre à vous connaître et à connaître Dieu.
La deuxième, d’être toujours présentés aux prêtres, si vous le pouviez, ornés du caractère des miséricordes du Seigneur.
Je crois avoir dit ce que je devais, mes enfants, pour votre conduite à l’égard du sacrement de pénitence. Je vais vous entretenir maintenant de la privation de l’Eucharistie et successivement, de tous les objets dont vous me parlez dans votre lettre.